Une pie pied-bot sur une branche d’automne

Banc Montsoreau – Iotop 2020

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Il était une fois un banc public en marbre esseulé sur une hauteur. Hauteur indéfinie et palpable par le regard trop étroit pour ne pas ressentir l’effet entonnoir d’un horizon possédé de sa toute puissance d’animer un lointain qui n’a pas de nom et dont la destination se cherche comme égarée par la perte irréversible de la boussole son amie …

Quoi qu’il en soit, ce banc que déstructure l’œil d’une pie pied-bot sur une branche d’automne est d’une allure lugubre. Le malaise a sa signature aux quatre pieds herbeux de tous les âges et devine que la pie pied-bot semble sensible à la déchéance de son ami le banc hanté par une angoisse ancienne …

— J’ai froid ! dit le banc.
— Je n’ai pas le beau plumage d’un canard mandarin pour te couvrir, répond la pie pied-bot.
— Amie, tu es belle par tes paroles…
— Je te revois recevoir tous les jours de l’été les égarés de la vie sentimentale par ton envoûtement… prêts à se jeter …
— Je me sens … envahir d’un effondrement inexorable…
— … et si d’un trait de plume j’effaçais le gris de ton domaine intérieur ?
— Laisse … laisse-moi souffrir de ses brisures du temps qui me piquent à mille endroits à la fois … et cependant me font vivre …
— Ne soit pas orgueilleux !
— Si tu pouvais me faire évader de ce lieu…
— Je serais triste de ne plus te voir, moi.
— Ne soit pas égoïste…
— Notre complicité indissoluble ne devrait pas s’envenimer d’adjectifs irritants.
— Mon automne me saisit les veines perméables à la pluie de millions de voix aiguës transperçant les méandres de mon incertitude.
— Tiens, voilà une femme … une autre égarée … il est bien tard …
— Mes quelques mots ont atteint l’essentiel de son âme maussade…
— Je veux bien te croire.
— Voilà mon réchauffement …
— Va-t-elle aussi plonger ?
— Faut-il l’espérer.
— Elle est brillante …
— Babioles ou pas, tu vas pouvoir te faire plaisir.
— Elle s’assoit … elle pleure…
— Enfin une bonne nouvelle.
— Le précipice est à deux pas …

Les deux compères, dont l’un se nourrit du désespoir et l’autre de bijoux, comptent leur énième victime sur leur boulier commun de leur souffrance …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Parcourir des arpents de prairie sur le dos d’une chèvre

Homme de pierre – peinture de Xue Jiye

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— Alors ? Aujourd’hui ?
— Pareil !
— Qu’hier ?
— Que tous les aujourd’hui !
— D’un aujourd’hui à un autre c’est le même, c’est çà ?
— Le même !
— Y a pas d’hier ?
— D’hier ? faut croire que non.
— Non, c’est vite dit ! Non ?
— Non, ce n’est pas vite dit !
— Tout de même, c’est fort !
— Laisse-moi Anna !
— Ce n’est pas grave.
— Oui !
— …
— …
— Dit
— Oui ?
— Je pensais : anaphores, là !
— Anna … fort ?
— Non ! Notre discussion ressemble à des a-na-pho-res.
— Ah ? En tout cas, rien à voir avec des alexandrins.
— C’est ça !
— Et si tu changeais de jour ?
— De jour ?
— Par exemple, si tu disais qu’un jour est un autre ?
— Comme par exemple ?
— Eh bien, si tu te dis : lundi est différent de mardi, mardi de mercredi … tu vois ?
— Je ne vois pas l’intérêt.
— Tu refuses d’avancer ? Tu rejettes ma requête ?
— C’est ça !
— Tu veux rester dans un aujourd’hui identique ?
— Dans mes pénates bien au chaud !
— Pourquoi ? franchement ?
— J’ai une prothèse de cerveau.
— Je sais ! Et ?
— Et ? J’essaye d’éviter les incohérences … je dois maîtriser…
— Comme par exemple … ?
— Devenir aphone.
— Ne faut-il pas « lâcher la bride« ?
— Je ne comprends pas la question.
— Dépossède-toi de tes connexions néfastes.
— Tu penses que je dois faire intervenir un vaudou ?
— Ne soit pas incohérent, là !
— Tu crois ?
— Comment te sens-tu à cet instant ?
— En apnée
— Normal.
— … et de parcourir des arpents de prairie sur le dos d’une chèvre dans un seul souffle ?
— Étrange !
— Tu sais …
— Oui ?
— C’est à en perdre la tête …
— Prise de tête, non ?
— Aussi … je me demande …
— Oui ?
— Aussi … je me demande …
— Euh … oui ?
— Aussi … je me demande …


— Professeur, professeur, votre énième condamné n’a plus sa tête … professeur Guillotin ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Temps sablé sur le territoire verdoyant et maternel

Veronica

Les petits cahiers d’Émilie. Emilie 21.20



J’écris pour faire sortir des mots qui ne sortent pas … à calmer l’indécence d’autres mots qui gigotent ligotés par la censure au soutien d’une morale qui s’empiffre du pire et conçoit sa douceur par son diktat car tout idéal est dictature.

