Sable chaud du désir jusqu’à la moelle du sablier

Photographie Alisa Andrei

Challenge Lune et des participants


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… étincelante est la plage qui s’étale au Soleil au Golfe Torride qui rêve d’un corps à corps à sable chaud du désir jusqu’à la moelle du sablier par les noms des amours qui font crédits par jaillissements et embrasements qu’il ne reste qu’un souffle du plaisir égaré …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Se peint à grand seau de bleu à la cuisson ciel d’été


Lune_©Iotop_2019

Challenge Lune et des participants


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… filigrane de belle tête se rit sous le manteau du Lac de la Perfection et se peint à grand seau de bleu à la cuisson ciel d’été de belle figure sous le regard cyclope d’un Soleil qui luit par défaut comme un ronronnement à sa beauté magnétique …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Je viens vous jardiner ma douce amie

Photographie maurorobi66 – Venice Carnival

Blog Émilie : récolte 21.05


— Vous êtes bien tendre mon ami, ce matin.
— Je viens vous jardiner ma douce amie.
— À mon plaisir d’avoir accepté au bal votre émeraude ?
— À votre rayon de lumière qui jaillit de vos yeux entre vos feuillages en ce lever désirable.
— Je ne suis pas un arbre, grand vaurien.
— J’attends de vous un renouveau de notre amour cendré.
— Le Phénix n’est pas à l’ordre du jour et votre espérance me fait sourire.
— Je suis encore cette graine qui germe d’un amour vrai en votre territoire.
— J’ai bien peur que vous deviez vous contenter de vous-même…
— Eh bien, voilà un soufflet qui me contrarie jusqu’à mon chapeau.
— Votre chapeau est aussi de la partie à danser avec votre caractère ?
— Vous sous-entendez que j’ai pris un coup de soleil ?
— J’entends parfois que vous avait à la place de votre cerveau de la mousse.
— Il faudrait me ménager… à l’occasion.
— Allez courir la gueuse pour vous distraire alors que moi je ne suis qu’une insatisfaite et une drôle de mine

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

La belle équation avait de quoi épiler

Taz en action rien ne l'arrête

Taz en action rien ne l’arrête

Des mots, une histoire : récolte 43


Un matin, un hurluberlu (et pas un lapin), s’installa au square Alfred Jarry sur un banc de bois bleu aux pieds verts, et se déguisa en monsieur tout le monde. Le pastiche fut saisissant. Quel tour de force ! Quelle imitation ! Le hasard n’eut pas son mot à dire, il pouvait s’enliser dans le premier sable mouvant du déterministe, la belle équation avait de quoi épiler, dégoupiller, désarçonner ce hasard que rien il est vrai ne pouvait imiter, lui…

Notre homme ainsi maquillé, masqué enfin costumé héla le peuple du square de cet après-midi chaude et découverte et tout à la fois ouverte à un mini spectacle hors norme il faut le dire dans ce contexte tout particulier de notre dictature du vingt-deuxième siècle…

Il osa, il prit le risque, l’audace à son plus haut niveau, le mots téméraire ayant disparu et il se présenta de sa propre voix, de son propre corps dans toutes ses humeurs comme une apparition exceptionnelle devant la curiosité grandissante de soi-disant encore humains et sa logorrhée apparut fantasque déliée de tous les tabous qui s’étaient serrés les coudes pour résister à la déflagration qui allait frictionner leur passé pour un retour à la source de l’humain… d’origine…

Comme on disait à une époque reculée (ce qui ne veut rien dire, en fait), il balança la purée dans le sens propre et figuré, ce qui dépoussiéra d’un seul tenant les neurones les plus prudes des spectateurs qui développèrent aussitôt deux catégories de cas : les incontrôlables et les imperturbables. Le soleil ne brille pas pareillement pour tout le monde, c’est bien connu.

