La recette du Rire

Film extrait Spiderman avec Peter Parker

Film extrait Spiderman avec Peter Parker

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #7 :


En fait, depuis un certain temps, je joue à l’apprenti sorcier, à l’alchimiste en chambre… dans ma cave aménagée à cet effet. Je suis à la recherche de la recette du Rire. Le vrai ! Pas celui qui vient comme un quidam du dimanche, voir fleurir les fleurs de campagne et hop hop, une photo et hop, un instant frigorifié qui va rejoindre le Grand Tout du Néant.

Je suis à la quête du Rire, ce Graal franc, incontestable, éclatant de sincérité qui dilate les neurotransmetteurs, qui délient l’épigastre, le diaphragme, les zygomatiques… les larmes et la vessie… mobilise les fluides positifs d’une réaction en chaîne (le nucléaire du Rire)… immobilise les armes de la mélancolie, de la peine, de la morosité, les bourdons du string, la lassitude en résille… Le rire édifiant par l’écho renvoie sa nature au profil de son onde authentique…

Cette recette du Rire perdue depuis… on ne sait vraiment plus et d’ailleurs qu’importe, elle n’a jamais été inscrite que dans les mémoires des anciens qui hélas par un effet non attendu ont égaré par des rires à mourir la fameuse recette…selon la légende…

Par prudence, il faut quand même une posologie adéquate selon l’état de tristesse de l’individu concerné (pour les femmes doubler les quantités) et espère ne pas avoir fabriqué un insecticide du Rire. Donc vous notez :

Vous prenez de dix gammes de chant, soixante grammes de notes et un huit grammes d’air et vous mélangez le tout dans un bain de foule de… naturistes, auparavant épilés de près… À boire sans modération le matin…avant tout autre breuvage. L’effet est garanti sur facture… sans bourse déliée… et je peux vous affirmer que ce n’est pas du vent. Une telle recette vaut son pesant de cacahuètes et ainsi croquez la vie à plein bras (et si vous en avez deux, c’est d’autant mieux).

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La vraie recette sans nom.

Photographie - Emmanuel Payet, dit Manu Payet

Photographie – Emmanuel Payet, dit Manu Payet

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Au premier abord la cuisine n’est pas un secteur que je visite et encore moins où je m’installe. Mais aujourd’hui est un moment particulier.

Il y a le blanc de volaille fermier qui frissonne dans la marmite de fonte au contact du beurre de Guérande à la limite de la fusion perversement fouettée par des oignons de Roscoff défrisés du bulbe au contact direct d’un céleri de sel comme condiment craintif mais vivant à la bonne température où se découvre impudiquement la seule pomme de terre Monalisa entière de passion et possessive de son environnement est nue pensive et goûte le jus douloureux de fièvre qui mijote au feu d’un bois fièrement conquérant dont la carotte Flyaway dite la Nantaise moins connue que “Lulu la Nantaise” célèbre en bouche et en culte n’a pas l’intention de se flinguer et porte haut en couleur sa résistance à la cuisse on s’en doute même si le bouillon de volaille de belle nature de carcasse (et pas de Caracas) s’émulsionne gentiment presque dévotement au sacrifice qui est le sien dans la plénitude d’être le liant par le même sourire que le vrai champignon de Paris pouponné avec les bons minéraux dans le Val d’Oise (et pas en Chine) sans oublier le poireau de service qui s’est fait attendre présentement en sa vigne sensible comme une asperge, délicat comme le duvet d’une groseille à maquereau et voilà qu’il plonge à son tour en un tour de main essoré et quelle ambiance dans la marmite en effervescence avec tout ce beau monde…

Alors l’on pourra me dire que cette recette est impossible à réaliser et qu’il est temps que je m’occupe de mon oignon voire de mes oignons que de raconter des cracks… chaud devant, vous voilà servi…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018