Blonde élue au printemps inaltérable

Œuvre inconnue comic (1)

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 03/31


… cri au défouloir de la peur d’un écho constricteur il se voit défait de son diktat et déplié de ses fers manipulateurs par l’homme engagé à filer doux au bras de sa conquête blonde élue au printemps inaltérable par sa beauté épineuse nommée Lotus

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

1) Traduction possible : La liberté féminine n’est pas une question de rendez-vous… ou de romance ! C’est pour l’égalité professionnelle… et autres choses dans le même genre.

Fleurs serrées au cou

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 02/31


… H à l’envergure de tenir sa proie aux Fleurs serrées au cou par une main gauche le cœur dans une main droite des offrandes une donation par défaut devant l’autel marbre quatre étoiles de la soumission quand l’homme surgit l’ombre comme armure l’ermite crie…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

A la menace de son H

Oeuvre de Inawong – Jessica

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 01/31


Au trouble l’homme pourtant tenait sa position funambule telle la boussole défiant les lois de la raison portait son vaillant flambeau d’Amour vers sa blonde élue à l’érection qu’un Hermite nommé Hamour devenu fou l’avait liée à son destin mortel à la menace de son H.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Abandonnant mon bio-xy-lol au placard des orphelins

Blog oulimots contrainte écriture


Il m’avait dit :

— « Allez tout droit en suivant les virages ! »

Et il avait rajouté :

— « Le temps s’augmente lui-même »

Il disait, que tout cela, n’était pas de lui, mais d’un livre au titre étrange : « La PENSÉE de l’OrdRe ». Il résumait ce livre comme étant l’indécence suprême de l’élévation de l’homme sur l’humain et une contestation franche sur le progrès élément de confort à tous les niveaux des sociétés qui pouvait se le permettre.

Je ne comprenais pas très bien la tournure de ce résumé, moi qui fractionnais ma vie par étages, mes pensées par escaliers, et encadrais ma raquette de réparties sur le fronton de mon audace.

Il s’était présenté fort et les gants de velours pour me convaincre que sa poignée de main était sincère les yeux dans les yeux je buvais avec lui du jus de pomme abandonnant mon bio-xylol au placard des orphelins.

J’ai lu pour lui le fameux best-seller : « Le Bonheur frappe l’Éphémère » en trois tomes développant ainsi mon appétit pour le petit rien qui s’installe dans le modeste ascenseur social mais pétillant de ma vie.

J’avais changé le programme de mon éducateur interne et la pile de ma structure de données de cinquième niveau pour réussir une part de mon existence qui me paraissait un peu trop rose selon les critères de la nouvelle gouvernance autocratique du moment…

Et puis cette juridiction avait estimé qu’IL était persona non grata, LUI qui était le dernier de son rang d’un monde encore biologiquement viable…

Aujourd’hui, il est devant moi, transparent… dans un tube.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Septantaine au quart du dernier

Image porte à seuil – Iotop 2021

Blog oulimots contrainte écriture


La Mort habille le mort sur l’horizon marbré à l’heure du sept du matin au chant du septain :

La septantaine au quart du dernier
Les yeux exorbitent aux souvenirs
D’une blonde romance toute chenillée
Sourit au clair de lune à fleur d’élixir
S’impose au défunt à la bougie de vie
Dépouillée de son socle au seul cri
Retentissant de vouloir renaître … au pire…

La Mort le prend sur ses épaules et récite ses litanies des septembrisades qu’elles filaient sur une traîne de comète blanche feu son tissu des heures noires.

A la septénaire de marche elle dépose son fardeau la tête au septentrion croise les pieds les mains et une prière au seuil d’un septembre résigné à devoir laisser une place et encore une sur sa parcelle de terre.

Elle lève le drapeau septicolore et pince une dernière fois la joue du mort… comme signe de bonne route.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le temps de sourire et l’ombre fait langage

Photographie Marina Kuznetcova

Agenda Ironique Juillet 2021 – Liste onomatopées


Dix-neuf heures dix minutes ! Plouf ! Je plonge mon unique main dans la bassine ronde rose d’eau salée aromatisée au lilas blanc. Brrrrr ! c’est aussi froid qu’un glaçon sorti d’un congélo à moins trente mais tout le bien est là comme une offrande sur la pierre tombale d’un SDF … sniff…

Dehors, il pleut une eau boueuse de tristesse… atchoum…

Drelin-drelin…vingt heures. Le temps des regrets est enterré loin de moi, loin d’un tremblement de vie qui suce la moelle de l’infortuné destin qui n’avait déjà que la peau sur les os à mon arrivée… boinnnnnng…

