Assise sur la nue table … nue de toi à l’ombre tes reflets

Oeuvre de Wolinski - Paulette

Oeuvre de Wolinski – Paulette

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°46 le mot : table


Assise sur la nue table … nue de toi à l’ombre tes reflets
S’échappent des pensées aux positions de tes couplets
Orgasmiques dessinés sur les revers de tes fous désirs
Ton Lotus s’exprime au partage vrai enfin de nous unir

A la présence de nos corps à l’accouplement du jouissif
Où la respiration s’ébroue la peau s’affirme être douce
Et rissolée de nos effleurements nourris et récréatifs
Tout en Nous se cabre, s’électrise puis se trémousse

La beauté de ce moment est une signature de l’Amour
Au défi sucré salé de s’imprimer sur la toile bleue d’âme
Qui Nous porte en débordement et raison de ce parcours
Sincère Nous sommes maintenant une seule flamme …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Publicités

Elle me scrute la belle inconnue

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


… elle a ce magnétisme des yeux bleus confits de son peuple connu pour son remède nommé Plécarthite, un cathartique qui purge les oreilles … peu connu dans nos contrées pharmaceutiques mais qui évite dit-on de source herboristerique la labyrinthite …

Elle m’impressionne, moi l’anthropologue de service, égaré dans ce territoire hostile et tout à la fois fascinant dans cette Amérique du Sud qui s’impose comme le berceau de l’humanité quoi quand disent mes détracteurs.

Je suis prisonnier, oui, ligoté à un poteau sculpté. Elle me scrute la belle inconnue. Mon compte n’est pas encore arrêté car je sais que ce peuple à deux pivots dans sa constitution tribale : l’éructation et l’acajou. L’un concupiscent (aussi étrange que cela puisse paraître) et l’autre meuble leurs journées à tailler des poteaux en ce bois dont chacune et chacune recherche les biens faits du chef.

A ce moment-là, cette superbe femme s’agenouille et me dessine sur le ventre ce que je crois reconnaître … une corneille avec une tige de bois bleu foncé. Je deviens acrimonieux qu’elle reste de bois et sourit comme si elle avait fait une offrande à la cheffe comme je m’en aperçois rapidement. Si je pouvais par une magie quelconque frapper cette femelle d’un anathème … car je sais à cet instant précis quand elle jette en l’air cette tige qu’elle vient de signer mon arrêt de mort.

Quelle fin de vie horrible, déchiqueté à vif par ces maudits volatiles… je crie de rage, je hurle et voilà une flatulence et une autre … que je me mets à rire, à rire quand le premier bec me transperce l’ombilic …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Chère toi

Été 1916 - Panneau de signalisation près de Verdun

Été 1916 – Panneau de signalisation près de Verdun

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


A toi ma lettre nommée Armistice,

Je reviens d’entre les morts. Mes pleurs enterrés, mon arme invalide entre mes mains, mon cauchemar s’écrit sur un autre chapitre.

Aujourd’hui, il pleut. Je ramasse ma carcasse dans la tranchée nommée “ La Belle” ; en une niche je suis chien mouillé qui obéit encore à la voix d’un maître …

Je respire comme une cheminée au mauvais tirage et tousse mon restant de vie par les alvéoles de mon avenir rétrécit.

Demain est un poing fermé et des pointillés comme des balles qui sifflent les mots de la mort à vous atteindre de chair par trépas ou à rigoler d’un appel erroné et vous voilà gueules cassées ou estropiées et la gangrène fait des repas gargantuesques …

Je souris comme un môme qui a peur de pleurer sur un refrain d’un frère estampillé d’un obus ou d’un autre frère vidé de son sang que la terre n’a pas le temps de boire ou qu’elle n’en peut plus de ce breuvage indécent.

Je suis sur ce brancard, et mon papier est froissé de ne pouvoir t’en écrire davantage que mon encre souffre de la noirceur de ce temps qui va voir naître il parait la fin d’une guerre, la paix des peuples et des âmes et pourtant combien de nos mères, de nos femmes, de nos filles ne pourront que s’agenouiller sur des dépouilles, il y a si peu de temps, chéries d’être de sourires et d’avenirs … et devenues abandonnées et solidaires après avoir soutenu les efforts de guerres et engendrer aussi le pire …

Je suis anéanti, vivant et ma main tremble de nouveau et cette balle logée dans mon crâne et mes yeux dont le trouble fait chavirer mon écriture zébrée …

Ma mémoire va se refermer à jamais après ces derniers mots, à toi ma lettre.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je me joue la pièce manquante

Dessin de Arthur Art Adams

Dessin de Arthur Art Adams

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


J’ai le sirop de l’imaginaire au fond de la carafe, le sucre des mots dilué dans le pain perdu et le fourneau de la fatigue qui me cuit à point. Il me faudrait un remontant. Une femme, par exemple. Genre bon chic, bon genre, en jupe ou robe fourreau …

Il est vrai qu’une boisson chaude, un café par exemple, pour supporter mon moi-même, mon désœuvrement et mon espoir en continuel opposition, tension, lutte parfois violente, pourrait me relever de mon apathie.

