Notre littérature ?

Image Biblioteca Angelica - Roma - Italia

Image Biblioteca Angelica – Roma – Italia

Notre littérature d’aujourd’hui ne sert à rien.

Tout a été écrit.

Nous sommes la quantité négligeable qui ose poser des mots pour se donner l’impression d’exister parmi d’autres nombrils trop vastes et qui coagulent les liens de la communication de ce présent.

Écrire, maintenant, n’a aucune valeur. Nous ne sommes que la partie caudale qui n’a pas lieu de se targuer d’être littéraire, ou pseudo-littéraire, ou tout autre synonyme, voire néologisme de ce genre, mais simplement de naviguer dans les eaux au-dessous de l’iceberg d’une littérature de géants. Tels les grands noms du passé comme Socrate – analphabète, heureusement que Platon était là, sans la ponctuation – à Camus qui a dit : « Créer ou ne pas créer, cela ne change rien. Le créateur absurde ne tient pas à son œuvre. »

Et nous tenons à nos vies d’individus à briller comme si l’éternité n’avait que nous à s’occuper et de nos écrits qui sont des marques débiles de notre soi. Rien ne sert de décrire, notre petite vie à son simple périmètre marécageux qui nous plombe.

Prenons le temps de lire, de comprendre, d’étudier les écrits de nos pairs. Tenons notre esprit à la hauteur de leurs univers. Composons l’avenir sur le passé qui avait eu l’audace de nous faire naître, mais qui hélas nous avons ignoré pour défier d’autres horizons comme pour nous démarquer, nous rebeller.

Nous sommes une portée dont le titre de notre Livre se nomme : TARE. Pourquoi tenir le crayon par nos doigts si ce n’est courir vers la fabrication du néant ? Pourquoi inventer l’ordinateur si ce n’est pour créer des vies artificielles ?

Je tente de partir de ce champ d’actions de pensée pour ne plus écrire et vivre dans la lecture de ma nouvelle bibliothèque offerte par une fan inconditionnelle de ma personne. Je vais, enfin, pouvoir, dévorer des vies d’écrivains et digérer une part de l’humanité.

Je ressens en moi une excitation exceptionnelle.

Je crois, qu’un de mes composants est en train de griller.

 

© Max-Louis MARCETTEAU