Le temps de sourire et l’ombre fait langage… meuuuuuuh…

Je souffre comme le silence à qui on a enlevé la parole par son offense d’avoir psalmodié son amour à genoux devant un écho fort de sa domination qu’il avait fait intervenir par dieu sait comment une inquisition pour le punir de son exposition amoureuse … braouuuuuum…

Je n’essaye pas de noyer le poisson dans un bocal … vide… tumb…

Tel un moulin à vent sans aile je suis une érection sur une terre aride qui se ride sur les souvenirs de Toi qui semblait au tableau de ma réalité d’hier… une épopée … tchhop…

J’ai seulement servi d’ouvre-boîtes à tes boîtes de Pandore… pchiiii…

Assis sur l’unique chaise de la cuisine paisiblement enfermée sur elle-même, l’œil creux et morne du l’évier gelé par le sang, et les tiroirs qui ne moufettent pas d’un grincement, la table à la statique position de la levrette, mon unique main brûle de t’avoir et sans buzz … assassinée… splach…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Ne viens pas tousser sur ma décision

Theatre – The Time Machine- Mikhail Bove

Blog Émilie : récolte 21.09 (hors délai)


Ta vie, ton chat, ton travail, ta voiture, tes chaussures, … et ton regard qui traverse ma vie sur l’autoroute de ta réussite … basta !

Non ! Je ne délire pas ! Je suis conscient, pleinement, entièrement, totalement que j’en ai le vertige d’une Tour de Pise… notre vie à deux n’est que l’œil de bœuf dessiné au grand jour de ta personne à la passion de Toi sur ma terrasse destin dessinée par Toi et dont aujourd’hui je me destitue par ce ras-le-bol jusqu’à la dernière goutte…

Libre ! Libre de danser avec la première blonde venue, de copuler avec la dernière brune arrivée en bikini sur la plage, de dormir et ronfler toute gorge déployée du samedi au samedi suivant, de tenir toute la nuit saoule comme un goret le jour qu’il me plaira … enfin de retrouver l’homme qui est en moi qui ne demande qu’à sortir au grand jour … foutre Dieu …

Ne dis rien ! Reste sur ton piédestal au thermomètre du zéro absolu de ta compassion et ne viens pas tousser sur ma décision voir cracher comme le sportif après l’effort sur la pelouse de la défaite au sourire en ombre telle la fraîcheur d’une provocation qu’un beau bleu ne vaut pas une belle tache rouge sur un blanc de l’œil retourné de l’iniquité.

J’étais depuis trop longtemps englué par ton aura maligne et insolente jusqu’au froid de la castration moi qui t’ai permis de m’envoûter de m’enflammer tu m’as abusé indécente.

Ma fin est proche et le souhait enfin de prendre les voiles à plein vent de bourrasque tout du long de mes dernières lignes permettra d’éventer ton emprise et de…

Tu dors ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Sourire attaché aux fossettes saillantes comme des faux

Oeuvre de MR ホワイト – janv 2013

Agenda Ironique Juin 2021 (suite à la demande du plus grand nombre) 1ère partie ICI


— N’ayez pas la peur autour du cou pour vous étouffer … avancez vous dis-je … insiste la bonne vieille dame le regard brillant au sourire attaché aux fossettes saillantes comme des faux.

Le frigoriste hésite telle une appréhension qui sonne creux par sa valve aortique … pourtant il s’engage aux premiers degrés sa caisse à outils à la main et son futur qui n’en mène pas large à la figure blême de son devis d’être encore vivant à la feuille imprimée en double exemplaire.

L’escalier droit pentu à la meunier main courante usée nez de marches râpés la pâleur fait odeur entre buisson trempé d’une fin d’automne et la bactérie bien portante d’une terre humide valorisée par les infiltrations mousseuses d’une ancienne papeterie …

— Je vous suis jeune homme, annonce l’aïeule qui l’a à l’œil … en franchissant le seuil couleur noire deuil.
— Je crois …. je crois que … je vais vomir…
— Un peu de lavande sous le nez devrait vous aider à avancer.
— Non … non … je suis allergique à cette plante.
— Eh bien, vous n’êtes pas très sain, marmonne la vieille.