Être héroïque quand moi-même je me suis bâillonné comme un patient entre quatre murs et une fenêtre qui me fait la gueule toutes les journées passées au gris délavé telle une radiographie géante déliant ses nuances et ses noirceurs comme un état délétère à venir …

Rien n’est moins nue que ma propre vérité qui me regarde l’air cool après avoir déchanté sur ma façon de la déposséder comme une châtaigne de sa bogue, accentuée d’une onomatopée du genre grrr

Toute méditation sur ce sujet est du temps sablé sur le territoire verdoyant et maternel de l’impossible concorde entre moi et mon écriture qui s’élance telle une furie et que je retiens tel le conducteur de char de ses chevaux nourris d’un bon foin d’imaginaire.

Moderari, moderatrix, moderatus… « restons calme et buvons frais » nous dit l’adage et un bon verre de whisky sans modérer la hauteur du verre et la descente du gosier en toute bonne foi à trinquer évite l’embrouille et mon écriture se moque bien de ce que je pense de son penchant pour l’encre ironique tant qu’elle a l’évasion et que je suis en éveil pour l’accompagner …

Nous sommes toujours bras dessus dessous pour le meilleur… et le pire …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La table en chêne bien sapée

Blog oulimots contrainte écriture


L’Ange me regarde et le Cerbère me dépèce.

Tranquillement sur la table en chêne bien sapée, le spécialiste s’affaire conquérant.

Je ne suis qu’un Farfadet qui a été pris au piège d’un Gobelin qui a fait un marché avec un Korrigan.

Si j’avais été Dragon j’aurais eu leur peau de marchands.

Mon corps recèle une substance rare … à qui sait l’extraire au bon moment.

Et ce bon moment est … maintenant.

Ma chair est insensible, prise aux drogues diverses et accommodantes à tenir le fruit encore vivant un certain temps.

Et la Manticore est encagée rugissante à l’extrême de sa rage aux tremblements de son impuissance … elle sait sa peur du néant.

Je suis son poison extrait et qui badigeonné sur la pointe d’une flèche en os de saïga plantée dans sa poitrine l’étend entre les barreaux froids fléchis de son agonie épileptique jusqu’à sa dernière respiration dépolie couleur safran…

Une lueur bleu ciel s’envole parmi les feuillages qui s’écartent en cette nuitée déliée de cet assassinat pour une valeur de peau et possiblement d’un aphrodisiaque pour les légendaires lutins géants …

Pourtant, qui sait que je suis nécromancien à mes heures d’hiver ? Et avant de rejoindre les sous-bois d’ossuaires j’invoque par mon esprit dédié à Etemmu la formule à rétablir la Manticore dans sa force première, à sa densité amplifiée … maintenant.

Et la voilà qu’elle renaît, tel un Phénix, bouillonnante de vengeance devant les yeux effarés de l’impertinent.

L’Ange me regarde et le Cerbère meurt.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le dos tourné se courbe à la porte stoïque

Photographie de Valentina De Felice

Blog oulimots contrainte écriture


Rien ne sert de pourfendre d’un mot hachoir la part de soi inavouable dressée là comme une forteresse qu’aucune neige d’indifférence ne glace. C’est un combat de soi-même avec soi-même qui brûle les années devant le miroir vrai faux ami qui se rit quand le dos tourné se courbe à la porte stoïque à la poignée indulgente qui grince du mécanisme par fatigue…

Les nuits sont longues à estourbir ses yeux ouverts de l’insomnie sur les frontons de sa devise :  » Soumis à l’insoumis sans être bête de somme » et tenir la lecture de son temps sur les rideaux des fleuves de l’imaginaire à fourbir en même temps son écriture sur les pages de l’incertitude sans froisser les lignes de conduite des mots pris aux pièges …

Faut-il besogner sa propre existe avec sa conscience pour n’en sortir qu’un filet de mots dépossédés de l’essentiel, en vérité ? Il y a toujours une dernière lance qui pénètre le flanc de son amour-propre piqué comme un destrier après s’être saoulé d’une bataille qui d’avance est perdue. Mais qui le sait ?

Investir son soi comme un ennemi n’est qu’un mauvais assaut, et en tant qu’ami est une gageure.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Tes mots glissent sur mes épines


