L’assaut d’une vague rétive se prenait à téter

Oeuvre de Kristeen Van Ryswyck

Oeuvre de Kristeen Van Ryswyck

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


La prose qui ne s’arrête pas » telle une roue à aube sur le crépuscule d’un soir noyé de chagrin d’avoir perdu son aube de bonheur lors d’une tempête mémorable et dont aucune vraie mémoire n’avait retenue le moindre petit embrun sur le tracé d’une … dune éclairée par la Lune et détesté par l’herbe folle et le chardon de service qui s’ensablait tous les jours à la même heure quand l’assaut d’une vague rétive se prenait à téter le mamelon de sable offert comme une provocation avec cette vague impression de ne résister que pour la forme de son tracé et puis tout s’arrête au bord d’une larme d’aube qui revient comme un mouvement perpétuel qui ne sait pas qu’il est perpétuel et qui pense que la mort est une aubaine pour renaître de nouveau dans les bras de l’horizon qui baille trop souvent les nuages en l’air de rien pousse la chansonnette avec le vent d’ouest qui se prend un vent avec le vent du sud qui ne comprend pas qu’il soit au travers d’un autre vent qui soupçonne un changement climatique et la voix de raison se cambre comme une soubrette perchée sur l’escabeau de l’incompréhension quand la prose qui ne s’arrête pas lui pince la fesse gauche qui à moitié nue n’ose faire état de son état à la fesse droite qui frissonne à se parcourir d’un mouvement d’ondulation jusqu’à l’aube que le crépuscule porte dans son cœur comme une flèche qui se demande comment elle a pu arriver à un tel état de médiocrité à cause d’un amour contrarié par effet d’un souffle nommé je t’aime et qui n’avait rien d’autre que cet amusement de la prose qui ne s’arrête pas …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

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Ce n’est pas du pavé de bœuf

Participation à Agenda Ironique de Mars de l’An 2019 (Vous avez jusqu’au 27 mars 2019)


Ici, la nuit n’a pas son mot à dire. Non, non. Ils sont tous aux garde-à-vous, lumineux cyclopes. Leur immobilité sonne un air d’éternité. Un tunnel, sur ce pont, dans la nuit fendue de part en part, forme rempart, dans un silence …

Le pavé de premier rang à droite est, aussi, silencieux. Et puis, un cliquetis étrange peu coutumier des environs… un cliquetis qui s’amplifie comme une souffrance qui s’offre les grands boulevards du chagrin, du sinistre, du lugubre … du malheur. Cependant ce cliquetis nuance sa partition, il devient comme ce goutte à goutte de robinet au joint usé, il perle…

