Il est là, dans sa beauté faussement éphémère

Oeuvre de Artemii Myasnikov - relooke - Blanche Neige et les sept nains

Oeuvre de Artemii Myasnikov – relooke – Blanche Neige et les sept nains

Agenda Ironique février 2019


Il est là, à portée de main, il respire fort comme un moulin à eau dans ses grandes heures. Il est là, dans sa beauté faussement éphémère comme un Luna Moth. Il est là, et je ne vois que lui, tel un phare posé comme un hercule, je l’admire. Il est là, et je suis comme une toile d’araignée solide pour le piège de petits gibiers mais fragile quand il s’agit de lui, le piégeur, je suis… non, j’ai perdu mon être, de ce moi, qui s’est égaré dans la fournaise de l’inconnu par effet d’un algorithme chimique…

Il est là, et je sable ma conquête qui s’enfuit de-ci de-là comme un feu follet de marais. Il s’évapore, revient en morceaux, puis complètement… Il est là, et… il m’invite à le suivre. Il est là et j’ai le cœur qui dépasse les quatre-vingts kilomètres heures sur sa route joliment décorée. Il est là, et j’entends sa voix… une voix qui s’allonge sur les lignes du non désir mais de l’envie de me tisser un chemin vers lui… enfin, pour nous retenir l’un l’autre…

Et, il est là, il me défie… ce rêve absolu, clairement identifié, et dont je suis prêt à franchir le seuil de sa réalité… quand… je ris de ce rire d’aliéné d’un siècle incertain entre barreaux et lit de paillasse, de ce rire qui vous désosse la mâchoire et vous dilapide votre restant de vie ; je ris comme un perdu pendu de rue de nuit ; je ris de ma décomposition fulgurante ; je ris à m’en tordre les derniers boyaux qu’ils me restent ; je ris à la flamme de cette souffrance de tous les possibles de le perdre ; je ris à me réveiller brusquement, je ris… moi qu’on surnomme : « Boule de billard ».

Car il est inscrit sur le fronton de son antre : « Le meilleur moyen d’éviter la chute des cheveux, c’est de faire un pas de côté. »

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

La recette du Rire

Film extrait Spiderman avec Peter Parker

Film extrait Spiderman avec Peter Parker

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #7 :


En fait, depuis un certain temps, je joue à l’apprenti sorcier, à l’alchimiste en chambre… dans ma cave aménagée à cet effet. Je suis à la recherche de la recette du Rire. Le vrai ! Pas celui qui vient comme un quidam du dimanche, voir fleurir les fleurs de campagne et hop hop, une photo et hop, un instant frigorifié qui va rejoindre le Grand Tout du Néant.

Je suis à la quête du Rire, ce Graal franc, incontestable, éclatant de sincérité qui dilate les neurotransmetteurs, qui délient l’épigastre, le diaphragme, les zygomatiques… les larmes et la vessie… mobilise les fluides positifs d’une réaction en chaîne (le nucléaire du Rire)… immobilise les armes de la mélancolie, de la peine, de la morosité, les bourdons du string, la lassitude en résille… Le rire édifiant par l’écho renvoie sa nature au profil de son onde authentique…

Cette recette du Rire perdue depuis… on ne sait vraiment plus et d’ailleurs qu’importe, elle n’a jamais été inscrite que dans les mémoires des anciens qui hélas par un effet non attendu ont égaré par des rires à mourir la fameuse recette…selon la légende…

Par prudence, il faut quand même une posologie adéquate selon l’état de tristesse de l’individu concerné (pour les femmes doubler les quantités) et espère ne pas avoir fabriqué un insecticide du Rire. Donc vous notez :

Vous prenez de dix gammes de chant, soixante grammes de notes et un huit grammes d’air et vous mélangez le tout dans un bain de foule de… naturistes, auparavant épilés de près… À boire sans modération le matin…avant tout autre breuvage. L’effet est garanti sur facture… sans bourse déliée… et je peux vous affirmer que ce n’est pas du vent. Une telle recette vaut son pesant de cacahuètes et ainsi croquez la vie à plein bras (et si vous en avez deux, c’est d’autant mieux).

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Larme . . .

Œuvre de Béatrice Tillier - affiche Festival BD de Gisors 2009

Œuvre de Béatrice Tillier – affiche Festival BD de Gisors 2009

Il y a toujours quelque part, une larme posée sur le divan d’une pensée sombre. Elle se regarde dans le miroir, nue, lisse, galbée, émotionnellement vivante et pourtant morte par anticipation sur le reflet d’une consistance grise. Demain, son avenir est écrit : encombré d’un rire ! L’arrogance, le mépris de son existence sera bafoué. Cette larme sera dans le prochain bateau de l’hilarité, du désopilant !Il y a toujours quelque part l’impondérable qui casse l’attitude habituelle, évapore la raison, empale le quotidien. Cette larme née pour le chagrin va couler pour un rire éclatant !

©Max-Louis MARCETTEAU