Aussi une intervention d’un panier de gardes armés d’ukulélés modifiés recomposèrent la léthargie et remis aussitôt de l’ordre dans cette cohue et l’hurluberlu mis en quarantaine pour entropie caractérisée au troisième degré… de la bonne humeur…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Il s’assoit une fois de plus sur son insomnie

Personnage Corrin ou Kamui de Fire Emblem Fates – héros ou héroine – jeu vidéo de rôle tactique

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 08 au 13 avril 2019


L’oiseau emplumé de sa robe ténébreuse n’est pas d’humeur à écouter la fanfare des cui-cui au soleil levant défrisé par une nuit dépossédée par un vol de jour qui se rit chaque jour du rideau noir de sa sœur. En effet la combinaison est inattendue : le jour, la nuit, nés d’une même entité et pas sur la verdure d’un champ campagnard de luzerne qui s’ébroue à la moindre gifle de vent qui n’entend rien à son souffle … l’oiseau le sait et s’en bat l’aile …

Et puis l’oiseau va prendre son café sur son balcon. Il défait son déguisement. Le spectacle du jour de la nocturne tournée est fini. Il s’assoit une fois de plus sur son insomnie. Pas de renouveau possible. La vie comme une échelle à gravir sans fin, la faim d’une mort attendue qui n’a d’yeux que pour les autres … et lui, le velours de l’attente du sommeil sur le parvis d’un paradis éternel de non vie comme une source d’envie de ne pas renaître …

Et puis, à cet instant, il va sursauter sur sa chaise Ikéa en promo en bois collé de copeaux souffreteux devant une corneille qui l’appelle par son prénom. Elle lui demande de sortir de son rêve et de prendre sa clé de bagnole pour celle de la clé des champs et enfin savourer son avenir qui lui tend la joue pour l’embrasser goulûment … et il se réveille …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

J’ai une armoire et un livre

Dessin de Jochen Gerner

Dessin de Jochen Gerner

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


J’ai une armoire et un livre, un livre dans une armoire et pas une armoire dans un livre …

J’ai balancé au service de collecte des déchets les autres livres, pour ne pas dire aux ordures. Il y a des expressions qui sont interdites de paraître sur le territoire lexical. Pour le bien des oreilles ? Pour faire plus propre ? Le nauséabond au mot d’ordre de passer à la lessiveuse pour des oreilles chastement préservées de l’odeur qui restera tout de même dans le … nez.

Quoi qu’il en soit, ce livre trône parmi mon linge et je ne vais pas changer d’idée. Un livre propre, du linge propre, une vie propre… En fait, garder l’essentiel. J’avais des milliers de livres, chacun avec sa particularité, son aura, sa saveur, son trait … et puis, le temps est comme un taille-crayon, il mine la vie et je suis un tantinet au bout, alors comme le soleil, un seul suffit et de livre aussi et avant que la faux me coupe l’herbe sous le pied (j’en ai toujours deux, de pied) par nature ou par un plafond avec une corde et de rejoindre le nuage à mon transport vers les cieux (je suis à demi croyant, en espérant que je n’aurai pas un demi ciel) j’ai décidé de ne garder que ce livre, un bijou de la littérature, immortel …

Bref, je vais brûler aujourd’hui, mon livre, mon Veau d’Or … à moins que … mon armoire …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je regarde

Oeuvre de James Watson - Sirène

Oeuvre de James Watson – Sirène

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Je regarde cette immense image affichée sur l’un des nombreux faux murs de l’exposition. Je suis vraiment impressionné par ce faux océan qui s’imprime sur ma rétine non marine mais terrestre jusqu’à la moelle. Je prendrais bien un bain avec cette fausse sirène que je viens d’apercevoir, là, à deux pas de moi. Une brune aux cheveux à la coupe Cléopâtre, lunette à reflet vibrant méthylène, habillée en salopette couleur chair que l’on devine toutes les saillies et les courbes et beaux et faux plis …

Je ressens des rouleaux en vague d’érotisme me submerger et mon rouleau de printemps surgir de sa torpeur. Mais est-elle le simple vernis de mon imaginaire ? un soleil fantasmé par le reflet d’un banc de sable égaré sur une étendue ambrée d’un désir violent ? … jouer les amants de remplacement, oui, mais gare aux tritons jaloux, une mauvaise pluie de chants n’est pas recommandé pour le commun des mortels.

