Impression d’une scène de Pulp Fiction.

Photographie de Quentin Bertoux

Photographie de Quentin Bertoux

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 20 et origine


Scène 1 : 10h21

— Quel fêlé a eu cette idée tordue ?
— Et pourquoi pas : une fêlée ?
— Parce que j’ai le gros orteil qui me démange…
— Vous plaisantez ?
— Non, c’est parce que j’ai le pied au plancher.
— Il faudrait lever le pied, là.

Scène 2 : 11h22

— Pourquoi nous ligoter dans cette position … ?
— … à contre-pied de toute normalité ?
— Ça promet pour la suite.
— Y aura pas de suite.
— Vous êtes extra-lucide ou ultra-lucide ?

Scène 3 : 12h23

— Nous sommes sur un piédestal, vous savez ?
— Je sais, bonjour la vue !
— Nous sommes sur le même pied d’égalité.
— Ficelés comme des saucissons … super.
— Vous pensez à un enlèvement ?

Scène 4 : 13h04

— Et, à part ça ?
— Impression d’une scène de Pulp Fiction.
— Attendons-nous au pire.
— Quel pied !
— Vous n’êtes pas un peu maso sur les bords ?

Scène 5 : 15h35

— … talon aiguille … ça pique …
— Ah ?
— Pas qu’un peu.
— Vous manquez de semelle ?
— Marrez-vous.

Scène 6 : 16h46

— Sommes-nous exposés dans un musée ?
— Un musée ! Mais je ne suis pas un objet !
— Un peu, quand même.
— Phallocrate !
— Cool, la bourgeoise.

Scène 7 : 17h17

— Donc, nous voilà dans de beaux draps.
— Vous êtes un comique, vous.
— Vous m’invitez à votre pied-à-terre ?
— Je ne vois pas le rapport.
— Je meuble, l’attente.

Scène 8 : 19h08

— On pourrait peut-être déchausser l’ambiance, hein ?
— Pourquoi pas …
— Si près … et si loin …
— Nous sommes comme sur une île perdue …
— Nos vies sont peut-être sur la balance du mauvais sort ?
— Qui sait ?
— Soyons fous ?
— Soyons fous …

Scène 9 : 19h18

Voix off : ainsi les deux font la paix … la paire … et s’aiment … voilà comment en trois temps cinq mouvements l’expression : avoir un fil à la patte, commence à s’enrouler pour le pire et/ou les meilleurs moments. (Ici nous fermons le rideau par pudeur, merci).

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

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Il est cette marionnette de son temps

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… dans le temps fort de sa pièce qu’il joue, un verre d’eau est le bienvenu. Il est viscéralement dans le rôle de son personnage et comme tous les soirs il s’abreuve et se dessèche comme une terre à qui le bon terreau naturel est absorbé pour de belles plantes.

Ce soir-là, à la sortie des artistes le ciel pose son œil superbement lunatique d’un orangé comme né d’un sortilège …

Il s’allume une cigarette. La ruelle est vide. Le boulevard n’est pas loin. Il s’enferme dans son trois-quart. Il est l’heure de rentrer. Il marche lentement. Il refuse comme tous les soirs ce repas avec les autres comédiens.

Il va rejoindre son bar habituel sur l’un des quais de Nantes.

Chaque soir, la Loire, massive, déliée, indomptable, l’appelle pour un bain de minuit sans retour … il suffirait d’un pas … d’une idée malencontreuse à ce moment-là …

Et puis, il va boire … une bière … et puis une autre … les jours de l’hier, de l’aujourdh’ui, du demain, identiques comme une page d’un livre récitée tous les jours, il est cette marionnette de son temps écrit pour lui et par lui, un demi-homme pour un demi-naufrage…toujours à la limite de la noyade et bon à tenir par défaut au manque de courage d’aller voir plus loin dans un ailleurs peut-être avec une autre voix d’appel que celle de la Loire …

Il est deux heures du matin. La Lune est absente ou cachée par de forts épais rideaux de nuages. Il fait frais comme un frisson après une douche trop chaude dans une salle de bains réfrigérée …