L’escalier pris en étau entre murs de pierre et fond de cave interminable l’enrôlement de Paul à sa prise de décision l’emporte sur les échafaudages qui s’emballent sur la faille de l’inconnu dépositaire de l’écrasement de la raison … quand la lumière fait défaut Paul est aspiré par ce trou noir comme un puits sans fond … et la vieille s’éblouit de sa personne tel un brillant dans cette nuit artificielle …

— Maman ! Mamannnnnn … crie le frigoriste a l’épiderme noyé d’une sueur piquante d’un gros sel de cauchemar roulé dans les draps de son lit témoin pris en otage.
— Maman est là … mon grand garçon … dit la vieille mère.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Option râtelier première classe

Oeuvre Andy Foo

Agenda Ironique Juin 2021

(La date limite est le samedi 26 juin 2021 pour participer, diantre)


Insomniaque jusqu’au fond des yeux la vieille chouette ouvre sa porte. Le frigoriste n’est pas d’humeur. L’astreinte dépannage ce n’est pas une sinécure, même payée en heures de nuit.

— Alors, ma p’tite dame, c’est quoi le souci sur votre congélo ?
— J’ai la narine gauche, seule valide, me fait sentir qu’il y a une odeur de fréon.

Le frigoriste, Paul, relève le sourcil droit bien haut pour un droitier de main et gaucher de pied mais pas tout à fait tarte pour comprendre que la personne âgée ne fonctionne pas qu’au lait d’ânesse …

— Fréon ? Il date de quelle année votre engin ?
— Mille neuf cent quatre-vingt-quatre, monsieur le réparateur en froid.
— Ah !
— Je vous invite à ausculter la bête qui se planque dans la cave.

Paul, n’ose pas une fois de plus relever le sourcil droit mais s’interroge par une étonnante et discrète signalétique par ses deux yeux bleu azur vert doré qui fait la joie de son épouse chimiste dans un GGA (grand groupe alimentaire).

Il suit l’ancêtre dans un dédale de pièces aux odeurs inqualifiables qu’un parfumeur déposerait plainte pour indécence olfactive.

— Il est de quelle marque ? dit le frigoriste pour détendre l’atmosphère qui n’est pas dans son unité normale et augmente autant que sa pression artérielle.
— Je ne sais plus. Il est discret depuis toujours, mais depuis cet après-midi, il fait un drôle de bruit.
— Un drôle de bruit ?
— J’ai l’impression qu’il ricane.

Vingt-deux ans trois mois et quatre jours de métier, Paul semble déstabilisé par les propos de cette usagée à la voix en arrière gorge qui déverrouille une porte massive et grinçante comme deux fémurs qui se frottent l’un l’autre pour fêter de joie leurs trois cents ans de vie commune dans un ossuaire.

— Ne vous inquiétez pas jeune homme, franchissez le seuil, la cave est bien éclairée, voyez … dit la fanée d’un beau sourire, option râtelier première classe …

A ce moment-là, le frigoriste est parcouru d’un frisson le long de son échine en esse de bonne tenue.

(… à suivre… peut-être)

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Trois cent quatre-vingts volts d’Art

Oeuvre Dmitri Orechnikov

Blog Oulimots contrainte écriture


J’ouvre ma galerie tous les jours à vingt-trois heures et boucle à six heures le matin au premier appel du sommeil vendeur de sabliers … neufs.

Je n’attends pas l’acheteur providentiel illuminé tel un moustique qui tournerait indécent sur les œuvres exposées, ni l’amateur éclairé par l’épice de l’ignorance fleurie du sourire entendu et l’oreille sourde, ni le spéculateur à l’outrage mercantile sur l’étal de son portefeuille printanier et moins encore du noctambule possédé de la flamme sortilège d’avoir découvert un nouveau bar branché aux trois cent quatre-vingts volts d’Art couleur Trou Normand à siphonner comme un Utrillo …

J’attends l’instant où, il ou elle franchira le seuil à l’heure attendue par le Hasard à se frotter les deux Virgules de l’Improbable sur le lit Point final qui s’enferme dans la malle avec le garçon d’ascenseur et danse avec l’Occasion de la Rencontre au goulot bien proportionné de la bouteille de whisky de compagnie de belle robe à décolleté avantageux de son degré d’Amour…

J’attends l’Ombre qui annonce sa Lumière écarlate sur le mur toilé de vies dessinées comme des épitaphes qui brûlent les yeux et les mains qui tâtonnent sur les lignes courbes d’un semblant de corps qui est le mien par mon infortune de ne connaître le tien …

Il est vingt-trois heures quatre, une nouvelle nuit … je fais ma prostitué…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Porte à porte (8/9)

Porte – Iotop

Une fois n’est pas coutume, voici une histoire de porte à 4 mains avec Firenz’ du blog La plume de mouette. Chacun de nous fait paraître le texte de l’autre sur son blog.

Les chapitres => (1/9) (3/9) (5/9) (7/9) et l’ensemble des chapitres au fur et à mesure ICI


La tournure que prenaient les choses commençait à irriter la porte. Voilà qu’un congrès de complotistes menaçait la probité de ses lieux et le calme aussi.  

