Le quotidien jacasse dans son nid

Défi de Lili littérartiste Poésie de l’aléatoire N°5 (projet d’une lycéenne, à encourager, participer)


Le quotidien jacasse dans son nid
Trop douillet au parfum d’un bleu
Serein qui s’impose en eau de vie
Perpétuelle comme un tout asservi

Et un soleil matinal un jour de tango
Produit un effet sur vos yeux saturés
Un humain libère en vous tout l’écho
De son Amour pour vous désaltérer

Et vous prenez acte de cette volée
De sentiments équilibrés sincères
En son regard vous êtes comblée
Dévoilée renouvelée aventurière

Et vos réponses sont à la réunion
De vos questions tant remâchées
Qu’elles s’effilochent en opinion
Positive à la signature de l’aimé

Et votre vie débute café le français
Un après-midi d’octobre au soleil
Vous tremblez de sève à l’excès
Ce printemps il est vrai effraye

Le premier éveil vous est donné
Ensemble de mains à corps entiers
Vous voilà unis et bientôt enracinés
Le quotidien jacasse … rentier !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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Première fois

Oeuvre de Jeanne Mammen

Oeuvre de Jeanne Mammen

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Je reste prudent devant le mot amour. J’en ai une peur bleue. De cette peur de l’inconnuE : la Femme. Je n’ose penser à ce moment qui aura le goût de l’inattendu… l’écrire n’est rien, le vivre… je le vois comme une angoisse, une possession de soi dont on n’est plus chez soi… mais chez l’autre tout étant un seul dans deux corps pour un seul acte grandissant comme une fleur tropicale…

Je n’attends pas ce jour, et pourtant, je le ressens, il est inscrit sur le mur gris de mon inconscience. Je frôle ce moment de désir intense et la répulsion de l’aborder. La rencontre fatale, l’appel du dépassement, l’excitation de la découverte…

Aurai-je la force… d’être pris au piège ? Je souhaite la trahison… que le premier pas… ! Dois-je accepter la douceur de l’instant proposé comme une possibilité à la fougue incontrôlée ?

Et puis, tout arrive, la Femme est là-devant moi comme une statue de la liberté, impressionnante et inaccessible, aux yeux pénétrants et… affectueux. Contraste inquiétant et surprenant.

Elle me prend la main et… la pose doucement à la base de son sein…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Mots de gueux

Oeuvre de Lucas Van Leyden

Oeuvre de Lucas Van Leyden

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Je dépaquette mes baloches au foin
Tu les trouveras et je te retroussera
A la fondue de ta chair en grand soin
Je fourra mon épine que tu crieras

Je dépaquette tes envies de choix
Au chaud de toi dans la campagne
De ton corps à saison tu suivras
Mes intentions en ma… cocagne

Je dépaquette mes rêves tes seins
En poire à sucer de pointes verges
Tu oses caresses sur mon asperge
Crème-toi au plus profond en plein.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Un délire décompté

Oeuvre de Karl Edvard Diriks

Oeuvre de Karl Edvard Diriks

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Je m’appelle Salin de Guérande et j’écume les bars qui s’ouvrent encore à moi.

Je suis l’Estropié… et la gueule de bois six jours sur sept. Le septième jour c’est le repos de la… bouteille.

Il est lundi, trois heures du matin, les copains ne devraient plus tarder. Je suis allongé sur mon banc favori, sur la jetée accompagnée du seul lampadaire avec cet air triste en lumière comme un veuf qui s’est ouvert le cœur le jour de l’enterrement de sa moitié d’âme…

J’ai les écoutilles fermées et les esgourdes bien ouvertes. À quelques milles de là, les vagues très lointaines me parlent à tintinnabuler les nouvelles. Les premiers arrivants vont bientôt émerger, bordés par l’écume comme un linceul et briser ma solitude quelques instants. Ils me parleront de Trafalgar, je vais sourire.

Pourtant, il est écrit dans le fond de mon abyme que ce nouveau jour doit être différent comme un passage dont le destin en panne d’inspiration a écrit un scénario bien faisandé ou est-ce le delirium tremens qui avait son mot à dire ? Et pourtant je suis à mon jour d’abstinence.

