Et le silence tourne en rond

 Jean_Paul_Gaultier_automne_hiver_2007_2008_Paris_27_02_07_photo_Alain_Aubert

Jean_Paul_Gaultier_automne_hiver_2007_2008_Paris_27_02_07_photo_Alain_Aubert

Agenda Ironique Juin
(Cette semaine -encore – pas de 5ème chapitre du roman Rho-Man Tout en Gala-Tik, qui est en chantier mais Carnetsparesseux est bien présent ICI)


« L’été, la nuit les bruits sont en fête … » lit-il à l’instant devant une assistance médusée à l’éclairage diffus entre l’expression d’un spot et les neurones printaniers qui avalent quelques synapses spectateurs d’astreinte ..

Cet instant précis et déterminé par le mot : fête … un déclenchement s’arme de son effet par une action d’éclat … le prosateur debout, tête en arrière, bras tendus en équerres, paumes des mains dépliées vers le ciel de la machinerie de la toile de fond … il attend … bouche ouverte … comme un crucifié attend une réponse à sa mise à mort par l’injuste qui tient le glaive par pouvoir de commander à la Mort au tranchant de son humeur …

Quand, une oie blanche, en robe légère, d’un pas de deux, l’ingénue au premier degré, traverse de part en part la scène. Le comédien comprend qu’il se passe quelque chose hors de son champ scénique préparé de longue date et mûrit à l’alcool de la patience et de l’effort …

Et le silence tourne en rond, se présente devant les yeux de tous au carré du territoire de l’histoire et l’impossible vient de naître et entre en scène comme un anti-héros inattendu …

Les souffles se retiennent … l’oie blanche déploie son art telle une robe en tulle prise par les hanches entre un vent du midi et un Zéphyr … tout est là devant des yeux qui s’écarquillent comme le tournesol illuminé par un soleil …

L’impossible se signe et s’évapore… le comédien soupçonne quelque chose d’important mais emprisonné par son rôle … sa douzaine de larmes le défi …

Et l’oie blanche disparaît …

Le comédien ferme sa bouche, redresse sa tête, ses bras le long du corps, les yeux fixés vers l’infini, il dit :

« Finalement, j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive. »

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Ton bonjour sous le bras

Fei Fei Sun pour Vogue Italia juin 2015 par Mert Alas & Marcus Piggott

Fei Fei Sun pour Vogue Italia juin 2015 par Mert Alas & Marcus Piggott

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 13.20    (Hors délai)
(Cette semaine pas de 5ème chapitre du roman Rho-Man Tout en Gala-Tik, toujours en chantier (peu de temps pour m’y consacrer et me concentrer) mais Carnetsparesseux est bien présent ICI)


Il est sept heures dans le salon ; la baie vitrée baille haut ; le soleil fait sa rentrée en petite tenue thermonucléaire. Et toi, ton bonjour sous le bras sans effort, ton semblant de patience pénélopéenne en grande tenue et ton sourire béat comme un piège, m’aborde pour me saborder :

— Tiens, t’es toujours là !
— J’ai encore ce courage du cocu…
— Si ce n’est une faiblesse … te voilà humilié et pourtant tu frétilles, ici, devant moi.
— Non, je ne frétille pas, ce n’est pas dans mon caractère … tu le sais de ta mauvaise foi…
— … et à poil ! T’as honte de rien !
— Honte ? Tu sais très bien que je dors ainsi et puis l’homme nu ne vaut-il pas l’homme habillé ?
— « L’habit ne fait pas le moine » c’est sûr … allez, tu sais que je ne veux pas de couple à trois… ne reste pas ici.
— Je paye la moitié du loyer … ce n’est pas un vecteur négligeable.
— Et alors ? Ton droit ne vaut pas obligation de ta présence ici !
— Je souhaite peut-être aussi réparer mon erreur…
— Tu es déjà une erreur à toi tout seul …
— Ta dureté est de diamant … je pense sérieusement à étreindre ton joli cou présentement …
— Il te faudrait ce brillant courage, ce rien du meurtrier pour exceller dans cet acte … ce qui est peu probable …
— Ne joue pas à ce jeu …
— Ne m’approche pas !!!
— A t’énerver brusquement ainsi … ta peur me fait bander …
— Arrête !!!
— Trop tard …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Il cherche à m’hameçonner avec un harpon

