Elle avait l’utopie dans les yeux

Texte_calligraphie_Iotop_2016

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Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Elle avait l’utopie dans les yeux … aujourd’hui, ils sont vitreux et j’ai les larmes suspendues entre deux mondes : la maison des morts et la maison des vivants …

Elle avait eu un tracé de vie poussiéreux tellement les années s’étaient accumulées les unes aux autres banalement d’une photographie à une autre se superposaient les jours comme une pile de livres tous identiques à l’auteure lisse … péniblement lisse …

Je suis assis sur le bord de la marge … il fait novembre et l’écume poisseuse des feuilles d’automne ont ce sang chromatisé comme traumatisé par sa propre saison qui se dépouille de ses sentiments et déverse ses souvenirs sur une terre de gémissements telle une coulée de lave elle se dégorge …

Le soleil n’a jamais vraiment brillé pour nous deux et pourtant aujourd’hui j’ai le cœur brûlant de t’avoir perdue sans une lettre d’adieu et mon encre sèche à la chorale de mon émotion et nul besoin de mots pour dominer ma fièvre …

Tu m’as abandonné tu Nous as abandonné sur le bord de notre route avec cette phrase :  » il est trop tard » … Oui, il est toujours trop tard quelque part dans une vie et tes lignes sont déjà gommées par l’effet de ma rage … je ne veux plus t’entendre au fond de ce moi qui fait écho de toi comme une cathédrale qui brûle et dont les craquements de notre amour s’enchevêtrent et le plomb fondu de mes larmes creusent tes lignes pour définitivement t’enterrer …

Et la révélation s’ouvre à moi, je n’étais qu’une coquille dans le livre de ta vie … toi mon écriture …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

La mort en couleurs est tentation

Stade_nantes_Iotop_2017

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Des mots, une histoire : récolte 25


Il y a une seule étoile qui brille ce soir … sans complaisance … elle regarde le football en 32K dans un fauteuil de bois sculpté à sa morphologie…

J’avance …je me pose la question sur le bord de mon gouffre de mon unité de temps au sourire de mon système bibi-binaire édenté des souvenirs passés qui s’étalent aux perspectives dessinées au filigrane à l’allure d’un embryon de regret qui prend la forme d’une certitude comme une fontaine d’eau qui se tarit comme le désir de passer à l’acte de …

J’avance …il est novembre la mort en couleurs est tentation … la passion ne m’essore plus les organes et la raison m’attire vers l’irréparable vers la condamnation vers l’infini d’une culpabilité programmée au formatage d’une morale décidée par un petit nombre …

J’avance … à cet instant je veux rire comme appris lors des multiples séances obligatoires du comportement … je me retiens comme si une forme inconnue de virus s’était introduit au cœur au château fort de mon sentiment pris en otage par l’effronterie de la conduite de mon amoureuse qui soit dit en passant refuse un poupon pour notre couple …

Elle est bien assise dans sa fonction de dominatrice … je pose mon regard sur sa nuque … je tends mon index … touche : reset … je viens de tuer ma haine mon double … mon androïde…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

L’herbe froissée de ma posture

Port_st_nazaire_Iotop 2019

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Blog oulimots contrainte écriture (mots définitions)


… la pluie … toujours la pluie … pluie d’automne crûment insolente … pluie sur mon visage mon corps dénudé allongé sur l’herbe froissée de ma posture… et ces odeurs humide poisseuse de campagne indécente …toute de nuit … et les vies glissent sur ma peau et plissent ma chair… de mes supplices jouissent délices les goûteurs de goutte-à-goutte de vies encore faites de caprices sur ces sols de terres qui agonisent …

Et si j’avais eu la cuisse légère à aimer à l’emporte-pièce l’homme urbain entre bois de campagne et quatre murs de cris la morale assise à pleurer ses morts sur la croix crayonnée d’un autre homme moins dénudé que moi mais dépossédé de la mortalité …je suis, hélas, ce hasard fait d’un vagin … ah! quelle malice que la vie faite complice de tous les coups tordus au seul bénéfice qu’on y tient à cette garce qui nous tisse de l’espoir grandeur nature …

