Bien vouloir venir me mettre en nuit – Chapitre 3/4

Clôture_drain_Iotop_2019

Clôture_drain_Iotop_2019

(Sur une idée de Carnetsparesseux … une suite de l’Agenda Ironique Décembre 2019 – « Origine – ICI » – Chapitre 2/4)


La Dame du Seigneur et sa dame de compagnie s’étaient rapprochées pour mieux s’entendre dans ce genre de confession qui parfois mine de rien a des oreilles … présentement sous le lit comme notre Rongeur Urkrokuf qui entendait tout, prenait note dans sa cervelle de rat, et rongeait en attendant un morceau d’étoffe qui traînait sur le sol dallé de pierres polies et peintes.

— La Princesse n’a-t-elle pas une vengeance à concevoir ? Il faudrait s’en informer sur le champ.
— J’ose demander à la Princesse … voyez ma position …
— Oui, ce n’est pas faux. Demander à l’une de ses femmes de compagnie…
— C’est une idée. Mais, la Princesse ne se déplace pas si facilement.
— Il faudrait la tenter à se déplacer … comme la peste…
— Ma Dame, vous êtes dans l’excès. Pourquoi, ne pas l’inviter au prochain tournoi par l’entremise de son mari le Prince Vikloux ?
— Oui, excellente idée … mais regardez là deux brillants rouges sur mon étoffe près de l’alcôve…

Et le Rongeur était tout à son affaire quand l’étoffe s’étira vers le haut l’emportant dans les airs qu’il ne lâcha pas sa prise qu’au dernier instant par le cri strident telle une herse devant l’ennemi farouche ici la Dame qui s’épouvanta d’un tremblement et se reprit aussitôt à la vue du rongeur qui tomba lestement et se faufila sous le baldaquin.

— Quand on parle du rat … il n’est jamais loin celui-là.
— Ma Dame, votre houppelande a été grignotée sur le côté, voyez.
— Demandez à la femme de chambre de bien vouloir venir me mettre en nuit et pour demain matin faire reprise.
— Bien, ma Dame.
— En attendant, prenez patience et apportez moi le témoignage de la trahison de votre époux.
— Cela se fera sans tarder, je vous promets.
— A ce moment-là, nous aviserons.
— Une dernière question, ma Dame.
— Laquelle ?
— Avez-vous souvent des rats, ici ?
— Non, rarement à l’étage et puis à cette saison.
— Étrange, vous ne trouvez pas ?
— Étrange ? Comment ça, étrange ? Expliquez-vous ?

( … à suivre)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

A la rue j’y suis au frais d’un état de trait

Oeuvre de Jeremy Mann

Oeuvre de Jeremy Mann

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°31 le mot : rue


A la rue j’y suis au frais d’un état de trait
Droit à l’horizon talé le violet tente le fol
Banquet de ma chair évidée de l’aspect

Du naturel vivant et j’en pince de l’abcès
De mort à me pendre haut à la fin de sol
Dé un destin pipé écrit et subit au verset

D’une fatalité distraite et dont le procès
Ne peut être opposé à la prise du vitriol
Du libre arbitre défiguré au départ de fait …!

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’enfant dépossédé de ses rêves. Chapitre 4/5

Je suis prostré, debout. Muet. Comment traverser ce marécage ? Et qui trouverais-je après l’avoir traversé ? Et si j’abandonnais, là ? Le retour est impossible. Mourir sur pieds. J’attends. J’attends. Les yeux fermés et le cœur ouvert à l’espoir. Mais il n’a pas ce nom. Je ne connais pas ce nom, je le ressens. Il est là, au fond de mon âme d’enfant.

Mes pieds trempés et mes larmes d’un œil à un autre me brûlent. Et je crie. Ce cri qui sort d’ici, ce cri d’enfant cruellement abandonné dans ce marécage et qui n’a aucune direction prendre. Dis maman, tu es où ?
Et ce bâton qui ne me sert à rien.

J’ouvre les yeux. Une troisième nuit. J’ai l’impression de ne rien ressentir. Ma peau est une herbe séchée. Ma bouche n’a plus sa source. Je suis statue. Je suis cette nuit à moi tout seul. Cette nuit muette et qui me broie le cœur. Cette nuit qui n’a rien de moi. Cette nuit des douleurs sourdes. Je n’attends pas ce quatrième jour. Je vais mourir. Je n’ai plus de force. Elles sont parties avec mon désespoir.

