La tartine de margarine se moque

Oeuvre de David Schnell

Oeuvre de David Schnell

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Ma vie se passe dans un continuel échouage pour survivre, ce qui est un tantinet idiot, surtout que je n’ai pas de bateau. Pensée en vol plané du matin dont la tartine de margarine se moque ; elle connaîtra d’ici quelques instants la dure réalité de son état dans le café au goût de banni et même le sucre ne fait rien pour l’attendrir…

Et puis je passe à l’orgeat (qui n’a rien à voir avec le jus d’orange pour les ignares) avant de « prendre mes cliques et mes claques » de ce lieu insupportable : mon appartement que je hais comme le nougat d’ailleurs. Aucun rapport, quoi que … cet appartement me fait vomir depuis que mon amie est partie avec … un routier à l’international …

Elle était en stage en Belgique, dans un temple … et elle est revenue avec un camionneur qui lui aussi participait à ce stage de quinze jours. Mes larmes dépassaient ma colère qui me prenait à la gorge quand elle me l’a présenté. On a pratiqué une oraison à trois au lieu d’une soirée bien sympathique avec bières …

Je sors de cet appartement maudit, démarre ma voiture, quitte la ville et la campagne m’ouvre sa nébuleuse de verdure automnale, sa frondaison pour un repos éternel. Je respire la haine, ma haine, mon manque de réaction face à l’adversité, mon égoïsme …

Le Lac de la Faucille n’est pas très loin à présent. Je vais me noyer dans l’ombre de l’injustice. La Lune ne viendra pas m’accompagner, ce n’est pas son jour, comme ce n’est pas le mien. La vie ne tient qu’au fil que l’on tisse, le mien va bientôt se rompre et je ne vais pas jouer « le chêne » dans le « le chêne et le roseau » de la Fontaine.

Je coupe le contact du moteur sur le terre-plein qui mène directement sur la berge. J’ouvre ma portière. A ce moment, dont l’imprévu à la recette, un chien qui frétille de la queue, jappe une bienvenue dont je repousse les effets. Que fait-il à cet endroit du soir, à ce croisement de ma vie qui n’est qu’une ombre qui ne demande maintenant qu’à disparaître … totalement, complètement … Ce chien est indécent à vouloir me tenir en vie encore quelques instants …

Le furtif d’une étoile filante qui me fait un clin d’œil et pas de vœu à proposer ou une nouvelle carte de destin qui va boire la tasse définitivement avec moi, quand j’entends le son d’un luth au moment où mes jambes prennent l’eau et mon corps change de température avec un genre hypo (et pas hippopotame) … et ce chien qui recommencer à aboyer …

— Je veux mourir en paix !

Et mon cri donne naissance à un écho monstrueux, une onde qui me revient comme un boomerang dans les oreilles … et de l’eau, brusquement me réveille …

Info BFM : on apprend qu’un avion de ligne s’est écrasé en mer. Pour l’instant un seul survivant a été récupéré …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Ça balance pour moi

Oeuvre de Ida Rentoul Outhwaite

Oeuvre de Ida Rentoul Outhwaite

Blog popinsetcris contrainte écriture.


Entre “je marche sur des œufs” et “je joue sur du velours”, y a un monde. Et l’un ne raille pas l’autre. Respect mutuel et apaisement assuré, harmonie de bon aloi et l’horizon de la paix sera assuré.

Bref, tout ça pour dire que je suis un total profane des expressions. Je n’aime pas les expressions, enfin celles des autres et puis c’est tellement facile. On peut ainsi faire bonne figure dans la pâleur d’une conversation et les sacrer aux airs de discussions usées, débraillées, évasées et disgracieuses (je ne donne pas d’exemple, suivez mon regard).

Je préfère les moments naïfs de la balançoire (je suis un fan, cela me rappelle, d’un peu loin il est vrai, mon berceau), cela m’apaise, me console, me charme et ce rythme m’endort presque que je pourrais me métamorphoser en chrysalide de papillon (je conçois l’énormité de la chose et la quantité de glucide astronomique de l’envergure d’un tel papillon de cent trente bons kilogrammes (habillé).

Mon vœu n’a jamais été réalisé pour le plus grand soulagement de mon entourage et je ne voudrais pas les hérisser (même des poils) mais je soupçonne qu’ils profitent du débonnaire gallinacé de notre voisin pour me réveiller au moment le moins opportun. Mais gare si je m’en aperçois, avec moi “ils marchent sur des œufs” et “ils jouent sur du velours”, car mon courroux sera d’une belle brises-d’os.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018