cabossée sur l’aile droite

Defile-zuhair-murad-automne-hiver-2016-2017

Defile-zuhair-murad-automne-hiver-2016-2017

Une longue série de dialogues avec pour socle le dialogue en bleu. Ce dialogue en bleu n’est pas de moi mais d’un défi d’écriture (2019) dont je ne me souviens plus à quel endroit du Web il se situe. Si vous avez l’adresse, n’hésitez pas à me l’écrire en commentaire, pour rendre à qui de droit ce qui appartient.

— Oui ?
— Tu me cherches ?
— Non.
— Ah ? … Je peux prendre ta voiture ?
— Mais, comme tu veux !
— Elle est un peu cabossée sur l’aile droite, comme toi d’ailleurs.
— Ah bon !
— Je t’assure … et puis sa couleur est passée … toi aussi, tu changes.
— Mais non !
— Et pourtant, il y a quelque temps tu n’aurais pas discuter pour que j’emprunte ta voiture … comme pour te dire je t’aime.
— Non
— La preuve …
— Pas cette fois.
— Tu es de mauvaise foi quand je te regarde dans les yeux. Tu viens avec moi ? Je t’emmène ?
— Pourquoi pas.
— Tu prends un maillot bain, on va à la plage de Saint Marc.
— Ah, non !
— Il fait trop froid ? … comme pour me prendre la main ?
— En effet.
— Tu n’as plus confiance en moi ?
— Peut-être.
— Bon, j’y vais seul alors… je te ramène un souvenir ?
— Fais pour le mieux.
— Un coquillage qui à l’oreille raconte une histoire d’amour ?
— Oui.
— Et puis, je refais le plein de Ta voiture.
— D’accord.
— Je t’embrasse d’ici à cet endroit.
— C’est ça.
— Et toi, tu m’embrasses pas ?
— A tout à l’heure.
— Ou peut-être à jamais … Mon Amour.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Du réconfort des mots

Oeuvre de James Ng

Oeuvre de James Ng – http://jamesngart.com/about.html

Blog Palette d’expressions : contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂 :

Aujourd’hui, je suis allé au cimetière nommé : “A la quadrature des Âmes”. Le fossoyeur de service est une ancienne connaissance qui a écrit un livre intitulé : « Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi » aux éditions Les Fêlés de l’Ossuaire. Cet homme de bien ressemble à si m’éprendre au sosie du croque-mort dans la bande dessinée de Lucky Luke. En vérité, ce n’est pas pour lui que je suis venu. Non. Je reviendrai d’ici un certain temps pour m’entretenir personnellement avec lui. C’est suite à lecture de son passionnant livre, que j’ai voulu voir de mes propres yeux ce texte de rédemption inscrit sur une pierre tombale en marbre rose. Je vous donne ici le texte intégral.

« Je t’aime comme le premier soleil noyé dans l’océan
Tu as caressé l’espoir
J’étais une éternité de lumière dans le néant
Tu as scintillé
J’ai pris vie
Tu as appelé
J’ai bâti les premiers cristaux de notre Amour
Tu as levé l’encre à ta bouche
J’ai écrit nos premiers mots
Tu as dessiné mes courbes avec tes yeux
J’ai lettré ta forme idéale
Tu as souri à la première marque de rougeur sur mes joues
J’ai compris que le néant allait enfin disparaître de ma vie
Tu as mesuré le temps au sablier de l’impossible
J’ai ouvert mes bras
Tu as fondu en moi comme une onde
J’ai tremblé de ma terre
Tu as fleuri »

Il n’y a pas de nom sur la tombe. Non, vraiment. C’est ce qui est étrange. Mais qu’importe, j’ai ressenti une alliance des cœurs, et cela m’a bouleversé. Oui, vraiment. Et je ne suis pas du genre à me laisser attendrir.
Bref, pour commencer notre première réunion de fin d’été, j’ai eu ce besoin de vous faire part de ces mots d’optimisme car comme vous le savez, dans notre métier, d’équarrisseur de l’Enfer, il est bon de garder le moral.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Vous avez dit ANGES ?

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Un jour j’ai rencontré, sur un banc public, un ange !

J’étais entre deux verres de vin, piquant d’arôme,

Écœurant au gosier, mais euphorique au mélange

D’une herbe cultivée, au terreau des supers atomes

De magnésium, sur le bord intérieur d’un noble fossé !

L’ange avait une claire diction, brumeuse était ma douce

Compréhension, il m’apprit qu’il existait, à la vérité,

Plusieurs genres d’anges ! J’ai eu un peu la frousse !

Je me demandais s’il fallait dessaouler de suite, bien

Qu’il était peu probable qu’atteint au plus haut degré

De mon vénérable foie, j’avais capacité, moi le vaurien,

A émerger de mon état toujours semi-comateux, attitré !

J’écoutais cependant les dires de mon adorable, étonnant

Chérubin qui me versa sur le corps une eau d’ange, essence

De fleurs d’aromates, pour rajeunir à cet unique temps

Quelques uns de mes neurones, éberlués par l’aisance

De ses paroles qui traversaient mon esprit devenu frais !

Il me raconta l’histoire de l’ange de mer qui avait englouti

Dix-huit pirates pour son anniversaire, d’un seul trait !

Des cheveux d’anges, confiture de cédrats, qu’une jolie

Demoiselle s’empiffra à devenir reine des citronniers !

De la faiseuse d’anges qui pardonna à Dieu son existence

Misérable de point enfanter et de supprimer les décorées

De l’ovule par une aiguille rouillée des tristes semences !

De ce rire aux anges qui déclencha une belle frayeur

Sur une mère qui venait d’avoir un bébé qu’elle croyait

Pétrifié de la mort ! De cet ange gardien au bonheur

De plaire à toutes les filles de la terre qui s’armaient

Des flèches de la Passion pour empoissonner l’humanité !

De l’ange exterminateur bras droit de l’improbable

Mais terrifiant Satan qui se rit de nos peurs, a parié

Une fortune en os homoïdes que Dieu était le probable

Tenancier d’une vaste escroquerie sur le genre humain !

De cet ange beau comme un ange du paradis qui aima

Une terrienne à défaut d’aimer une ange au malin

Plaisir de contrarier les hommes, pauvres renégats !

Il arrêta son délire par l’intervention propice d’une pluie

Avantageuse et généreuse locataire d’un nuage ombrageux

A qui j’ai donné tous les remerciements qu’il me promit

De mettre de côté pour accumuler des points de bonheur

Pour partir dans un autre pays au ciel sans nuages !

Je me surpris, à cet instant à parler au banc blanc crasseux

Qui m’allongeait ses fibres pour accueillir mon sage

Et douloureux corps qui s’éternisait à ne pas mourir heureux !

Demain je reprendrai de ce vin ! Il me va à ravir !

Il me raconte de fabuleuses histoires irracontables

Aux mortels esprits quotidiens qui de jour à périr

S’entassent sur les lignes de l’indifférence inébranlable !

©Max-Louis MARCETTEAU