Concevoir le miracle à la sève d’une idée

Visage_évolutif_Iotop_2019

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Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 16 au 20 septembre 2019


Il fait silence. Silence qu’un même froid glacial prend peur. Cette peur qu’un même bruit n’ose affronter même effrontément. Effrontément un doigt surgit d’un vide qui semble né d’un néant ouvert à la concorde d’un accord sous-tendu par effet d’être animé par le pouvoir d’être. Être par ce crayon à dessein de composer la symphonie de la vie. Vie contraire de la discrétion s’émerveille de ce vide tel un océan avide de prendre toute ses proportions. Proportions se gardent d’être dépasser à la discrétion d’une ombre cuisse de nymphe émue qui s’impose en fond de teint apparaît l’esquisse d’un possible visage. Visage calme débordant de la toile qui se trahit à la déformation d’un excès une tentation de posséder d’activer d’oser s’affirmer sans moucharder à l’oreille d’un créateur divin quelconque que tout arrive. Arrive le déplacement d’une palette de nuancier aux pigmentations de concevoir le miracle à la sève d’une idée d’un mirage peut-être le culte d’un amour vrai. Vrai premier cri de cette toile qui gonfle d’orgueil à compromettre l’image du vivant à l’instantané d’une existence …

Mais chut … le peintre fait naissance …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

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Mon ombre qui discutait avec ma lampe de chevet

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Des mots, une histoire : récolte 17  (Participation hors délai)


kiosque figuratif, banc bois métal, Loire en contre-bas ensablé, soleil sans filtre, ciel dénudé, le moral matinal s’assoit … vague à l’âme comme l’abyssal qui prend peur de son infinitude … j’ai froid de tout … et en sueur de peau …

Ma révolte s’est arrêtée aux barreaux de la mort quand le néant a pris la forme d’un vide … fractal … au comble de m’animer à tresser des idées mathématiques sur la théorie des cordes … mais une seule corde m’a suffit pour que l’émotion s’en prenne à mon sentiment d’instinct de survie …

Et ce matin, avant mon réveil, trois dés se sont présentés à ma porte, trois inconnus pour me lancer un défi celui d’un choix … aléatoire … alors, j’ai repris une bonne dose de mon whisky favori … mais ils m’ont suivi comme mon ombre qui discutait avec ma lampe de chevet qui se plaignait des heures sup’ du soir …

J’avais cette envie de balancer mes hallucinations mais elles étaient vraiment de moi ? Je retournais sur mes pas, les dés étaient au garde-à-vous et je compris l’importance de mon délire et qu’il fallait en finir au plus vite …

Je suis assis sur ce banc du kiosque en compagnie des trois dès … eux-mêmes assis à mes pieds … Ils discutent fermement sur la manière de procéder à tirage au sort de mon suicide programmé comme d’une évidence déjà écrite sur les lignes d’une vie aux sillons bien marqués…

Et à cet instant précis, je reçois à ce qu’il me semble une claque sur la joue gauche.

— Alors, mon amour, toujours au lit ? Mes champignons pour dormir, étaient-ils bons ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Le Cahier cherche son Origine

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Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 02 au 07 septembre 2019 (Participation hors délai)


Au courage de l’encre de s’exposer au jour et de mourir sur la ligne de démarcation du souffle du mot nu et frais imposant et silencieux et pourtant défiant sa définition sur le regard de cette même ligne frileuse d’être habillée à la couleur de la vie… le Cahier cherche son Origine et suffoque, quant au cœur de cette racine, de la source, le mot : Ignore se pavane dans un jardin à l’Éden dévergondé aux fruits sucrés entre deux jambages et un apex. De fait, le susnommé Cahier est prêt à s’arracher deux accents circonflexes comme deux épais sourcils pour reprendre ses esprits.

Mais ce Cahier veut savoir d’où il vient et ne souhaite pas lâcher l’affaire et même si après cette découverte sa tête blanche de couverture ressemble à une tête de papier mâché à qui l’on vient d’apprendre que ses parents biologiques ne sont pas ses parents adoptifs où… l’inverse… qu’il en fait une baisse de glucose sur l’étagère de service occupée par un Journal Intime égaré par un manque de courtoisie et provoque sa sortie d’étagère et tombe littéralement entre pages vingt-quatre et vingt-cinq dans un grand écart à cent-soixante-dix-huit degrés sans les minutes qui en quelques secondes, offre au carrelage un aperçu de mots bien encrées quand un Écuyer équipé de pied en lettres visiteur d’un autre temps et analphabète s’extirpe d’une phrase et ainsi à même de remettre à la page le Cahier et le servir par défaut. Comme quoi « à qui sait attendre, tout vient à point » ou pour les puristes : « tout vient à point, à qui sait attendre ».