— Que vous me tutoyassiez ne me plaît guère, mon cher, je ne suis pas celle que vous croyez et je ne souffrirais point que, sous prétexte que je suis une porte, vous me sonniez, tapiez, cogniez, voire grattiez à. Je ne supporterai pas, non, que l’on me tapasse ni qu’on me tortillas aux pommes de terre à l’ibérique way. Si vous insistez, il est possible que je m’emporte et que je claquasse la porte à toutes vos demandes !  

La bourrasque de ces mots décoiffa le bourgeois mais l’amusa fort aussi. Une porte volcanique, s’emportant à la vitesse du son et sortant de ses gonds avec autant de virevolte n’était pas pour lui déplaire. Pour un peu, il aurait jeté les doigts de l’autre main dans la l’entrebâillement pour défier le battant, et rester un peu plus à discutailler l’affaire.  

— Je vous en prie ! Ne me traitez pas ainsi ! Vous me fridakahlomniez à me prêter de telles intentions ! Loin de moi l’idée de nuire à votre intégrité et à votre réputation. Je veux juste danser une salsa avec vous jusqu’à ce que, dans le mouvement entraînant de la danse, je parvienne de l’autre côté, et que vous, ma chère, vous retrouviez à la porte, là où est votre place.  

Mais la porte était à présent en colère, sentant bien que le bourgeois se moquait et la cherchait un peu. Sous l’effet du courroux son bois se gondola, Venise n’était plus loin, ses montants craquèrent et l’humidité des pluies toutes récentes s’échappait en vapeur sous l’effet de l’ébullition.  

Le bourgeois était toujours un peu amusé mais aussi passablement désarçonné. Diable ! Il pensait devoir franchir une porte récalcitrante et voilà qu’il lui fallait à présent escalader le Vésuve, l’Etna et le Stromboli tout à la fois…  

Comment apaiser cette éruption et ramener les choses au calme… ?

 (à suivre chez Firenz’

Porte à porte (6/9)

Porte à Mende – Lozère

Une fois n’est pas coutume, voici une histoire de porte à 4 mains avec Firenz’ du blog La plume de mouette. Chacun de nous fait paraître le texte de l’autre sur son blog.

Les chapitres => (1/9) (3/9) (5/9) et l’ensemble des chapitres au fur et à mesure ICI


La porte était tout feu tout ruse et avait plus d’un tour dans son sas. Monsieur le Bourgeois n’était pas le premier à avoir tenté de jouer du bélier et d’entrer en force. Elle connaissait la musique, la tactique, et la rhétorique un peu aussi. La porte de derrière était une porte muette, ou une porte condamnée, point d’ouvrant, juste un dormant pour simulacre. Condamné, le Bourgeois ne tarderait pas à l’être aussi d’ailleurs, s’il acceptait son offre. Mais il semblait encore hésitant…

— D’aucuns pensent que les petites portes ne sont pas dignes d’un don de soi et de sa personne, qu’elles ne méritent pas un passage, ni même un coup d’œil Et pourtant, Monsieur, c’est par ici qu’entrent les artistes, les gens de talent. C’est par ici que se créent les alliances les plus secrètes, que se signent les contrats les plus juteux. Et puis, tous les amants le savent bien, c’est par la porte de derrière qu’il faut passer si l’on veut échapper au retour du mari et du maître des lieux sans se faire pincer les doigts ou les bretelles ! Croyez-moi, mon Seigneur, si moi je suis de chêne intraitable, la petite porte a la douceur du peuplier d’Italie, cette belle essence de Sienne. 

Le Bourgeois s’emperplexait au discours spongieux de la porte. Diable ! L’offre était tentante, alléchante, un peu trop peut-être. Il n’avait pas acquis ses boutons de manchettes en platine et diamant en écoutant les porte-faix lui conter fleurette. Il se sentait corbeau, la porte était renarde. Mais il mourait d’envie de pénétrer enfin dans les lieux et d’aller passer sous l’eau fraîche ses doigts bleus de douleur, rouge de honte aussi. 

— Comment puis-je être sûr que la porte à ventaux que tu me vantes mène bien là où je veux aller ? Qui me dit que je ne vais pas finir dans un soupirail à soupirer jusqu’à la fin du siècle ? Quelle garantie m’offres-tu, porte de malheur et de mystère insondable ?

La porte qui n’avait pas la fibre tendre, devait se creuser la cervelle pour apporter de l’eau au moulin de ses mots, et amadouer le nanti. Quels arguments pourraient faire mouche… ?