J’entends un bruit, une onde brusque entre les vagues régulières qui s’agitent, des frissons de gouttelettes perdues dans l’axe du devenir. J’ouvre les yeux, me redresse, le lampadaire s’éteint… et a ce moment-là une partie de moi se refuse à admettre l’impossible ou possible réalité : un dragon à un demi-mille fonce vers ma direction. Pas un dragon de conte de fée. Non, non, non… un drakkar qui flambe de sa poupe… une vision surréaliste, un moment de pur délire et pourtant, je vois des ombres se jeter dans l’eau qui par endroit tourbillonnent comme affolées de ce tourment inhabituel…

Je me lève avec cette fureur inconnue de mes organes, de mon cerveau dépouillé du bon sens de la vie… ce ne sont pas mes copains les fantômes du Bucentaure, non… je reste pétrifié un instant quand ce ciel chamarré de quatre heures trente du matin ouvre à mes yeux étonnés un tourbillon brillant immense qui aspire ce drakkar sans un bruit.

Et puis tout redevient normalement calme, le lampadaire à griller sa tête d’ampoule et je me rassois le signe de croix à l’envers… demain, j’arrête la picole et me fais conteur d’histoires fantastiques…

— Tu te rends compte, on vient de repêcher le vieux Paul dans les filets du chalutier l’Escaubar… le pauvre après un énième délire, il a dû tomber à la baille…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Imposture à la posture ?

Photographie téléphone skype_- Imposture à la posture ?

Photographie téléphone skype_- Imposture à la posture ?

Suite intemporelle de dialogues exclusivement … téléphoniques. Si cela vous inspire … d’écrire sur ce genre de thème … « Plus on est de fous, plus on rit » … ou pas 🙂


— Allô, c’est moi
— Oui, et ?
— Tu fais quoi, là ?
— Je mets mes bas …
— Tu ne portes jamais de bas
— Tu crois ça ?
— Certain, je n’ai jamais eu l’occasion …
— C’est vrai … ton travail, tes copains, ta voiture, tes sorties …
— Bon, on va pas se raconter nos vies, je t’appelle pour …
— Tu ne m’appelles jamais, chéri
— C’est que là, c’est un peu spécial
— Spécial ? Tu m’inquiètes Mon Schtroumpf
— Euh … c’est nouveau, ça !
— Quoi qui est nouveau ?
— Mais ce Schtroumpf
— Non, pas du tout … mais tu as quoi aujourd’hui, Mon Azalée Fleuri ?
— Euh … j’ai comme un gros doute ?
— Quel genre ?
—Tu es bien Patricia ?
— Moi non, je suis … Emma … et toi ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Ici les dialogues téléphoniques à votre écoute …

Photographie téléphone skype_: ici les dialogues ...

Photographie téléphone skype_: ici les dialogues …

Une fois n’est pas coutume, je viens vers vous pour exposer les dialogues des différents.es participants.es de ce thème improvisé : créer des histoires courtes avec une seule contrainte : exclusivement des dialogues… téléphoniques. Et j’avais précisé : si cela vous inspire … d’écrire sur ce genre de thème … « Plus on est de fous, plus on rit » … ou pas 🙂

Bref, vous avez été présents.es en nombre et je tiens à vous remercier 🙂 … et en attendant les dialogues suivants …


Voici que voilà, dans l’ordre d’apparition :

carnetsparesseux dit :

– Excellent !
– Excellent quoi ?
– Ben, ce que tu fais !
– Moi ?
– non, toi !
– merci
–…
– Mais, au fait, tu es qui ?
– Tu ne me reconnais pas ?
– Ben non. Je devrais ?
– Zut, je me suis trompé.
–…
– Désolé !
–…

 

iotop dit :

– CarnetParesseux ?
– Oui
– Merci !
– Merci ? Et pourquoi ?
– Pour ce retour
– Retour ?
– Oui, votre réponse dialoguée, diantre…
– Ah, oui
– Excellentissime
– C’est un plaisir… je vais raccrocher là, j’ai une recette sur le feu.
– Au feu ?
– (Il est sourd ou quoi ?) Non… recette… sur le gaz…
– Le gaz ? Vous avez appelé les pompiers ?
– Euh… non, parce que là… je vais raccrocher…
– Prévenez les pompiers, diantre…
– Oui, oui… (il est un peu incendié des neurones le Max-Louis)
– Soyez prudent
– Tuuut……

 

histoiredhumain dit :

– Allô.
– Allô.
– J’adore l’idée, je peux me permettre de reprendre la formidable idée ?
– Pardon mais qui êtes-vous ?
– Vous n’êtes pas…
– Non je ne suis pas… ce doit être un faux numéro monsieur.
– Pardon je suis désolé, mais sinon, je peux ?
– Je ne sais pas monsieur…
– Bon… bonne journée alors.
– Bonne journée a vous.

 

Lili, littérartiste dit :

– Allô ? Qui est ce ?

– Ton moi du futur !

– Pardon?!

– Tu ne crois pas qu’il serait temps de réagir un peu ?

– Mais enfin, qui êtes-vous?! Si c’est une blague vous n’êtes vraiment pas drôle !