Vogue 1938- Joan Crawford – Edward Steichen

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 20.20


Bois !
— Non !
— Bon sang de bois, je te dis de boire !!!
— Non, rien, nada, niet, no, naï, nein …
— Stop !
— Tu as beau m’incendier, tu n’as pas les moyens d’éteindre ma conscience au non vivre !
— Tu dis n’importe quoi !
Vive le pouvoir, hein ? Mais tes mots glissent sur mes épines … étrangement …
— Si j’avais le moindre pouvoir, tu ne serais pas dans cet état ! Non ?
— Qui sait ?
— Arrête ! toutes les stratégies que tu mets en place pour me contrer …
— C’est désespérant comme une danse à contre temps …
— Et si je baissais les bras ? Là, maintenant ?
— Des mots, des mots …
— Mais tu les prends comme des attaques ! Tu me l’a dit combien de fois, hein ?
— Possible …
— Comment possible ?
— Je n’ai rien à déclarer sur le sujet … tu me fatigues …
— Et ma passion pour toi ? Tu n’as rien déclarer non plus, hein ?
Passion, tu exagères le mot…
— J’exagère ?
— Oui …
— Tu vois … je me fais honte de t’aimer …
— Rien ne t’oblige … tu sais …
— J’ai mal … comme si j’avais reçu une lance dans la poitrine …
— Normal, tu t’es égaré avec moi … prends une lampe pour reprendre un autre chemin … et va flamber ton amour ailleurs…
— Tu es ignoble de long en large …
— Tu as joué avec moi …
— Non, non, non …
— Tu t’es jeté toi-même de la poudre aux yeux …
— Arrête ! Arrête ! C’est toi qui joues à la pyromane dans notre couple !
— Arrête de faire semblant de me protéger et laisse-moi mourir dans mon lit avec ma conscience tranquille …
— Tu n’as honte de rien !
— Trop tard …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’accusateur destin t’a condamnée

Film LILITH -1964 – Jean Seberg

Blog Antiblue06 : défi septembre


Bord de l’imbuvable
Lèvres s’ouvrent aux caresses
La soumission

Épitaphe de mon H ma drogue gravée sur le sable de la plage … il y a quelques jours l’accusateur destin t’a condamnée… j’ai tracé sur le sable défiant le temps entre l’impermanence et la permanence un no man’s land qui ne dit pas son nom …

Je veux mettre les points sur les I au fameux destin qui s’étend s’éprend s’en prend et prend … et traîne avec le vent girouette et le mauvais garçon nommé hasard qui ne s’émeut pas d’un parcours trop tôt cisaillé …

Je vais ainsi rouler les R par vibration de message à l’appel d’une partie de l’indécence de la Vie qui se moque de la voie prise et de celle de la voix éprise qui d’un sanglot se bloque sur l’aiguillage d’un cœur brisé …

Je sais que je suis en train de tourner en rond dans l’O d’un lasso tel l’indécis devant une belle pomme à croquer là sur la table de l’envie bellement juteuse à la vue de sa forme tellement à en mordre la chair à la fois tendre et ferme au désir … poison …

Et puis je me retiens aux mors de l’amour à la N de mes remords qui me brassent vers les vagues de mes larmes diluées au cœur de l’acide de mon mouchoir à carreaux brisés me griffent l’âme en zigzagues …

Alors je retourne sur mes pas et je lance mon unique D sur la plage de mon amour à déchiffrer le pourquoi de ta mort sur le rebord de la fenêtre défigurée d’un paysage déchiré par mon incompréhension de toi …

Et j’entends le grondement d’une ELLE un spectre qui dessine sur les flots un tsunami de mots qui s’abat sur mon égoïsme et me rappelle ma promesse de tenir une bougie allumée d’Amour jusqu’à mon dernier souffle …

Toi mon Amour entre bleu ciel et azur océan …mon Hirondelle.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Jusqu’aux sucs gastriques qui illuminent ses crocs


Œuvre de Chrissy Angliker – titre She Swims- 2017 – peinture acryliques sur toile.

Agenda Ironique de Septembre 2020


« J’ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c’est de rester où on est et d’attendre qu’on vienne vous chercher, mais personne ne pensera à venir me chercher ici. »

Cette petite voix qui me parle entre un chêne vert de belle taille athlétique et un tilleul allergique à son pollen, ne me rassure pas. Le mieux est d’avancer, tranquillement et la direction importe peu même sans longue-vue. Enfin, je ne sais pas. D’ailleurs, si je me suis perdu dans cette forêt, c’est que je suis devant l’incertitude de mon existence… sans doute …

Et j’entends une voix d’outre-végétal d’un personnage qui me semble un gnome de la famille des Strompifs

 » … Tout flivoreux vaguaient les borogoves … »

Cela ne me rassure pas … mais pas du tout et j’en suis très chafouin jusqu’au fond de mon abdomen rondouillard. J’ai entendu de vilaines choses sur cette famille : elle aime la chair de notre espèce … ce qui me fait frémir d’ici à là à me gésir …. et pas de chance, je marche à l’instant sur le fameux Bâton du Diable…

— Vous ne pouvez pas faire attention, nom d’une brindille !
— Mille excuses …
— Trop tard pour les excuses … le Strompifs va me dévorer tout cru …
— Je peux, peut-être, vous aider …
— Aider ? Mais notre nature ne nous permet pas cette extravagance … il n’y a que le chacun pour soi … non, mais regardez-moi ça ! … je ne ressemble plus à rien …
— Ne soyez pas pessimiste … moi, par exemple, je me suis perdu … eh bien, j’avance quand même …
— Mais bon sang de bois … vous voyez bien qu’il me manque la moitié du corps …
— Effectivement, c’est embêtant …
— Embêtant ? Vous êtes un inconscient …
— Attention !!! Il arrive … je me sauve …
— C’est ça … bonjour chez …

Ma catalepsie n’est pas loin si je ne reprends pas le fil d’un chemin, n’importe lequel, mais qu’il me transporte hors de la vue de ce gnome outrancier et animal jusqu’aux sucs gastriques qui illuminent sa dentition…