(à suivre chez Firenz’)

Porte à porte (4/9)

Porte_chateau Brézé – Iotop

Une fois n’est pas coutume, voici une histoire de porte à 4 mains avec Firenz’ du blog La plume de mouette. Chacun de nous fait paraître le texte de l’autre sur son blog.

Les chapitres => (1/9) (3/9) et l’ensemble des chapitres au fur et à mesure ICI


Mais la porte haute et fonctionnaire restent tout aussi muets aux requêtes du Bourgeois dont la patience est arrivée à ses extrêmes limites. Il vitupère, brasse de l’air et maudit à tout va, qu’importe. Alors, taquine et sure d’elle, la porte carte et s’écarte juste assez pour lui laisser entrevoir les ors de l’intérieur.  

— Eh bien, il est bien loti le fonctionnaire, bien logé aussi. 
 
Alors que le Bourgeois essaie de glisser les doigts dans la mince ouverture pour la forcer un peu, la porte se referme sur un bruit sec et quelques hurlements à percer les tympans des oreilles et de l’église.  
Heureusement, midi sonne et la cloche aussi. Les portes de la chapelle s’ouvrent pour laisser les ouailles retourner à leurs occupations. 

— Si les voies du seigneur sont impénétrables, ses portes sont bien plus accueillantes que d’autres portes en ville, tance le gentilhomme. 
— Si vous voulez vous offrir quelques indulgences, elles sont aussi plus adaptées que les nôtres. Ici point de corruption, il faut montrer patte blanche. 
— Que vous dites, que vous dites ! Je soupçonne que votre boîte-à-lettres fait parfois office de guichet et de tiroir-caisse.  

A ses mots, la porte de bois clair rougit en acajou. Le Bourgeois avait marqué un point.  

(à suivre chez Firenz’)

Porte à porte (2/9)

Double porte – Beaune Cote d or – Photo-Iotop

Une fois n’est pas coutume, voici une histoire de porte à 4 mains avec Firenz’ du blog La plume de mouette. Chacun de nous fait paraître le texte de l’autre sur son blog.

Premier chapitre => ICI (1/9)


La canne en festival espérait que tant de chahut attirerait le chaland qui prendrait fait et cause pour le pommeau glacé et ferait pression sur la porte, quitte à l’extraire de ses gonds.  

Hélas, nul ne parvint à la dévergonder et la porte toujours restait close.  

— Laissez-moi entrer, insistait le Bourgeois – gentilhomme à ses heures mais là il était déjà moins le quart.  
— Si vous n’avez pas le mot de passe, il vous faut produire le formulaire AimeAile 492 en double exemplaire. Signé et tamponné, s’entend.  
— Sacrebleu ! Mais où puis-je me le procurer ?  
— Au bureau 492, 4ème étage, à droite au fond du couloir. 
— Mais à quelle adresse, dans quel bâtiment ? 
— Ici même, Monsieur le Prince Monseigneur. Juste derrière moi. Il faut me franchir pour y parvenir. Avec soit le mot de passe, exact et épelé, soit le formulaire en deux exemplaires.  
— C’est une histoire de fous, un serpent qui se mord la queue ! Appelez donc le directeur !  

(à suivre chez Firenz’)

La Lune s’invite et le chat s’interroge

Photographie Kaushik Saha

Blog Émilie : récolte 21.08


Il est trois heures du matin. Je me confectionne une tartine de miel sauvage. La Lune s’invite et le chat s’interroge.

J’ouvre la fenêtre. La nuit empeste l’orageux.

Je mâche tranquillement. L’océan ressemble à une perle.

— Tu fais quoi ? interroge ma compagne du moment qui s’est engagée nue et pieds chaussés sur le carrelage en terre cuite à me poursuivre sur le terrain de ma plénitude.

A quoi bon répondre ? Il y a dans une vie trop de questions, trop de réponses qui saupoudrent le vide d’une relation quand certaines sont des arêtes de poissons …

— Je te dérange ?

Oui, tu me déranges. Tu es ce genre de brebis galeuse de l’inconsistance qui circule entre les lignes de vie et que l’on happe par défaut, par inadvertance, au moment d’une distraction ou d’une envie suite à une possible sécheresse sentimentale comme une crème glacée par un été belle gueule au sourire torride.

— Tu m’écoutes ?

Oui, hélas, mes oreilles s’impatientent de retrouver le sein du silence et m’allaiter du velouté de ma tartine de miel par cette nuit qui repose sous le couvercle d’une cocotte-minute… plein feu…

— Je sais que tu m’écoutes.

Je voudrais traire le Temps et boire les heures vanillées sur la plage de sable des amants qui s’aiment jusqu’au cannibalisme …

— Je vais t’accompagner et me faire un chocolat au lait.