Et pourtant à présent la nuit porte sa coupable envie de me faire mourir comme le flux de mon sang dans mes artères frappent fortement parois et cavités … je respire cette terre recroquevillée … nous le sommes toutes les deux blessées griffées entaillées lacérées retournées incisées déchirées … sacrifiées à ces guerres de territoires …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Regards allongés de souvenirs fumés à l’âme

Lampe_petrole_la_divatte_Iotop_2019

Lampe_petrole_la_divatte_Iotop_2019

Des mots, une histoire : récolte 24


Il paraît que je suis : obsolète, comme un mot qui n’a plus de sens ma vie n’a de sens que la direction qui n’est plus la mienne mais celle des autres de la masse de la multitude qui de cette douceur de croire en rien si ce n’est à l’irrévérencieux à l’ironie à la moquerie aux tendances aux influenceurs à tous ces nouveaux paradigmes ces nouveaux dieux il me manque moi : une aventurière

Les railleurs me disent qu’elle ne se trouve pas « sous les sabots d’un cheval » mais je l’ai trouvée dans une brocante parmi des objets : obsolètes, qui l’entouraient avec des regards allongés de souvenirs fumés à l’âme mine de rien aux tenues usées mais nobles prêtent à recevoir les bons soins d’une nature aimable compatissante …

Elle était là à pimenter sa première heure à chiner quand une onde brève et intense nous a saisi comme une embardée en plein océan à nos effluves enlacés nous étions sous ce charme indéfinissable et ferrés à cœur pris sur le fait de tenir ce que nous cherchions depuis si longtemps que le temps lui-même de nos vies commençait à s’essouffler quand chacune de nos mains d’un élan aussi certain d’atteindre l’éclair d’une foudre qu’au moment ultime et inattendu … je déclarais forfait … elle avait été plus rapide que moi à enlever d’un coup sans éclat mais avec cette certitude qui fait les vraies occasions d’emporter … l’objet désiré …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Consommez votre solitude toute seule

Feu_cheminée_le_divatte_Iotop_2018

Feu_cheminée_la_divatte_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— … et faites pas cette demi-tête.
— Ça ne veut rien dire : demi-tête … c’est la tête entière, et dites : ne faites pas la tête.
— Vous êtes vraiment à fleur de chose.
— On dit : à fleur de peau.
— Oh là là là là … quel mauvais coucheur !
— Vous pouvez dire : quel mauvais caractère.
— Je ne dis plus rien.
— C’est ça … consommez votre solitude toute seule.
— C’est bien pompeux.
— Non. Je vous dis d’une manière élégante ma pensée.
— Passez moi plutôt votre veste.
— Non.
— J’ai froid.
— Vous avez qu’à regarder dans les caisses environnantes.
— Franchement, vous n’êtes pas aimable.
— Normal, non ?
— Non !
— Comment, non ? On vient de tout perdre !
— Nous sommes vivants.
— Et après ?
— La survie n’est pas qu’une question de volonté, il faut un minimum.
— Eh bien, je n’ai pas de besoin de vous.
— Que vous dites.
— Comment ça, que je dis ?
— Nous sommes perdus à jamais …
— Impossible !
— Une camionnette de vêtements, au fond d’un ravin ?
— Si vous ne m’aviez pas allumé, nous n’en serions pas là !
— Vous n’avez jamais vu une femme en robe d’été ?
— Si, mais pratiquer de l’auto-stoppe en tenue aussi courte …
— Et si j’avais été en maillot de bain, deux pièces, hein ?
— Pas pareil !
— Comment ! pas pareil ?
— Bon, écoutez … j’ai mal aux os et au dos … je ne vais pas traîner, là …
— Avec la nuit qui arrive …
— Vous faites ce que vous voulez, je me casse …
— Vous avez le sens de l’humour.
— Non, je tiens à survivre et même sans vous.
— Chacun pour soi.
— C’est ça
— Mais dites moi avant de partir … vous n’avez pas oublié un détail ?
— Quoi ?
— Je suis déjà morte.
— Morte ?
— Eh oui.
— Moi aussi … alors ?
— Irrémédiablement …
— Mais alors, cette conversation ? …
— Nous sommes devenus des errants … des ectoplasmes …
— La tuile … nous sommes liés à jamais … pour l’éternité …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