Il n’y a de ruine que le regard absent de l’autre mais ces deux-là sont faits pour s’entendre pour la Recherche sans temps perdu que l’on nomme pudiquement et sans tourner autour du pot même de confiture : « Le Graal ». Cependant, celui-ci a le graal avec un petit g, à ne pas confondre avec un point qui n’a ici aucune place si ce n’est se mettre le doigt… où vous voulez… Donc, sans perdre le fil de la chose et pas du fil à couper le beurre, les deux compères sur le fameux carrelage sont mis au parfum de débarrasser le plancher à la manière d’un dégagisme glacial sans effet de changement climatique et les voilà qui se traînent vers une nouvelle épopée que le seuil de l’incertitude les porte d’un au-delà qui ne le sait pas devant un stylo agonisant qui les hèle par un jet d’encre délayé entre la vie et la mort.

Les deux acolytes ne sont pas des sauvages mais pas non plus des médecins du monde et d’un commun accord proposent une hypothétique aide au stylo qui n’a qu’un seul vœu écrire ses dernières volontés encore visibles comme une dernière cartouche à exprimer à la marge du fameux Cahier qui commence à avoir une réputation sur le territoire du Monde de la Maison (et pas la Maison du Monde pour les puristes … des achats incertains) et ne le sait pas comme le veut l’anti-héros par convention et pas bégueule fait signe d’un consentement en compagnie de son écuyer témoin oculaire du témoignage que va écrire le stylo moribond… que voici les mots :

Les failles s’ouvrent, l’absence du regard,
Les voix s’éraillent à la pensée du seul vide
Page blanche verticale il est bien trop tard
Le temps du repos s’annonce au ciel aride !

A l’évidence le Cahier a comme une coupure de son circuit de compréhension une surtension en ligne marginale mais bien réelle qui interpelle l’écuyer qui est prêt à gommer les mots peut-être singuliers et sacrilèges et se pose la question d’une possible cabale des autres cahiers et autres feuilles dites : volantes, rebelles dans l’âme mais dont beaucoup sont des sdf patentées qui s’acoquinent à des nommés Cartons pas très futés et ras des neurones chlorophylles. Toutefois, Cahier prend acte et lui promet que ses mots seront respectés à lettre et sauvegardés et d’une promesse que personne ne viendra corner la marge ainsi baptisée par un Mont-Blanc Maison qui a rendu l’âme avec une certaine noblesse.

Et quoi qu’il en soit Cahier n’a pas perdu le sens et l’essence de sa démarche et poursuit le contrat qu’il s’est fixé et l’écuyer fidèle parmi les disciples d’une quête étrange mais néanmoins grisante nonobstant les aléas sans tréma à l’horizon de la ligne qu’un parquet fait glisser nos protagonistes plus vite qu’ils ne le souhaitent passant devant des possibles témoins aguerris aux témoignages de premières mains avec ce léger sourire de vérité que l’on y croit mais voilà que nos deux amis traversent une nouvelle pièce du puzzle du Monde de la Maison et s’aperçoivent à un peu tard que les secondes à venir vont devenir vraiment brûlante quand la cheminée les attire et les attise comme un magnétisme qui se gausse de sa puissante attractivité les voilà à deux pages de prendre feu comme paille devant une allumette bien éméchée le lisible d’une peur commune n’échappe pas à la flamme maîtresse qui met tout en œuvre par sa séduction de les réduire en cendre comme deux pêcheurs de Graal qui viennent d’échouer sur le bord d’un brasier sans vraiment comprendre la tournure de l’événement qui les met en péril…

— Ah, je vous ai à l’œil mes gaillards… et même avec les deux yeux… dit une voix de belle intonation, vous pensiez vous dérober à ma main mise, je suis maître de céans ici.