Et pourquoi pas un lait de poule ?

— Tu sais, je crois que nous devrions acheter cette maison. Elle nous plaît à tous les deux. Qu’est-ce que tu en penses ?

Je ne pense rien. Si, je pense au mot : berlingot. Le berlingot nantais… toute mon enfance. Elle me manque cette enfance. Quand il est dit : il faut réaliser ses rêves d’enfance … je ne comprends pas ces propos… j’ai réalisé mon enfance … alors que reste-t-il pour l’adulte que je suis ?

— Et puis, il serait temps … je veux un enfant … tu comprends ?

J’ai l’empressement de partir de suite dans une fusée pour la Lune. Une injonction ? J’ai cette intolérance au présent verbe vouloir : « je veux » … « je veux » … si je pouvais l’incorporer dans un béton bien armé jusqu’à la dernière génération de ce monde terrestre …

— Dis-moi, tu crois qu’il va faire de l’orage ?

Il commence à pleuvoir crescendo jusqu’à dru et l’odeur de la terre et du ciel se mélange tel un explosif …

— Mon instinct me dit qu’il serait temps que l’on prenne une vraie décision … tous les deux …

Oui, une première … et une dernière.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Mon sang qui n’a rien de vraiment rouge

Blog oulimots contrainte écriture


Aujourd’hui je m’embarque dans l’un des trente-trois wagons d’un train en partance pour l’inconnu.

J’installe ma modeste personne dans un siège au confort pilote de ligne le café en moins et la perfusion en plus.

J’avoue avoir été condamné pour non respect du code ZE-RT-1.02.4587M

J’assume cette punition.

Je respire à la façon d’une chrysalide et m’endors tel un chat en fin de vie à l’intérieure d’une solitude bien ancrée dans les profondeurs connues de moi seul pour une chair trop froide pour réchauffer un cœur à demi éteint en compagnie du malaise à fleur de bouche que dessinent des lèvres salées au service de larmes en cristal faisant l’écho aux jointures des articulations craquantes et aux grincements de mes frissons intermittents…

Un sautoir de surveillance gère la transition du réel vers l’improbable voyage qui m’attend.

L’injection du produit rugueux perle se mélange à mon sang qui n’a rien de vraiment rouge.

Mon insomnie coutumière s’est diluée au contact de mon ex-angoisse et toutes deux mains dans la main m’ont souri comme un dernier adieu.

La vitesse de mes synapses synthétiques augmente graduellement et s’échauffe à la rencontre des origines qui luttent jusqu’à la perdition de leur substance nutritive de ma conscience.

Les heures diaboliques se débarrassent de mon existence authentique de l’envie qui se fane sur les lobes de mes entrailles et je vomis ma sainte lucidité comme le dernier rempart de mon libre arbitre.

Je reviens à moi lessivé avec un nouveau code d’identification.

Je suis à présent un citoyen… sain.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Une solitude qui se rongeait les ongles


« La première camérière entra »* et ressortit trois heures un quart plus tard allongée sur quatre lames de parquet chêne de premier choix fixées par des lanières de cuir le tout porté par quatre solides gaillards cheveux attachés style queue de cheval et costumés à l’étoffe tartan.

Les pleurs avaient pris les mouchoirs en otages et les toussotements étaient débordés par les élans des regrets de cette défunte charmante et d’agréable compagnie… de son vivant.

Le temps n’avait pas le temps de s’arrêter pour souhaiter bonne chance à l’inspecteur Lô-Tho désigné d’office pour enquêter et qui se frottait la partie la moins accessible du dos avec une baguette (et pas de pain) de bambou qu’il avait acheté quelques jours avant son dernier anniversaire au vide-grenier annuel des Huiles Non-Essentielles.

La cadavre sur la table (et pas à manger) imputrescible de dissection avait une figure reposée pour son âge même si le maquillage de fond s’était délayé sur les joues saillantes, et le menton joliment dessiné à la Huntress.

Le médecin qui était légiste à la morte-saison n’avait pas détecté le moindre indice d’un décès suspect… ce qui était fort… suspect. En effet une personne qui mourait naturellement c’était louche, voire inconvenant même qu’un enterrement en grande pompe (et pas à vélo) se faisait à pied le parapluie de la décence ouvert sur le chapitre « Il fait noir quand l’assassin se lève » (Job -24 -14) ce qui était une humiliation au coefficient 120 pour la famille qui n’avait pas assez de mascara sur les yeux pour planquer sa honte.

