La peur salée de l’abandon

Couverture du livre – The morning song – 1883 – de john watkins pitchford

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 19.20


Quand le soleil se lève … je répète : quand le soleil se lève (lève-toi feignant … j’ouvre la parenthèse) la beauté des bas horizons a belle figure en ce cadeau naturel que les yeux émerveillés du spectateur matinal (lève-toi feignant … le café est prêt) prend plaisir à s’ébaudir jusqu’à atteindre le seuil du nirvana qui n’est pas nommé à haute voix et qui se goûte comme un baba au rhum (lève-toi feignant … au nom du rhum) qu’il n’est pas meilleur chauffage pour le gosier que de développer l’extase devant la rondeur flamboyante d’une céleste vue quand chaque jour est de plus en plus inattendu mine rien dans ce bas monde qui se demande si le mot agréable reprendra le bon sens et consentirait au mot ébaudi comme le premier prix de la jouissance enterrant enfin le mot bonheur dans le haut-fond d’un puits dans sa partie la plus obscure celle de la peur salée de l’abandon qui se rit l’impavide de grossir son sol de la tragédie qui vient de se produire là devant ce balcon ouvert au néant de l’horizon étendu de tout son long comme saigné à blanc …

Nul ne se devait d’ignorer qu’il venait de mourir … dans son sommeil … ce matin …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Histoire de Q Q O Q C C P

Qui de l’ivraie du bon grain,

d’avance, sait faire la différence ?

 

Quoi en chacun de nous, nous fait

développer le levain de médisance ?

 

Où s’agrippent ses griffes si ce

n’est sur les parois du délicat ?

 

Quand les routes nous la font

croiser, nous sommes renégats !

 

Comment pouvons-nous croire à

l’humanité submergée de ses tares ?

 

Combien de temps dureront encore

nos nuits sous ses pâles étendards ?

 

Pourquoi le comportement humain

se signe des défauts de l’Homme ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU