Inspiration… aspiration

Oeuvre de Madge Gill

Oeuvre de Madge Gill

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J’ai le citron cerveau dans le brouillard depuis quelques jours. Je crois avoir abusé d’un toxique nommé… Je ne sais plus… Je suis vraiment atteint de ce chiendent d’addiction. Il me faut retrouver le clair des idées et clairement dit, il faut de l’acte soit de l’action…

Je vais prendre mon temps des choux gras (plante savoureuse, nutritive, famille épinard) et donc ouvrir de la clef la porte de mon jardin, dont les clous pointent en bandes sur de criardes planches.

Comme il est matin, fleurs de galinsoga (fleurs marguerites, comestible feuilles), je rencontre à cet endroit de la parcelle, Amaranth (comestible à l’amarante étalée) ici courbée voire penchée à la position d’être dans l’angle idéal d’une croupe bien faite et l’occasion de la renouée (et pourtant effrontée, liane, espiègle) au parterre de lit de pavots (toujours surprenant d’être envahit sans le vouloir), aux vents et contre toute attente, contraires des mâles désirs d’un retroussage possible de l’envers du décor d’une vulve bien dessinée à sucer et croquer son embout au regard du pourpier (comestible à l’oméga 3 de feuilles), c’est doux. Elle m’aveugle entre les plis s’ouvrent à moi, gland de première. C’est aujourd’hui jour de chance genre oxalide (faux frère de trèfle mais comestible). Et nous voilà dans la contre-allée, nous formons lierre, et m’enroule sur mon axe, et meule d’une belle main mon vecteur de sève à venir entre bouche et vagin en fonction du moment d’un frôlement possible de la Coriandre qui vient se joindre à nous ou bien entre corps à demis-corps découverts à peaux bien chaudes sensibles à la caresse douleur, raideur et moiteur, la blancheur du pêcheur et à la saveur des pécheresses, nous somme ainsi aux prises avec notre point de fusion lierre terrestre (comestible feuilles jeunes) quand elle me remonte le renoncule (irrite à froid) et suis prêt à l’épandage spermatique de mes profondeurs à chœurs de vocalise, je me soupçonne cependant de retenir les cordes par des hennissements pourtant contrôlés… incontrôlables… de l’onagre (comestible de tête au pied) des effleurements et lèches de mes partenaires me courtisent la hampe de forte manière à présent et il ne faut pas que je me fasse une salade (comestible, même ici), le temps de passer pour vaincu a sonné, je vais éjaculer de belle manière et elles chanteront bouches déployées et sortiront des orties (légume comestible) de mots aux courbes alléchantes et dégusteront jusqu’au fond en aspiration de ma hampe…

Après cet intermède, je reprends ma clé, retourne à la cuisine et vais me faire une camomille (comestible calmant). Je vais reprendre mon toxique et laisse ma cour (Amaranth et Coriandre) à leur affaire de jardin… avant d’autres pensées sauvages (comestible et c’est plaisir).

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Top chrono ! Chapitre 3

Oeuvre de Louis Anquetin - Femme au bord de l_eau - 1889

Oeuvre de Louis Anquetin – Femme au bord de l_eau – 1889

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ma plante. Celle que j’ai reçue il y a maintenant une dizaine d’années pour mon anniversaire. Pas celui que l’on pense mais celui qui est dans les veines de chacune et chacun d’entre nous.

C’était un anniversaire qui était à l’époque assez courant dans le petit village qui se trouvait sur les parois de la colline des Sept Passoires.

Tout le monde devait se déguiser en feuillage et le chapeau était de paille bien entendu. Cependant, cet anniversaire un peu particulier se passait la nuit sur la grande Place du Marché qui avait lieu le dimanche dans la nuit. D’ailleurs, personne n’aurait songé à faire un marché en plein jour, sous un soleil de plomb, ou lors d’une averse. Car ce qu’il avait de particulier dans ce petit village est qu’il ne faisait jamais mauvais temps … la nuit. Il y avait comme une bulle de beau temps permanent entre vingt et une heures et cinq heures du matin.

Bref, celles et ceux qui avaient ce jour pour eux, étaient très heureux, car, il leur permettait de vivre presque un bon mois sans autres ressources que sur les choses qui leur avaient été offertes en ce jour particulier.

Donc, je me rappelle très bien ces moments de joies et de béatitude qui me sont restés quand je suis venue à la ville à l’âge de mes trente ans.

Aujourd’hui donc, je vais offrir à ma plante du terreau de Bruyère (pas l’auteur La Bruyère, il va sans dire). Avec de la musique et de la lumière, toute bonne ambiance qui lui fera passer un moment complètement agréable. Car, je le sais, elle aime ce genre d’ambiance qui lui procure un mouvement de chlorophylle intense. Presque comme une jouissance dont nous les humains nous n’avons pas conscience.

Je la veux dans sa plus belle terre pour parfaire ce moment tout à fait bon et audacieux comme un nouvel an pour une bonne santé et une bonne joie dans la lumière de la vie que la Nature lui a donnée.

©Max-Louis MARCETTEAU

Top chrono ! Chapitre 1

Oeuvre de Louis-Michel Van Loo - Portrait de la Comtesse Marie-Louise de Beaurepaire

Oeuvre de Louis-Michel Van Loo – Portrait de la Comtesse Marie-Louise de Beaurepaire

Aujourd’hui, pour la première fois, je prends le train. Je suis toute chose, il faut l’avouer humblement.

En ce jour, je suis habillée avec des rubans et parfumée avec de l’huile d’olive.

Je suis ainsi acceptée par l’ensemble des voyageurs qui tous, ont des noms de plantes. Ce qui est surprenant. Car en fait, ce train est fait pour des gens et des plantes qui sont dans le même état de vivre avec de la chlorophylle.

Ce n’est pas courant, je l’avoue et moi-même je suis un peu surprise que ce monde existe, sur cette planète que l’on dit trop polluée, par des éléments qui osent pourrir l’air et surtout la terre dans son ensemble.

©Max-Louis MARCETTEAU