La roue de mon destin m’a tourné le dos

Oeuvre de Albert Marquet

Oeuvre de Albert Marquet

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Féerie. J’entends ce mot dans ma tête. Je le lis sur le bord de mes lèvres. Mais ce mot comme le mot liberté m’est inconnu. Je n’ai que la lumière de mon bouge et entre deux clients, je lis un livre offert par un jeune homme qui se nomme Alfred. Il a vingt-deux ans. J’en ai vingt-trois et demi.

La roue de mon destin m’a tourné le dos et ma direction est celle qui m’est imposée après que j’eus été vendue par mes parents …

Je souris. Dimanche, je vais faire une balade en bateau avec Alfred. Il me l’a promis. Je l’aime bien Alfred. Il a ce sérieux par endroit du visage et tout à la fois des yeux rieurs voire malicieux. Il est intelligent et naïf. Et, à ma grande surprise, depuis quelque temps, j’ose à peine me croire moi-même … l’amour c’est inscrit dans mon cœur. Si ce mot est sincère, il est beau. Ce mot est tabou … je ne dois jamais le prononcer … pourtant, j’ose dans mon lit au matin, mon oreiller sur la tête, je crie ce mot amour qui s’étouffe dans ma gorge, j’ai mal, je pleure, il faut qu’il vive ce mot dans mon cœur avant que je ne meure …

Ce soir, Alfred ne viendra pas. Il passera cependant en face de ma fenêtre exposée sur une rue courante de vies égarées d’avance. Pour l’instant, j’ai un client sur moi, je gémis par effet d’une prestation comprise dans le …prix. J’imagine Alfred me faire un signe de la main, de l’autre côté de la rue, de l’autre côté d’un monde …

Autre client, autre mœurs. Je suis pour l’un une habitude de lundi, pour l’autre une polisseuse de gland … tout n’est pas noir dans ma vie en rose bonbon pour hommes de bonnes familles aux perversions à faire rougir le Christ suspendu au-dessus de mon lit comme ce moment inoubliable qui me fit … non, non, je ne vais pas raconter …

Bientôt dimanche et j’attends cette plénitude qui me manque tant …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Route en roue libre

Oeuvre de Nady Gepp

Oeuvre de Nady Gepp

Route en roue libre, goudronnée à l’envie,

Le paysage verdoyant s’impose au regard,

Des images de Vous défilent au rétro délit,

Pensées de vos courbes, mes mots s’égarent,

En Vous, déshabillent vos dentelles de nuit,

Posent les premiers frôlements à vos remparts !

© Max-Louis MARCETTEAU