Des virgules qui chutent sur le rond point du néant

Photographie Doroteya Veselinova

Challenge Lune et des participants


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… vagabond de l’esprit dans le Lac de la Luxuriance est Maître de séance des bibliothèques qu’il fait jouer par des citations sur la scène bariolée des lucioles étoilées jusqu’aux drames des virgules qui chutent sur le rond point du néant …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

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Pas besoin de crier dans l’hygiaphone pour comprendre ta colère. Je sais, j’ai tort. D’ailleurs, j’ai toujours tort. Et ta raison n’est pas la mienne c’est sûr, ta raison est une aberration. Pas besoin de sortir de l’école de Manivelle… de Machiavel… que tu manipules ton monde, ton instinct d’amour me phagocyte… mais à quoi bon discuter…

Ce soir je vais prendre le car, ma présence dans ta voiture covoiturage n’est pas souhaitée et puis je risque l’effet groseille, mon corps va se recouvrir de petits taches de couleur rouge-rosée, émotivité en dessin.

Je vais me recroqueviller dans l’un des sièges de ce car, filtrer le reste de tes mots colères. Le reste de ma vie comme une laideur, le reste de mon souffle en encre noire.

Le ronronnement de mon angoisse tourne en rond comme le bruit du moteur car… et je ressens à cet instant l’effet gouffre qui prend là au fond du crâne, au fond du ventre, au fond d’une cellule qui éclate, un anévrisme sentimental…

Et pourtant, j’ai encore la force, si ce n’est l’instinct de me traîner dans ma cabane/cellule/appartement. Je monte les degrés à la lueur d’un navigateur égaré dans les quarantièmes et le palier est comme l’œil du cyclone, une aire de repos, un havre de paix, une plage sans prédateur, et puis j’ouvre la porte, ma porte, porte au seuil de la noirceur d’une vie maintenant sans… toi.

Je croque quand même une passe-crassane (je hais les pommes), ma seule consolation fruitée, sucrée, et m’allonge sur mon lit frondeur aux ressorts bien sentis. Je mange tout, le trognon n’a pas le temps de faire une mine de condamné qu’il est mastiqué et avalé.

Prendre une douche ne sert plus à rien, je vais finir crado squelette dans les draps moisis de… toi. Je suis ce que le dérisoire est au rasoir du matin, coupant, révélateur de ma condition de… raseur et j’enlève mon dernier apparat : ma moumoute dernière génération avec intégrateur de laque. Et, là, je ne sais pas pourquoi, j’éclate de rire. De ce rire qui ose pourfendre les cloisons et les rabat-joie.

Je me lève, me déshabille et prends conscience de mon délirant… slip… kangourou taille basse ; je devais faire un strip-tease pour elle… ce soir… quelle déchéance en me voyant ainsi.

Allez ! hop ! direction la salle de bains pour me laver, le tout en un, même le… cerveau.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Route tracée

 Photographie de Frédéric Dubois - http://dfred-photographie.fr/

Photographie de Frédéric Dubois – http://dfred-photographie.fr/

 

 

En ce magnifique matin, j’ose un bisou.

Là, sur ton ventre rond de beaucoup,

Un petit galopin naîtra à la mi-août,

Prévu, attendu, ce soleil parmi nous !

 

Une nouvelle vie : comédien, magicien,

Il sera le firmament de notre jardin,

Ce coeur d’amour se nourrira aux mets,

De nos attentions, ce soleil blondinet !

 

Adolescent de ses actions à la Merlin,

De son esprit facétieux à l’Arlequin,

Il sera radieux à mille lieux à la ronde,

Considéré, ce soleil notre mappemonde !

 

Adulte, les clefs de la capitale théâtrale

Lui seront offertes pour son rôle principal,

«La divine comédie», il en sera le Dédale,

Notre fierté, ce soleil au joyau impérial !

 

Aujourd’hui trace le chemin de demain,

Nous croyons à son futur, rien n’est anodin,

A notre chérubin, nous t’attendons avec faim,

De ton sang, tu es des nôtres, soleil divin !

 

© Max-Louis MARCETTEAU