Il est minuit est rien ne se passe (suite/fin)

Kaamelott – Perceval – Franck Pitiot

Kaamelott – Perceval – Franck Pitiot

Agenda ironique Juillet 2018 : palimpzeste.


( Fin du chapitre précédent : Il se lève comme une heure malheureuse de recommencer son tour de garde. Et si toutes ces femmes avaient liens avec lui ? Comme un échec non plus amoureux mais un échec tout court de sa… vie ? Et si… On frappe à la porte.)

Chapitre 2/2

— Qu’est-ce ? (un comble pour le plus grand détective du monde)
— C’est moi.
— Dr vous êtes aussi imprévisible que le temps qu’il fera un 14 juillet…
— Vous me paraissez dépressif. Pourtant vous avez de quoi assouvir votre soif de raisonneur avec cette affaire… votre frère d’une belle intelligence, supérieure à la vôtre soit dit en passant, aurait déjà…
— N’en dites pas plus Dr Watson, vous enfoncez en moi un grappin bien profondément… ce jeu pour me piquer ne sera pas de bon effet, je le crains…
— Allons, allons… vous n’avez pas découvert le meurtrier ?
— Ô que si… j’ai trouvé, hélas, trois fois hélas, mille fois hélas… je ne suis qu’un renégat…
— Auriez-vous interrogé les esprits ?
— Ma table ne tourne plus depuis bien longtemps, mais j’ai le tourbillon de l’affreuse faucheuse qui n’attend que le dernier mot de mon souffle … l’impatiente.
— Penseriez-vous mettre fin à vos jours ?
— A mes jours ? Grand Dieu je préfère retourner sur les Dunes…
— Eastbourne n’a-t-elle pas été le théâtre de l’un des meurtres ?
— Si…
— A la scie, vous avez raison… et à chaque fois une procédure différente. Tout cela est bien étrange et tout à fait inattendu…
— Inattendu… oui, c’est là que la corde – and last, but not least me tend son nœud … pour me pendre. J’en suis le seul responsable.
— Je ne vous suis plus S.H…
— Cela s’appelle la marque du Pangolin
— La marque du Pangolin ?
— Je suis en moi ce drame, cette griffure d’adolescent qui respire l’air des assassins par ce manque de courage d’assassiner moi-même… mettre sous écrou les moi dispersés dans ce monde fabriqué d’entités négatives. Vous n’avez jamais soupçonné un seul instant que la seule complexité ou abomination des meurtres commis ne pouvaient avoir une relation avec ma personne ?
— Mon cher S.H. vous êtes dans le délire. Pour votre bien je vais vous procurer un médicament…
— Non, non… Watson, regardez-moi bien dans les yeux. … vous ne voyez pas un assassin ?
— Non, mais je vois que vous manquez de lucidité… et de sommeil réparateur…
— Pas de sommeil Watson… je manque… d’amour… tout simplement…
— Eh, a vous tout seul, vous auriez assassiné la moitié du monde ?
— Et pourquoi pas ?
— Donc les quatre blondes ?
— Tout à fait !
— Je crains ne point vous suivre dans ce raisonnement. Et puis cette marque de Pangolin comme un anathème… je vais aussi de ce pas consulter mon cher confère le Dr Moore qui vous a déjà soigné…
— Non, Watson, non… je ne suis qu’un monstre… comme toutes ses affaires que j’aie eu à traiter… mais mon traitement à moi n’est plus du ressort de la médecine légale mais de l’esprit…
— Le vôtre s’embrume d’un smog londonien…
— Votre ironie fait plaisir et aujourd’hui vous me surpassez…

Il est minuit et une minute… une claque retentissante vient de réveiller complètement Sherlock Holmes de sa fièvre du masque de l’ennui par le Dr Watson…
— Vous êtes fou Watson…
— Vous parliez haut dans ce délire… il fallait un traitement à la hauteur…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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Il est minuit est rien ne se passe – Chapitre 1/2

Film Qui êtes-vous Polly Maggoo - 1966

Film Qui êtes-vous Polly Maggoo – 1966

Agenda ironique Juillet 2018 : palimpzeste.

Note : je tiens à remercier Floriane pour son idée suite sa réponse : « Dommage ! Avec vous, on aurait peut être découvert la face cachée de S.H… » Donc, sur une idée de Floriane voici un essai sur le sujet imposé en deux chapitres (j’étais bien parti pour en faire trente, mais bon, je suis me suis restreint à l’essentiel) 🙂


Chapitre 1/2

Il est minuit est rien ne se passe. Normal. Le meurtre vient de se consommer à la lame tranchante et fine d’un… taxidermiste… en vacances dans le Tarn, avant l’heure fatidique et de rigueur.