L’aube s’approche de mon visage

Port_st_nazaire_Iotop_2019

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Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Je marche aux rues nuiteuses de la ville qui se gargarisent des sommeils aux ronflements des rêves et incontinences aux réveils d’un sursaut de coeur au matelas déformé par la voix d’un rêve barbelé de barbe à papa mais dont le sucre-glu emprisonne les gestes de délivrance …

Je marche en compagnie de ma fidèle bouteille de whisky valorisée par mon adoration aux degrés de mon réchauffement corporel et des débordements de mes plages fixes sur les boulevards à refaire le monde comme un dessinateur créateur d’un autre vivant humain jusqu’à l’os de l’orbite à la spatiale conquête de l’harmonie ente lui-même et sa conscience à la disparition de son animalité …

Je m’assois sur le banc bois à multiplace dans l’unique but de m’envoler au premier allongement d’un nouveau rêve pour oublier qu’ici je ne suis qu’une quantité négligeable négligé à néantiser en un mot à nettoyer de la place des indésirables comme une feuille morte sur le mauvais tableau …

L’aube s’approche de mon visage et mon allongement s’étire encore et encore sur des landes de rayons cosmiques d’un soleil flamboyant découpant l’horizon à la hache d’un jour à l’ombilic abricot quand un oiseau d’eau à la rencontre inattendue me dit :

— Alors soûlot un autre seau pour te réveiller complètement ?
— Ignoble, dis-je étendu sur le bord d’une parenthèse.
— Ignoble ? Je suis ta sécheresse de ligne de vie.
— Tu me parais trempée d’un sacré caractère.
— Je suis ta dernière ligne de flottaison mon coco.
— T’occupes, ma vie m’appartient.
— Eh bien, prends soin de ne pas laisser de trace.
— Je suis déjà invisible.
— Que tu dis …

Devant moi, des visages inconnus, des propos défilent …

— Monsieur ? …. monsieur ? …
— Il revient à lui…
— … vous êtes hors de danger … tout va bien … vous avez bu la tasse des baïnes …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Scotché entre la septième et sixième marche

Escalier_st_nazaire_Iotop_2019

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Des mots, une histoire : récolte 23


Aujourd’hui, le tapis me fait la tête … et moi aussi. Il me paraît d’un poussiéreux galactique. Je vais le rouler et le déposer dans le parking collectif. Je sais qu’il y a un sans domicile fixe qui va se fixer … dans quelques jours dans ce lieu protégé… l’hiver arrive à grands pas …

Je descends les escaliers, éclairage vivace, tapis sur l’épaule, pour rejoindre le parc de stationnement … au sous-sol, quand une araignée anthracite aussi plate que ma main et aussi large, me précède…

J’en crois pas mes yeux … tétanisé, vitrifié, une avalanche nommée angoisse me crie son saisissement et je reste scotché entre la septième et sixième marche quand au même moment les gros yeux de l’arthropode chélicère semblent me sourire …

Mon humanité appelle au crime d’une telle bête quand elle avance de quatre pattes, je recule de deux marches et je me sens pris au piège d’un tel phénomène qui vient d’une autre planète si ce n’est du port qui est à deux pas d’ici …

Je me décide à tenir tête à cette immonde bestiole avec une bonne bouteille d’acétone et un bon briquet pour une flambée digne d’un big bang … mais, car il y a un mais, je n’ai pas ce matériel et j’ai l’impression que je vais éclater comme une bulle de trouille qui ne va pas tarder à remonter quatre à quatre pour évacuer ce cauchemar à huit pattes …

Quand, par une idée incongrue dont la nature humaine a le secret par sa préférence de se déclarer au bon moment, je balance mon tapis roulé dans un élan de rage puisé à la moelle de la laine de cette arme blanche inattendue …

Et d’un fracas de craquements qui ressemblent à un météore qui traverse un toit, à la charpente de type fermette, habillage tuiles, un cri étouffé et pourtant perceptible sort de la gorge de la bête qui s’écroule en contrebas de l’escalier et se recroqueville pour mourir sans avoir compris le fatal de sa situation …

— Quel drame ! Ces jeunes à fumer n’importe quoi !
— En effet, son vieux mari tout perclus de rhumatismes a été tué par erreur dans l’escalier du sous-sol …
— La fameuse araignée …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019