— Mais il perle où, ce cliquetis ? dit le pavé du premier rang à droite, en se soulevant de quelques centimètres et se repositionnant aussitôt.
— Je ne sais pas, répond le pavé du premier rang à sa droite, qui pareillement à son congénère se soulève de quelques centimètres …
— Moi, je sais ! annonce le lampadaire à gauche, à droite en troisième position.
— Tu sais quelque chose, toi ? rigolent les deux pavés, en se soulevant …
— Vous êtes impertinents. Je ne dirais plus rien ! s’ébroue le lampadaire vexé.
— Allons, ne fait pas ta mijaurée, ma grande, lui dit le lampadaire à sa gauche.
— « On », me considère comme un lumineux bon à rien, alors que je sais moi d’où vient ce cliquetis.
— Bon, alors, dit voir, impose une voix, celle de maître pavé qui a connu 1789.
— Non !
— Tu vois, il recommence à bouder comme la dernière fois, dit le pavé du deuxième rang à droite du pavé de gauche.
— Non, c’est non !
— Bon … on peut négocier ? dit le pavé du premier rang à droite.
— Négocier quoi ?
— Je ne sais pas moi, un séjour d’une semaine à Chesterfield, en plein centre-ville, ça risque d’être chouette, non ? dit le pavé à gauche de la droite du sixième rang en partant du troisième pavé tagué.
— Et pourquoi pas sur l’Île de Pâques, hein ? Non, non … s’il faut négocier … eh bien je veux un nouveau visage … en leds … bleus …
— C’est les plus chers ! s’affole maître pavé qui a connu des mains sanguinaires de 1789.
— Bon … je ne veux pas vous contrarier, mais il m’énerve ce cliquetis … j’ai l’émétique aux bords des arêtes… ! énonce fort, le pavé du quatrième rang à partir du centre.
— Et un tour du monde sur le bateau Atlantique … ? dit un ancien pavé de la Commune.
— J’ai le vertige … dit le lampadaire à la voix divagante.
— Le vertige ? et le mal de mer, il compte pour du beurre ? dit le pavé de la huitième rangé à gauche en partant du milieu.
— Non. Mais tu t’imagines déjà à six mètres de haut ? Bon, eh bien suppose que je sois fixé sur un socle de ce bateau … qui navigue … et bien, j’ai le vertige moi, monsieur Du Pavé … et ne vous en déplaise.
— Bon, alors … va pour les leds bleus … dit résigné le pavé du troisième rang de la gauche de la gauche.
— De toute façon, je ne vais pas de suite vous dire d’où provient le cliquetis … non, non … il faudra me poser des questions …
— Jouer aux devinettes … c’est ça ? questionne, le pavé du dixième rang au centre droite … un peu décaler de l’angle gauche.
— Exactement !
— Eh bé, on n’est pas couché ! rétorque le pavé intérimaire, bien propre.
— Qu’importe, j’ai tout mon temps moi ! dit le lampadaire qui campe sur sa position par défaut, qu’il ne peut s’extraire de sa condition.
— Il m’énerve ce lampadaire, il m’énerve … dit le pavé du premier rang à droite.
— On se calme, dit le pavé de 1968.
— Alors, ce cliquetis est-ce qu’il perle sur la première rambarde à ta gauche ? dit le pavé ébréché à gauche du deuxième clou du passage piéton.
— Non.
— Est-ce qu’il est d’ici ? dit le pavé intérimaire, bien propre.
— Euh … je ne sais pas.
— Il ne sait pas ! Elle est bien bonne ! dit le pavé revenu de convalescence après un heurt avec … (lui-même ne sait plus).
— Et oui, je ne sais pas ! De toute façon cela n’a aucune importance.
— Comment ? Aucune importance ? Dis-moi, tu veux me tâter tête d’ampoule ? Et ce n’est pas du pavé de bœuf, dit le pavé en droite ligne et perpendiculaire au lampadaire, juste au-dessous de lui.
— Me menacer… il ferait beau voir (et pas Simone) … c’est bien … la première fois… dit le lampadaire en émotion neuf Beaufort, qui d’un élan de confusion interne se grille d’un coup.
— Messieurs ! messieurs les pavés ! Il va s’en dire que cet incident est regrettable, très regrettable, s’électrise en clignotements irréguliers le lampadaire en tête de colonne en partant du coin gauche à … droite.
— Nous, on veut savoir d’où il vient ce cliquetis et puis c’est tout ! dit un pavé romain en vacances.
— Vrai, nous on n’est pas là pour « Jeter un pavé dans la mare » dit un pavé excédé, exilé de la rue Colbert de Tours, et tous les pavés de rires par des battements à faire trembler le pont et les socles des lampadaires qui commencent à blanchir dangereusement signe d’une éventuelle syncope collective.
— Messieurs ! messieurs ! je vous en prie … messieurs les pavés! reprenez-vous ! reprenez-vous, dit le lampadaire deuxième du nom après le lampadaire en tête de colonne…
— …
— Merci messieurs d’avoir repris vos esprits et je vais vous dire de suite d’où vient ce cliquetis qui perle fortement et vous irrite … c’est une bouteille d’eau de belle nature … une eau des montagnes de beau caractère … qui vient de suicider par starification… sous l’arche droite du pont … ne me demandez pas comment elle est arrivée là … et le pourquoi de son geste … même s’il est pour nous évocateur d’un abandon de pureté, d’honnêteté, d’authenticité … mais je souhaite dire, en chœur, avec mes congénères ces quelques mots, de recueillement, en litanie : « Les réverbères dorment allongés dans l’espace » (*)… avec vous, car nous sommes différents mais nous sommes depuis la nuit des temps sur la même voie …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