Ibiza_1960_photographe_inconnu

Ibiza_1960_photographe_inconnu

Des mots, une histoire : récolte 48   (Hors délai)


 

… j’enregistre ce message… au cas où … je suis coiffeur … espion. … c’est une couverture. L’espionnage, c’est du sérieux. Ce que je raconte là, est la vérité.

Je suis la meilleure taupe qu’est connu le service. Je circule dans les endroits les moins confortables, comme les galeries … marchandes … les galeries des musées … les galeries minières … mais j’évite à tout prix la galerie … des Glaces… et je ne dis pas tout ça pour amuser … la galerie …

Bon, tout ça étant dit, je suis présentement à raser les murs … j’ai été découvert … un homme en blanc avec un masque et un tuba … c’est un filou, j’en suis persuadé … il cherche à m’hameçonner avec un harpon …

Il s’approche … il est là … devant moi …

— Alors, on veut s’échapper ?
— Non, non …
— Votre empreinte ! Là, sur la feuille !
— Non, non …
— Ne faites pas l’enfant !
— Non, non …
— Je sais qui vous êtes !
— Non, non …
— Mais si !
— Je ne suis pas un pigeon
— Je sais …
— Vous êtes un espion, c’est ça ?
— Je n’avoue pas … jamais …
— Oui, je sais !
— Ne me touchez pas … jamais …
— Allons, allons …
— J’ai dit : JAMAIS !

Et je me réveille, respire ma sueur de fièvre, ma déchéance, mon impuissance, ma haine, ma tranquille défaite au sourire édenté …je me lève de mon lit ferraillé, brusquement, comme un ressort délogé sans prudence, ouvre un pan de la baie vitrée et me jette … du balcon …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Atteindre le sommet

Portrait de Leonor Fini – 1934 – Photographe anonyme

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 12.20  (Hors délai)
(Cette semaine pas de 5ème chapitre du roman Rho-Man Tout en Gala-Tik, qui est en chantier mais Carnetsparesseux est bien présent ICI)


Atteindre le sommet et se voir … aveugle

Toutes les partitions de la vie ne se valent pas et se concentrer sur un objectif est aussi pertinent que se diluer dans le court-bouillon du destin qui dessine bien ce qu’il veut et arme son ironie à bien des égards sur des quais dont les rencontres ne sont pas toujours celles de l’âme sœur et qu’il faut tirer à soi, ce qui n’est pas coton, le bleu du ciel et les soleils de la volonté au risque du bleu douleur, voire celui qui glace les envies, même pachydermique

Si l’amour est une valeur qui n’est pas cotée en bourse (quoique), il est essentiel d’avoir le doigt pointé vers la direction qui porte la bonne tenue et pas celle du camouflage celle de l’hypocrisie, cette flèche qui souvent tue lentement aussi faut-il savoir sortir de son fourreau l’épée de son courage tout en évitant de flirter avec la facilité qui est souvent le piège qui se referme avec le sourire du faux …

Atteindre le sommet et se voir … enfin !

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Rho-Man Tout en Gala-Tik – Chapitre 4

Sur une idée commune avec Carnetsparesseux. Chaque semaine, tous les mercredis, un nouveau chapitre sera présenté, chacun sur son blog.
(Les autres chapitres : ICI et définitions ICI)


L’arc-en-ciel de l’obscur

Le MobilLus-Domus mastodonte de l’habitat spatial sursaute brutalement à l’alerte tonitruante qui fait vaciller les tympans délicats des dormeurs qui se réveillent totalement l’esprit en chute libre avant de se rattraper à la dernière cordée de la raison à la douleur d’un étirement de sommeil qui n’apprécie pas le coup de trompette tapageur tel un perroquet enfermé dans une cage fixée sur mât de hune d’un voilier de belle facture au cours d’un ouragan imprévisible.

