La Boîte à Temps

Nuageux_Iotop_2020

Nuageux_Iotop_2020

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 16.20


La Précipitation du Temps dans le gouffre de l’insondable Tic-Tac de l’engrenage qui prend son pied … s’arrête d’un éclair

La Boîte à Temps informe le Courrier du Temps, tout à courir, de la glaciation inattendue de la Précipitation. Toute l’armée de Seconde, aux Têtes des troupes les unes à Vélo les autres à la pointe de l’innovation de leur aiguille quand d’autres à la Diligence, s’apprêtent à envahir le Territoire à la Minute jusqu’à Risquer la Disparition par un effet Sablier …

Si le Tout s’arrête, le Silence l’ennemi du Temps serait vainqueur sur la Totalité de l’Univers Visible et le Ralentir est la première victoire mais pas le Remède.

Le Néant sur le bord de la Route, lui, attend son Heure…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Rho-Man Tout en Gala-Tik – Chapitre 3

Oeuvre_de_Jeremy_Mann

Oeuvre_de_Jeremy_Mann

Sur une idée commune avec Carnetsparesseux. chaque semaine, tous les mercredis, un nouveau chapitre est présenté, chacun sur son blog.
(Les autres chapitres : ICI et définitions ICI)


Au degré zéro du silence

Qi Peuh Leu P+ toutes à ses pensées rondouillardes et azurées d’un océan paillard comme un long monologue de l’homme a la conscience bien faite, quoi qu’en pensent les conformistes de la restriction de pleinement jouir de ses moyens jusqu’à la Congrégation de l’Unité Lucide, qui s’éclaire de la philosophie de sa vie telle une onde de couleurs à plusieurs niveaux qui s’assemblent et font une seule et unique cohésion tel l’arbre de sept mille ans qui de pousse en pousse gagne en belle hauteur, tendre et robuste, au clair d’un ciel poudré de nuages douillets et d’un soleil poussin qui en détails tous les tracés en prisme tout en restant à sa place d’observateur, ne voit pas venir l’étrange créature qui l’observait de loin et qui s’approche au degré zéro du silence à la vitesse d’une étoile filante qu’elle est déjà à quelques centimètres de son cou qu’il ne soupçonne pas même l’expiration expulsée dans un filet bleu méthylène ni la naissance de l’intrigue, car il dédié exclusivement à ses pensées…

Une piqûre à peine ressentie et voilà qu’il perd connaissance, comme un régiment d’escargots mis à la diète pendant un bon mois suspendu dans un filet à trois mètres du sol d’une cave de l’ogre de service et qu’il est enserré chaudement dans les bras de la créature tout aussi délicatement qu’au moment de s’habiller d’un jean trop étroit. Réduit à l’inconscience, il est transporté comme un fétu en une direction nord-ouest vers un lieu encore non déterminé.

Quoi qu’il en soit la vitesse propagation du déplacement de la créature avec son mode d’énergie, de navigation, de mécanisme, ne laissent pas indifférent la deuxième créature qui l’a rejoint en cours de route sur un ancien tracé d’un fleuve de pentafluorure d’antimoine. Toutes deux passent par monts et par vaux en un temps record nommé Eurhe (mot abusivement abusif) alors qu’il s’agit de l’ancêtre chronographe et qui vaut autant que le temps met pour parcourir la distance d’un point à un autre sans se retourner avec un angle tout pareil. Ce qui fait quand deux Eurhe, les voilà arrivées à destination.

Et quel endroit ! une immense et démesurée plaine où s’accrochent des cubes de couleurs imposants suspendus à des fils. Et les deux créatures d’enclencher un genre de télébenne cubique à mono-câble et d’être transportées illico devant une devanture d’envergure aux inscriptions incompréhensibles. Cet instant est habillé en complet du mystère et Qi Peuh pénètre la consistance de l’improbable, plongé dans le néant qui lui-même ne connaît pas son nom, car est-il souhaitable de connaître de ce qui possiblement intangible pour soi comme une impossible consistance qui ne peut naître sans défaillir à la première lettre : N, qui s’emploie par défaut à la consonance d’une répulsion d’une aversion où toute la peur s’inscrit à la suite de ses lettres avec ce dédale de questionnements qui a cette seconde présente réveille Qi Peuh.