Le pauvre fut croqué sous mes yeux …

Et j’entends la voix d’outre-végétal du personnage, en s’avançant vers moi :

 » Les verchonsfourgusbourniflaient « 

… dans une déglutition bruyante …

Alors, mes petites pattes velues tous terrains me font avancer comme par un automatisme enclenché par l’instinct de survie qui n’attend pas d’avoir de la raison pour sonner la fuite à toutes pattes à son cou …

Et lui, le gnome, de ronfler comme une chaudière à courir à mon train comme s’il avait des bottes sept lieues et j’ai cette envie de crier mon désarroi mais rien ne vient que les pincements de mon angoisse dans mon corps mit au défi de tenir le rythme …

Quand, j’aperçois un trou, sur mon chemin, mon calvaire, le trou idéal qui vient à point nommé dans ma course folle à la survie. Je me surprends moi-même à pénétrer un logement tout à fait incongru …

— Tiens, vous ici Pokie ? Quelle heureuse surprise… entends-je au fond de ce trou.
— Qui êtes-vous ?

Que je n’ai pas le temps d’entendre la réponse, qu’il me gobe tout à vif !

Morale : rien ne sert de courir… même pour servir de repas.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Je vis tu vis c’est étrange

Kent Miles - Wien - 1990
Kent Miles – Wien – 1990

Premier essai avec le nouveau éditeur fait de blocs et de « briques » 🙂 (je n’ai trouvé à diminuer la lettrine J – code CCS introuvable) Et un lien : https://wordpress.com/fr/support/editeur-wordpress/


Je vis au ciel bleu de ton écriture à la profondeur d’une ancre à quatre mille huit cents quatre brasses et je plume tes mots un à un comme une volaille ébouillantée après l’avoir occis à l’ancienne et je reprends un bol bien rond bien plein de mon whisky préféré et d’une traite je bois tel un boit-sans-soif et dégurgite malproprement sur ma raison d’être…

Tu vis assise sur le promontoire de mon indifférence tu me jettes l’éponge à moi-même t’abandonnes la lutte tu fuis avec la clé des champs qui se change en marguerite géante et plante son avis devant toi et te nargues comme un récif prêt éventré la coquille de ta raison d’être …

Tu vis la vague et son écume à l’âme telle une trame d’une mauvaise ligne de vie que l’exploration te fait vomir au premier pas qui te déboîtes la boîte crânienne sur le devant l’arrière scène aveugle de naissance et qui s’impose comme une ogresse qui charrie les intestins de l’angoisse au carré de l’identité de soi de ta raison d’être …

Je vis entre deux eaux de mon alcoolisme dépositaire de ma non consistance à l’image de toi en blonde un soir à Rocamadour dans cette chambre qui a été témoin d’un craquement aussi inattendu que la livraison de la panoplie papale à dix-sept heures heure sidérale au sous-sol d’une église qui sermonne une messe bien étrange … celui de mon pantalon à la couture de l’entre-jambe … de ma raison d’être …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un éclaboussement à l’oreille des passants

Tout est dans le regard. Dessinateur ?

Tout est dans le regard. Dessinateur ?

Sujet(s) proposé(s) par Nemo Auditur.


« Un jugement trop prompt est souvent sans justice« , dit Voltaire.
— Comme quoi rien n’est parfait, se dit l’homme à haute voix assis sur le banc des déshérités de la société entre son camembert beurre et son saucisson liés entre les barreaux d’une baguette indéfinissablement tendre devant les pigeons trop avides des miettes de bonheurs et trop feignants pour grainer leur pitance.

Et l’homme déchire de ses mauvaises dents l’élément délicat du croustillant de l’habit doré que de légers craquements définissent une douleur et la mie délicatement moelleuse docile et à la fois résistante s’abandonne que le camembert cède aussi avec son aérienne senteur son cru de lait révolutionnaire et que le beurre salé de Guérande fondant aux contacts de ses amants précités n’impressionne pas le saucisson qui a déjà tranché sa position et s’enhardit à s’opposer à se cabrer même à lutter à être mordu sans vergogne par le premier venu … et l’homme de s’arracher une canine plantée dans le sauciflard et de penser que voltaire avait raison … ce sandwich n’est pas aussi malléable que prévu …

Et tout à son affaire … un homme-sandwich s’était attardé devant la scène … de l’homme au sandwich, lui dit :

— « La vérité pure et simple est très rarement pure et jamais simple« , nous dit Wilde.
— Vous lisez dans mes pensées, homme à la botte de la société industrieuse et malfaisante ?
— Mon temps de marche est inversement proportionnel à ma concentration à définir un sens à la pensée extra-nébuleuse de mes contemporains …
— Vous n’êtes pas … un peu fêlé ?
— Qu’importe la fêlure, mon image n’est floue que pour les autres…

Et … de la discussion courtoise à la joute oratoire, un bouillon de phrases pimentées et parfois inintelligibles comme un éclaboussement à l’oreille des passants à dévisager les protagonistes possédés par leur sujet comme un tournesol hypnotisé par leur soleil dévalise leur bon sens commun quand certains s’arrêtent pour jeter quelques pièces pensants à un théâtre de rue …