Et voilà que Cahier et l’Écuyer son compagnon se réveillent en sursaut sur la même étagère, étonnés de ne pas avoir été grillés par la Cheminée, sauvés par une main secourable… celle qui tenait le stylo…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Tu prologues et l’essentiel t’échappe

Parapluies_saumur_Iotop_2018

Parapluies_saumur_Iotop_2018

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 31 et origine


Teindre la voix couleur onde sable sur la plage à l’océan d’un ciel d’été à la nudité d’eau … s’engouffrer dans le sang des mots étendus sur la ligne au vent du cri qui souffle sur les os syllabes et consomme à la moelle la vie aux consonnes d’un journal sans domicile à peine né qu’il devient torche cul pour légumes de la pensée ou broyé par la main poisseuse ou souche sans racine … tentacule de la marée vomit son encre d’un volume outré d’ennui à la suffisance de m’adresser la parole un jour de grande joie dépliée dans mon cœur possédé de toi …

— T’as pris ma place …
— Ne crie pas.
— Tu prologues et l’essentiel t’échappe …
— T’es qu’une ordure !
— Normal, tu m’as consommé, je suis à présent un reste palpable.
— Éparpilles ton insolence dans un autre ailleurs.
— Insolence ?
— Mes sentiments ne sont pas une sève enracinée dans le tronc pourri d’une bouteille d’alcool !
— Et ma sève c’est du beurre ?
— Ne sois pas arbitraire dans ton propos.
— T’es qu’une pyramide de mensonges à cœur de venin.
— Arrête ! … ou je te fais sauter la cervelle !
— Et la tienne en même temps, écervelé !
— T’as la langue bien pendue.
— Ton outrecuidance l’est d’autant.
— Tu n’es qu’une imitation une variante crucifiée une apologie du néfaste … une …
— Les mots te manquent ? Tu es en pleine crise, vaurien, je ricane.
— …

… l’oreille de l’immeuble sourd à sa maçonnerie, le palier de service tremble a la détonation d’une arme à feu …

— Dis, t’es mort ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

La naïveté a toujours pignon sur rue ?

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Participation à l’Agenda Ironique de Septembre 2019


— Il est mort ?
— Il paraît.
— Noyé ?
— Jusque là.
— Et la police ?
— Innocente.
— Et le reste du monde ?
— Écœuré.
— Et maintenant ?
— J’attends le mot justice.
— Vous y croyez ?
— J’ai foi en la démocratie notre Reine.
— Ce n’est pas Marianne ?
— L’essentiel est cette féminitude.
— La naïveté a toujours pignon sur rue ?
— Désobligeant, ne me prenez pas pour une grue, changez de registre.
— On est bien, là, non ?
— Cette bitte d’amarrage est confortable, c’est vrai.
— Vous portez souvent la jupe fendue ?
— J’aime l’aération sous-jacente.
— Le calme du fleuve m’intrigue et vous ?
— C’est un bon acteur, ce fleuve.
— Un fleuve, un acteur ?
— Il n’a pas de tabou.
— Et vous ?
— Vous pouvez me tester.
— A mon risque et péril ?
— Être un homme c’est aussi être joueur.
— Je suis taquin et vous me semblez libre ?
— Je vous vois comme un guéridon tout rond ne sachant pas sur quel pied danser quand vous en avez qu’un seul.
— Vous êtes moqueuse ?
— Il est bientôt midi et le soleil luit entre vous et les pavés.
— Vous déraillez ?
— Non, j’ausculte votre impatience et votre atout à me mener en bateau.
— Je suis votre conscience ?
— Empêchez moi de rire jaune sur le devant de la scène macabre qui s’est déroulée ici.
— Je crois que je prends l’eau et vous aussi ?
— Je sens la brise sur mes épaules et votre souffle indélicat sur ma patience.
— Vous commentez à merveille l’indésirable ?
— Le désirable triomphe de l’indésirable ainsi soit la vérité.
— Vous êtes la vérité ?
— Prenez moi la main et partons.
— Le fleuve vous aurait-il avouer son secret ?
— Vos yeux brillent.
— Les vôtres ne brillent-ils pas non plus ?
— Ils sont le reflet du fleuve, rien de plus.
— Alors, les jeux sont faits ?
— Qui sait ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Aux échines cintrées, vers de terre

Oeuvre de Timothy Adam Matthew

Oeuvre de Timothy Adam Matthew

Les narines des crayons : atelier


« Que crains-tu donc ?»(1)

La cheminée de sa braise presque dormante me souffle ses quelques mots. Je suis assis sur une chaise de paille. Mon profil élancé à la serpe à l’oreille encore verte du monde s’éprend de ce questionnement… Je crains le devenir, l’avenir, le venir, du pire à l’anéantir. Je crains les ires et les ir, même jouir comme une petite mort en probable connivence avec la Grande…

Je suis ce que je ne suis qu’une suie, qu’une ombre sur le parvis d’un désert de sel et j’ai soif de mourir comme d’une fleur a cette envie de s’épanouir jusqu’à se noyer de sève et conteste qu’elle se veut fanée.

