Position de rêve ?

Sculpture de Jean-Noël Lavesvre - Dormeur assis

Sculpture de Jean-Noël Lavesvre – Dormeur assis

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions) – (pour reprendre tranquillement la contrainte qui redémarre officiellement début septembre)


… et rien ne sert d’avoir le martinet si les fesses sont rétives. C’est un fait certain. Je l’affirme comme des fesses surprises par des verges ne sont que tressaillements soumis par défaut, gémissements chauffés par carence de consentement… mais aux fesses accordées, recueillent le jaillissement attendu d’une chatte dévergondée domptée à la claquette de la cravache possédée de lier le sensible à l’érection de la jouissance brûlante…

Bref, ton œillet attend son dû et j’hésite à tendre l’essentiel d’un gland confondu à l’exception de la sodomie du midi mais tu demandes à écourter le supplice et m’exhortes à en finir si ce n’est à commencer à te labourer l’oignon. Tes attaches sont solides et mon moral judo-chrétien me flambe les bourses à la prière d’un effleurement… je suis fermement anglaisé… et…

… position levrette, je broute les…salades de mon jardin, le vit à bander dans un chou… Il est deux heures du matin… il faut que j’arrête de fumer mes médicaments…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La vraie recette sans nom.

Photographie - Emmanuel Payet, dit Manu Payet

Photographie – Emmanuel Payet, dit Manu Payet

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Au premier abord la cuisine n’est pas un secteur que je visite et encore moins où je m’installe. Mais aujourd’hui est un moment particulier.

Il y a le blanc de volaille fermier qui frissonne dans la marmite de fonte au contact du beurre de Guérande à la limite de la fusion perversement fouettée par des oignons de Roscoff défrisés du bulbe au contact direct d’un céleri de sel comme condiment craintif mais vivant à la bonne température où se découvre impudiquement la seule pomme de terre Monalisa entière de passion et possessive de son environnement est nue pensive et goûte le jus douloureux de fièvre qui mijote au feu d’un bois fièrement conquérant dont la carotte Flyaway dite la Nantaise moins connue que “Lulu la Nantaise” célèbre en bouche et en culte n’a pas l’intention de se flinguer et porte haut en couleur sa résistance à la cuisse on s’en doute même si le bouillon de volaille de belle nature de carcasse (et pas de Caracas) s’émulsionne gentiment presque dévotement au sacrifice qui est le sien dans la plénitude d’être le liant par le même sourire que le vrai champignon de Paris pouponné avec les bons minéraux dans le Val d’Oise (et pas en Chine) sans oublier le poireau de service qui s’est fait attendre présentement en sa vigne sensible comme une asperge, délicat comme le duvet d’une groseille à maquereau et voilà qu’il plonge à son tour en un tour de main essoré et quelle ambiance dans la marmite en effervescence avec tout ce beau monde…

Alors l’on pourra me dire que cette recette est impossible à réaliser et qu’il est temps que je m’occupe de mon oignon voire de mes oignons que de raconter des cracks… chaud devant, vous voilà servi…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Interconnexions…

— Dormir

— Dormir ?

— Rêver de toi.

— De moi ?

— Oui.

— Suis-je à ce point transparente ?

— Je te voudrais autrement.

— Autrement… différente ?

— Singulière.

— Une femme n’est-elle pas par essence singulière ?

— Elle est femme. La singularité n’est pas une appartenance à un genre, mais à l’individu.

— Ma vie n’est pas ma vie. Vie d’une autre moi-même en permanence ou presque. Je traverse des parcelles de réalité au gré des rencontres et puis à ces instants éphémères, je me retranche dans ce corps inconnu qui est mien, en apparence. Je me vide, puis, je suis dans une bulle, rien ne me touche. Je suis spectatrice ou voyeuse selon le bon vouloir de la nuance. Je reste de marbre, si ce n’est de glace. Pas de réchauffement climatique pour moi. Je me laisse emporter par le mouvement. Passagère involontaire, je subis ce ELLE, de sa navigation à vue, de son accostage sur le premier port venu. ELLE s’enracine et puis, ELLE coupe les principaux accès. ELLE meurt et nous reprenons la mer. Insaisissable par la pensée et pourtant ferrée à la première occasion, l’on croit LA posséder, ELLE glisse comme une anguille. Perméable à tout et imperméable à ce monde du vivant, ma vie est un filigrane sur une page d’un destin qui s’efforce de me faire vivre une route qui n’est pas mienne.

— Demain est un autre jour. Dans mon coin, j’ouvre les portes d’hier pour creuser les autres vies écrites sur du papier dont les ans ne prennent pas une ride. J’accuse SES années de m’avoir inhibé, ignoré, voire méprisé ! Dans ma coquille, je nacre des rancunes, mais qui suis-je pour porter atteinte à IL ? Alors, JE rêve, et IL passe ses heures entre le néant et le vide que certains ont essayé de combler. Peines perdues : IL formate à la première occasion venue. Je ne retiens rien. Mes cellules souvenirs sont vierges. J’apprends inlassablement à être. Celui qui vient d’ailleurs pour aller ici. Mais ailleurs et ici pour moi sont identiques. Tout passage à l’acte est un rêve. Je plonge dans le virtuel à chaque mouvement. Aucune blessure, aucun mot ne retiennent ce corps, cette âme, qui traversent les années comme une particule quantique. Échec à toute communication durable, seul l’instantané compte. Mémoire vive, toute procédure de marquage est sans effet. Je suis comme le sable, je prends la forme de l’instant et modifie mon apparence à l’empreinte suivante. Construction impossible.

— Je végète comme un oignon en terre depuis trop longtemps et rien ne viendra me sortir de cette argile, mon tombeau. Demain ne sera pas pour moi. Souris-moi Mon Amour, je me suis trompée de route.

— 

Tu dors ? 

©Max-Louis MARCETTEAU