Rhi (prénom de Lô-Tho, suivez) faisait le tour de la dépouille bien désencombrer de ses viscères et autres tissus qui riaient jaune à la pointe d’un scalpel tout juste sorti de son blister made in china ce qui en disait long sur cet ustensile qui avait parcouru des milliers de kilomètres en cargo dans une solitude qui se rongeait les ongles et appréciait une délivrance sur un corps qui n’en demandait pas tant.

Le légiste conclut qu’il n’avait pas l’indice d’un empoisonnement même frileux, d’une maladie inflammatoire déprimée, d’un kyste farceur anodin, d’une artère encombrée d’une vie bedonnante, tandis que Lô-Tho convenait en chœur qu’il n’avait pas le moindre soupçon d’un meurtre mesquin ou d’un assassinat à la Romaine, pas le moindre témoin à mettre sous lampe de la vérité, bref un corps intact sous tous rapports. Une déception, un outrage. Il se demandait d’ailleurs si elle était bien morte. Il souleva l’une après l’autre chaque paupière : la lumière était éteinte.

Il déduisit très déçu qu’elle était morte naturellement, et il se déboucha pourtant une bouteille de champagne de 33 cl qu’il partagea avec le légiste à l’humeur d’un mitigeur estival… qu’aux premières bulles glapissantes, il se posa cette ultime question : pourquoi était-elle morte naturellement ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

(il n’y aura pas de suite … c’est un coup à s’embourber jusqu’au cou du stylo avec ce genre d’histoire)

* «L’Espagnole anglaise » – Cervantès – page 197

Etretat au romantisme calcaire les pieds dans l’eau

Photographie de Marc Petzold

Agenda Ironique de Mai 2021


« Un bruit étrange et beau » est le titre du livre d’un auteur inconnu de la commune qui a perdu son nom lors du dernier recensement et dont personne ne se souvient.

Le vraisemblable fait grise mine et l’invraisemblable le chahute sur le haut de la falaise d’une Etretat au romantisme calcaire les pieds dans l’eau et le parfum de la tragédie autour du cou.

Une enquête est menée par l’inspecteur Lô-Tho dont les particularités sont de se déplacer en cyclo-pousse et de dévorer tous les midis des crevettes vivantes dans un vivier livré chaque jour à son bureau du troisième étage d’un immeuble de la rue des Han… et à part ça il ressemble au commun des mortels qui prend son p’tit déjeuner sur la tranche de pain grillé qui n’attend pas fébrilement les crocs des dentiers procureurs alimentaires de première nécessité.

L’inspecteur Lô-Tho est un homme pragmatique. Là, est l’un de ses moindres défauts. En effet, il sait prendre de la hauteur et va consulter la prêtresse de l’île de Sein inconnue dans les bottins même le mondain. C’est dire sa renommée dans un milieu restreint qui permet de tenir les promesses des secrets.

Aussi, cette druidesse reçoit avec le sourire son fidèle client dans son antre qui n’a pas vu le jour depuis le dernier déluge de la révolution au sang chaud de trancher à froid dans le vif des sujets. Après les sourires faussés et la politesse dont l’usage s’est égaré dans les méandres de l’infini des Livres Hermétiques dont les clés ont été perdues par distraction, l’inspecteur s’assied en tailleur avec un crayon de bois d’une belle épaisseur d’un pouce d’ogre tandis qu’elle prend position du poirier.

— Quelle est ta question ? Ô Lô-Tho Rhi (Rhi prénom du susdit)
— Le livre sans auteur, quel est l’auteur ?
— Pertinence n’est pas potence et livre n’est pas poids. Telle est ma réponse, Ô Lô-Tho Rhi.
— C’est un peu mince.
— Dites que je suis grosse !!! Ô Lô-Tho Rhi
— Je dis que votre réponse est énigmatique.
— C’est qui l’inspecteur de nous deux ?

La druidesse se repositionne en tailleur (et pas le vêtement) et prend place face à Rhi un tantinet triste et songeur, les deux à la fois sur le même visage ce qui est un exploit que l’inspecteur modeste sait taire.

— En fait, je soupçonne la commune d’avoir fait disparaître l’auteur inconnu pour ne pas être condamnée et ensuite effacer son nom.
— Astucieux, dit la prêtresse en se versant une tisane à Ciboulette des Îles.
— Oui, mais pourquoi la commune ?
— Rends-moi mon crayon au partir quand seuil franchi tu auras.

L’inspecteur prend congé (et pas des vacances) et s’en retourne à son bureau rue des Han.

— Quel est le mobile ? dit-il en lui-même à voix basse, car il sait ne pas être tout seul… avec lui-même.