Ce bruit à l’arrière gauche du MobilLus d’une dizaine de Tseuconde (énième partie de l’Eurhe) déboule comme un tremblement irrégulier à qui l’entend d’une oreille a l’effet de rétracter l’implant REV et frictionne d’un haut état de grimaces entre la mauvaise humeur et l’anxiété de première grandeur des occupants qui s’imprègnent de questionnements aussi légitimes que l’intraveineuse qui hoquette d’un produit ingurgité comme étant indolore dans son corps extra-possessif à l’envergure de sauver des vies à défaut parfois d’en perdre comme un boulet de canon qui n’atteint pas sa cible et plonge irrémédiablement dans l’eau salée de l’océan insondable.

— Aux armes ! déboule un cri inconnu par le haut du duplex (au hiatus naissant).
— Arrête de dire des bêtises ! sonne Ula-Pil de sa voix trop sûre d’elle, au sang-froid et qui est capable aussi de geler une tentative d’abordage à son encontre d’un seul regard.
— J’ai cru voir l’arc-en-ciel de l’obscur ! toussote Mante-Lao qui enfile à cet instant sa combinaison de sauvetage en structure INFORMAT, un peu fébrile.
— Arrête de dire des bêtises ! insiste Ula-Pil
— On va tout de suite demander l’info à Insane.

Quand l’une ajuste sa tenue, l’autre interroge l’I.A.

— Dis-moi Insane, peux-tu définir ce parasitage auditif ?
— Ce que tu énonces n’est pas juste, c’est une déformation acoustique brusque à frottement spatial à effet alternatif dissocié.
— Une onde de choque pour faire court, s’impatiente Ula-Pil.
— Tout est question de compréhension du récepteur.
— T’es agaçant… dis-nous les effets sur la coque ?
— La coque ?
— T’es pas futé dans ta compréhension, c’est sûr… les parois à doubles blindages à convergence électro-sommation multi-maillage du MobilLus.
— Toute proportion gardée, la structure arrière gauche n’a pas subi de dommage apparent. Un scan spécialisé est en cours d’inspection.
— Et le scan fractal n’a pas détecté quelque chose de particulier ?
— De quel genre ?
— Eh bien, un arc-en-ciel de l’obscur.
— Je n’ai pas bien capté.
— Si tu as bien enregistré et compris, Insane.
— C’est impossible. Pas dans cette région de l’Univers.
— Et pourquoi pas ?
— Parce qu’il…

Un deuxième tremblement secoue le MobilLus puis un troisième, un quatrième…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Rho-Man Tout en Gala-Tik – Chapitre 3

Oeuvre_de_Jeremy_Mann

Oeuvre_de_Jeremy_Mann

Sur une idée commune avec Carnetsparesseux. chaque semaine, tous les mercredis, un nouveau chapitre est présenté, chacun sur son blog.
(Les autres chapitres : ICI et définitions ICI)


Au degré zéro du silence

Qi Peuh Leu P+ toutes à ses pensées rondouillardes et azurées d’un océan paillard comme un long monologue de l’homme a la conscience bien faite, quoi qu’en pensent les conformistes de la restriction de pleinement jouir de ses moyens jusqu’à la Congrégation de l’Unité Lucide, qui s’éclaire de la philosophie de sa vie telle une onde de couleurs à plusieurs niveaux qui s’assemblent et font une seule et unique cohésion tel l’arbre de sept mille ans qui de pousse en pousse gagne en belle hauteur, tendre et robuste, au clair d’un ciel poudré de nuages douillets et d’un soleil poussin qui en détails tous les tracés en prisme tout en restant à sa place d’observateur, ne voit pas venir l’étrange créature qui l’observait de loin et qui s’approche au degré zéro du silence à la vitesse d’une étoile filante qu’elle est déjà à quelques centimètres de son cou qu’il ne soupçonne pas même l’expiration expulsée dans un filet bleu méthylène ni la naissance de l’intrigue, car il dédié exclusivement à ses pensées…

