Franchir la ligne haute tension du plaisir

Photographie Imre Fábián

Challenge Lune et des participants


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… renaître du Lac de l’Oubli par la magie d’un souffle qui vous aime encore et malgré tout les défauts à dépouiller l’âme d’une vertu qui s’entendait à flageller sa chair par des obsessions de franchir la ligne haute tension du plaisir …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

L’assaut d’une vague rétive se prenait à téter

Oeuvre de Kristeen Van Ryswyck

Oeuvre de Kristeen Van Ryswyck

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La prose qui ne s’arrête pas » telle une roue à aube sur le crépuscule d’un soir noyé de chagrin d’avoir perdu son aube de bonheur lors d’une tempête mémorable et dont aucune vraie mémoire n’avait retenue le moindre petit embrun sur le tracé d’une … dune éclairée par la Lune et détesté par l’herbe folle et le chardon de service qui s’ensablait tous les jours à la même heure quand l’assaut d’une vague rétive se prenait à téter le mamelon de sable offert comme une provocation avec cette vague impression de ne résister que pour la forme de son tracé et puis tout s’arrête au bord d’une larme d’aube qui revient comme un mouvement perpétuel qui ne sait pas qu’il est perpétuel et qui pense que la mort est une aubaine pour renaître de nouveau dans les bras de l’horizon qui baille trop souvent les nuages en l’air de rien pousse la chansonnette avec le vent d’ouest qui se prend un vent avec le vent du sud qui ne comprend pas qu’il soit au travers d’un autre vent qui soupçonne un changement climatique et la voix de raison se cambre comme une soubrette perchée sur l’escabeau de l’incompréhension quand la prose qui ne s’arrête pas lui pince la fesse gauche qui à moitié nue n’ose faire état de son état à la fesse droite qui frissonne à se parcourir d’un mouvement d’ondulation jusqu’à l’aube que le crépuscule porte dans son cœur comme une flèche qui se demande comment elle a pu arriver à un tel état de médiocrité à cause d’un amour contrarié par effet d’un souffle nommé je t’aime et qui n’avait rien d’autre que cet amusement de la prose qui ne s’arrête pas …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

A la moisson du rêve

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Passage de la limite, passage du lieu, passage entre nuages de vies et non-vies, les feuilles des scénarios songent à se tenir aux garde-à-vous aux revers de dormeuses éveillées entre drap de papillons et couvertures anti-insomniaques …

A la moisson du rêve, premier du nom, le volatile de service pose ses premières images. Le souffle de plus en plus long les mouvements des yeux qui scintillent sur le lustre d’un château … de cartes … et l’escalier en colimaçon, tu cries la bouche collée sur la vitre d’un hôpital … la pluie, une sueur, roule sur ton front et tu projettes de te suicider au premier carrefour d’une rencontre hasardeuse avec une corde pendue elle aussi et qui crie elle aussi sur la même longueur d’onde … ton cou se rétrécie et une lumière rouge s’allume ….

Réveil et sursaut. Tu es à quatre-vingt-dix degrés assise sur ton lit à cent trente de pouls et la nuit silencieuse se crispe, se tord … la lumière blanche éclate tes yeux et tu respires le verre brisé qui est dans ta bouche pâteuse … rien ne vient te sortir de ce rêve pénible même pas un réconfort de ton compagnon qui est assis sur la lunette des toilettes malade des boyaux … rien n’est moins certain que la vie soit une diarrhée tout le long d’un parcours initiatique d’apprentissage qui se solde par une mort sans avoir rien compris et appris …

Et enfin, tu te réveilles vraiment comme un deuxième souffle, un cauchemar de rêve et tu te rends compte qu’il fait grand jour quand tu ouvres tes volets sur … le néant …

Tu es morte.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Prose inattendue

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Prostate et vessie discutent :

— Tu ne pars pas en vacances ? dit la prostate à la vessie
— Que nenni et puis ce n’est pas dans nos habitudes nous les vessies de s’absenter, ou alors c’est contre notre volonté comme un coup de tronçonneuse par exemple…
— Dites-moi c’est violent tout de même.
— C’est un cas d’école ou alors c’est vraiment le pas de bol de “tomber” sur un maniaque…
— Je comprends… je comprends…
— Et vous ? dit la vessie en comptant les calculs qui viennent d’arriver.
— Oh, moi, je ne suis pas mis à rude épreuve. On me titille par le fondement de temps en temps, c’est agréable voire jouissif, mais ce n’est pas l’Éden, non plus…
— Je pensais qu’un esquimau (la glace) dans le… ça vous faisait “monter au rideau” ?
— Des racontars…
— Ah ?
— Mais oui… c’est pervers à souhait et pas… souhaité… c’est un coup à devenir indigo…
— Dingo ?
— Non, non, indigo : bleu-violet
— Effectivement… ça rien à voir…
— Rein à voir ?
— Non, non… rien à voir
— Ah ! En parlant des reins, font pas trop de raffut ?
— Sont pas francs du collier, j’avoue…
— Non ?
— Si, je ne sais pas ce qu’il se trame, mais ça filtre n’importe quoi en ce moment, et ça me stresse.
— Remarque, je n’ai pas une activité à dénouer les intraveineuses. Je pense que tout la haut, la haut, ça doit pas être au beau fixe et l’éjaculation ne doit pas être prévue avant belle lurette… et pourtant tout est prêt…
— Ça craint quand même…
— Surtout à l’aurore
— Comment à l’aurore ?
— Ça reste entre nous, hein… pas un mot, pas un souffle, une allusion à ton entourage, tu ne m’mouftes pas, hein ?
— Dis toujours…
— Je suis certain qu’il ne peut plus…
— Non ?
— Si, si, si…
— Et comment tu sais ça toi ?
— J’ai mon réseau…
— Tu m’en diras tant…
— Dans mon littoral… dans mon entourage proche qui connaît un relais de fibres… il m’a dit que… celui, là, tout en haut… tu ne vas pas me croire…
— Dis toujours,
— Eh bien, c’est difficile à dire toute de même
— Bon alors tu me l’éjacules cette info…
— Il se prend pour un… castor
— Un castor ?… Tu te moques de moi…
— Arrête de rire… c’est quand même incroyable…
— Un castor… un castor…

Et la vessie se vidangea d’un seul coup calculs en prime soulageant celui de tout en haut et la prostate toute honteuse, se promit de ne pas en rester là et de promouvoir sa présence…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018