— … vous convenez, certes, mais la tranche de saucisson si elle avait son mot à dire elle aurait tout autant raison de poser ses conditions …
— Non, non vous égarez … toute forme inerte n’est pas apte à formuler désirs ou griefs …

Voilà pas qu’un agent de la force publique nommé autrefois gardien de la paix à l’écoute des lutteurs oratoires s’infiltre s’interpose se mêle à la mini-mêlé comme un grain de sel de belle envergure pour faire tourner possiblement la chose à l’aigre et il dit :

— « J‘ai personnellement plus de plaisir à comprendre les hommes qu’à les juger » nous dit Zweig.
— Voilà une sage expression, mais que vous mêlez-vous ? dit l’homme-sandwich
— Oui, ce n’est pas dans notre convention d’intégrer une parole non donnée ! dit l’homme au sandwich.
— Aujourd’hui la parole ne se donne pas, elle se prend et l’on se méprend sur le devant de la scène d’un quiproquo à une moquerie et présentement j’aime votre devenir en phrasé qui m’interpelle comme attiré telle une abeille par une fleur de champ en goguette et …
— Monsieur le gardien des lois et autres tenues démocratiques, votre discours est sympathique mais nous causons sandwichs nous vous déplaise …
— J’en suis conscient et je vous comprends mais je dois par devoir faire cesser votre tripotage verbal et en venir à ma présence…
— Qu’est-ce ?
— Je vous embarque pour tapage oratoire en milieu urbain sans autorisation préfectorale au regard de l’article R 2439-10A-1 …

Morale : la loi du plus fort ne tient pas toujours à comprendre l’autre, c’est bien connu.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Agenda Ironique Août 2020 – Voter

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop


Bon jour à tous,

Merci à vous tous … belle participation … cet Agenda Ironique d’Août en plage aux différents degrés est d’une belle eau …  🙂 La genèse ICI

Votation du 26 au 31 août :

– Pour le meilleur texte (ou les meilleurs) …

– Qui organisera l’Agenda Ironique de Septembre …


(Pour celles et ceux qui ont des soucis pour voter car problème d’affichage, ils peuvent le faire en écrivant un commentaire).


Voici les textes :

1 ) Le 02 août 2020 => texte de Chachashire : Age des gens d’Août onirique.

2 ) Le 06 août 2020 => texte de Iotop : impression de sable mouillé dans le cerveau

3 ) Le 06 août 2020 => texte de Gibulène : Les vacances d’Onésime

4 ) Le 10 août 2020 => texte de Jean-Louis : L’agenda Ironique d’Août 2020  (Haïkus)

5 ) Le 11 août 2020 => texte de Régis : Le sable noir des Marquises (Acrostiches)

6 ) Le 11 août 2020 => texte de Solène : Souvenirs proustiens

7 ) Le 11 août 2020 => texte de Carnetsparesseux : Où est passé la plage ? (1ère partie) (2ème partie)

8 ) Le 14 août 2020 => texte de Rowane : Brise-larmes

9 ) Le 19 août 2020 => texte de Victor Hugotte : Danser sur la plage en temps de pandémie

10 ) Le 23 août 2020 => texte de Sabrina : Plage de rêve

11 ) Le 23 août 2020 => texte de Laurence : Sur la route des vacances

12 ) Le 25 août 2020 => texte de Véronique : Coquillages et coquecigrues

13 )  Le 26 août 2020 => texte de Lyssa : Laisser trace

14 )  Le  26 août 2020 => texte de Gérard : Avoir une vraie vie de chien

15 ) Le 26 août 2020 => texte d’Emmanuel : La page blanche

Résultats des votes : ICI

 

L’arme de l’impatience en main

Photographie de David Yarrow - rhinocéros au Kenya

Photographie de David Yarrow – rhinocéros au Kenya

Sabrina (Blog : entre les lignes) : atelier d’écriture #1

(Voici un nouveau atelier d’écriture mensuel et si votre encre vous titille, je vous invite à participer) 🙂


J’ai entendu un jour dans un jardin des plantes entre deux bancs et retenu comme une vague qui ne devait jamais atteindre un rivage ou un récif : « … les enfants sont d’un totalitarisme … » … le reste s’étant évaporé entre l’oreille droite et le neurone spiralé à clé fractale. Est-ce une assertion ou pas ? Il fallait que cela se confirme ou s’infirme un jour.

Et, aujourd’hui, je vois un enfant dans une allée d’un centre commercial qui hurle comme un canard à qui on vient d’arracher par défaut d’information préalable et à vif sans anesthésie une paire de plumes de son arrière-train.

La maman du garnement par le comportement de son marmot s’est gonflée d’une colère que l’air dédaigneux des clients proches savourent la défaite devant son manque d’autorité ou de conciliation maternelle ou seulement d’amour si ce n’est d’attention tout simplement.

L’alarme vocale du galopin hurleur consterne l’agent de sécurité un ancien d’Indochine qui s’approche franchement l’arme de l’impatience en main et d’un direct vocal tel un mégaphone intégré dans sa gorge profonde et déridée d’alcool, annonce :

— Tu te feras dévorer par les Petites Sirènes !!!

