Une chienne qui hurle sa nature

Oeuvre de Benjamin West

Oeuvre de Benjamin West

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Je rêve, une fois n’est pas coutume, de ma femme. C’est dire que je n’avais rien d’autre en stock. Mais entre-temps, j’avais rêvé de ma première maîtresse sur une route goudronnée de couleur orange. .. ce qui est assez surprenant car sa couleur préférée est … le bleu … et aujourd’hui, on doit … copuler … si mon agenda le permet…

Une maîtresse, c’est bien mais cela ne sert pas à grand chose. Alors, pourquoi ? Et ce n’est pas demain que le questionnement se pose, c’est aujourd’hui. En effet, elle est … enceinte. La garce! Je ne vais pas divorcer … ma femme à l’argent … En fait, je me retrouve coincé par le collet que j’ai posé moi-même et je paye maintenant le passé pour un avenir incertain.

Elle a bien du charme, cette femme de mes loisirs, mais elle n’a pas payé ma nouvelle voiture … neuve. Elle a le corps que ma femme n’a plus … c’est une évidence purement … sexuelle. C’est bête, c’est même idiot … pourtant qu’en est-il de la tendresse, du respect, de la dignité, de l’attachement … de l’amour, même ? L’amour est une vaste blague pour tenir en respect des liens moraux … la morale se moque de son premier village qui a élu Miss Vertu pour étendard, pour défier un diable, pour édifier une soumission … pourtant le Christ est à terre allongé trois quarts nu comme un sacrifie bien inutile car la chair humaine est reproduction et jouissance, cette souffrance qui jaillit comme une chienne qui hurle sa nature … c’est beau et redoutable et aucune loi pour l’asservir, l’annihiler, l’inhiber …

Mon propos manque de fonds comme une ligne à la pêche : faut savoir jusqu’où je peux m’enfoncer sans couler fatalement. Qu’importe, j’aime une femme d’argent et j’aime une femme pour son cul ! Alors dois-je m’inspirer des mots de Jarry : “L’homme et la femme croient se choisir … comme si la terre avait la prétention de faire exprès de tourner” et j’y pense, d’une envolée de pensée à une autre que la vidange de ma voiture en rodage est pour bientôt.

Il est temps que je sorte du lit conjugal. Il est six/trente. Et ma journée va être bien rempli et pourtant je commence cette journée dans la ouate. Aux deux pieds sur le sol de la chambre toute chaude de la chaleur du chauffage électrique, je regarde ma femme. C’est décidé, c’est entendu, je romps avec … les deux …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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L’aube au creux de mon ventre

Photographie de Jordan Matter

Photographie de Jordan Matter

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Je suis dans une montgolfière à quelques centaines de mètres de haut, le vertige dans mon sac à dos, je respire cet air comme le lama sur son territoire des Andes.

Impossible de s’évader de cette nacelle et pas de parachute. Rien. Oui, j’ai peur. Cette peur qui s’est calée depuis l’aube au creux de mon ventre. Ce ventre en tablette de chocolat, ne me sert, ici, à rien. Et je voudrais être, ce rien en ce moment. Je crois que je vais virer au jaune dans pas longtemps.

J’essaye pourtant de me concentrer. Le jour se lève en de bouillantes couleurs de jaune et d’orange sur des nuages laiteux aux dessins improbables. Je capte un silence sur cette Terre des airs en vadrouille, une toupie qui s’oppose à l’univers et épouse toutes ces forces. A ce moment-là, je suis humble devant Sa Grandeur, cette Terre, qui m’a donné naissance, qui nous a fait Homme. J’ai en moi une embellie à cette pensée qui ne frôle pas le conducteur de l’engin atmosphérique, technicien qui vapote dans un nuage de locomotive à pleine … vapeur.

