Tu prologues et l’essentiel t’échappe

Parapluies_saumur_Iotop_2018

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Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 31 et origine


Teindre la voix couleur onde sable sur la plage à l’océan d’un ciel d’été à la nudité d’eau … s’engouffrer dans le sang des mots étendus sur la ligne au vent du cri qui souffle sur les os syllabes et consomme à la moelle la vie aux consonnes d’un journal sans domicile à peine né qu’il devient torche cul pour légumes de la pensée ou broyé par la main poisseuse ou souche sans racine … tentacule de la marée vomit son encre d’un volume outré d’ennui à la suffisance de m’adresser la parole un jour de grande joie dépliée dans mon cœur possédé de toi …

— T’as pris ma place …
— Ne crie pas.
— Tu prologues et l’essentiel t’échappe …
— T’es qu’une ordure !
— Normal, tu m’as consommé, je suis à présent un reste palpable.
— Éparpilles ton insolence dans un autre ailleurs.
— Insolence ?
— Mes sentiments ne sont pas une sève enracinée dans le tronc pourri d’une bouteille d’alcool !
— Et ma sève c’est du beurre ?
— Ne sois pas arbitraire dans ton propos.
— T’es qu’une pyramide de mensonges à cœur de venin.
— Arrête ! … ou je te fais sauter la cervelle !
— Et la tienne en même temps, écervelé !
— T’as la langue bien pendue.
— Ton outrecuidance l’est d’autant.
— Tu n’es qu’une imitation une variante crucifiée une apologie du néfaste … une …
— Les mots te manquent ? Tu es en pleine crise, vaurien, je ricane.
— …

… l’oreille de l’immeuble sourd à sa maçonnerie, le palier de service tremble a la détonation d’une arme à feu …

— Dis, t’es mort ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Est-ce un signe ?

Oeuvre de Philippe GIACOBINO

Oeuvre de Philippe GIACOBINO

Suite à un défi d’écriture, placer quatre expressions … dix minutes chrono.

Est-ce un signe ?

Brusquement la tempête releva ses manches et les baraquements s’envolèrent dans les airs, au chant d’une peur biseautée à l’éclair de foudre. Rien ne résista. D’ailleurs, toute résistance était inutile. De la volige à la taule, du clou au mortier de chaux grasse, tout ce beau monde traversa les ondes aériennes bien au-delà de la stratosphère.

Entre temps, j’avais eu le temps de m’enchaîner à un arbre robuste aux racines profondes et tenaces dans une terre possessive comme de la glu. J’épousai ainsi un temps certain l’arbre mon sauveteur, ma bouée de sauvetage, qui rugissait de toute sa hauteur, qui brandissait toutes ses branches comme un futur noyé dans un défoulement océanique dont la tourmente était du même tempérament que le père Éole dans un mauvais jour.

Voilà pourquoi, je suis encore vivant et que je puis vous raconter en quelques lignes me souvenirs, des brides comme des habits déchirés. Car il est vrai, je l’avoue humblement, j’ai perdu à plusieurs reprises connaissance et entre l’angoisse d’être vrillé à corps au tronc de mon arbre comme une serpillière, et empalé par un débris, mon esprit n’avait plus toute sa tête.

Et ensuite, par miracle, seul survivant, je n’avais plus qu’une seule envie celle de me saouler à la liqueur de noix de coco. Mais, il fallait me rendre à l’évidence, j’étais encore dans mon lit, emmailloté dans mes draps.

© Max-Louis MARCETTEAU