(*) : Edmond Jabès – « le milieu d’ombre » – 1955.

Un piège a une seule entrée

Photographie - Sépulture Fernand Arbelot - cimetière Père La Chaise

Photographie – Sépulture Fernand Arbelot – cimetière Père La Chaise

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 11 au 15 mars 2019


N’est-il pas merveilleux de prendre la main de son aimée et consommer la vie par petites tranches comme un doux fromage qui fond sous langue, la bouche demi-ouverte comme un hublot dont l’air mariné d’une onctueuse ondée océaniale vient frissonner les narines ? Ô Ce (et pas os) fameux mariage de la consommation qui semble éternel et dont le mot souci est banni dans le cul-de-basse-fosse du géant nommé Problème qui pleure sur lui-même si sa Solution le laisse dans sa propre fiente (et l’oxymore se marre). Ô Fleur d’âge qui s’époumone dans le fané d’un lit de mégère qui fait semblant de prendre son pied à se perdre elle-même dans les onomatopées de voyelles, cette fratrie qui semble s’entrecroiser en des consonnes qui seraient que des échelles sans barreaux. Ô Utopie tu enfantes des rêves de bonheur et tu fais créations de désillusions si ce n’est à regarder l’œil harassé d’être provoqué par la voisine d’en face qui a un beau profil et un fessier et une poitrine et tout le reste n’est pas options, tu te dévergondes toi-même et tu ris de ta situation pour une histoire nommée Amour qui n’était qu’un mot, un filet pour mieux te retenir, un piège a une seule entrée. Ô Fertile vie qui est faite d’herbicides sélectionnés (à défaut de glyphosate) pour nuire jusqu’à l’échéance ultime (voire plus, le cercueil n’est pas à la bonne dimension), l’illusion première de ta beauté est devenue la richesse d’un désenchantement qui nous a pris au fil des années et cousu l’un à l’autre comme deux tissus de belles factures mais à la longue se sont dépréciés aux fils usés par les lavages de nos tourments, colères, turpitudes … Aujourd’hui, à célébrer ton enterrement, je conte par ce discours devant cette assemblée de nos nombreux enfants et petits enfants la vérité dépouillée de la censure, cette sangsue comme tu le fus … repose ainsi dans ce bon bois de chêne et moi suis toujours … à ta chaîne … amen.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Message pour toi

Pirates des Caraïbes : Jusqu'au Bout du Monde - 2007 - Johnny Depp

Pirates des Caraïbes : Jusqu’au Bout du Monde – 2007 – Johnny Depp

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Message pour toi,

Tu m’entends ? Non ? Pas grave …

Écume de mes jours … poison de mes nuits … une lettre de rupture ne suffit pas pour t’avouer tout l’amour qui me tient à cœur par une tension défiant tous les appareils de mesure…

Adieu ou … pas.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Il y a des bulles qui chantent sur les fleurs des champs

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Il y a des bulles qui chantent sur les fleurs des champs et un ulcère d’estomac qui est bien seul parmi les borborygmes.

Il marche, d’un chemin à un autre, en compagnie d’un chien amicalement prêté pour défier la solitude …

En cette promenade de milieu d’automne, son regard se porte sur un bitmoji pas plus grand qu’un gnome. Il se frotte les yeux (pas le gnome) et le chien jappe. (Rien à voir avec le peuple nippon).

