Brûlure d’étoile sur fond Lactée d’un sein évadé

Photographie Markus Reugels

Challenge Lune et des participants


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… raison gardienne du Noyau Raison Mère dans un écrin coffre-fort de la Mer du Nectar souhaite renaître par le désir de vivre en pleine conscience comme une brûlure d’étoile sur fond Lactée d’un sein évadé d’une poitrine généreuse d’une déesse …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

S’allonge sur les bords de l’imaginaire

Photographie de Pavel Kuznetsov

Challenge Lune et des participants


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… courbes les âmes lunatiques de la Mer de Moscovie qui s’allongent sur les bords de l’imaginaire dans l’ombre qui s’offre aux conséquences d’une parade sur le devant de la scène du miroir k’os-mots-note déplié de son angoisse empreinte de la rupture de la raison …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Compréhension toute éberluée, le menton relevé

Marisa Mell smoking a cigarette disguised as a nun, circa 1963, nonne

Agenda Ironique Novembre 2020 : Laurence et Jean-Louis


Si on considère « une place pour chaque chose et chaque chose à sa place » cela sous-entend sans sonotone que « chacun chez soi et les moutons seront bien gardés » nous place devant des assertions qui portent sur le haut de l’Everest la raison en ces fameux mots : « dans la nature, tout à toujours une raison » selon Léonard (et pas Bernstein), ce qui permet d’approcher une certaine vérité qui a toujours dans son casier une très belle toile à la Jules Joseph Lefebvre de 1870.

Cependant, : « on passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu’on aimera et l’autre moitié à quitter ceux qu’on aime » écrit le Père Hugo avec raison, et je vous vois hausser le sourcil gauche bien fourni à la Georges car vous cherchez avec désespoir le pourquoi du comment, tel le puits devant une eau qui s’évapore à son pied …

Eh oui, quel rapport ? Eh bien, s’il y a « un temps pour chaque chose » et « une place pour chaque chose et chaque chose à sa place » la citation du Père Hugo devient par effet caduque. Ce qui nous amène directement l’énoncé suivant : « En Normandie, poire de mouton, poire précoce bonne à manger ». Est-ce à dire que Hugo nous a pris pour des moutons depuis tant d’années ? Et, à la vérité toute décente et nue (voir Jules Joseph Lefebvre) le flambeau ne fait pas mine de prendre de la hauteur devant nos yeux et notre compréhension toute éberluée, le menton relevé, la raison vacillante mais non abattue, car n’oublions pas que le verbe aimer se conjugue au moins à deux et un divorce de l’être aimé.e devient par effet non avenu car l’attente a pris racine et feuillage jusqu’au ciel de l’espoir devenu lui-même un squelette méconnaissable…

La trahison est fière, devant nous, comme une statue à l’envergure antonyme de la Liberté, la larme bien salée de l’œil droit qui roule (ce n’est pas l’œil qui roule, suivez) comme un torrent de satisfaction car, il est écrit : « Il y a un moment pour tout, et un temps pour tout faire sous le ciel », en un mot : « tout vient à point à qui sait attendre »…

En cela, ne jurons pas outre mesure tel un fabuliste plagiaire trop connu qui : « jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus » au fond du tombeau sans ver luisant mais avec humour : « Bretzel liquide ! ».

Comme quoi, il y a bien : «  Un temps pour chaque chose ».

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La recette du châtiment – Chapitre 1/4

Mont saint michel suite 01 Iotop 2012

Mont saint michel suite 01 Iotop 2012

(Sur une idée de Carnetsparesseux … une suite de l’Agenda Ironique Décembre 2019 – « Origine – ICI« )


Samedi 16 octobre 1582, les deux compères sont tenus par un pacte suite à l’abominable et machiavélique assassinat du prisonnier, ancien bras droit obscur du Seigneur Lantsomelf le Grand et un temps son alchimiste dans les années sombres de la guerre des Billbards ancêtres lointains des goulbails crieurs d’effrois et pourvoyeurs des peurs immémoriales.

Aucune enquête n’a été ouverte car le Seigneur goûtait, secrètement, ce mauvais tour… il était un heureux discret et prenait acte de cet effacement comme une aubaine quand l’on sait que l’évêque du territoire soupçonneux pouvait avertir à tout instant la fameuse inquisition au bûcher facile et à la question forgée aux étirements, craquements, écrasements…

Si certaines âmes ont quelques chaudrons de malfaisances en stock, ce mort faisait des heureux, mais le sourire de circonstance de la première dame de la cour du Seigneur aurait dû les inquiéter lors d’une festive rencontre culturelle annuelle des différents vassaux du Seigneur qui présentaient leurs meilleurs troubadours et musiciennes de chambre.

Car une femme blessée, telle l’humiliation, n’a rien de bon pour les fauteurs. Elle est une femme dangereuse à concevoir par le mot vengeance la recette du châtiment ultime et la dame étayait les préparatifs en compagnie d’un compagnon inattendu de la famille des rongeurs, l’ex compagnon du prisonnier, surnommé Urkrokuf.

