Les pick-pockets brassent le commun des mortels

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – Bobbies

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre les ruelles encrassées de la pauvreté charrient le brigandage le couteau en attente de sang frais pour quelques shillings tandis que les pick-pockets brassent le commun des mortels et se font parfois pincer jusqu’au cachot avec une fièvre de prison … par les Bobbies.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Au coup du sort ou au coup de rien

Donald_MP_Numero_238_1999

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Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Je voulais crier : place, place, place …

Et me suis accroupi sous ce réverbère … isolé … comme lui, mais lui est lumineux… il paraît presque intelligent, anime une ambiance… et, lui, au moins, il sert à quelque chose, même que les chiens pissettent sur son pied…

Mon exposé sur ce lampadaire est une diversion … un leurre … une échappatoire à m’éclairer par d’autres pensées …

J’ai le sang tout glacé tout d’un coup et la peau sûrement d’un violet pas catholique … j’ai faim, j’ai grand faim d’un repas de vie de vivre. Le fatal engouement à mourir est bien trop ancré dans mon esprit pour que je puisse m’en sortir … vivant.

Je ris de mon auto-dérision et puis j’essaye de pleurer de toutes les larmes de mon corps … qui n’a plus rien donner … c’est pathétique …

Je me relève. Je marche droit devant au coup de pot ou au coup du sort ou au coup de rien, je fais du pas à pas à défaut du porte-à-porte le trottoir d’ici est le même que celui de là-bas et mes joues se creusent avec les dents de la nuit et ce lampadaire qui me suit comme un fantôme éclairé de bonnes intentions … je rage de toutes mes dents et mes pieds qui se tordent sur les nids-de-poule des regards décroisés des passants et puis l’un a dégusté de mon poing dans le ventre comme mon ventre me fait mal à se faire la malle mais reste accroché à la texture de son moi, c’est-à-dire moi et je m’écroule sur le matelas de chair qui s’abat sur ce trottoir défiguré et le doute de ma mort me traverse comme un éclair …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La pointe de la lame défie à chaud

Oeuvre de Joe Benitez - Lady Mechanika - La Belle Dame Sans Merci

Oeuvre de Joe Benitez – Lady Mechanika – La Belle Dame Sans Merci

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°36 le mot : lourd


La pointe de la lame défie à chaud
La chair fébrile au shampoing froid
De la peur à sourire de mourir vrai
Dans le bain noir de l’œil de la faux

D’un filet de sang tiède de vie de go
La peau écartèle du millimètre voit
Le centimètre sourire large du trait
De profondeur surpasser par défaut

Le pas lourd, regard feutré humain,
S’écrouler le triomphe d’une réalité
Le sang à flot dévoiler d’un chagrin
De partir complètement d’une … infidélité !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le devenir de soi à la macro nourrice du lait

Film Les passagers de la nuit - 1947 - Lauren Bacall

Film Les passagers de la nuit – 1947 – Lauren Bacall

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°28 le mot : macro


Le devenir de soi à la macro nourrice du lait
Verbal de la voix propice à ouvrir les univers
De l’identité par l’écho démailloté au rouet
Défi toute sensation d’existence… sincère

Et l’appât de la déviance est un ennemi
Qui s’infiltre et devient vipère compère
A l’itinéraire pirate tranche l’empathie
Les nerfs des mots crient à l’amnistie

La page est brûlée comme la cervelle
Tout est là éparpillée tombes d’orties
Le sang vif s’enfuit au stylo scalpel
De la vie taillée… la poésie s’engloutit !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je croque la rose des vents

Film de Malcolm St Clair - 1926 - Hugh Huntley et Louise Brooks dans A Social Celebrity

Film de Malcolm St Clair – 1926 – Hugh Huntley et Louise Brooks dans A Social Celebrity

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°20  le mot : rose


Je croque
la rose des vents
Perds le nord
débordement
Du temps
frileux d’un
Nous
Défiguré
aux mots
bagouts
Enfilés au
clair d’une
Lune
Complice de
Vices
rancune
Les Blessures
des propos
En vers de
vers au goulot
Des baisers
tous escrocs
Effilent pointes
bourreau
Le sang
Nous
cendre
AU
t
e
n
d
r
e
.
.
.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Tel qu’on est…

Oeuvre de Charles Dana Gibson

Oeuvre de Charles Dana Gibson

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Tout ça c’t’y du sens ? Je vous l’demande. Bon sang bois. La Marie est partie en goguette avec la Martine. À la pouilleuse ! À la gueuse ! J’ai plus de bergère, à c’te heure. Faut-il du sans-gêne ? Faut-il cent sous de plus dans son escarcelle pour qu’elle reste la ribaude ? Quel mariage à trente ans, je vous jure. A peine consommée que la v’là déjà courir dans les champs d’été à retrousser les gousses. J’ai l’air finaud, je vous dis.

Je suis décent à ne point faire du raffut et rameuter toute la famille. Vrai, j’ai la dot et point de scandale. Et je rage tout de même et puis ne peut être absent avec excuses, à mes journaliers payés à l’heure mais aussi au un pourcent au-delà du quintal ramassé, la rumeur s’est confirmée que si je cours ma mie, suis un mauvais parti et un mal dégrossi.

Je vais rester sagement à me ronger les sangs et qu’elle revienne, la rosse. Je ne prendrais pas mon nerf de bœuf comme le père Gouffier. Non, non. Il est récent qu’il ait corrigé sa moitié aux fesses qu’elle n’avait pu s’asseoir d’ici quinzaine, la garce ! Mais suis point un violent. Faut-il de la main d’œuvre travailleuse et soumise au mieux. Et rien ne sert de tabasser la chair si l’esprit est ailleurs mais une bonne raclée à la ceinture devrait la ramener à la réalité.

Tiens, v’là t’y pas le jeune branleur de vingt piges qui m’épie de sa chariote.

— Qu’est-ce t’as à me z’yeuter le gringalet ?
— Vous êtes bien mis à ce que je vois !
— Quelle outrecuidance jeune blanc-bec…
— Suis bien à votre aise de vous voir en ce chaud moment en torse nu et poilu.
— Mais vas-tu te taire bougre d’âne…
— Qu’est-ce à faire ? On n’est’y pas seuls ?
— Qu’importe, je ne veux pas me faire importuner le nœud par toi vil coquin.
— Tu disais pas ça lors de la foire avec le doux débranché Paulo ?
— L’efféminé ?
— Tout juste…
— C’est du racontar…
— Racontar ? Je vois bien une belle bosse, là… ton gourdin à l’air de prendre du mouvement… est-ce moi ?
— J’ai d’autres chats à fouetter… et arrête de sourire béatement.
— Ah la Marie avait raison… vaut mieux qu’elle se fasse butiner et toi piper… tu aurais meilleure mine et plus jovial tu serais…

Et ce jeune trou, me ressent et d’un coup de fouet remet sa monture au trot et v’là t’y pas qu’il trace et rit comme un damné.

J’ai quelques larmes et pense amèrement : “faire contre mauvaise fortune bon cœur” tel va être mon lot quotidien… ou me pendre.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018