Je suis ce chien errant entre la pièce à vivre de la société et la pièce à dormir de ma conscience formatée des autres.

Je suis qui ? Je suis quoi ? Je suis… « bon à rien, bon à tout ». Les foins sont là ondoyants, voire polissons, à la danse du ventre, au regard d’un soleil froid, maître de l’univers et de la bonne santé… Dieu arpente ses terres l’air hautain aux échines cintrées vers de terre qui soulèvent la poussière de leur labeur et la sueur de leur foi défigure le néant entre la croix et les clous…

Je divague et bois mon eau d’amertume à l’essorage de ma dépression de jeune homme gâté… oui gâté… tel le sucre pour les dents… et puis, je ris, je ris en des éclats pendus comme des candélabres et Isabelle qui entre dans mon antre ma chambre étonnée et sulfureuse de vingt-et-une années avec ses cheveux blancs tressés…

— Tu ris éveillé mon pauvre Paul ?
— Comme rirais-je en dormant pauvre Isabelle ?
— Éveillé mais endormi par ta fausse conscience !
— Euh… ne me dis pas que tu as encore bu de la fée bleue ?
— Mon frère vous valûtes aux belles années une âme de belle eau, vous êtes à présent un dégénéré…
— Ma douce sœur, vous devriez au conseil d’un dénaturé stopper toute conversation avec moi…
— Je vous aime trop pour me départir d’un tel aveu de votre part.
— Aveu, aveu… non, mais reconnaissez que vous débitez de drôles choses.
— Et vous-même…
— Le monde est trop tordu pour vous laisser prendre comme moi …. en perdition…
— Vous déblatérez pareillement de l’inconsistance au kilomètre.
— Il a été inventé ? Ce mot ?
— Je vous le dis… c’est qu’il existe… foutre-dieu !
— Ne jurez point ma sœur dans ce lieu qui n’est pas bergerie ni auberge de jeunesse…
— Dites moi mon frère aurions-nous changé… de siècle avec nos étranges propos ?
— Nous devrions nous reposer de nos lectures avant-gardistes et reprendre un Plutarque, ou un de ces anciens miteux mais de bonnes textures…
— Rien de bon dans les mondes d’hier et d’aujourd’hui… c’est à pleurer, mon frère.
— Justement bien dit, ma sœur, alors prenez les outils de votre vraie conscience et partez… partez construire votre vie sans vous retourner…

« … Isabelle l’avait écouté …» (2)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

 

(1) Plaute : Pseudolus => scène IV

(2) Cervantès : « Nouvelles exemplaires » au titre  » l’Espagnole anglaise ».

Mes hanches se cabrent à la géométrie d’un vertige

Oeuvre de Ron Hicks

Oeuvre de Ron Hicks

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 23 et origine


— Le hasard sait-il qu’il existe ?
— Existe en moi Mon Amour !
— Amour aux liens de nos souffles … un jeu à deux flammes.
— Flammes les mots … embroche à la rime ma langue.
— Langue enrobée j’écris à la salive … à ton désir… en son rigorisme secret.
— Secret de nos deux épées … « si je t’aime, prends garde à toi«  à me blesser à la passion qui se dessine.
— Dessine la stratégie en ton filet … mon printemps s’impatiente.
— Impatiente mon été est tout à toi … ma baie est inondée …
— Inondée tu es déracinée à mon empreinte de mâle à mon donjon.
— Donjon tu domines … mes hanches se cabrent à la géométrie d’un vertige.
— Vertige … j’entends « la danse macabre« … l’instant me crie déjà le manque de toi.
— Toi, qui est déjà séparation … l’abîme qui se profile … son archet pointe mon cœur.
— Cœur, Notre Amour n’a pas de nom … il est de cette rosace des vents … vivant.
— Vivant comme un magnétisme … j’ose le partir pour nous sauver.
— Sauver … il ne restera que des hardes de souvenirs.
— Souvenirs comme des venins … prends le large, défais-toi de ma peau, de mon parfum, de mes mots …
— Mots, je deviens mon poison.
— Poison, l’Amour est signé et l’acte d’Aimer est accompli !
— Accompli … à l’adultère.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019