Même pas un grain de café … il faudrait que je me bouge, acheter au magasin du quartier … et prendre aussi une belle bougie… tient … me préparer un repas à la chandelle … avec le regard vide de toi mon Amour … une assiette de reproche et un verre de regrets … tout est là … je froisse mes derniers souvenirs et ta voix qui m’échappe une nouvelle fois … et te voilà devant moi hologramme muet, tu souris et ta main vient vers moi et ma main saisit … le vide …

Il est onze/trente, tu es en moi en plein jour de ma dépression … tu me possèdes, je suis le pilleur de ton bonheur passé et nos avenirs prennent chacun une tasse amère …

Je me joue la pièce manquante et nos personnages sont des fleurs qui se fanent à la mélodie de l’Amour qu’une guitare répudiée par un artiste paumé épanche sur le trottoir et … ma corde au cou qui s’impatiente …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je le mate depuis un moment

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Il est là mon homme, en salopette, bleu de travail, cul par dessus tête pour réparer notre pompe de puits …

Je le mate depuis un moment.

Au-delà de ma naturelle nudité, ce jour, j’ai le gazon bien ras. Cela ne fait pas bander mon homme du jour, un tantinet contrarié par la machine à remonter la chose … dite d’eau.

Il est aussi d’une autre panne de ce temps où l’homme est une caricature de lui-même. Heureusement, nous, les femmes, avons fait œuvre d’intelligence. Nos ovocytes et les spermatozoïdes de ses messieurs ont été conservés précieusement aux fils des décennies …

La fabrication de gamètes a contraint cette humanité dénaturée par effet industriel effréné à effectuer un réveil trop tardif pour les uns : “merde ! personne nous a informé !” et les autres qui ont souvent ramé pour rien : “merde ! vous n’avez pas écouté nos avis et recommandations !” …

Et par effet, l’homme a perdu entre temps tout moyen d’ériger son propre désir. Et pourtant la formulation du plaisir de la chair étant instinctivement soudé à l’être, il ne pouvait s’en défaire.

J’essaye de le “pousser” au démarrage, au stimulus de l’homme qui commence à s’énerver et est au bord de la grève non déclarative à mon endroit stipulant qu’il n’est pas une bête de sexe et le bon vouloir de la femme n’est pas une raison raisonnable pour le stresser outre mesure, alors que son envie toute légitime est contrariée … et que le dépannage de la machine est plus important que l’excitation de sa bobine …

Et puis, je ressens comme une idée à l’intérieur de moi, une petite bougie qui s’allume, un eurêka en miniature. Une ancienne pratique qui me revient. Celle de “pomper” avec cette expression peu usitée : “pomper le dard”. Il ne faut qu’il prenne peur, mon homme. Comme je ne sais pas dessiner, je prends une paire de ciseaux et du papier obsolète, le tout déposé à deux bras de moi. Je vois ses yeux s’occulter par effet d’une peur compréhensible. Je prends plusieurs feuilles, je découpe, surcoupe, assemble, colle et voilà que prend forme l’essentiel de ma proposition.

L’homme est dubitatif. Il pose un regard, puis un autre regard sous un autre angle et puis un autre. Il acquiesce, branle du chef. Je vais le désencrasser jusqu’à la garde.

… en attendant qu’il me répare la pompe à eau, du puits … je vais le soulager de sa condition pour mon … plaisir…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Lumière de l’étonnement au tonnement de l’éclair

Film de René Clair - La beauté du diable - 1950

Film de René Clair – La beauté du diable – 1950 – (traduction : « L’enfer est moins cruel que les humains« )

 

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°45 le mot : lumière


Lumière de l’étonnement au tonnement de l’éclair
Les pupilles se dilatent affrontent la nature d’effets
Fermentés a son histoire salée d’essais à décoiffer
Ce premier regard défiant et d’un tout assoiffé

L’humain s’agenouille sur la terrasse herbeusement
Figurée des organismes naturels aux cellules kyrielles
Et dessine dans son primaire cerveau les enlacements
Et liaisons intelligentes qui s’imposent au surnaturel

La divulgation de secrets le dresse maître alchimiste
Aux âmes peureuses et indigentes salivent la fable
A ce dieu à ce magicien qui d’un coup d’oeil liste
Ses proies a un contrat de vie éternelle … en diable !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le vigneron sirotant une menthe à l’eau

Photographie de Willy Ronis - Vigneron à Cavignac en Gironde - 1945

Photographie de Willy Ronis – Vigneron à Cavignac en Gironde – 1945

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


J’ai un chaton au travers la gorge. Je tousse comme un pendu. Et même s’il y a quelque chose d’étrange et de fatidique à la rencontre des chais, c’est la première fois que j’ai une toux.

Amateur de vins, j’aime parcourir des terres ancestrales et des terroirs aussi rares que le vigneron sirotant une menthe à l’eau dans le puits d’un château du seizième siècle asséché par un changement climatique.

Je m’arrache une nouvelle fois la gorge. Allergie ? Possiblement possible.

Ma voix chaude de baryton, qui impose l’onde entre les cintres des caves et la chose nommée l’aura du vin au fluide qui chantonnait a des étés lointains entre cigales et guerre de tranchées, est mis au frais par inadvertance et me cloue sur pied …

J’ai choisi de développer mon art parmi ces vins vivants. Et cela peut changer une part toute sensible de leurs arômes, comme le bébé dans le ventre de sa maman à l’écoute d’une chiquenaude musicale répétée, comme les nombrils de ce monde de raisins, l’élévation par voix humaine est de ce chic qui augmente la noblesse et le prix … sensiblement.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que ma vie tourne au … vinaigre.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018