Les yeux du gamin se sont posés terrifiés sur le vieux visage de l’homme ancien guerrier et tout jeune employé de ce grand magasin déformé par ses marchandises possédées de E additifs, vomissant en filigrane les futures maladies …

— Comment osez-vous gueuler comme ça sur mon fils ?
— Vous êtes l’impudente distance entre vous-même et vous-même.
— Vous délirez !
— Vous êtes cette enfant insupportable et poussiéreuse de vos souvenirs comme d’une lie qui vous gangrène …
— Arrêtez ce délire !

Et le gamin de mordre avec toute l’ardeur d’un jeune loup … le mollet de l’agent de sécurité.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La sonnette tinte un air de glacier

Ellen Greene – Film La Petite boutique des horreurs de Frank Oz - 1986

Ellen Greene – Film La Petite boutique des horreurs de Frank Oz – 1986

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 18.20


Le temps d’ouvrir une boîte d’haricots verts, de rincer, de verser dans un bain-marie, que la sonnette tinte un air de glacier qui se détache d’un pôle arctique qui de nue terre va bientôt se retrouver.

Est-ce que l’on vient m’annoncer une nouvelle à enflammer mon cœur ou à le détruire … moi qui n’attends rien ?

Je n’ose m’aventurer dans le vestibule, ouvrir la porte et regarder en face les propos grandeur nature … que je grossisse l’importance comme une montagne … possiblement.

Trêve de radotage ! je m’élance ! le courage en main et les jambes toutes à mon ordre de marche, je déclenche la poignée de la porte, le grand jour m’éclaire … il n’y a personne … c’est un lapin, une farce de garnements … sans doute …

Je reviens à ma chère cuisine quand une nouvelle fois la sonnette reprend sa formule glaciaire. Est-ce l’effet de mon troisième whisky de la matinée, consommation quotidienne, qui me joue ce tour de cochon ? Est-ce la chaleur ambiante de mon fourneau et les émanations de mes plats en préparation ? Est-ce le moite de mon rhume qui m’embrume et fait bourdonnement à l’oreille droite ?

D’un questionnement à un autre, ma main tourne la poignée … elle me reste dans la main. Quel est ce mauvais tour que l’on me joue ? Et une voix forte se fait entendre … derrière ma porte :

— Ouvrez-moi ! Ouvrez-moi !
— Mais … mais c’est moi qui suis enfermé chez moi !
— Prenez un marteau, une masse … n’importe quoi mais ouvrez cette porte !
— Vous êtes un dingue, un dérangé du ciboulot… j’appelle la police !
— Il n’y aura personne à arrêter !
— …
— Ouvrez-moi !
— Comment personne ? Je vous entends, moi, donc vous êtes bien présent !
— Oui et … non.
— Comment : oui et non ?
— Cela va être difficile à croire.
— Je craque maintenant, ou j’attends ?
— Attendez.
— J’écoute.
— Je suis vous…
— …
— Je sais c’est difficile à croire.
— J’ai un don d’ubiquité ?
— Non.
— Alors !
— Vous devez m’ouvrir absolument la porte !
— Et pourquoi ?
— Eh bien, pour effectuer …
— Effectuer ?
— Effectuer le transfert ! Dépêchez-vous !
— Le transfert de qui ?
— De vous … de toi …
— De moi ? Mais … vous me tutoyez, là !
— Oui, et si tu tardes, nous allons errer pendant un certain temps !
— Je peux me réveiller, là ? Ou je rêve ?
— Non, hélas !
— Et pourquoi ?
— Tu es … mort !

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’équinoxe de ses angoisses

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Bruit_porte photographie_Iotop_2020

Des mots, une histoire : récolte 49   (Hors délai)


Qui dit fricot, dit se bâfrer. Évidence qui fait fuir l’anorexique et l’ivrogne à devenir abstème (s’abstenir de vin). Seul le meunier du village sait de quoi l’on cause et à cela il n’y a rien à négocier. Il est jeudi soir, et pour rien au monde il ne manquerait ce fricot … du lendemain possédé de ses arômes en confusion mélangés, aux degrés de l’extase presque mystique… préparé par sa rondouillarde épouse : le fricot de la meunière, spécialité qui s’est imposée sur plusieurs territoires de la région dont son mari n’est pas peu fier, se permettant d’augmenter ainsi le tarif de sa farine… l’inconvenant.

En retard, le meunier n’est pas homme que l’on roule dans la farine ni à enfariner par jacasserie entre la meule et la poulie ou entre la bière trappiste et un blablateur vendeur de bœufs quand le fameux ragoût dans sa marmite congestionnée le supplie de l’enfourner en bouche jusqu’à l’envahir dans les profondeurs de son être obsessionnel…

Et le vent fort n’en dit pas moins et creuse l’agacement de la meunière qui s’impatiente du retard de son homme qui est aussi ponctuel que l’horloge biologique du papillon de nuit.

Maître Lapoulith est en retard, c’est un fait. Son habitude est dérangée, son heure s’inquiète, son assiette attend et la porte du logis reste close, tout à son mutisme, elle aussi languit et se repose sur son triple gond.