Ce jour arrive. Il n’est pas aussi beau que les précédents. La liberté d’un enfant n’est pas d’être seul. Je respire encore. Debout, mes pieds sont partiellement gelés. Mes yeux sont des lanternes presque éteintes, à peine ce souffle de vie et puis, j’aperçois dans un quart de ciel orangé défiguré, des ailes d’oiseau. Est-ce pour moi ? Ce premier voyage vers un ailleurs inconnu et que l’on espère fortement.

Cet oiseau de belle envergure se rapproche de moi, tournoie, s’exprime étrangement et se rapproche. Et j’aperçois, enserré dans ses pattes, un objet qu’il laisse tomber à mes pieds. Je me penche difficilement avec l’aide de mon bâton qui se courbe en même temps que moi. Je ramasse la chose, tout en bois et le bâton m’aide – enfin – à me redresser.

C’est une flûte galoubet. Elle est gravée de symboles. À son contact, ma main se réchauffe. Suis-je à l’orée d’un rêve ? J’ose porter à mes lèvres, sans faim de trois jours, le bec de l’instrument. Mon léger souffle et mes quelques doigts, par magie, interprètent un air, inconnu, à mes oreilles. Quand, je vois apparaître à quelques toises, à l’entrée de la clairière, face à moi, une ombre filiforme. Un homme de toge violette et d’une toque noire s’approche, rapidement, trop rapidement que déjà son regard est accroché au mien à quelques centimètres.

— Que me veux-tu gamin ? Grogne-t-il.
— J’ai… froid et… faim.
— Et c’est pour cela que tu me déranges, garnement ?
— C’est que… je suis bien en peine de me déplacer. J’ai les pieds… souder au sol…
— Qu’est-ce que tu me chantes ?
— Veux-tu m’aider ?
— Je suis un magicien. Le magicien des Quatre Houx sur ce territoire. Et que m’importe tes pieds soudés au sol. Je rentre d’où je viens, et ne m’interpelle pas une nouvelle fois, je n’ai que faire de toi.
— Mais…
— Indélicat crapoussin…
— Dis-moi l’enchanteur, si tu ne frayais pas avec l’alcool de prunes tu aurais la convivialité printanière et non hivernal.
— Qu’est-ce qui pousse entre tes oreilles le marmot ? Tu te crois où ? Au salon des jouets enfarinés d’oribus ?
— Ton aura se pourrit par chaque lettre que tu viens de prononcer. Bientôt, je devrais te prêter mon bâton pour que tu puisses rentrer dans ton logis
— Qui… es-tu… marmouset ?
— Vois tes mots, tu deviens viande carnée…

Le magicien, peau tannée, bouche édentée, devient comme un arbre foudroyé, planté dans la boue gelée.

( à suivre …)

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

5ème mois avec Toi

Oeuvre de Gary Benfield

Oeuvre de Gary Benfield

Mi ré do sol la fa si mi do ré fa mi ré do sol fa
A la faveur d’un enchantement des notes Fleur de Voix
Imprime ta robe fourreau d’aubépine notre Voie.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Je viens te dire adieu …

Œuvre de Barry Smith du personnage Red Sonja

Œuvre de Barry Smith du personnage Red Sonja

La trahison main dans la main de l’autre, le supplice du pal.

La route se déchausse, les fossés béants ne contiennent plus,

Les larmes du cœur qui souffle ses dernières illusions opales,

Les vitraux de l’aimée se brisent un par un, sur le sol bossu !

© Max-Louis MARCETTEAU

Vous avez dit Boussole ?

Meeko raton laveur dans Pocahontas 1995

Meeko raton laveur dans Pocahontas 1995

 

Nudité magnétique à la sol-

De Maître de Bouh de Pôle,

Attire de beautés sex-symbols

A la sauce meunière au bol !

Il bout sa sole, en ré mineur,

Au clair de lune à tout’ heure,

A la poêle, à poil perle sueur,

Il les invite à table, de cœur !

Une saveur à en perdre la tête,

Voir la boule, en sa conquête,

Toutes passent à la fourchette,

De lèvres à langue, satisfaites !

Chacune porte un Bouh de sole,

Et de bouche en bonnes paroles,

Effet de good-buzz à la parabole,

Ainsi est née par effet la Boussole,

Un plat du nord, devenu Saint Bol !

© Max-Louis MARCETTEAU