Une piqûre à peine ressentie et voilà qu’il perd connaissance, comme un régiment d’escargots mis à la diète pendant un bon mois suspendu dans un filet à trois mètres du sol d’une cave de l’ogre de service et qu’il est enserré chaudement dans les bras de la créature tout aussi délicatement qu’au moment de s’habiller d’un jean trop étroit. Réduit à l’inconscience, il est transporté comme un fétu en une direction nord-ouest vers un lieu encore non déterminé.

Quoi qu’il en soit la vitesse propagation du déplacement de la créature avec son mode d’énergie, de navigation, de mécanisme, ne laissent pas indifférent la deuxième créature qui l’a rejoint en cours de route sur un ancien tracé d’un fleuve de pentafluorure d’antimoine. Toutes deux passent par monts et par vaux en un temps record nommé Eurhe (mot abusivement abusif) alors qu’il s’agit de l’ancêtre chronographe et qui vaut autant que le temps met pour parcourir la distance d’un point à un autre sans se retourner avec un angle tout pareil. Ce qui fait quand deux Eurhe, les voilà arrivées à destination.

Et quel endroit ! une immense et démesurée plaine où s’accrochent des cubes de couleurs imposants suspendus à des fils. Et les deux créatures d’enclencher un genre de télébenne cubique à mono-câble et d’être transportées illico devant une devanture d’envergure aux inscriptions incompréhensibles. Cet instant est habillé en complet du mystère et Qi Peuh pénètre la consistance de l’improbable, plongé dans le néant qui lui-même ne connaît pas son nom, car est-il souhaitable de connaître de ce qui possiblement intangible pour soi comme une impossible consistance qui ne peut naître sans défaillir à la première lettre : N, qui s’emploie par défaut à la consonance d’une répulsion d’une aversion où toute la peur s’inscrit à la suite de ses lettres avec ce dédale de questionnements qui a cette seconde présente réveille Qi Peuh.

Il est réveillé, certes, mais les yeux clos, devanture de paupières tatouées de quatre lettres chacune comme une clé de coffre qui n’ouvrirait toutefois pas son coffre d’âme ou de cœur. Les deux créatures qui l’ont déposé allongé sur une espèce de branchage ajouré constatent ces signes inscrits. Ils se regardent, s’interrogent l’un d’un mouvement d’épaule l’autre d’un geste de la main mais tous deux n’en pensent pas moins ni plus en attente d’une réponse d’une hiérarchie qui se fait attendre. Attendre parce qu’elle cogite ferme sur la bonne action à tenir et ne pas éteindre un espoir qui semble s’impatienter depuis trop longtemps, depuis ce temps qui renferme aussi les rancœurs, les rages, les schismes, les passions. Aussi ne faut-il pas s’égarer sur cette venue inattendue sur ce possible moment de découverte comme l’anthropologue qui souhaite enfin mettre la main sur le premier ossement sans tomber sur un os genre contrefaçon genre on prend une claque devant les membres de l’académie qui ont les dents longues dures et acérées aux mouvements d’ironie de la moquerie de l’humiliation.

Qi Peuh Leu P+ ouvre enfin ses beaux yeux…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Werois aspirateur d’âmes

Rénovation_Sainte-Croix_Minneapolis_ Photo_George_Heinrich

Rénovation_Sainte-Croix_Minneapolis_ Photo_George_Heinrich

Des mots, une histoire : récolte 47 (Hors délai)


Il se nommait Tipi. Il avait un frère jumeau, Piti. Tous deux un jour d’adolescence, s’étaient perdus dans une forêt. Tous deux avaient reçu le prix de la peur, cette écorce qui vous pince à vie le fond des entrailles.