Mais, j’ai comme une envie d’épopée en moi qui s’étend entre deux rives de posséder l’éternité dans mes bras en deux ailes de soie marbré, je vole, je m’irradie, je la séquestre à sa cambrure et l’enlace dans un mouvement radical à la hauteur d’une cime offerte et puis d’un élan incontrôlé la mutine me pique d’un regard … et je tombe, tombe, tombe …

— Monsieur ? Monsieur ? … N’appelez pas le SAMU, il vient de faire un faux malaise … dit la fausse sirène aux faux plis de grimaces des personnes présentes …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Alors, on prend le soleil ou on se bouge ?

Agenda Ironique Juin 2018 : carnetparesseux


— Alors, on prend le soleil ou on se bouge ?
— Minute poupée, on est en pleine brousse, là !
— Faut pas abuser, hein, non plus… la voie est libre… devant nous !
— Possible, mais tu n’as pas par hasard une… boussole ?
— La chèvre connaît la direction.
— La direction ? C’est à un lieu, un endroit, qu’il faut nous rendre !
— Qui dit direction dit lieu.
— Rien à voir. Tu peux avoir une direction sans t’arrêter. Pareillement, tu peux « trouver chaussure à ton pied » et enfin de compte ça ne marche pas…
— Je ne vois pas le rapport. Et puis, ça tient pas debout…
— Suis assis, là.
—… ton raisonnement.
— Une direction c’est un point A vers un point B pour les déterministes. Pas pour moi.
— Tu connais la géométrie ?
— Je connais, je connais et je maîtrise.
— Laisse-moi rire. Alors, tu vas nous conduire au hasard avec un tel discours.
— Le hasard est un concept pour les non-déterministes et monothéistes incertains…
— Ne sors pas ta science… je ne comprends rien.
— Les filles ne comprennent rien de toute façon.
— Bon, on va pas attendre midi pour démarrer.
— C’est moi le conducteur, je fais ce que je veux… na !
— On n’est pas arrivé.
— On n’a pas démarré.
— C’est bien ce que je dis.
— Tu fais rien que me contrarier…
— Tu ne vas pas pleurer pour ça ?
— Non, je m’exprime en tant que minorité.
— Minorité ? Tu divagues, Charles…
— Non, Paulette…
— Comment, non ?
— Y a toi : une fille et une chèvre : une fille, donc tu fais le calcul : je suis le seul garçon !
— Dis-moi, tu as le chaudron du haut qui chiffonne sec de la pensée délirante.
— C’est un constat. De toute manière quand ce n’est pas toi qui a le bon discours, les autres sont des autruches.
— Tu fais une crise d’infériorité, là ?
— Non, j’assume ma minorité et je m’exprime au nom de toutes les minorités !
— C’est bien ce que je dis, tu travailles du chapeau. Bon alors, on avance ou on fait une conférence sur les minorités délirantes dans l’organisation de la colonisation des majoritaires ?
— Ah ! ça, c’est bien un titre d’intellectuelle dans ton genre.
— Je ne suis pas une intellectuelle, moi, je suis une fille de bonne famille qui apprend comment on doit éduquer les prochaines générations de garçons.
— Tu ne me fais pas la féministe avant la lettre ?
— Quelle lettre ? Tu déraisonnes ! Le soleil est bien haut et il atteint tes honorables neurones.
— Je dis que tu es en train de porter les premiers chapitres des suffragettes.
— Je ne connais pas les mots que tu emploies… tu es avant-gardiste ou hasard de néologismes primaires ?
— On s’égare, on s’égare…
— Pour le moment on est toujours en place… pas de gare à l’horizon, de toute façon le train n’est pas encore inventé, ici…
— Très drôle… franchement
— Dites-moi les deux drôles dans ma charrette, on va pas s’éterniser sur vos palabres ?
— On t’a pas sonné… la chèvre.
— Eh, le mouflet, tu peux changer de braquet et j’ai pas une cloche au cou, moi !
— C’est de moi que tu parles la chèvre dévergondée ?
— Oui, c’est ça et je peux te dire que tu as à faire à un drôle de pingouin de compagnie.
— Suis pas un pingouin.
— C’est une expression qui me vient d’un aïeul qui avait eu maille avec une pieuvre à la tentacule historique d’avoir été goûtée par inadvertance…
— On ne te demande pas ton arbre généalogique, la chèvre.
— Mais…
— Y a pas de mais ! Bon alors le gars, on s’enracine ou tu prends les rênes de l’affaire ?
— Hue ! la chèvre !
— Suis pas un cheval ! Va pas commencer à me prendre le pi en 3,14, le bougre !
— Silence la chèvre et avance, sinon je fais appel à un dénommé Seguin.
— Ça va, ça va… suis pas sourde…
— Allez la chèvre, je vois que tu comprends la bonne résolution et mène-nous au lieu convenu.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La Vie n’a pas de desseins

