Aux échines cintrées, vers de terre

Oeuvre de Timothy Adam Matthew

Oeuvre de Timothy Adam Matthew

Les narines des crayons : atelier


« Que crains-tu donc ?»(1)

La cheminée de sa braise presque dormante me souffle ses quelques mots. Je suis assis sur une chaise de paille. Mon profil élancé à la serpe à l’oreille encore verte du monde s’éprend de ce questionnement… Je crains le devenir, l’avenir, le venir, du pire à l’anéantir. Je crains les ires et les ir, même jouir comme une petite mort en probable connivence avec la Grande…

Je suis ce que je ne suis qu’une suie, qu’une ombre sur le parvis d’un désert de sel et j’ai soif de mourir comme d’une fleur a cette envie de s’épanouir jusqu’à se noyer de sève et conteste qu’elle se veut fanée.

Je suis ce chien errant entre la pièce à vivre de la société et la pièce à dormir de ma conscience formatée des autres.

Je suis qui ? Je suis quoi ? Je suis… « bon à rien, bon à tout ». Les foins sont là ondoyants, voire polissons, à la danse du ventre, au regard d’un soleil froid, maître de l’univers et de la bonne santé… Dieu arpente ses terres l’air hautain aux échines cintrées vers de terre qui soulèvent la poussière de leur labeur et la sueur de leur foi défigure le néant entre la croix et les clous…

Je divague et bois mon eau d’amertume à l’essorage de ma dépression de jeune homme gâté… oui gâté… tel le sucre pour les dents… et puis, je ris, je ris en des éclats pendus comme des candélabres et Isabelle qui entre dans mon antre ma chambre étonnée et sulfureuse de vingt-et-une années avec ses cheveux blancs tressés…

— Tu ris éveillé mon pauvre Paul ?
— Comme rirais-je en dormant pauvre Isabelle ?
— Éveillé mais endormi par ta fausse conscience !
— Euh… ne me dis pas que tu as encore bu de la fée bleue ?
— Mon frère vous valûtes aux belles années une âme de belle eau, vous êtes à présent un dégénéré…
— Ma douce sœur, vous devriez au conseil d’un dénaturé stopper toute conversation avec moi…
— Je vous aime trop pour me départir d’un tel aveu de votre part.
— Aveu, aveu… non, mais reconnaissez que vous débitez de drôles choses.
— Et vous-même…
— Le monde est trop tordu pour vous laisser prendre comme moi …. en perdition…
— Vous déblatérez pareillement de l’inconsistance au kilomètre.
— Il a été inventé ? Ce mot ?
— Je vous le dis… c’est qu’il existe… foutre-dieu !
— Ne jurez point ma sœur dans ce lieu qui n’est pas bergerie ni auberge de jeunesse…
— Dites moi mon frère aurions-nous changé… de siècle avec nos étranges propos ?
— Nous devrions nous reposer de nos lectures avant-gardistes et reprendre un Plutarque, ou un de ces anciens miteux mais de bonnes textures…
— Rien de bon dans les mondes d’hier et d’aujourd’hui… c’est à pleurer, mon frère.
— Justement bien dit, ma sœur, alors prenez les outils de votre vraie conscience et partez… partez construire votre vie sans vous retourner…

« … Isabelle l’avait écouté …» (2)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

 

(1) Plaute : Pseudolus => scène IV

(2) Cervantès : « Nouvelles exemplaires » au titre  » l’Espagnole anglaise ».

Deux messieurs à marmonner

oeuvre-de-pierre-auguste-renoir-christine-lerolle-1895.

Œuvre de Pierre Auguste Renoir-Christine Lerolle-1895.

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 18 et origine

Scène représentée au regard du tableau de  Pierre Auguste Renoir : Christine Lerolle -1895


Eux :
— Qu’est-ce t’en penses de la Lerolle, ici présente ?
— Une bûcheuse.
— Beau parti.
— Mauvais caractère.
— Dressage et asservissement en perspective.
— Audacieux.
— Lucide.
— Femme du pointillisme.
— Femme du divisionnisme.
— Nous voilà mal embarqué mon frère.