Les rues sont des parcs à voitures où l’éclairage souffreteux dépose des reflets inquiétants … et pour lui pas d’éclaircie non plus … il fait parti de ses ombres que personne ne remarque … même sur la scène de la vie …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Bling, blang, blung, blim, plouffff

Oeuvre de Beryl Cook

Oeuvre de Beryl Cook

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 19 et origine


Détendues … dévalisées, dépliées, démesurées, débouteillées, dérangées, dégrattées, dépatouillées, dépossédées, dénouillées, déversées, désirées, dévolcanisées, débateaulées, dépailliées, dépoilées, dépelées, déposées, dérapées, déboirées, détroussées, dégringolées, dévalées, détrouillées, dégratouillées, dépassées, détournées, dépouillées, déboulonnées, dépaillassées, détrônées, démoliées, démurées et enfin… désenchantées … bling, blang, blung, blim, plouffff.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

En direction de la direction du hasard

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Chaussée_beaulieu_Iotop_2019_01

Participation à l’Agenda Ironique de Mai 2019


 

Nuage de mots -site wordart- texte max-louis marcetteau 2019

Nuage de mots –site wordart– texte max-louis marcetteau 2019

 

A la configuration d’un Temps qui mesure la hauteur de son pouvoir, j’ausculte le bitume de mon avenir au regard cyclope d’un coquelicot rescapé au contre-fort d’une civilisation chaussée de l’intention du progrès qui s’ouvre lentement … les veines.

J’étais l’énergumène de service à servir de distraction comme le clown mais mon cirque à moi c’était le monde. Et puis, un jour, On m’a enfermé et On m’a renommé, d’un mot étrange : schizophrène.

J’ai voulu m’évader et me déguiser en maringouin pour contenir les voix qui m’interpellaient comme des sirènes pour aspirer quelques phrases à me saouler accroché au bar de la délivrance à l’alcool-test de la résignation j’ai percuté La volonté des Ont qui voulaient définir un processus de guérison car prisonnier de mes entités supérieures.

Mes quatre murs s’entendent telle une lambrusque à m’essorer les neurones et je crie à l’invasion au démantèlement de mon territoire que l’un d’eux m’annonce l’air hautain et docte qu’une comète à la Olbers en juillet 2024 s’interposera en sa haute magnitude et de sa cour de météores gagneront la partie.

D’un effet tilte, je m’évade par la sortie de secours comme un appel à l’aide vers un extérieur plein de trop plein d’un tout qui ne ressemble à rien de cohérent et je cours cours cours en direction de la direction du hasard qui m’interpelle à l’aide d’un sifflet et d’un képi qui s’impose en tête de liste de ma répulsion telle la blouse blanche aux discours d’un obtus qui n’ose franchir ma frontière de peur d’être happé par le trop de vide qui se peint à l’intérieur d’un moi qui s’essouffle après une course poursuite sur cette immense rue vide … je m’écroule.

Et ce coquelicot de bitume m’hèle dans sa beauté éphémère de parfum en coup de vent dépoussiéré, je ressens la pointe de son appel comme une occurrence cosmologique et respire ce signe…

— Alors ? dit l’ambulancier
— Je ne comprends pas, dit le médecin urgentiste.
— Et moi donc, rajoute le pompier

Tous trois penchés dans le cercle du questionnement devant une dépouille de vêtements … sans corps.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Le froid pince comme un crabe

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Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 08 au 12 mai 2019


Il est minuit. Je suis sorti de mon duvet. Le froid pince comme un crabe. Je ressens l’horreur de ma situation pour la première fois. Une envie de vomir tous mes joyeux souvenirs d’aimer sur la plage du bonheur qui n’avaient rien d’autres à faire qu’à me procurer une vie aux pages savoureuses…

Et puis, il a suffi d’une fraction de temps qui a buté sur la partition de ma destinée et me voilà culbuté dans le dehors, le feu de la peur et le miaulement d’un chat égaré qui se frotte à mes bottes de cuir griffées de trop de chaussées délavées, de lits de fortune, de cartons déformés et crasseux …