Il est réveillé, certes, mais les yeux clos, devanture de paupières tatouées de quatre lettres chacune comme une clé de coffre qui n’ouvrirait toutefois pas son coffre d’âme ou de cœur. Les deux créatures qui l’ont déposé allongé sur une espèce de branchage ajouré constatent ces signes inscrits. Ils se regardent, s’interrogent l’un d’un mouvement d’épaule l’autre d’un geste de la main mais tous deux n’en pensent pas moins ni plus en attente d’une réponse d’une hiérarchie qui se fait attendre. Attendre parce qu’elle cogite ferme sur la bonne action à tenir et ne pas éteindre un espoir qui semble s’impatienter depuis trop longtemps, depuis ce temps qui renferme aussi les rancœurs, les rages, les schismes, les passions. Aussi ne faut-il pas s’égarer sur cette venue inattendue sur ce possible moment de découverte comme l’anthropologue qui souhaite enfin mettre la main sur le premier ossement sans tomber sur un os genre contrefaçon genre on prend une claque devant les membres de l’académie qui ont les dents longues dures et acérées aux mouvements d’ironie de la moquerie de l’humiliation.

Qi Peuh Leu P+ ouvre enfin ses beaux yeux…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Une horloge tombe à l’eau

Dessin de Bubo – Inktober 2018 – #14  (je vous invite à découvrir cet artiste de BD)

Et c’est aujourd’hui le quatre centième texte 🙂 Champagne … 🙂


Une horloge tombe à l’eau. Elle bulle des « aux secours » par peur. Sur la berge un pêcheur qui ne voit que son flotteur traînant son ennui par le jeu du clapotis d’une pluie éphémère, indifférent à cette noyade, baisse son chapeau jusqu’à son nez.

Les secondes de l’horloge égouttent les flaques de l’agonie en des ondes qui se cassent sur le fond de la rivière caillouteuse, aux délits cachés en son sein. Les poissons font les gros yeux sur ses aiguilles qui cadencent au tic-tac affolés comme si elles couraient un sprint pour sauver ses minutes qui se comptent les unes les autres avant de passer de vie à trépas en soixante secondes et que le passé archive sur le rayon des suicides… possibles …

L’horloge rage.

Pourquoi les cambrioleurs l’avaient bâillonné ? Elle n’était pas une alarme, tout juste un carillonnement pour dénoncer les heures ? Pourquoi l’avaient-ils recouvert d’un tissu rouge lors de son enlèvement ? Elle n’avait pas l’intention de trahir ses ravisseurs. Pourquoi se retrouvait-elle en compagnie d’autres horloges dans un hangar aux lucarnes agressives ? Elle avait toujours vécu seule et ses congénères bruyantes dérangeaient son comptage journalier, elle ne savait plus, si elle était en retard ou en avance. Quelle angoisse ! Pourquoi, personne ne resserrait son ressort ? Elle avait envie de vivre encore ses secondes en éternité, ses minutes en espoirs, ses heures en cadeaux, ses jours en jouissances, ses semaines en bonheur, ses mois en étoiles, ses années en Noëls, bref de vivre un siècle bien remplit. Mais, comment sortir de cet asile d’horloges en délire, chacune son tic, avec pour certaines une tendance à se prendre pour des baromètres, et comment tenir plus longtemps sans compromettre irréversiblement sa raison ? Elle désirait retrouver une main attentive, prête chaque fin de semaine à remonter son mécanisme d’orfèvrerie imaginé par un maître horloger de la Vallée des Siffleurs. Et ses engrenages qui peinaient, et . . . pourquoi n’avait-elle pas pensé plutôt à invoquer la déesse des Horloges : TikTak ?

Elle rassemblait son énergie à invoquer la formule mathématique qu’aucuns scientifiques n’auraient pu déchiffrer. Tout le monde était mis à l’épreuve : cliquet, rochet, spirales, pignons, ancre, fourchette, roue d’échappement, roue motrice, poids, lames de suspension… Ses aiguilles dansaient un quadrille à une vitesse que la lumière en aurait pu perdre la vue. La déesse se présentait en montre gousset, brillante.

— Tu n’as qu’un seul vœu, ma belle, tu as une couronne de temps pour le prononcer.

L’horloge émue par ce phénoménal événement, balbutiait son vœu.

— Au bord d’une rivière, une jolie maison, annoncer mes heures à l’un des gentils habitants . . .

Quand elle se retrouva au bord d’une rivière, son cadran se mira les chiffres ! Le temps d’une couronne n’avait pas pris la totalité de sa déclaration ! Malheur ! Cet équilibre précaire lui valu la noyade.

Elle rage ! Tant et si bien que le dieu des horloges : TacTique, s’agace ! Il prend la mesure de ce tragique destin et lui glisse entre ses rouages délicats une incantation chiffrée qu’elle traduit par :

— L’horloge seconde sans heurt la vie des humains, tu seras l’horloge des poissons aux heures sans faim.

Morale : soyez clair et concis dans vos choix.

©Max-Louis MARCETTEAU

cœur de l’horloge

Oeuvre de Erin Keck

Oeuvre de Erin Keck

Au cœur de l’horloge, prime les secondes fécondées

D’impulsions accordées sur le fil du Temps accoudé

Sur la trajectoire d’une onde de vie toilée à la vue

De l’humain imparfait par nature, particule suspendue !

 

©Max-Louis MARCETTEAU