Elle :
— Qu’est-ce qu’ils fabriquent les deux messieurs à marmonner devant les portraits de Manet ?

Eux :
— N’a-t-elle pas une sœur ?
— Une toupie !
— Une toupie ?
— Qu’est-ce ?
— Une maîtresse femme.
— Nous sommes faits .
— Non point. Il faut de la fermeté, mon frère.
— Fermeté, fermeté … je ne veux pas un combat de boxe tous les soirs.
— Femmelette.
— Tu es piquant.
— Je prends la sœur et tu prends celle-ci, présentement.
— Une fraction de seconde de vie pour une éternité de ténèbres.
— Qu’importe …

Elle :
— Ils en prennent du temps ces messieurs. Voudraient-ils faire achat ? Père, refusera. D’ailleurs, sont-ils là pour quelle affaire ?

Eux :
— Quel intérêt ?
— N’est-elle pas envoûtante ? Vois-tu pas une Aphrodite ?
— Tu pousses le bouchon un peu loin, mon cadet.
— C’est mon genre, mon aînesse.
— Attendons son père à ce rendez-vous, ce bon bourgeois et mécène, voir si la dot vaut le détour.
— Nous ferons un bon marché de ses filles.
— Possiblement.
— Sûrement.

Elle :
— Qu’ils sont impolis de ne point me saluer. Des goujats sans doute. Des malandrins tout à fait. Je plains leur épouse.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Je ne connais pas ce Google qui se présente à ma porte.

Fond_ecran_parrot_os_du_site_deviantart_magicnaanavi

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Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)

Je tiens à remercier Les Oulimots création de Popins pour cette Contrainte d’écriture 2018 avec un texte quotidien à créer. Sur 273 jours j’ai ainsi tenu 263 textes. (tous les textes ne sont pas publiés ici …)


… et je ne connais pas ce Google qui se présente à ma porte. Il souhaite me vendre une ligne réseau directement reliée à mon domicile secondaire dans la périphérie d’Oceanus Procellarum et cela ne m’intéresse pas. Mais le bougre, il insiste. J’appelle mon droïde Marius, (surnommé Face de Book) pour me débarrasser de l’importun.

Non mais, il ne vaut pas une verge pour me soulager au regard d’un beau phallus que mon droïde me met tous les soirs à clair de Terre.

Bref, je ne me suis pas installée sur cette station pour me faire spolier mon temps … et tout humain qu’il soit, il ne m’intéresse pas ce va-nu-pieds de Google… non mais !

En tout cas, après ce grain de sable de mon début de matinée, je vais me faire un château…de sable grâce aux dunes artificielles déversées le long du littoral qui longe notre avenue, et après du cheval de bois construit par les petites personnes colonisées par notre bien aimée société. Et pas de quiproquo entre nous. Ces petites personnes sont naturellement et convenablement bien traitées. Elles proviennent directement de la Terre. Cette population a été irrémédiablement … comment dire … abîmée au fil du temps par les pollutions diverses et variées, et nous, notre bien aimée société, avec cette patience bien connue et reconnue porte une attention particulière pour en intégrer quelques milliers par an pour notre communauté. Et je ne vous apprends rien, ces petites personnes sont bien à l’abri pour les protéger de nos influences et pour qu’elles puissent travailler en toute tranquillité …

En attendant, à vous rendre compte oralement par ce journal intime enregistré en direct, chers audiostateurs, je vais me verser une rasade de Limonadif pour soulager ma gorge et dans quelques instants nous aborderons le rituel du Pingouin en Queue de Pie qui vous …

— Elle n’a pas bientôt fini cette greluche à nous bassiner avec son air de formol et son faux journal intime intox en direct … elle parasite notre réseau …allons, reprenons mes frères Apple à creuser notre tunnel pour libérer nos sœurs Amazones colonisées … qu’elles respirent de nouveau la liberté …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018