L’empreinte d’Anna

Oeuvre de 1913 de Philip Alexius de László - Anna de Noailles

Oeuvre de 1913 de Philip Alexius de László – Anna de Noailles

Une fois n’est pas coutume, je me suis exercé à un « exercice de style » avec les derniers vers du fameux poème « L’EMPREINTE » de Anna de Noailles (1876 – 1933) sur l’avis d’Ibonoco  🙂


«

 la vie,
tel serrement
ravie
mon enlacement.

le monde étalé,
de son eau
âcre et salée
roule comme un bateau.

le pli des collines
ont vu fleurir
aux branches de l’épine
mon désir.

la verdure nouvelle
des fossés
comme des ailes
tant pressés.

mon domaine
ma persistante odeur
de la tristesse humaine
de mon cœur…

»

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Nul besoin de tenir une promesse pour trahir.

Oeuvre de Timothy M. Parker

Oeuvre de Timothy M. Parker

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Nul besoin de tenir une promesse pour trahir.

Je t’ai regardé, tu m’as souri, j’étais mal à l’aise, tu m’as pris la main, tu l’as embrasée et tu es partie.

Tu m’as pardonnée et je suis resté assis sur ma chaise de cuisine comme un idiot; j’étais saisi comme à l’intérieure d’une pomme au four qui ne sait à quel réchauffement climatique elle va être cuite, à point ou grillée dans son jus …

J’étais lié à mon environnement et à ma bêtise et mes doutes chimériques prenaient tout mon temps de raison pour ce temps de déraison, je devenais mon ensorceleur et mes victimes étaient des moi-mêmes qui se prenaient pour des autres …

J’ai le ruissellement de ma solitude qui s’infiltre dans les interstices de mon anxiété et le nocturne fait sa place, son nid, son lit, sa construction dans le plein jour de la vie, et les harpies des cauchemars me dévisagent comme une nouvelle offrande sur l’autel de mes frustrations …

Nul besoin de tenir une promesse pour se trahir.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Il est là, dans sa beauté faussement éphémère

Oeuvre de Artemii Myasnikov - relooke - Blanche Neige et les sept nains

Oeuvre de Artemii Myasnikov – relooke – Blanche Neige et les sept nains

Agenda Ironique février 2019


Il est là, à portée de main, il respire fort comme un moulin à eau dans ses grandes heures. Il est là, dans sa beauté faussement éphémère comme un Luna Moth. Il est là, et je ne vois que lui, tel un phare posé comme un hercule, je l’admire. Il est là, et je suis comme une toile d’araignée solide pour le piège de petits gibiers mais fragile quand il s’agit de lui, le piégeur, je suis… non, j’ai perdu mon être, de ce moi, qui s’est égaré dans la fournaise de l’inconnu par effet d’un algorithme chimique…

Il est là, et je sable ma conquête qui s’enfuit de-ci de-là comme un feu follet de marais. Il s’évapore, revient en morceaux, puis complètement… Il est là, et… il m’invite à le suivre. Il est là et j’ai le cœur qui dépasse les quatre-vingts kilomètres heures sur sa route joliment décorée. Il est là, et j’entends sa voix… une voix qui s’allonge sur les lignes du non désir mais de l’envie de me tisser un chemin vers lui… enfin, pour nous retenir l’un l’autre…

Et, il est là, il me défie… ce rêve absolu, clairement identifié, et dont je suis prêt à franchir le seuil de sa réalité… quand… je ris de ce rire d’aliéné d’un siècle incertain entre barreaux et lit de paillasse, de ce rire qui vous désosse la mâchoire et vous dilapide votre restant de vie ; je ris comme un perdu pendu de rue de nuit ; je ris de ma décomposition fulgurante ; je ris à m’en tordre les derniers boyaux qu’ils me restent ; je ris à la flamme de cette souffrance de tous les possibles de le perdre ; je ris à me réveiller brusquement, je ris… moi qu’on surnomme : « Boule de billard ».