Alors, qu’attend-il pour franchir le seuil, cette porte journalière et commune avec cette tendance obligée, aussi, des bonnes et mauvaises nouvelles … la meunière ne compte pas les tic-tac, ni l’équinoxe de ses angoisses qui monte en mayonnaise ses battements de cœur à la moindre perception d’un bruit, même connu, quand le vent se tait …

Et un grondement inhabituel … derrière la porte …

Un chien ? Un loup ? Un renard ? … un monstre ?

Le silence armé … et la meunière de dire la voix enfermée dans la gorge … sort.

— C’est toi ?

La porte s’ouvre de sa serrure à loquet, les gonds miaulent, et le cœur de la meunière s’arrête… devant la bougie suif témoin.

Le meunier est là … un fort gâteau à la main.

— Bon anniversaire, Marie !

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Impression de sable mouillé dans le cerveau

Couple_photographe_inconnu

Couple – photographe_inconnu

Agenda Ironique Août 2020


Un couple naturiste sur la plage au mois d’août … parmi d’autres…

14h03

— Tu es bien, là ?
— Je suis bien, sur cette plage de sable fin et chaud.
— Ton corps est de plus en plus beau.
— Il en fait qu’à sa tête… pourtant …
— Tu es programmée pour bien vieillir, à pas mesurés.
— Vieillir ou pas, quelle importance.
— La vie ne demande pas ton avis.
— Et si mon suicide était un acte libérateur, un pied de nez à la vie, hein ?
— Alors, ce suicide serait injuste.
— Pourquoi ?
— Y a tant de vies qui veulent se vivre.
— Que m’importent les autres.
— Et moi, je suis les autres ?
— Tu es ce blablabla qui me tient à flot… possiblement.

15h23

— J’ai une impression de sable mouillé dans le cerveau…
— Cerveau ensablé ?
— Hein ?
— Et les oreilles aussi ?
— Non … dimension de tes mots en argile qui se déforment et s’envolent tels des parasols décolorés …
— L’ouïe en noir et blanc ?
— Avalanche de mots sur une onde outragée… je nadir …

16h31

— Je veux entendre ce monde respirer…
— Respirer autrement ?
— Non, respirer avant qu’il meure !
— Ou avant que tu meures ?
— Non, le monde ! même le vulgaire des poissons comme la perche
— Et tu n’es pas de ce monde ?
— Si …
— Alors ?
— Je veux entendre ce monde respirer.
— Et moi ?
— Et toi ?
— Oui, moi !
— Rien …
— Comment rien ?
— Tu ne respires pas.

17h53

— Si j’étais ton horloge ?
— Tu es toujours en retard, alors …
— Si j’étais ton Monoï ?
— Je ne suis pas une pièce mécanique qu’on trempe dans l’huile … tu le sais, ça ?
— Si j’étais ton eau ?
— Tu es déjà tari, mon pauvre …
— Si j’étais une page de ton livre ?
— Tout juste un sixième de ligne…

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Agenda Ironique d’Août de l’An 2020

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop


Bon alors, je m’y colle pour la troisième fois mais par défaut cette fois-ci et donc moins fébrile en me basant sur le même format. Quoi qu’il en soit je suis heureux d’apporter ma pierre à l’édifice de cet Agenda Ironique qui dure depuis plusieurs années.

Je ne suis pas très prolixe sur ce genre de domaine et pour informations voici des liens (la genèse) : ICI ou ICI
Et celui du mois de Juillet chez : Emmanuel Glais

Le thème : plage

J’explique : je n’aime pas le contenant plage (bord de mer) en général mais j’apprécie son contenu. Cependant, il est intéressant d’élargir le champ : plage, comme par exemple : plage horaire, plage de mots, plage d’un navire, plage de bouteilles, plage de livres, plage de naturistes, plage arrière d’un véhicule … etc etc

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) avec la plage de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaira (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique …) le tout … Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
– Flot
– Argile
– Perche
– Monoï
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Vous avez jusqu’au :
– Du 1er au 26 août 2020
– Vote du 27 au 31 août de la même année.

Faites savoir par un commentaire et un lien quand votre œuvre est en ligne sur votre blog.

Et je fais un récap juste en dessous …

À vos ancres … euh vos encres bien trempées … 🙂

Iotop 2020


1 ) Le 02 août 2020 => texte de Chachashire : Age des gens d’Août onirique.

2 ) Le 06 août 2020 => texte de Iotop : impression de sable mouillé dans le cerveau

3 ) Le 06 août 2020 => texte de Gibulène : Les vacances d’Onésime

4 ) Le 10 août 2020 => texte de Jean-Louis : L’agenda Ironique d’Août 2020  (Haïkus)

5 ) Le 11 août 2020 => texte de Régis : Le sable noir des Marquises (Acrostiches)

6 ) Le 11 août 2020 => texte de Solène : Souvenirs proustiens

7 ) Le 11 août 2020 => texte de Carnetsparesseux : Où est passé la plage ? (1ère partie)

8 ) Le 14 août 2020 => texte de Rowane : Brise-larmes

9 ) Le 19 août 2020 => texte de Victor Hugotte : Danser sur la plage en temps de pandémie