Et au frôlement de la seconde suivante où jouir du spectacle de cet environnement d’exception l’était à la seconde d’avant, un déchirement qui me semble de toile me claque dans les tympans. Nous sommes de la surprise, et d’une peur qui n’a pas de nom, si ce n’est le terrifiant de notre situation, tous avec ce désir irrépréhensible de sauver sa peau et de sauter dans un vide qui n’a de distance qui se rapproche à une allure dont la formule ne m’est pas venue de suite en tête que nous percutons le sol dans un fracas d’osier, de flamme, de ferraille, de terre … les cris se sont envolés en fumée …

Et puis, maintenant je danse avec les morts, histoire de m’intégrer dans ma nouvelle communauté… l’air de rien.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La tartine de margarine se moque

Oeuvre de David Schnell

Oeuvre de David Schnell

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Ma vie se passe dans un continuel échouage pour survivre, ce qui est un tantinet idiot, surtout que je n’ai pas de bateau. Pensée en vol plané du matin dont la tartine de margarine se moque ; elle connaîtra d’ici quelques instants la dure réalité de son état dans le café au goût de banni et même le sucre ne fait rien pour l’attendrir…

Et puis je passe à l’orgeat (qui n’a rien à voir avec le jus d’orange pour les ignares) avant de « prendre mes cliques et mes claques » de ce lieu insupportable : mon appartement que je hais comme le nougat d’ailleurs. Aucun rapport, quoi que … cet appartement me fait vomir depuis que mon amie est partie avec … un routier à l’international …

Elle était en stage en Belgique, dans un temple … et elle est revenue avec un camionneur qui lui aussi participait à ce stage de quinze jours. Mes larmes dépassaient ma colère qui me prenait à la gorge quand elle me l’a présenté. On a pratiqué une oraison à trois au lieu d’une soirée bien sympathique avec bières …

Je sors de cet appartement maudit, démarre ma voiture, quitte la ville et la campagne m’ouvre sa nébuleuse de verdure automnale, sa frondaison pour un repos éternel. Je respire la haine, ma haine, mon manque de réaction face à l’adversité, mon égoïsme …

Le Lac de la Faucille n’est pas très loin à présent. Je vais me noyer dans l’ombre de l’injustice. La Lune ne viendra pas m’accompagner, ce n’est pas son jour, comme ce n’est pas le mien. La vie ne tient qu’au fil que l’on tisse, le mien va bientôt se rompre et je ne vais pas jouer « le chêne » dans le « le chêne et le roseau » de la Fontaine.

Je coupe le contact du moteur sur le terre-plein qui mène directement sur la berge. J’ouvre ma portière. A ce moment, dont l’imprévu à la recette, un chien qui frétille de la queue, jappe une bienvenue dont je repousse les effets. Que fait-il à cet endroit du soir, à ce croisement de ma vie qui n’est qu’une ombre qui ne demande maintenant qu’à disparaître … totalement, complètement … Ce chien est indécent à vouloir me tenir en vie encore quelques instants …

Le furtif d’une étoile filante qui me fait un clin d’œil et pas de vœu à proposer ou une nouvelle carte de destin qui va boire la tasse définitivement avec moi, quand j’entends le son d’un luth au moment où mes jambes prennent l’eau et mon corps change de température avec un genre hypo (et pas hippopotame) … et ce chien qui recommencer à aboyer …

— Je veux mourir en paix !

Et mon cri donne naissance à un écho monstrueux, une onde qui me revient comme un boomerang dans les oreilles … et de l’eau, brusquement me réveille …

Info BFM : on apprend qu’un avion de ligne s’est écrasé en mer. Pour l’instant un seul survivant a été récupéré …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le poisson dans mon désert qui me donnait soif

Oeuvre de Maciel Cantelmo

Oeuvre de Maciel Cantelmo

Agenda Ironique Septembre 2018 – Double thème


Une connaissance, aujourd’hui, a fait référence à un mot que je ne connaissais pas : métropolitain. Tout le long de la conversation, je suis resté bloqué sur ce mot. Debout, je fixais l’interlocuteur avec cette fausse attention de l’intention d’écoute de tentation de l’interrompre pour une intervention avec cette prétention de poser ma question sur ce mot.

J’étais fixé comme ces pingouins en muraille sur la banquise par grand froid à se protéger les uns les autres jusqu’à l’abnégation. En fait, je me trouvais dans cette position étrange et tout à la fois inconfortable d’être à l’intérieur d’un milieu humain et à la fois à l’extérieur comme si j’étais à siroter une boisson de monteuse en bouche dans une brasserie “La Rotonde” que ne je connais pas, d’ailleurs et même d’ici, c’est dire toute la fausseté et l’incarcération de ma posture…

J’avais tenté une sortie et demie vers l’extérieur du bord gauche, sans succès comme pris au piège par une autre connaissance sensible à ma présence silencieuse et intéressé comme pour légitimer sa présence par ma présence. J’en étais presque confus dans un deuxième intérieur de moi-même et j’ai cru même m’entendre dire avec moquerie : “salsifis, mon gaillard, tiens-toi tranquille, fait semblant …”.