Tous deux étaient en rendez-vous au creux d’un âtre presque invisible dans le sous-bassement de la forteresse à l’humidité répugnante à l’odeur outrageante et seuls à la lumière de suif souffreteuse, l’une assise sur un banc de pierre et l’autre perché sur une saillie ferrailleuse à hauteur d’yeux de la Dame :

— Alors, dame, vous n’avez point peur ?
— Qu’importe la peur, le Rongeur, je tisse, je tisse ma punition.
— Et vous échafaudez à vous chauffer le sang.
— Vous avez les mots bien pendus et la moquerie distillée.
— Votre amant alchimiste était aussi un magicien de tout de premier ordre.
— Qu’importe, il était mon âme, il est devenu ma raison.
— Posez votre plan.
— Il est simple : mordez à la gorge les deux assassins de mon amant, violemment.
— Je ne suis pas votre arme, je viens en conseil.
— Je n’ai que faire d’un conseiller.
— Faites apport de poison.
— Fi de ce genre, et retournez à votre logis.
— Vous préconisez de l’extravagant, vous n’avez pas les moyens.
— Prendre un autre chemin, être invisible et pointer la mort à l’endroit désiré.
— Dame, ne pleurez pas.
— Je pleure de cette rage de ne point assouvir la mort de mon amant adoré.
— Ces deux malandrins n’ont-ils point une faiblesse ?
— Une faiblesse ? De tels hommes, manipulateurs, malséants, et surtout imprévisibles avec des espions partout.
— Hum…
— Précisez ?
— Je pensais à l’incident irréversible celui dont le trépas prend sa place.
— Dites toujours.
— Je ne puis point vous conseillez, vous m’en feriez reproche.
— Il est possible, le Rongeur, mais posez la chose.
— Alors, voici…
— Je suis tout ouïe …

( … à suivre)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Nous étions nus et imparablement fragiles et soufflés

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Film_Les Bronzés_font_du_ski

Agenda Ironique OctoNovDec 2018


Nous étions nus et imparablement fragiles et soufflés par la nature même de notre décision de vivre ensemble sur cette île, toi en Robinwoman et moi en Crusoéman.
«Incroyable ! Sens-tu l’air chargé d’iode, le goût du sel qui pénètre la peau ? Regarde ! La mer s’approche, c’est marée haute. Regarde, l’étendue mergnifique. ». Je regardai. Oui, la mer s’étalait, devant nous. »(1)

J’en avais gros sur la patate de me voir dans ce film avec des dialogues au creux de la vague et cette voix off qui nous envoûtait par défaut. Cet avant midi-là, les amis et quelques membres de nos familles triés volets ouverts et lumières éteintes, étaient autour de nous par une tablée bien garnie et « tandis qu’ils riaient à nouveau, Madeleine se leva, incommodée par le grognement des mioches, s’approcha de son amie et lui glissa à l’oreille : « Paradoxalement tu deviens drolatour avec cette diatribe, trouverais-tu que je sens la crevette arctique ? »(2)

Je compris rapidement, pour une fois, que nous étions entraînés dans une autre dimension et que mon dernier film n’allait pas être dévoyé en commentaires dissociés si ce n’était de rires à braises bien senties. J’allais vomir, quand Paul, ami d’enfance, s’écria :« Fatalimace ! Nous voici en insolitude ! La route court sous l’eau d’artificelles habitudes ! Met tes bottes, enfant. Les écriames et les pingouinations attendront que la polimalie des virgules se solve en délibules mirifiques ! »(3)

Un moment d’y n’inspiration se souleva dans nos poitrines. Paul s’envolait pour une autre crise de déraison. Nous étions sûrs qu’il n’avaient pas avalé sa médication insoutenable. Aujourd’hui, il revivait parmi nous par sa grandeur d’âme enserrée dans les griffes du délire phrasabool. Je n’avais pas cette envie de rire qui vous chantouille la glotte mais vous plantouille une ambiance et c’est à ce moment très précis dont la minute doit encore se souvenir à défaut d’avoir perdu le sens de la mesure : « Alors, on n’a qu’à prononcer des mots d’amour comme ça, ils se tiendront chaud ! » (4) Gertrude avait dévié les regards si ce n’est l’attention par sa voix de soprano à deux octaves qui limpide nous déposséda de l’intervention précédente en toute bonne cause que peu d’entre-nous avaient déchiffré les tenants …