Après avoir ingurgité le bon millier de crevettes du midi présent, il se lève de son siège, les mains à la mayonnaise encore fraîche, il arpente son humble logis de quelques mètres carrés, quand une lumière naît au fond du couloir de son esprit tortueux.

— « Mais c’est bien sûr » (à la Raymond Souplex pour les puristes) dit-il tout haut devant sa fenêtre fermée par ce beau soleil style beau maître nageur (pléonasme) rieur de bonne santé.

Le dernier recensement des habitants de la commune était tout simplement fictif et l’auteur habitant de cette commune était par effet inconnu et de fait pas de mobile !

L’inspecteur jubile et ouvre séance tenante une bouteille de champagne 33 cl. Mais au premier glouglou dans le gosier, il s’interroge : mais alors, pourquoi le livre est-il paru ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

(il n’y aura pas de suite … c’est une histoire à s’embourber jusqu’au cou du stylo)

Une savonnette bien blonde a tous les coins des angles

Photographie Norbert Liesz

Blog Émilie : récolte 21.07


… quand le savon commence à comprendre que tout le monde s’en lave les mains, il se dit qu’il est temps pour lui de prendre la tangente.

Après avoir été douché plusieurs fois pour des évasions … loupées, il se dit qu’il n’est pas prêt à sabrer le champagne sur la plage de galets de ses rêves et de finir ivre de contentement en compagnie d’une savonnette bien blonde a tous les coins des angles de sa beauté éclairante de promesse.

Aussi il réfléchit à un stratagème à défaut d’écrire par bulles devant la glace toujours de marbre avant qu’il ne finisse à éclater de regrets (à défaut de rire) pour disparaître à jamais comme peau de chagrin.

Son intérieur bouillonne d’idées comme un envol sur la piste de rinçage/polissage après baignade et jeux dans la piscine privée ou de faire croire à la lingère qu’il n’est pas consommable pour sa peau de tendre quadragénaire en devenir d’un nouvel amour à repasser avec le valet de chambre homme de bonnes mœurs.

Il cogite ainsi dans son lit douillet nommé porte-savon quand un léger soubresaut d’une pensée l’éclaire de mille LED effervescentes et qu’apparaît l’image de ses cousins de Marseille embobineurs tchatcheurs à la galéjade en porte-voix interfèrent en voix-off :

— Allô ! Allô ! Allôôôôôôôô !!! ici le porte-savons général de Marseille …
— Allô ! Allô … ici porte-savon cousin … je suis en perdition …
— Ta position ?
— De latitude Pli-En-Deux, de longitude 2-4-ZR-0
— Bonne mère, t’es chez des bourgeois hygiénistes …
— Ma sécurité n’est plus assurée cousin …
— Hélas, oui … tu vas être définitivement lessivé …
— Mon rêve était de couler des jours heureux …
— Tu n’es pas dans la bonne case pour coincer la bulle … fin de transmission …

Il comprend qu’il est dans la mousse (et pas en chocolat) jusque là et même au-delà d’ici et son air des bons jours disparaît au sourire de sa destinée qui lui a savonné la planche et pas de surf pour s’encanailler à la Pointe de l’Aiguille … et aucune armure de papier pour le protéger. Non aucune.

Alors … il décide de s’auto-savonner … pour en finir.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Je suis en pyjama …

Henri Matisse – La conversation – 1908

Agenda Ironique d’Avril 2021 – (hors délai)


— Alors ?
— Quoi, alors ?
— Les mains dans les poches !
— Je suis en pyjama…
— Qu’importe, tu es chez moi …
— Mon défunt père me disait, très justement, à propos d’une voisine acariâtre : « cause toujours, tu m’intéresses ».
— Je ne suis pas une voisine mais ta femme !
— On ne gagne pas à tous les coups…
— Tu me provoques ?
— C’est le destin qui un jour m’a convoqué pour te rencontrer…
— Tu es ignoble !
— Non, fatigué tout simplement …
— Ton lit t’attend.
— Oui, mon lit, mes rêves, ma nuit, et puis mon journal du matin … et toi, ma femme, qui n’attend plus rien…
— J’attends que tu quittes mon champ de vision.
— Pour une fois que je voulais te dire : bonsoir …
— Je ne te demande rien …
— C’est vrai … et pourtant …
— Et pourtant ?
— Pourquoi me gardes-tu ?
— Peut-être parce que tu fais partie… des meubles…
— Te voilà sentimentale ? Belle confidence …
— Et toi … pourquoi restes-tu avec moi ?
— J’ai le gîte, le couvert, l’argent de poche, quelques menus plaisirs …
— Nous sommes lâches …
— Non, nous sommes … indécents …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021