Et les minutes se multipliaient comme le pain et le poisson dans mon désert qui me donnait soif dans la nuitée de ce qui était devenu un monologue et je n’avais pas le projet d’entendre les mots : “ici l’Aube !” car je commençais à bouillonner au crépuscule de mon impatience. Je faisais un mini pas vers la droite, puis un autre vers l’avant, mine de rien, l’air de boire les paroles avec cet égard hypocrite, l’infinitésimal habituel de ma personne prenait une dimension monstrueuse. Je le ressentais comme le lait qui passe par-dessus la lèvre de la casserole dont le tatouage d’un lait brûlé défiait la nature même l’élément métal dans sa noble structure par l’élément alimentaire débordant de sa propre nature, rivalisant ainsi avec le génie de l’art culinaire en prenant l’avantage d’une improvisation artistique …

Une invasion d’adrénaline me porta directement à la surface consécutivement à une perte de contrôle de mon métabolisme outragé par l’inaction et les deux événements se percutant, je repris contact avec une réalité qu’un nommé Jacques Lacan n’aurait pas rejeté sur le ballast de l’incompréhension tandis qu’il impose que “Le réel n’est pas de ce monde”, mon infarctus n’aurait eu aucun impact sur ma personne et mon entourage proche …

Bref, le mot métropolitain m’avait porté dans une dimension comme une promenade sous terre, la mienne finirait sans doute sous perfusion …

Tandis, que je reprenais une nouvelle vie dans une autre ville qui ressemblait à celle de … Barbie … je posais un nouveau regard sur ma personne qui avait été modifié par des éléments incorrects qui me définissait en tant que … femme. Je devais me rendre à cette évidence, Jacques n’était pas l’homme qui me redonnerait confiance en moi dans cette forme toute particulière et inconfortable …

Je me cherchais un abri, un logement pour me cloîtrer peut-être dans un meuble, une armoire mais pas un lit, je ne devais pas de l’horizontal perdre pied et en prendre un sans avertissement préalable même si l’on m’offrait le meilleur pinot gris de Bourgogne …

Je ressentais en moi des interrogations de formes imprévues et je sortais pour me dégourdir les neurones intoxiqués par des angoisses existentielles. A la sortie de mon immeuble, je croise sur le parking extérieur, une brebis qui a l’air aussi égaré que moi. Je m’approche. Je mets un genou à terre. Je lui caresse le pelage. Elle se pétrifie aussitôt. Et, c’est à ce moment précis, que ma joue gauche ressenti le salto d’une larme se marquer durablement et puis une autre larme et encore une autre, de centaine et aussi étrange que cela puisse paraître que d’un œil comme si une poussière indésirable s’était incrustée …

Je m’écris avec cette voix indéfinissable à la luette minette avec une octave de mâle : “Bernique ! » Il est des situations entre le comique et le tragique. Une valeur au-dessus de la moyenne qui semble en dehors du temps comme une parallèle entre deux dates dans une année qui n’est pas inscrite sur le calendrier inflammatoire d’une année civile.

Je dois ouvrir les yeux. La ville rose est vide. Elle est ce cauchemar qui m’ouvre les veines comme un pipeline explosé au bord d’un océan de vie qui hurle sous les cendres d’une fin du monde qui se marre sous cape des têtes de morts aux sourires pleines dents irradiés et puis j’entends au loin la cloche du Jacquemart de Dijon. Je prends dans mes bras la brebis et je cours les poumons plein air vers la plage de sable rose, je cours vers la vie, je cours vers l’improbable retour à la normale et devant moi sur cette plage enfin décidée à se laisser voir un ballet de dauphins bleus … et ciel pavé de lumière …

— Alors ? Pas de secours ? Le monsieur va mourir de son malaise ?
— Je crois bien qu’il est trop tard. Calancher sur le quai Bonne Nouvelle … c’est presque de l’humour noir … quelle ironie …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Elle est partie un soir sa valise son manteau

Oeuvre de Malcolm Liepke

Oeuvre de Malcolm Liepke

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°38 le mot : métal


Elle est partie un soir sa valise son manteau
A nue sur la peau de chagrin feutré de vide
De l’amour dynamité à trahison de l’hidalgo
La rue comme un appel de liberté sordide