Entre temps dont je ne peux dire la fraction sur l’horloge du salon pendue pour un bel effet de tenir son rôle en sonnant par sept minutes de sept minutes, par cause d’un ressort à mémoire de forme inventée par une horlogère de Toscane … je croisais le regard amoureux de ma femme quand « Ma mère lui offrit des jumeleines, que nous mangeàmes en nous fixant les yeux dans les yeux un rendez-vous créaginaire. » (5) Nous étions irréparablement amoureux. J’en suis, encore et encore, attristé. En fait, j’étais pris au piège et ne pouvais me sortir de cette possessivité qu’ont les femmes de vous embrigader par pur égoïsme. Et je regardais en coin, mon autre ami d’enfance, Onésime, qui n’était pas marié lui, ni même en concubinage notoire. Il était libre comme l’air et respirait sa propre vie d’homme libre. Et c’est beau un homme libre. « A ce momentlà, Onésime réalisa à quel point il était en retard. Les Douze Coups de Midi sonnaient au clocher et les odeurs de brioche remplaçaient allègrement celles des Mc Bacon et autres Cheeseburgers. Il s’empressa de rentrer chez lui, honteux et confus, et jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. » (6) Il n’aimait pas ce genre de regroupement de meute. Je l’aime Onésime. Il le sait et me plaint d’être enchaîné et d’être un lâche à ma façon. Il me disait que j’étais, peut-être, atteint de cette maladie qui frigorifie les hommes mariés de longue date mais « Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps. » (7) Car il travaillait en tant que chercheur au CNRS (Centre Naturel Réservé aux Sensoriels) et se prenait la tête dans les deux sens du terme dans ses propos comme dans ses recherches qui n’attendaient que le moment propice à s’épanouir ou s’évanouir.

Quand j’entendis, juste à côté de moi : « Chuuuutttt, Elodie, ils sont pour moi, les derniers mots de la fin !Tu peux pas t’en empêcher ! Pffff ! C’est pas moi, c’est le Zébulon» (8) Je reconnaissais bien Elodie et son amie Belette, toutes deux à se crêper le chignon et pourtant toujours ensemble comme deux électrons libres dans le monde des adultes qui n’avaient plus aucune prise sur leur devenir et l’avenir comme une utopie n’avait pas à leurs yeux l’espoir que l’on devrait donner à nos enfants …

Mais qu’importe, cette journée était comme toutes celles passées avant les fêtes de fin d’année. Nous nous réunissons avant de nous séparer chacun dans notre monde, mine de rien, avec des liens, toujours aussi solides …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Aimer, toute la question est là.

Aimer, toute la question est là.
Mais qui ? Pour quelle raison ?
Quand on ne sait pas aimer ici-bas,
La vie est une constante oraison.
Aimer, c’est bien beau, au vrai.
Mais quand on n’a jamais appris,
Les maladresses sont des traits,
À rayer le cœur qui devient aigri !
Aimer, c’est une belle utopie.
Mais l’autre, une simple copie,
Un miroir, voire une parodie,
Comment aimer cette tyrannie ?
Aimer, faut-il être béni ! Ô oui !
Mais qu’en est-il des trépassés,
Des mots d’amour déjà cueillis,
Puis jetés sur le rivage, entassés ?
Aimer, choisir de l’être, aussi !
Délit d’amour trop souvent,
Réprimé entre larmes et cris,
Choix du silence de l’amant !

©Max-Louis MARCETTEAU

Deux chaises

Photo Marcetteau Fabrice 2011

Photo Marcetteau Fabrice 2011

Deux chaises vides, côte à côte, au jardin du Luxembourg :

. . .

Bientôt, l’habituée de dix-sept heures trente.

 Bientôt, je planterai mes pieds à un autre endroit.

 Qui t’y amènera ?

 Un inconnu, un habitué.

 Le temps achève notre patience à atteindre nos rêves.

 Le rêve est amer quand il ne se réalise pas.

 Nous créons un vide sans écho.

 Qui racontera notre histoire ?

 L’oiseau mort qui léguera ses plumes à la main inconnue.

 La main qui aura tenue la folie sans trahir sa raison.

 Est-elle née ?

 Elle est née, mais ne sait pas encore qu’elle racontera notre histoire.

 Toute histoire est éphémère.

 Notre histoire est une ride sur le front d’une vague.

Il restera une écume qui se perdra dans l’océan des autres histoires.

 Qui lira notre histoire ?

Les autres histoires, au clair de Lune.

Qui les écoutera ?

Les étoiles les plus jeunes, pour s’endormir.

 J’aimerai dormir dans une maison et y mourir.

 L’on naît à deux, l’on meurt seule.

Une maison est un enfer, les mêmes personnages, aux mêmes histoires.

Je serai enfin libre.

La liberté ne se tient que par son propre mot.

Le mot dessine l’histoire.

Je résiste à l’approche d’une nouvelle réalité.

 La peur se coince parfois les doigts à la porte de l’inconnue.

Ma peur raisonne avec le cœur.

Ce jardin est notre histoire.

 Nous sommes l’un des habits de ce jardin.

 Pourquoi partir, si ce n’est mourir ailleurs sans histoire ?

Voilà ton habitué de dix-sept heures trente.

 . . .

©Max-Louis MARCETTEAU