Dessin de Peter Arno

Dessin de Peter Arno

Toute vie est intéressante à qui sait s’en servir.

Hélas l’usure fait son office sur les limes traversières des obstacles du destin. Encore faut-il y croire à celui-là. Mais pour celles et ceux qui s’y accrochent comme une trame, il y a toujours la poule d’eau qui vient chahuter la route, avec son nid. Et s’il n’y avait qu’elle !

Non, il y a l’ectoplasme de service, un vieux souvenir douloureux qui traîne et que l’on bouscule par hasard entre deux pensées de déprime passagère. De plus, certaines vies ont un goût de potiron mal cuit dans la marmite d’hiver.

Pourtant, ces vies n’ont-elles pas, chacune, une pépite qui vient briller comme soleil un jour d’automne qui ne sait plus s’il n’est pas entrain de virer sa cuti, entre été pluvieux et hiver monotone, au tintement d’un tambour de tempêtes ?

Quoi qu’il en soit personne n’aura l’outrecuidance de dire qu’il est nyctalope dans les desseins du destin, même si, le médium à tête de roseau, d’un ton grave nous plante son avis aigu entre les oreilles pour nous avouer qu’il y voit des bons ou mauvais augures.

Pour ceux qui sont fatalistes, leurs ailes de vie sont identiques aux autres bipèdes pensants et l’écume des embrouilles et difficultés de tous genres ne sont pas plus gargantuesques que la moyenne des existences. On peut supputer que les monothéistes n’ont rien à craindre de la castagne des aléas qu’ils subiront le moment venu, l’os orbital mieux placé à la droite ou la gauche (selon l’angle de vue) d’un divin personnage de forme fractale.

Et pour tous les autres, le désœuvrement est possible. Ils n’auront que l’alène pour recoudre leurs blessures avec le linceul de bure de service. Tout cela est bien présomptueux. La Vie, elle, n’a rien à voir avec la vie. Elle vaque à ses occupations, tel le triton, à chercher sa nourriture pour vivre.

Amen.

© Max-Louis MARCETTEAU

 

A l’ombre

Photographie Peter James

Photographie Peter James

Arbres enfouis jusqu’à bonne taille,

Hautes herbes pour sous-vêtements,

Branchés de vertes bleues médailles,

Vous ne cachez pas vos torses géants !

Aux flèches rayonnantes d’un soleil

Vous acceptez quelques indécences,

Offrez des ombres sous le sommeil

D’une végétation humide et dense !

Arbres enfouis jusqu’à bonne taille,

Se propagent de vos corps robustes

Une puissance sage aux entrailles

De votre terre, cette noble vénuste !

Aux flèches rayonnantes d’un soleil,

Se libèrent des fragrances d’humus

Rares que le promeneur en éveille,

Garde cette richesse, tel un crésus !

©Max-Louis MARCETTEAU