– Parfois j’oublie à quel point j’ai été chiante plus jeune… Tu devrais respirer un bon coup et faire les bons choix de temps en temps ça te changerais un peu !

– Non mais je ne te permets pas ! !

– Et bien moi me le permets, de toute façon je ne t’ai pas appelé pour me disputer avec toi (enfin moi quoi…), simplement pour te dire qu’il est temps de prendre ta vie en main, de faire ce que tu veux faire TOI et d’arrêter de te laisser marcher sur les pieds !

– C’est ça, bien sûr ! Comme si j’allais écouter un illustre illuminé inconnu ! Adieux canular stupide !

Et Marion raccrocha, un peu vacillante. Il fallait vraiment qu’elle arrête de prendre des antidépresseurs. Comme si elle pouvait s’appeler elle-même… Ridicule !

 

lesfaitsplumes dit :

– Non mais dis donc, je suis vraiment en colère là !
– Heuuuu… Oui, Bonjour quand même…
– Tu ne pouvais pas nous le dire ?
– Bonj…
– Nous sommes tes parents quand même et non des étrangers, tu nous traites comme tel depuis que tu as rencontré cette (pff)… fille
– Mais…
– Quand je pense à tout ce que nous avons fait pour toi. Nous t’avons pourtant bien élevée. Tu oublies que tu es une fille de bonne famille tout de même. Nous avons souhaité le meilleur pour toi et voilà que… Oh non ce n’est pas vrai, comment as-tu osé !!!!
– Mais vous…
– Et ne me coupe pas la parole, laisse moi au moins te dire ce que j’ai sur le cœur ! ! Je suis tellement déçue Prudence ! !
– Prud…
-Oh oui je suis déçue. Je n’aurais pensé cela de toi (sanglots et raclements de gorge). Oh Prudence (les sanglots s’intensifient)
– Madame, je n’ai pas compris, vous êtes à la maison de retraite « les tilleuls maudits » quel résident souhaitez vous joindre ?
Bip…………………………………

 

Lasource dit : (je n’ai pas d’info de blog)

– Allô…
– Oui, c’est de la part de qui ?
– C’est internet qui vous écrit…
– Comment ? Mais nous sommes au téléphone !
– Vous oui, mais c’est un téléphone fictif… De la poésie en somme, nous faisons semblant…
– Sans blanc ? Sur fond noir comment pourrait-on lire sans écrire en blanc ?
–… (un blanc noir)
– Vous êtes là ?
– Oui…
– Et alors ?
– Alors quoi ?
– Que vouliez-vous me dire, enfin m’écrire, je ne sais plus ?
– Euh… Je ne sais plus bien. J’ai dû me tromper d’adresse ou de numéro. De toutes façons j’ai trop picolé, je suis complètement noir !
– ?
– ??????????????
– ???????????? (Il a raccroché ou mis un point final, on ne sait plus.)


Pensées déviantes

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La patience est un mot dont je n’ai pas d’accointance. Non, non. La patience, c’est attendre… souvent à distance. Et attendre c’est perdre du temps de vie, c’est le contraire de l’accomplissement et une des nombreuses carences de la constitution d’une existence.

Aujourd’hui j’ai cette sensation d’attendre au-delà du raisonnable. Ce bus qui n’arrive pas et ces gens insensibles comme l’eau qui traverse la terre qui se noie…

J’attends parmi d’autres attentes. Longueur d’un temps qui s’étire de bras à bras de minutes torturées, j’accomplis ma souffrance, mon impatience, ma pénitence, mon calvaire…

J’entrevois la ferveur de certains à cette souffrance de la patience déclinée sur le palier de l’attente et à son dernier degré celui du manque, à ronger les ongles des aiguilles de l’horloge du souffle qui fredonne les soupirs comme des râles et à toute aventure possible, la récompense, le trophée de la jouissance, de la libération de l’entrave du manque qui a posé le mot bonheur presque comme une enclume.

Et j’attends ce bus maudit qui ne vient pas et je tourne en rond dans mon esprit trop étroit à ma condition de salissure, de tache indélébile sur le parvis goudronné de cet abri qui m’aspire dans les tréfonds de la fièvre de l’agacement.

A genoux il faudra me repentir de ces pensées et me traîner sur le dallage cadavre de ma cellule… quand un indécis me cloue par ces quelques mots :

— Mon seigneur vous vous êtes égaré de votre diocèse ?
— Non, mon fils… mon chauffeur est en gréve, il se dit comme, nos religieuses, abusés par de nombreuses tâches et heures… Est-ce que Jésus a compté ses heures, lui ? Non, mon fils ! Je vous le dis en vérité…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018