Que j’aime le premier te voir nue…

Oeuvre de Fatima Tomaeva

Oeuvre de Fatima Tomaeva

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(poème de Alfred de Musset revu)

Que j’aime le premier te voir nue ! les bras,
D’abord élancés, tentaculaires se déployant !
Et puis ton buste, sex-appel, telle Lady Gaga,
J’étends mon regard en toile de fond, amant ;

C’est le temps de cette année – Oh ! possible,
Enchevêtrement des Lady aux frissons du sofa,
Elles s’exposent à la déraison du corps à l’Athéna
(Se conjurent de chasteté et osent l’irrésistible),

Que j’aimais ce temps d’hier, ces femmes saines
Aux désirs d’être aimées entières, visibles, reines,
Comme tu l’étais Mon Amour, sous notre toit !

Oh ! dans tes longs regards, j’ai passé des nuits,
A caresser tes longs cheveux de lionne – sans bruit,
Au matin, tu me murmurais que j’étais ton… Roi.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Paul ou Paul pour un popaul Roi ?

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« … tout dans la tradition ! »

Il finit ainsi dans la cour du Roi, un mardi, son discours tout frais. Il osa la provocation. À bon Roi au prix d’un bijou à son doigt lui offrit… pour son allocution…

A l’impulsion, la voix du Roi fit sa transformation au matin suivant : amant, car Roi… toujours à l’affût d’un mignon à tout l’an.

La passion du Roi mordu au point qu’un jour abrupt son lit à corps pris charmant au travail, plaisant par un gland à s’offrir sans imagination. Un prochain coquin, un dissolu du cul au dortoir public du Roi, un suivant Paul touchant, craintif posa sa condition : un jour par mois sinon gai pinson ira voir dans un paradis distinct.

Pourtant au jour suivant, au Roi posa à son administration du troufignon : qui choisir ? Un jour par mois ! Hardi mignard, faut-il du culot. Mais Roi divin a la prison pour punition… fi à la disparition d’un courtisan.

Par injonction, d’un mot loi au pouvoir, Paul d’amour immoral, au support du joug, disparu au cachot.

Alors, qui Paul ou Paul au cachot ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Royalement coulé

Oeuvre de Rene Magritte

Oeuvre de Rene Magritte

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J’ai le plaisir de ramer. Ce cours d’eau est à la fois calme et mystérieux, bordé d’un tissu sauvage et œuvré par le temps végétal. L’onde et l’arthrose de bois des rames sur la paire de dames de nages, causent un cuivré qui frise le silence.

Et ce désir de silence, s’épanche. J’arrête. Mes bras se récompensent d’un moment de repos.

J’aime ce loisir simple dont le corps porte le contact direct avec tous ses muscles. Je suis moi, entièrement, décousu de toute partition royale. Il n’y a pas de Sire, de Majesté. Je deviens un homme, une seule sueur pour humiliation, un seul effort pour me purger.

Je contemple cet environnement forgé. Je suis l’immobile au cœur d’un mouvement. J’ai faim. Oui, mais je suis à vide. Ah, non, j’ai une sucette là dans ma musette elle va me ravigoter en sucre et louange ce moment aux saveurs de la nature et……

Elle au moins elle ne va pas me tirlipoter le ciboulot, me chahuter le régime, me jauger les formes, défigurer le paysage de propositions affligeantes, me dépauler la constitution, me grenadiner les soirs de fièvre…

Et voilà que ces pensées m’obsèdent comme de la poudre à canon. Vite, vite, vite… mes cachets… quelle vie ! J’ai oublié, oublié…

Je reprends mes rames, sucette en bouche, pieds bien calés, j’actionne mes bras et à l’effort d’un appui trop énergique… l’astragale mon astragale une nouvelle fois lâche… cri de douleur.

Je tire sur mon pied… il est coincé dans ce cale-pied à ressort, je m’énerve, frappe violemment d’une rame le fond de barque…

Le soleil me tire dessus… je méprise le ciel gris, les mouettes aux cris de paillardes… où sont mes gardes… je coule… je gloute et regloute et puis je glougloute, un instant d’eau aux narines, brûlures de la trachée et prise d’eau aux poumons, douleurs profondes dans le silence.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le conte authentique de la Galette des Rois. Chapitre 3/3

Galette - oeuvre inconnue - Si une personne à le nom de l'auteur(e) de cette peinture, ...

Galette – oeuvre inconnue – Si une personne à le nom de l’auteur(e) de cette peinture, …

— Alors ?
— Et bien mon ami, je crois que j’ai développé une pâtisserie toute particulière et qui va rapporter gros.
— Non ?
— Si !
— Non ?
— Si, si je te dis.
— Incroyable ! Et comment s’appelle cette nouvelle pâtisserie ?
— La Galette !
— La Galette ? Mais c’est nul comme nom, ça… enfin… c’est pas vendeur.
— Aucune importance et puis je ne peux pas changer de nom. C’est magiquement possible mais les effets sont imprévisibles. Et je ne peux me permettre de perdre ma renommée. Pas question. C’est ça ou rien. Alors ?
— Alors, alors… j’hésite…
— Tu hésites ?
— Et oui, j’hésite et si ça fonctionne pas ? Et si mon Roi y perd la vie ? Je lui ai donné tellement d’espoir…
— C’est beau de promettre…
— Tu es sûr que cela va fonctionner ta… galette ?
— Absolument. Il y a une nuance de magie qui portera ses fruits…
— Ses fruits ?…
— De l’argent à ton roi.
— C’est bien le but. Et, où est la… chose

Flibo, le magicien, sortit d’un meuble, un objet circulaire, d’une surface égale à la paume du… Roi.

— Donc c’est feuilleté avec de la pomme. Je vais te donner la recette et…
— C’est pas bien grand…
— Portion d’une personne de votre nature…
— Et sa singularité ?
— Après l’avoir goûté, on ne peut plus sans passer !
— Je ne vois pas l’intérêt de faire mourir nos gens par indigestion…
— C’est pour cela que la vente se fera exclusivement aux marchés extérieurs.
— C’est pas un tantinet… abuser ?
— Il n’y a pas de commerce équitable dans la nature actuelle de votre royaume. C’est ça ou disparaître définitivement.
— Effectivement, il y va de notre survie.
— En effet. Alors tu es preneur ?
— Je prends.

Ainsi se passa, on le supposa, la conversation.

Au retour des marécages du Sud, l’éminence grise dévoilait la fameuse galette à son Roi.
— C’est ainsi que se présente notre salut ? Une pâtisserie ? C’est un canular ?
— Non votre majesté !
— Alors, nous devons y croire ?
— Oui votre Majesté.
— C’est assez modeste.
— C’est aussi efficace.
— C’est à voir.
— C’est tout vue… mille excuses votre Majesté. Désolé.
— Qu’importe. Allons, faites vos explications aux plus claires.

FilBo raconta comment il fallait procéder

— Et comment s’appelle cette… chose ?
— La Galette.
— C’est amusant
— Ah ?
— Vous ne trouvez pas ?
— Euh… si, si votre Majesté.
— Cependant, j’aimerais l’appeler La Galette des Rois en hommage, aussi, à mes aïeux.
— Comme il vous plaira, Votre Majesté.

Ainsi se passa, on le supposa, la conversation et l’histoire de la naissance de la Galette des Rois. On ne dit pas, si ce royaume a retrouvé sa prospérité, mais il est certain que la Galette est toujours dans nos assiettes avec un même rendement de profit.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018