Pensées déviantes

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


La patience est un mot dont je n’ai pas d’accointance. Non, non. La patience, c’est attendre… souvent à distance. Et attendre c’est perdre du temps de vie, c’est le contraire de l’accomplissement et une des nombreuses carences de la constitution d’une existence.

Aujourd’hui j’ai cette sensation d’attendre au-delà du raisonnable. Ce bus qui n’arrive pas et ces gens insensibles comme l’eau qui traverse la terre qui se noie…

J’attends parmi d’autres attentes. Longueur d’un temps qui s’étire de bras à bras de minutes torturées, j’accomplis ma souffrance, mon impatience, ma pénitence, mon calvaire…

J’entrevois la ferveur de certains à cette souffrance de la patience déclinée sur le palier de l’attente et à son dernier degré celui du manque, à ronger les ongles des aiguilles de l’horloge du souffle qui fredonne les soupirs comme des râles et à toute aventure possible, la récompense, le trophée de la jouissance, de la libération de l’entrave du manque qui a posé le mot bonheur presque comme une enclume.

Et j’attends ce bus maudit qui ne vient pas et je tourne en rond dans mon esprit trop étroit à ma condition de salissure, de tache indélébile sur le parvis goudronné de cet abri qui m’aspire dans les tréfonds de la fièvre de l’agacement.

A genoux il faudra me repentir de ces pensées et me traîner sur le dallage cadavre de ma cellule… quand un indécis me cloue par ces quelques mots :

— Mon seigneur vous vous êtes égaré de votre diocèse ?
— Non, mon fils… mon chauffeur est en gréve, il se dit comme, nos religieuses, abusés par de nombreuses tâches et heures… Est-ce que Jésus a compté ses heures, lui ? Non, mon fils ! Je vous le dis en vérité…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Passion jusqu’à la… anche

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Ce soir je vais dormir à la cave. Il fait trop chaud : dehors ou intérieur, c’est pareil. Mais avant, préparation. Je me suis cuisiné un bon repas avec un dessert préféré : un mille-feuilles.

La cave de l’immeuble est d’une dizaine de mètres carrés. Je l’ai partiellement fait aménager, il y a un certain temps parce que j’ai un hobby : le hautbois d’amour, en… intubation. Oui, je sais faut pas manquer de souffle.

La passion est là et je ne vais pas m’en priver même si je trimballe ma bouteille d’oxygène sur ma chariote.

Je vais pourvoir me consacrer à ce temps musical en cette nuit à la première porte de mon sous-sol un presque tombeau à l’humidité reposante d’un microcosme grouillant de vies… microscopiques…

Le décorum est suranné, à mon goût. Qu’importe, j’aime. Je pose mon fessier squelettique dans un moelleux fauteuil violet cardinal.

Mes étoiles sont mes notes qui vagabondent au-dessus de moi, lumineuses. Je respire l’essentiel de mon rêve, et dessine toutes les portées aux souffles aidés.

La musique mon seul monde qui pourtant dérange le commun mortel à ses addictions nauséabondes et plaintes ont été déposées à la mairie et le premier représentant, politicien à double entrée du discours, prend la défense de futurs proches électeurs potentiellement encore vivants dans quelques mois… pas moi.

Je suis au vif de l’émotion à l’écoute de mon souffle sifflement… d’amour instrumental. Sensations feutrées et tout à la fois intenses dessinées par les labours de mes fibres intimes usées mais encore gorgées d’une vie en naufrage comme les derniers moments érigés en une sincérité qui fait émerger quelques larmes…

Je vais voir ailleurs, me déguiser en explorateur… dans un paradis… plus frais… dernier souffle, intonation… musicale… et je les…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Après l’amour

Modele Abril Raluy de Jong

Modele Abril Raluy de Jong

Après l’amour, il n’y a plus rien. Une princesse qui s’évapore. Une envie assouvie. Un moment volé à l’éternité. Rien de bien folichon. C’est le vide ou la marche vers le rien. Une sensation d’avoir eu ou d’avoir été eu.

©Max-Louis MARCETTEAU

L’œil du cœur

Dessin de Pochiyo

Dessin de Pochiyo

Toute sensation est une épée qui traverse de part en part l’aulne du corps,

L’onde choque la parcelle des larmes qui se vibrent à la Beauté déployée,

Et trempe le buvard des yeux qui impriment l’émotion du Bel accord,

Au cœur de la rétine qui teinte crescendo les fibres vocables émerveillées !

©Max-Louis MARCETTEAU

Vertige accouplé

Oeuvre de Arkady Ostritsky

Oeuvre de Arkady Ostritsky

Ouvre les bras, prends ta folie,

Joue moi le sacre du printemps,

Frappe les tambours des cris,

Couche sur le papier ton sang,

Respire les océans à mon sel,

Éprouve la sensation d’aimer,

Remonte le fleuve à tire d’ailes,

Résiste moi,nuit aliénée de toi !

©Max-Louis MARCETTEAU