Le détective S.H. s’impatiente après ce quatrième crime… effilé sans coup de filet à l’horizon… la vague du smog se rit genre brouillard édenté… Devant son expertise, c’est un beau cadavre au féminin qui se présente à la blessure comme une égratignure côté arrière gauche entre la 4e et 5e cote (entre la 11e et 12e vertèbre) pour sectionner la crosse de l’aorte provocant une hémorragie interne sans perte externe, et pas de… soutien-gorge. Normal, en robe noir fourreau, dos nu avec dentelles… En fait, S.H. constate que la victime n’a aucun sous-vêtement. Normal ? Pourquoi pas en ce début de juillet à forte température ajoutée au regard des années… postérieures ? Il examine la texture du crâne à main nue, tâtonne, palpe, caresse même… Si S.H. n’a pas été bercé par la phrénologie, il ne laisse rien au hasard et prend toutes les précautions d’usages, d’observer toutes ses procédures élémentaires…

Bref, il se repositionne dans une pensée moins futile et fait quelques pas à la péripatéticienne devant la morte allongée sur le ventre, la jambe gauche pendante sur le bord du quai. Avait-elle l’intention de plonger pour échapper à l’agresseur ? Quels rapports avaient-elles avec les autres victimes ? L’âge, oui peut-être… une trentaine d’année… blonde… entre un mètre soixante-dix, soixante-quinze voire quatre-vingts avec talon, bien proportionnée… bref, des femmes BCBG… et peau de porcelaine… apparemment… mais pas de sac à main ni de chaussures. Étrange. Meurtre avec mobile le…vol ? Encore plus étrange. Que pouvait bien amener le meurtrier à tuer ce genre de femmes ?

En tout cas ce qui rassurait S.H. avec un petit rictus est que ces corps n’étaient pas proposés à la découpe… ce qui lui rappelait une certaine époque et le précédent cadavre… et pourtant, seul avec cette dépouille, il se sent… dépouillé de toute pensée véritable… telle une chute du Niagara sans le Niagara… quand un chien genre basset houd vient flairer le macchabée au niveau des cheveux…

D’aucuns l’eussent chassé par voix ou autres procédés. Pas S.H.. Non. Il observe le quadrupède. Il sort sa loupe (pas le quadrupède, suivez) (à défaut d’un microscope en panne ce jour-là), s’agenouille devant la tête de la défunte, écarte doucement la tête du… chien et sans prendre de gant déploie les cheveux de la fausse blonde et… il aperçoit un reflet, puis plusieurs comme des arcs-en-ciel… un petit diamant est incrusté à la base du crâne. Il va chercher son nécessaire dans sa mallette de petit chimiste, en sort une petite pince à épiler et extrait le précieux indice.

En tout état de cause, il ne trouvera rien d’autre après cette analyse de la victime et l’alentour, et autorise le commissaire à faire enlever la trépassée…

Premier indice probant avec ce diamant au carat suffisant mais est-il la clé de l’énigme ? Une diversion ? En fait, S.H. fulmine en silence, ce silence de la pensée tempête sous son crâne dégarni de la logique habituelle. Il rumine trop lentement et sa gastrique le ronge comme une lèpre intérieure. Il se rappelle ses quinze ans et cette jeune fille blonde qui lui avait dit oui entre deux mots à l’oreille. Et puis contre toute logique de jeune mâle, il avait dit… non. Cette peur qui ne s’apprend pas. Elle est viscérale. Elle est proie à dévorer par tranche. Elle est appât de désarroi collé en soi comme des yeux qui nous jugent nous crucifient et foudroient au premier repas d’aimer et l’amour qui hurle…

Il va rejoindre son 221, dénaturer l’ennui mains et poings liés, et son opium qui le pique de revenir, il s’écroule d’une masse dans son lit se laissant prendre dans les filets labyrinthes neuronaux de sa logique… arraisonnée… par la déraison de cette affaire des quatre blondes… vraies et fausses…

S.H. se réveille comme H.S. par l’inondation d’une sueur d’images qui lui collent à la peau et ses quelques larmes gravées au sel sur ses joues, déserts de bisous, qui éloignent la tendresse… à ce visage taillé à la serpe, poids d’une solitude signée à main levée sur le monde qui est un sale tableau…

Il se lève comme une heure malheureuse de recommencer son tour de garde. Et si toutes ces femmes avaient liens avec lui ? Comme un échec non plus amoureux mais un échec tout court de sa… vie ? Et si… On frappe à la porte.