Le gnome a une pelle et il creuse avec entrain (à pieds et mains) dans un sol à l’humus bien épais. Étrange personnage sur “les jolies prairies en pente du Limousin qui rappellent la Suisse en quelques endroits”(1) . Quand par inadvertance d’une météo ou d’un ciel joufflu de nuages cuits à l’étouffé par de longs voyages, une grosse averse, genre classique, arrose drue, la richesse de ce pays-là.

Le gnome invoque dans un langage grotesque et des gestes en arabesques ce temps involontaire de déplaire … le marcheur et le chien sont médusés à ce spectacle gratuit et constate à leur détriment que le gnome les a pris à défaut de son petit manège et d’un sortilège certain développe sur le champ une engueulade maison …

A ce moment précis, les voilà transportés à leur point de départ comme par la magie des champs. Ils restent “scotchés” par cet événement inattendu. Ils décident, l’un de rejoindre sa niche la queue entre les jambes et l’autre de ne rien dire à sa maisonnée de peur d’être interné d’office pour hallucination …

Il franchit son seuil de maison, enfin, libre d’avoir décidé de ne pas dire l’indicible et de poser son postérieur sur son fauteuil vieillit mais encore robuste et se reposer devant sa cheminée qui flambe à merveille par son retour, jalouse qu’elle l’eût laissée à sa seule solitude d’âtre.

Il est toujours bon de se tenir au chaud quand l’on s’aime vraiment.

(1) Honoré de Balzac “Le curé du village” chapitre III

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

L’aventure ne s’écrit pas sur la peau de la normalité

Photographie - Carole Lombard

Photographie – Carole Lombard

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Rupture. Rupture de toi de moi, de nous, de tous, de notre bulle … de savon.

Et puis un nouveau départ, avec un handicap et pas de soulagement possible, pas de vrai renouveau

Et ce projet fou, de revenir en pèlerinage sur nos moments intenses …

Et puis la cinquantaine sonne le glas, j’ouvre mes yeux une nouvelle fois et … un nouveau jardin … d’amour vient de naître …

Un élan … de survie … une aubaine et je suis hameçonné … par le conventionnel d’une relation un million de fois écrite et l’aventure ne s’écrit pas sur la peau de la normalité …

Je viens de jeter ma lettre de démission. Ce soir, tu rentreras et le lit sera bien chaud de ma présence …

Je reste soumis … moi, le rebelle castré.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

A désosser tout optimiste

Le banc à bout de bras - Kiev - Ukraine

Le banc à bout de bras – Kiev – Ukraine

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Je me drogue à la … à la quoi, déjà ? … je me drogue à … je ne sais plus… de toute façon, elle est licite et cela ne m’empêche pas de pourrir sur pied comme tout le monde.

Je regarde ce monde aliéné par le superflu et l’effervescence de l’info voyeuse, anxieuse, scandaleuse, causeuse, monstrueuse et pourtant elle est identique aux décennies précédentes, aux siècles antécédents …

Je suis assis en califourchon sur un blanc dit public, fixé fermement au sol comme si un vol était possible … et je suis amer et vivant comme une ondée, je respire la terre et les fleurs et puis la déchéance sur les parvis de tout un chacun …

Tout devant moi s’opposent les vérités et les mensonges, les lois des hommes et ses instincts…

Je suis accroupi sur les questionnements de mon existence et à la validité de : “Je sers à quoi ? « . A rien et à tout. Et, tout de rien, je ne vois pas l’intérêt de continuer mon parcours, un champ de mines … à désosser tout optimiste … alors, la muraille psychologique prend l’eau et … la première larme gironde s’élance et la montée de l’émotion du dernier souffle dans ce parc public pour un dernier regard et puis une dernière bolée de Librax et je vais rentrer à la maison, ma solitude sous le bras et …

— Alors, commère ?
— Il s’est pendu hier au soir, à la pleine Lune, le pauvre homme …
— Remarquez, avec un tel handicap …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019