Je suis pris de ce vertige qui semble venir du fond de mes entrailles qui se révulsent comme un volcan trop longtemps contenu de sa lave de rage et de tourments, j’avale quand même un sirop d’air étouffé de ville qui vient de se réveiller sur les parvis de la misère, au froid des peaux qui recherchent le réconfort, un peu d’attention pour continuer à frôler un semblant de vraie vie …

Et puis, je commence à me faire un film d’espoir, je me souris à moi-même, je respire ma nouvelle condition de quelques semaines et vais rejoindre la rue de l’espérance. Ce soir, je ne vais pas jouer à la roulette russe. Non, non. Je ne vais pas prendre ce risque pour gagner un semblant d’argent, un semblant de survie, un semblant de rien. Je veux avoir ce réflexe de celui qui se noie. Ce soir, je vais me prostituer…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Deux messieurs à marmonner

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Œuvre de Pierre Auguste Renoir-Christine Lerolle-1895.

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 18 et origine

Scène représentée au regard du tableau de  Pierre Auguste Renoir : Christine Lerolle -1895


Eux :
— Qu’est-ce t’en penses de la Lerolle, ici présente ?
— Une bûcheuse.
— Beau parti.
— Mauvais caractère.
— Dressage et asservissement en perspective.
— Audacieux.
— Lucide.
— Femme du pointillisme.
— Femme du divisionnisme.
— Nous voilà mal embarqué mon frère.

Elle :
— Qu’est-ce qu’ils fabriquent les deux messieurs à marmonner devant les portraits de Manet ?

Eux :
— N’a-t-elle pas une sœur ?
— Une toupie !
— Une toupie ?
— Qu’est-ce ?
— Une maîtresse femme.
— Nous sommes faits .
— Non point. Il faut de la fermeté, mon frère.
— Fermeté, fermeté … je ne veux pas un combat de boxe tous les soirs.
— Femmelette.
— Tu es piquant.
— Je prends la sœur et tu prends celle-ci, présentement.
— Une fraction de seconde de vie pour une éternité de ténèbres.
— Qu’importe …

Elle :
— Ils en prennent du temps ces messieurs. Voudraient-ils faire achat ? Père, refusera. D’ailleurs, sont-ils là pour quelle affaire ?

Eux :
— Quel intérêt ?
— N’est-elle pas envoûtante ? Vois-tu pas une Aphrodite ?
— Tu pousses le bouchon un peu loin, mon cadet.
— C’est mon genre, mon aînesse.
— Attendons son père à ce rendez-vous, ce bon bourgeois et mécène, voir si la dot vaut le détour.
— Nous ferons un bon marché de ses filles.
— Possiblement.
— Sûrement.

Elle :
— Qu’ils sont impolis de ne point me saluer. Des goujats sans doute. Des malandrins tout à fait. Je plains leur épouse.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

La peinture d’une angoisse d’airain qui m’assomme

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Disparaître, il n’est que temps. J’entrevois le scintillement de la fin comme une aubaine à ne plus souffrir à ne plus aimer à ne plus me demander si demain viendra m’ouvrir ses bras ou les veines.

Ou alors, j’ai besoin de vacances comme un trait d’union entre ce présent insupportable et un présent décidé à ne rien faire comme une balançoire qui ne veut plus supporter ses poids d’un ennui de métronome qui oscille tout en ce riant de la gravité de l’instant et pas z’un … pour s’envoler …

Mais j’ai l’abandon en moi, gravé à la chaude insulte d’être un bâtard comme on disait et puis je ne pleure plus sur mon sort qui est hameçonné à vivre par défaut d’une pâle envie de me foutre en l’air sur la peinture d’une angoisse d’airain qui m’assomme de moitié comme pour me dire : je suis ta haine ….

Et pourtant j’ai l’altruisme comme compagnon de route, le bagage bonnes actions et d’intentions comme humain je suis je reste pour les autres une aide …

Alors, j’écarte Dieu de mon enfer, j’isole le Diable … (étrangement le bien et le mal commencent par les deux premières lettres) et je me remets à jouer de la musique … du trombone…

J’ai encore des frissons. Suis-je encore vivant ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019