Car il est inscrit sur le fronton de son antre : « Le meilleur moyen d’éviter la chute des cheveux, c’est de faire un pas de côté. »

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Tout naufrage n’est pas radeau de la Méduse …

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J’ai ma mustang qui m’attend devant la porte et je crois que je vais partir … à pieds… nus… ainsi le contact de la nature me sera salutaire, car aujourd’hui j’ai perdu trente-quatre millions … Je sais, c’est peu, pour certains, mais depuis le début de l’année je ne fais pas des merveilles dans mes investissements et mon capital s’émiette dangereusement à nourrir des autres moi-mêmes rapaces de la finance …

Il fait un temps comme je les aime : entre les Bermudes et les Canaries. Je vais de ce pas rejoindre mon moulin posté en une hauteur qui domine les nuages … non, moins que ça, beaucoup moins …

Il est beau en cette construction d’une stature presque militaire en ce garde-à-vous impeccable, il défie les tempêtes qui hurlent sur ses ailes qui pourraient tracer la mappemonde tant ces vents peuvent en raconter les reliefs… il est imperméable, et résistant à tout … un exemple, pour moi

Je prends mon sac à dos et me voilà sur le chemin. Tout est beau … étrangement beau … avec ce ciel qui commence à criser avec des nuages gris… il ne va pas tarder à mouiller … il n’est pas temps de musarder … je cours en petites foulées… c’est raide et les cailloux ne font pas de ce trajet un moment de sinécure …

Et me voilà devant la porte de mon moulin … il fait parti de mon domaine immobilier multilatéral … enfin, il faisait parti … je viens de le perdre ce matin … c’est un signe …

En contre-bas de la falaise, un autre sol ….avec une barque et l’océan comme un appel … vers une nouvelle aventure … peut-être … tout naufrage n’est pas radeau de la Méduse …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Un espace-temps qui ne se dit pas

Photographie Nat Farbman - couple_bord_de_Seine - 1949

Photographie Nat Farbman – couple_bord_de_Seine – 1949

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Il y a des aller et pas de retour. Le drame. Enfin, pas toujours, hein ? Non, c’est des aller simples mais il n’y a pas de retour simple … quoi que, si … un retour, c’est parfois compliqué au contraire d’un aller sur l’allée du changement par exemple et pas d’un aller d’exode autre exemple, c’est l’aller non-voulu, c’est la déperdition de l’aller et peut-être la mésaventure au bout de la route … une rature sur l’onde et pour soi une tombe dans un fossé … sans allant aller mourir dans l’indifférence à l’intérieur d’un chiffre édité dans un livre d’histoire ou un journal de région voire la disparition … l’aller calvaire que personne n’entend … c’est l’indifférence qui claironne …

Un aller-retour, Mon Amour ? J’attends ton retour. Il n’est pas tard. Non. Il est trop tard ? Même pas. Il est un espace-temps qui ne se dit pas, qui ne s’énonce pas, c’est néant de retour … et moi l’amant, je reste plié de la douleur de ton manque de retour … toujours, toujours, toujours …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Au coup du sort ou au coup de rien

Donald_MP_Numero_238_1999

Donald_MP_Numero_238_1999

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Je voulais crier : place, place, place …

Et me suis accroupi sous ce réverbère … isolé … comme lui, mais lui est lumineux… il paraît presque intelligent, anime une ambiance… et, lui, au moins, il sert à quelque chose, même que les chiens pissettent sur son pied…

Mon exposé sur ce lampadaire est une diversion … un leurre … une échappatoire à m’éclairer par d’autres pensées …

J’ai le sang tout glacé tout d’un coup et la peau sûrement d’un violet pas catholique … j’ai faim, j’ai grand faim d’un repas de vie de vivre. Le fatal engouement à mourir est bien trop ancré dans mon esprit pour que je puisse m’en sortir … vivant.

Je ris de mon auto-dérision et puis j’essaye de pleurer de toutes les larmes de mon corps … qui n’a plus rien donner … c’est pathétique …

Je me relève. Je marche droit devant au coup de pot ou au coup du sort ou au coup de rien, je fais du pas à pas à défaut du porte-à-porte le trottoir d’ici est le même que celui de là-bas et mes joues se creusent avec les dents de la nuit et ce lampadaire qui me suit comme un fantôme éclairé de bonnes intentions … je rage de toutes mes dents et mes pieds qui se tordent sur les nids-de-poule des regards décroisés des passants et puis l’un a dégusté de mon poing dans le ventre comme mon ventre me fait mal à se faire la malle mais reste accroché à la texture de son moi, c’est-à-dire moi et je m’écroule sur le matelas de chair qui s’abat sur ce trottoir défiguré et le doute de ma mort me traverse comme un éclair …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018