D’un éther a la rondeur de mon aimée – 7/12

Nicolas-François Gromort 07 1837

Nicolas-François Gromort 07 1837

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


7/12

Nicolas et François embarquent

—… Ils t’ont dépouillé les fripouilles…
— Et te remercie de me prêter ton concours pour cet exercice.
— Notre amitié est solidifiée par les coups de boutoirs.
— Allons prenons notre meilleure distance.
— Gagnons quelques écus… je te donnerai ma part.
— Aussi j’en serai redevable.
— Que nenni.
— Je suis ton obligé.
— Tu es mon frère avant tout.
— Ton cœur parle à la sincérité d’une belle source.
— Allons cessons les compliments, nageons.
— Déployons nos plongeons.
— Soyons conquérants…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

En position…

Photo de l'acteur Tom Hardy

Photo de l’acteur Tom Hardy

Blog popinsetcris contrainte écriture.


Si le peuple avait la consistance du roseau et non celle du beurre, nous aurions une vie toute harmonieuse. Et aucune pénurie ne viendrait nous secouer l’angoisse et les strophes de plaintes.

Nous sommes continuellement dans la contrainte. S’adapter et guetter le prochain précipice, le dépasser en équilibriste, il suffit d’un rien pour y choir.

Alors, faisons force de proposition pour un peuple uni, fort, et humain.

Oui, mais voilà, rien sert de l’écrire, de l’énoncer, le désert des sourds est un vaste champ d’égoïstes (et pas les malentendants, ne faisons pas l’amalgame). Faut-il trouver une source, un leader, une “locomotive”, une meneuse (pas de revue) pour mobiliser les forces potentielles et présentes…

Bon, j’arrête, je trempe dans le discours politique. L’agora manque. Où es-tu peuple ? Prends à revers les réseaux sociaux et position sur le nouveau créneau de tes intérêts collectifs et non celui qui engendre la division, le moutonnage, et la soustraction de données à l’échelle mondiale avec une politique de confidentialité qui fait sourire jaune.

A ces quelques mots comme des grains de sables qui osent, s’accumulent sur cette montagne du possible changement d’une nature humaine qui pointe son bout de son nez dans le cœur de l’homme qui cache sa peine, sa joie.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’enfant dépossédé de ses rêves. Chapitre 4/5

Je suis prostré, debout. Muet. Comment traverser ce marécage ? Et qui trouverais-je après l’avoir traversé ? Et si j’abandonnais, là ? Le retour est impossible. Mourir sur pieds. J’attends. J’attends. Les yeux fermés et le cœur ouvert à l’espoir. Mais il n’a pas ce nom. Je ne connais pas ce nom, je le ressens. Il est là, au fond de mon âme d’enfant.

Mes pieds trempés et mes larmes d’un œil à un autre me brûlent. Et je crie. Ce cri qui sort d’ici, ce cri d’enfant cruellement abandonné dans ce marécage et qui n’a aucune direction prendre. Dis maman, tu es où ?
Et ce bâton qui ne me sert à rien.

J’ouvre les yeux. Une troisième nuit. J’ai l’impression de ne rien ressentir. Ma peau est une herbe séchée. Ma bouche n’a plus sa source. Je suis statue. Je suis cette nuit à moi tout seul. Cette nuit muette et qui me broie le cœur. Cette nuit qui n’a rien de moi. Cette nuit des douleurs sourdes. Je n’attends pas ce quatrième jour. Je vais mourir. Je n’ai plus de force. Elles sont parties avec mon désespoir.

Ce jour arrive. Il n’est pas aussi beau que les précédents. La liberté d’un enfant n’est pas d’être seul. Je respire encore. Debout, mes pieds sont partiellement gelés. Mes yeux sont des lanternes presque éteintes, à peine ce souffle de vie et puis, j’aperçois dans un quart de ciel orangé défiguré, des ailes d’oiseau. Est-ce pour moi ? Ce premier voyage vers un ailleurs inconnu et que l’on espère fortement.

Cet oiseau de belle envergure se rapproche de moi, tournoie, s’exprime étrangement et se rapproche. Et j’aperçois, enserré dans ses pattes, un objet qu’il laisse tomber à mes pieds. Je me penche difficilement avec l’aide de mon bâton qui se courbe en même temps que moi. Je ramasse la chose, tout en bois et le bâton m’aide – enfin – à me redresser.

C’est une flûte galoubet. Elle est gravée de symboles. À son contact, ma main se réchauffe. Suis-je à l’orée d’un rêve ? J’ose porter à mes lèvres, sans faim de trois jours, le bec de l’instrument. Mon léger souffle et mes quelques doigts, par magie, interprètent un air, inconnu, à mes oreilles. Quand, je vois apparaître à quelques toises, à l’entrée de la clairière, face à moi, une ombre filiforme. Un homme de toge violette et d’une toque noire s’approche, rapidement, trop rapidement que déjà son regard est accroché au mien à quelques centimètres.

— Que me veux-tu gamin ? Grogne-t-il.
— J’ai… froid et… faim.
— Et c’est pour cela que tu me déranges, garnement ?
— C’est que… je suis bien en peine de me déplacer. J’ai les pieds… souder au sol…
— Qu’est-ce que tu me chantes ?
— Veux-tu m’aider ?
— Je suis un magicien. Le magicien des Quatre Houx sur ce territoire. Et que m’importe tes pieds soudés au sol. Je rentre d’où je viens, et ne m’interpelle pas une nouvelle fois, je n’ai que faire de toi.
— Mais…
— Indélicat crapoussin…
— Dis-moi l’enchanteur, si tu ne frayais pas avec l’alcool de prunes tu aurais la convivialité printanière et non hivernal.
— Qu’est-ce qui pousse entre tes oreilles le marmot ? Tu te crois où ? Au salon des jouets enfarinés d’oribus ?
— Ton aura se pourrit par chaque lettre que tu viens de prononcer. Bientôt, je devrais te prêter mon bâton pour que tu puisses rentrer dans ton logis
— Qui… es-tu… marmouset ?
— Vois tes mots, tu deviens viande carnée…

Le magicien, peau tannée, bouche édentée, devient comme un arbre foudroyé, planté dans la boue gelée.

( à suivre …)

©Max-Louis MARCETTEAU 2017