Elle s’évapore telle une pluie d’été la main
Dans le sac des pleurs la nudité du temps
Entre les cuisses son indécence en oursin
La rue comme un appel de liberté de tyrans

Elle s’écroule sur le trottoir de l’indifférence
L’œil métal de l’autre grain de sable raturé
Le souffle travesti en SOS sourd à l’alliance
La rue comme un appel de liberté saturée !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Dans son sommeil comateux

Image_bugs_bunny_car

Image_bugs_bunny_car

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— Alors ?
— Il parle à haute voix dans son sommeil comateux … écoute …

… nous sommes tous algériens, marocains, dominicains, portoricains … souverains, humains mais pas lapins … humain parmi ce monde de galériens. Bravo, diront les puristes. Honte, diront les autres. Halte, me dis-je, là, à cœur de la ligne, la pensée en alerte et le culbuteur de la question tout en haut du prochain passage de la réponse. Je grenelais le cuir de mon esprit dont la fusion était proche de l’effusion de neurones en manque d’oxygène, à la hauteur de la jouissance qui s’agite pour l’envol prochain … goutte-à-goutte …

Qu’importe les différentes lanigères (à ne pas confondre avec lingère) nous sommes au chaud pour les décennies à venir. Cela « tombe » bien, changement climatique « oblige », les tendances ne réalignes pas les humains entre eux, bien au contraire … et ne parlons pas des droits régaliens

Qu’importe l’impotent … l’important veux-je dire … il faut à chaque jour défendre l’humain et son principal handicap : son manque d’union. Car « l’union fait la force », et la désunion provoque la soumission. Ainsi, en connaissance de cause, je glénerais encore un peu, avant de me provoquer à rassembler mes semblables autant de fois que nécessaire pour que les lignes ralignées fassent un seul bloc pour percuter le pouvoir en place …

Et c’est moi qui a été percuté, un peu trop vite… au moment où J’engrelais mon ouvrage, assis sur le banc du village, parmi les boulistes, par un bus de touristes … je me souviens, seulement, que le conducteur était un … lapin…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La roue de mon destin m’a tourné le dos

Oeuvre de Albert Marquet

Oeuvre de Albert Marquet

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Féerie. J’entends ce mot dans ma tête. Je le lis sur le bord de mes lèvres. Mais ce mot comme le mot liberté m’est inconnu. Je n’ai que la lumière de mon bouge et entre deux clients, je lis un livre offert par un jeune homme qui se nomme Alfred. Il a vingt-deux ans. J’en ai vingt-trois et demi.

La roue de mon destin m’a tourné le dos et ma direction est celle qui m’est imposée après que j’eus été vendue par mes parents …

Je souris. Dimanche, je vais faire une balade en bateau avec Alfred. Il me l’a promis. Je l’aime bien Alfred. Il a ce sérieux par endroit du visage et tout à la fois des yeux rieurs voire malicieux. Il est intelligent et naïf. Et, à ma grande surprise, depuis quelque temps, j’ose à peine me croire moi-même … l’amour c’est inscrit dans mon cœur. Si ce mot est sincère, il est beau. Ce mot est tabou … je ne dois jamais le prononcer … pourtant, j’ose dans mon lit au matin, mon oreiller sur la tête, je crie ce mot amour qui s’étouffe dans ma gorge, j’ai mal, je pleure, il faut qu’il vive ce mot dans mon cœur avant que je ne meure …

Ce soir, Alfred ne viendra pas. Il passera cependant en face de ma fenêtre exposée sur une rue courante de vies égarées d’avance. Pour l’instant, j’ai un client sur moi, je gémis par effet d’une prestation comprise dans le …prix. J’imagine Alfred me faire un signe de la main, de l’autre côté de la rue, de l’autre côté d’un monde …

Autre client, autre mœurs. Je suis pour l’un une habitude de lundi, pour l’autre une polisseuse de gland … tout n’est pas noir dans ma vie en rose bonbon pour hommes de bonnes familles aux perversions à faire rougir le Christ suspendu au-dessus de mon lit comme ce moment inoubliable qui me fit … non, non, je ne vais pas raconter …

Bientôt dimanche et j’attends cette plénitude qui me manque tant …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018