(à suivre …)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le devenir de soi à la macro nourrice du lait

Film Les passagers de la nuit - 1947 - Lauren Bacall

Film Les passagers de la nuit – 1947 – Lauren Bacall

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°28 le mot : macro


Le devenir de soi à la macro nourrice du lait
Verbal de la voix propice à ouvrir les univers
De l’identité par l’écho démailloté au rouet
Défi toute sensation d’existence… sincère

Et l’appât de la déviance est un ennemi
Qui s’infiltre et devient vipère compère
A l’itinéraire pirate tranche l’empathie
Les nerfs des mots crient à l’amnistie

La page est brûlée comme la cervelle
Tout est là éparpillée tombes d’orties
Le sang vif s’enfuit au stylo scalpel
De la vie taillée… la poésie s’engloutit !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Au S des chemins ou est-ce le chemin

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°27 le mot : S


Au S des chemins ou est-ce le chemin
Qui nous fait autre à la clé nous fuyons
Ce que nous sommes pour des demains
Autres et pourtant identiques aiguillons

Qui dévorent les mêmes envies au vif
Plaisir des questions sur feu trahison
Des carrefours des pièges expéditifs
La corde funambule est notre prison

A mourir dans le labyrinthe de soi
Aux regards des autres en linceul
On s’enferme dans la niche soie
Du dortoir des échecs … seul !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Chat né chandeleur à la crêpe chaude

Photographie du film Le masque de Dijon – 1946 - de Lew Landers

Photographie du film Le masque de Dijon – 1946 – de Lew Landers

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°26  le mot : chaleur


Chat né chandeleur à la crêpe chaude
Ronronnement de la vie à poêle de toi
D’aimer la chaleur pour t’étaler sur moi
Chasse le mot rose en blanche finaude

Tu es à présent partie et suis au lavoir
Des souvenirs en ce juin d’hier à toi
Aux années d’été je me fauche moi
De vivre au carré de terre dévidoir

D’un tout venant de froissements
J’ébauche une nouvelle fraude
En adoptant un chat minaude
Je trahis oui j’aime en débordement !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Qui est muet en juin…

Oeuvre de Albert Henry Collings

Oeuvre de Albert Henry Collings

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #8 :


« Le temps qu’il fait en juin le trois, sera le temps de tout le mois. » Un dicton à la noix, je vous jure, que j’ai entendu y a peu à la radio de mon quartier.

Je suis à mon balcon, et il fait un temps normal de mois de… mai. Les nuages sont ceux habituels avec leurs « accents » du lieu. C’est dire qu’il y a fidélité de clonage dans cette petite partie du ciel dont j’ai accès de visu.

Juin ou pas juin, les dictons sont aussi malicieux que la voûte céleste dans un épais nuage qui se croit être en hiver alors qu’elle n’a pas bougé d’un iota comme soudée par un étain de bonne tenue. En fait, les dictons sont un peu comme l’astrologie. On y croit ou pas et Saint Thomas peut faire une croix sur son autobiographie, en tout cas cela ne vaut pas un clou de jésus (entreprise de métallurgie à une certaine époque aussi reculée que les traces d’un écrit laissé sur la morsure d’un bois dit « bon sang de bois » gravé par un scribe nommé parait-il Sinsuère).

Quoi qu’il en bois… qu’il en soit, il y a dans les dictons de l’intox. De fait, le temps d’hier au temps d’aujourd’hui on a tous pris pour argent comptant ce genre de propos. Il faut aujourd’hui s’insurger et porter l’affaire en haut lieu. Mais, je sais pertinemment que la cause est déjà entendue par des… sourds et le muet de l’histoire n’en dira pas plus car comme le fameux dicton qui le prouve :« Qui est muet en juin, ne peut rien dire le mois suivant ».

En fait, le dicton d’un lieu n’est pas généralité. C’est une grande leçon d’humilité. Et si parfois le dicton est une vérité déguisée en mensonge, il se plaît à rester de génération en génération comme le baobab de service. Et je ne veux pas finir ce modeste « pamphlet » sans citer ce fameux dicton qui ne veut rien dire dans nos contrés mais qui existe comme le bois à la cendre, le nuage à la goutte : « Lorsqu’en juin on voit sa fin, Saint-Martial souvent lave le chemin. »

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’été ironise des corps organisés en mi-nudité

Photographie de Louise Dahl-Wolfe – Vogue - January 1959

Photographie de Louise Dahl-Wolfe – Vogue – January 1959

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°25  le mot : été


L’été ironise des corps organisés en mi-nudité
Épilés défrisés empilés estampillés puis édités
Sur plages empaillées de grains dépilés agités
Chairs tissus chairs polies ou dépolies d’identités

Inconnues se déploient aux pointes des rayons
Aux bleus cieux des eaux des yeux en jeu teinté
A la pause posée du repos ajouré comme clayon*
Les uns les unes aux privés en commun enceintés

De naître bronzés arraisonnés à l’empreinte demain
Après congés l’effet steak grillé ou langouste excitée
A la nudité intégrale de soi faire croire aux copains
Collègues la crème pâle de l’utilité d’une …. fatuité !

Et le maillot de bain sablé salé … rigolard au … placard !

* Sorte de petite claie en jonc ou en paille, servant à différents usages…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018