Chaque regard est une semence

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Photographie Iotop 2020 – Encadrement virtuel ICI

Chaque regard est une semence et fait fruit d’une couleur d’un trait d’un signe d’un éclair et s’insère sincère dans la toile… tel est le tableau expressif ambitieux abstrait et conquérant accroché sur le mur de ce musée et qui s’arrange devant les visiteurs amplifiant des nuances ou un tracé qui s’exhibe par son caractère.

Aux regards nourris il fait acte d’une plaie vivante de son existence et s’expose à la nudité des effets incrustés à l’éclairage de sanctions ou d’approbations il est celui qui s’écrit sans complexe à la morale d’un temps qui s’encre sur les murs des écrans possédés de la communication hallucinée mythomane …

Ce tableau vivant est une première mondiale et signe lui-même les autographes avec son pinceau-scalpel sur des reproductions lithographiques sur pierre…

Quand une femme éprise de ce tableau jouisseur jusqu’aux racines de son ombilic le décroche d’un seul élan à la vue de tous éberlués fascinés applaudissant par l’acte d’une amoureuse insupportablement belle …

L’emporte à bras-le-corps et le fait circuler de quelques rues en quelques ruelles anciennes aux pavés dégoulinants de souvenirs piétinés aux cris décousus et le jette sans ménagement aux pieds d’un banc délavé ressemblant à un linceul …

… il devient tableau ambulant, une œuvre déchue … sur les trottoirs humains éviscérés de toute compassion …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Il y a des matins comme ça

Vivien Leigh photographiée dans le rôle de Lady Macbeth par Angus McBean -1955

Vivien Leigh photographiée dans le rôle de Lady Macbeth par Angus McBean -1955

J’étais à moitié dénudée (maillot de bain une pièce, pour éviter les fantasmes), positionnée de tout mon
long, sur un côté, à lire une œuvre à l’eau de rose, quand, sur cette plage de coquillages ensoleillés, une
chose me piquait la fesse droite. Était-­ce un coquillage mal luné ? En fait, c’était un scorpion de belle taille.

Je crie, surprise. Il me parle :
– J’en pique pour vous, ma belle sirène.
– Je ne suis pas une sirène mais une touriste en vacances.
– Qu’importe, je suis le pourvoyeur de l’Amour !
– Ce n’est pas Cul-­Pidon ?
– Il l’était, le bougre, mais j’en ai fait mon affaire, diantre. Et le dernier instant de son trépas, fut un Chant du Cygne, très remarqué, diffusé en Dolby dans une salle de cinéma, pas très loin d’ici.
– Belle mentalité !
– Vous voudriez me piquer au vif ? Je ressens une aversion à mon encontre et j’en suis tout contrarié, me tromp …
A ce moment­-là, une épée genre Excalibur, jaillit de mon livre et tranche en deux, l’irrévérencieux.

Je pousse un cri. Elle me parle :
– Je suis de vous à moi, votre conscience rapprochée. Et je prends la responsabilité de cet acte.
– Que venez­-vous vous mêler de mes affaires ?
– Vos affaires sont aussi les miennes !
– Pouah ! Quelle odeur putride qu’il dégage l’animal.
– Normal, sa saison venimeuse est à son paroxysme.
– Bon, ce qui est fait est fait, mais je vous prie de retourner de là où vous venez !
– Oserais-­je vous tendre mon pommeau en signe de réconciliation ?
– Ne seriez-­vous pas plutôt ma mauvaise conscience ?
– Votre mauvaise conscience ne brille pas avec autant d’éclat que moi !
– Qui sait ?
Et d’un salto arrière, l’épée me pique fortement la fesse gauche.

Je crie. Je me réveille.
Dénudée à hauteur de la taille, les draps en vrac, et la lumière du jour possédée de vivre, je frotte ma fesse gauche et mon amant de la soirée, me dit.
– Deux petites claques sur les fesses, ça réveille, hein, mon amour ?
Et d’un bel élan, je lui balance une gifle.
– Tu n’es qu’un goujat ! Pars sur le champ !

La journée commence sous un présage assez étrange.

©Max-Louis MARCETTEAU

Est-ce un signe ?

Oeuvre de Philippe GIACOBINO

Oeuvre de Philippe GIACOBINO

Suite à un défi d’écriture, placer quatre expressions … dix minutes chrono.

Est-ce un signe ?

Brusquement la tempête releva ses manches et les baraquements s’envolèrent dans les airs, au chant d’une peur biseautée à l’éclair de foudre. Rien ne résista. D’ailleurs, toute résistance était inutile. De la volige à la taule, du clou au mortier de chaux grasse, tout ce beau monde traversa les ondes aériennes bien au-delà de la stratosphère.

Entre temps, j’avais eu le temps de m’enchaîner à un arbre robuste aux racines profondes et tenaces dans une terre possessive comme de la glu. J’épousai ainsi un temps certain l’arbre mon sauveteur, ma bouée de sauvetage, qui rugissait de toute sa hauteur, qui brandissait toutes ses branches comme un futur noyé dans un défoulement océanique dont la tourmente était du même tempérament que le père Éole dans un mauvais jour.

Voilà pourquoi, je suis encore vivant et que je puis vous raconter en quelques lignes me souvenirs, des brides comme des habits déchirés. Car il est vrai, je l’avoue humblement, j’ai perdu à plusieurs reprises connaissance et entre l’angoisse d’être vrillé à corps au tronc de mon arbre comme une serpillière, et empalé par un débris, mon esprit n’avait plus toute sa tête.

Et ensuite, par miracle, seul survivant, je n’avais plus qu’une seule envie celle de me saouler à la liqueur de noix de coco. Mais, il fallait me rendre à l’évidence, j’étais encore dans mon lit, emmailloté dans mes draps.

© Max-Louis MARCETTEAU

En terre

Oeuvre de Franz von Stuck

Oeuvre de Franz von Stuck

Coeur de vague, essuie le sang de mes racines.

Mes neurones sablent mes inscriptions blessées.

Tout est blanc, battu en neige d’un froid écrasé.

La boîte se ferme, les roses pleurent en sourdine.

La bruine se raidit en aiguilles de glace à la voix

D’angine d’un curé plié comme un saule pleureur.

La trompette biblique plante ses notes à la croix,

Signe de soumission, de rédemption, d’entremetteur.

Du monticule noir, la pelle fait une tête de spleen.

Le ciel accompagne chaque mouvement, affectif.

Un voilier des airs égaré apporte sa note en abyme,

A la scène imposée, à dessein, au monde convulsif.

Le silence n’a pas de montre, l’éternité s’installe.

Un battement de cil, l’oeil se noircit, la peur dîne.

Fracas de la vie prise au piège, la pierre est tombale.

Les parois azurés étouffent des semblants de râles.

Taillader le bois tendre, parmi les asticots forçats.

La terre ronge mes ongles jusqu’aux métacarpes.

Moignons, je découvre l’air libre vicié de nuit, béa.

Ma peau se hérisse en lambeaux, je file tel l’escarpe.

Laver mon reste de corps, la pluie vierge m’encrasse.

Je cherche une rivière et je m’empale jusqu’à la garde,

Au premier poteau sentinelle d’un champ de carcasses,

Je meurs parmi les miens. Soldats, à moi la cocarde !

© Max-Louis MARCETTEAU