10 ) Le 23 août 2020 => texte de Sabrina : Plage de rêve

11 ) Le 23 août 2020 => texte de Laurence : Sur la route des vacances

12 ) Le 25 août 2020 => texte de Véronique : Coquillages et coquecigrues

13 )  Le 26 août 2020 => texte de Lyssa : Laisser trace

14 )  Le  26 août 2020 => texte de Gérard : Avoir une vraie vie de chien

15 ) Le 26 août 2020 => texte d’Emmanuel : La page blanche

 

Pour voir les votes => ICI

Elle voit l’horizon s’empiffrer d’un soleil matinal

Oeuvre de John Everett Millais - Clarissa - 1887

Oeuvre de John Everett Millais – Clarissa – 1887

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 17.20


Toute haute debout, pieds nus, elle voit l’horizon s’empiffrer d’un soleil matinal où ses yeux s’accrochent en ce lointain quand la mort si proche, peut-être incertaine, est une interrogation, une provocation et ses mains crispées sur les barreaux de sa geôle à la paille humide possédée de la respiration d’une terre battue, de sueurs, de secrets, d’humeurs de condamnés à jamais disparus dans une autre entrailles terrestre …

La circonlocution de la narration n’arrêtera pas le sort de la jeune femme dont les cheveux longs ont été taillés réduit jusqu’au cou gracile défiant encore sa position …

Les larmes sur le bord du volcan de l’émotion, elle se rappelle ce baratineur débordant de ce charme mâle comme un appât désirable de belles phrases, d’aphorismes … et puis sa sentence avait été tracée sur la ligne invisible du hasard, de sa part de fin …

Elle s’étonnait d’avoir été prise dans ce tourbillon de mots dont le celui de téléphone mot saugrenu … ce beau parleur l’avait embobiné dans un complot à mille lieues de ses préoccupations quotidiennes celles de discuter d’un bon bagou sur le prix des œufs, de la viande fumée, d’un légumeux de saison … mais lors de sa comparution devant ses juges aucun plaidoyer pour la défendre …

Sa parole contre celles de bedonnants bourgeois aigres et vicieux comme … des hommes …

Elle n’avait pas joué une pirouette pour s’en sortir, elle avait débordé de sincérité … avait été la girouette d’une affaire …

Là voilà par un soleil radieux… pendue …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Parloir sourd au format miroir à soi

Max Ernst - Santa conversazione - 1921 - Dédicacé à Benjamin Péret

Max Ernst – Santa conversazione – 1921 – Dédicacé à Benjamin Péret

Agenda Ironique Juillet.

(Choix ici du lipogramme (sans e))


 

Il part. L’horizon noir pour salut, sa main sur son front brûlant … pas à pas, il sort … d’ici pour la …

… prison… sa prison… son rasoir… murs du parloir, sourds au format miroir à soi, par la voix sans nuit, sans goût, fait son habit… la claustration sur lui, position du fautif au chagrin garrot, banni parmi tous bannis, un cachot lui sourit …

… aux visions poisons, d’abandon a sa raison … lui pantin corrompu a son ragoût d’alcool du mal construction amplification aux poumons d’un vaudou d’un air au bruit à subir l’attraction du …

La nuit, l’imagination au carcan à vif à vouloir fuir fait noircir son sang … aux matins toujours trop durs … poings au mur … croupir à l’infini dans son hôpital …

Tous, rugissants dans son ciboulot … tous fous …

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Il est mort, seul

Oeuvre de Ramon Masats - Barcelone 1953 - Blanca Berlin Galeria

Oeuvre de Ramon Masats – Barcelone 1953 – Blanca Berlin Galeria

Des mots, une histoire : récolte 50


 

« Pour vivre heureux, vivons cachés » disait-il.

 

Il est mort, seul,

Sa liste de bonheurs entre les dents,

Et les palabres de la messe à promettre un Paradis … un lac desséché.

 

La misère est en nous … et le mur du désir hurle dessalé de son envergure sur le grain de sa peau …

Et l’oniromancie rit, la dupe.

 

Avec la danse d’un seul temps, il s’était égaré dans le monde d’une Incertitude aux dents acérées d’une Inhumanité, devant l’ogresse de la réalité, à cette envie de la goûter … cette souffrance n’était pas chimérique

 

Il est mort … seul.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La Boîte à Temps

Nuageux_Iotop_2020

Nuageux_Iotop_2020

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 16.20


La Précipitation du Temps dans le gouffre de l’insondable Tic-Tac de l’engrenage qui prend son pied … s’arrête d’un éclair

La Boîte à Temps informe le Courrier du Temps, tout à courir, de la glaciation inattendue de la Précipitation. Toute l’armée de Seconde, aux Têtes des troupes les unes à Vélo les autres à la pointe de l’innovation de leur aiguille quand d’autres à la Diligence, s’apprêtent à envahir le Territoire à la Minute jusqu’à Risquer la Disparition par un effet Sablier …

Si le Tout s’arrête, le Silence l’ennemi du Temps serait vainqueur sur la Totalité de l’Univers Visible et le Ralentir est la première victoire mais pas le Remède.

Le Néant sur le bord de la Route, lui, attend son Heure…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020