Enfin une bonne nouvelle

Louise_Brooks

Louise_Brooks

 

Les petits cahiers d’Émilie. Emilie 7.20 (Hors délai)


Ma première pâtisserie du matin, c’est toi mon amour… pendant ta douche ou après… jamais avant… principe d’un commun accord et cet accord n’est pas en sucre et parfois tu me joues de ta voix d’orgue pour créer cet appétit de luxure à m’envoûter mais je tiens bon à ma propre rambarde pour ne pas céder à tes injonctions et ma faiblesse n’est pas la tienne au sel de tes lèvres gourmandes et de tentations du voluptueux au bestial je résiste à ta belle fraise et pourtant quand tu pratiques ton sortilège en dernier recours à haute teneur en sensualité celui-ci m’emporte à ton caprice tu me débauches sur des mots qui semble la création d’un Bacchus aux frémissements bouillonnants des dunes de ton corps chaud braise comme un trio genre Nirvana tu es une baïne…

Mais aujourd’hui, c’est dimanche, tu es partie pour une semaine dans les Landes pour te rafraîchir les idées dans ta famille, ainsi me voilà au repos à me préparer un cookie de belle envergure une douceur dont ton aversion est vomitive… je me retrouve enfin avec moi-même… enfin une bonne nouvelle…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Je me joue la pièce manquante

Dessin de Arthur Art Adams

Dessin de Arthur Art Adams

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


J’ai le sirop de l’imaginaire au fond de la carafe, le sucre des mots dilué dans le pain perdu et le fourneau de la fatigue qui me cuit à point. Il me faudrait un remontant. Une femme, par exemple. Genre bon chic, bon genre, en jupe ou robe fourreau …

Il est vrai qu’une boisson chaude, un café par exemple, pour supporter mon moi-même, mon désœuvrement et mon espoir en continuel opposition, tension, lutte parfois violente, pourrait me relever de mon apathie.

Même pas un grain de café … il faudrait que je me bouge, acheter au magasin du quartier … et prendre aussi une belle bougie… tient … me préparer un repas à la chandelle … avec le regard vide de toi mon Amour … une assiette de reproche et un verre de regrets … tout est là … je froisse mes derniers souvenirs et ta voix qui m’échappe une nouvelle fois … et te voilà devant moi hologramme muet, tu souris et ta main vient vers moi et ma main saisit … le vide …

Il est onze/trente, tu es en moi en plein jour de ma dépression … tu me possèdes, je suis le pilleur de ton bonheur passé et nos avenirs prennent chacun une tasse amère …

Je me joue la pièce manquante et nos personnages sont des fleurs qui se fanent à la mélodie de l’Amour qu’une guitare répudiée par un artiste paumé épanche sur le trottoir et … ma corde au cou qui s’impatiente …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je me suis, ce jour-là, fait servir

Photographie de André Kertész - Terrasse de Café - Paris 1928

Photographie de André Kertész – Terrasse de Café – Paris 1928

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Je me suis, ce jour-là, fait servir une menthe à l’eau. J’avais décidé d’arrêter de boire pour le bien commun avec moi-même et d’un soi-disant corps en passe de couler en haute mer de souffrance dans l’indifférence totale, à étreindre dans l’enfer des draps spongieux de l’écœurement. D’alvéole en alvéole mon épiderme s’offrait une nouvelle peau au contact d’une nouvelle pinte en pinte de retour. Bref je devais lâcher prise avant qu’il ne fût trop tard.

Mais il était trop tard. Au fond de mon être enceinté d’alcool il savait que la dernière ligne droite était là. Il allait arriver le premier pour une seconde fois de sa modeste enveloppe teintée d’un espoir irrépressiblement dévolue à vivre comme un héritage insoumis, insécable, indécent, incohérent, indispensable pourtant la mort devait me prendre par l’organe le plus sensible à la cuisson d’un haut degré de l’alambic à la fois à hanter par mes générations de cellules et poser mes premiers mots sur le possible asticot dont je devenais le garde-manger …

Je n’étais ni sucré, ni salé mais d’un goût entre la jacinthe et l’absinthe, nectar peu compréhensible, mais la chimie a des dons insoupçonnés pour faire avaler bien des choses, nous en avons des exemples concrets dans nos frigos … et moi, j’y étais depuis un bon moment …

Ce premier verre de menthe à l’eau m’avait dépossédée par effet, de bonté, la vie ; j’étais tombé comme une fleur coupée sur la terrasse de mon café tant aimé et la serveuse avait par état de choc changé de couleur de cheveux. Je fus transporté directement à la morgue après constat d’un décès en bonne et due forme par un homme digne d’avoir reçu le saint sacrement de décider si un homme était mort ou pas et la chambre froide me pollinisa l’entité et mon identité remis aux autorités compétentes. J’étais bon pour l’effacement.

Mais personne n’avait soupçonné une soudaine et brutale narcolepsie … Je me réveille … d’humeur sombre et froide …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Sein sucré

Oeuvre de Alexander Yakovlev

Oeuvre de Alexander Yakovlev

Champagne des émotions sur canapé blanc sucré,

Le sucre fin du désir fond dans la bouche amandée,

Aux glaçons pilés sur la tentation d’un sein enivré,

La jeune femme vibre à ce cocktail, recommandé !

©Max-Louis MARCETTEAU