Pourtant, ils étaient revenus avec la sensation inavouable d’une révélation, d’une initiation.

Adultes, devenus musiciens, ils installèrent leur jeune école de musique à l’orée de cette forêt… visitée par des promeneurs du dimanche, des cueilleurs de champignons, des chasseurs de cerfs et sangliers, des amoureux de la nature … des amants délurés, des braconniers de belettes, des collectionneurs de papillons, des pique-niqueurs naturistes, des buveurs de liberté, des truffeurs de senteurs, des lépidoptéristes de couleurs, des peintres de l’effeuillage, des sylvothérapeurs égarés, des gymnases du Zhan zhuang,… jusqu’à turlupiner la forêt elle-même…

Le mot tranquille avait déserté son hamac et s’était enterré entre le blob et les mycorhizes…

Les frères avaient cette conscience du mal-être de la forêt… et considéraient qu’il était de leur devoir de la déposséder des mauvais fruits qui s’enracinaient au fil du temps par raison, ou pas, et qui s’appropriaient par excès sa Nature…

Il fallait limiter les assauts. Ils consultèrent aux quarts de Lune montante et descendante les nervures des feuillages…

Ainsi, des étranges phénomènes se déclarèrent comme une amabié genre de créature qui refoulait d’une haleine putride de bois morts, aux visages, les visiteurs indélicats, ou d’un werois aspirateur d’âmes pour les pourvoyeurs du souffle dominical… et pour tous les autres une bienveillance à l’heure de leur mort auprès d’un sycomore dédié…

Les mois s’embranchaient, la forêt reprenait son inspiration, et les frères musiciens animistes, déposèrent instruments et partitions pour s’installer à cœur du sylvestre et vivre pleines saisons des décennies avant de s’endormir à jamais … tous deux depuis le début… aveugles.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le fond du bol de la conscience lucide

Film Le Mépris - Godard

Film Le Mépris – Godard

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 11.20 (Hors délai)
(Cette semaine pas de 3ème chapitre du roman Rho-Man Tout en Gala-Tik, qui est en chantier mais Carnetsparesseux est bien présent ICI)


Je préfère le Conteur au comédien, l’Auteur à l’acteur.

Je vois déjà des rictus et autres grimaces de votre visage pris entre les lignes aux mots écrits aux rôles différents de faire violon.

Qu’importe l’expression est libre, l’opinion d’autant et le jeu subtil de faire comme tout le monde me donnent de l’urticaire … quoique je sois comme tout le monde et parfois faux jeton

Cependant j’ai la chance d’appartenir à moi-même, même si la chaîne de mon esclavage permanent me râpe la psyché. Je ne vais pas faire l’ahuri en dénigrant ce que je suis même si l’ombre d’un doute me fait dépenser mon énergie à ce que je suis pour être et être pour ne pas être tout à fait moi par les effets de toutes les manigances de l’extérieur aux influences non négligeables …

Il n’y a pas à gratter le fond du bol de la conscience lucide pour s’apercevoir que la séduction d’un comédien d’un acteur est une représentation sensible de l’être qui nous ment effrontément à notre égo… ou pas.

Je préfère en cela la voix du conteur, les mots de l’auteur. L’un fait création d’un climat, l’autre fait apparition de jeux de rôles. Tous les deux apportent une ambiance, à tous les degrés du suspense à la béatitude sans que je sois soudoyé en tant que spectateur enclin à se laisser prendre par consentement, je l’avoue comme le mistigri qui ronronne parce qu’il est nourri logé par l’habitant nommé : maître.

Et pour conclure, je tiens à mes jeux de rôles : celui de comédien et d’acteur… de ma vie …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Brigitte

Margaux Hemingway by Helmut Newton 1975

Margaux Hemingway by Helmut Newton 1975

Des mots, une histoire : récolte 46    (Hors délai)


Il attendait là, dans une antichambre, au cabinet du ministère.

Ce jour-là, il n’y avait pas à tergiverser, cette rencontre devait aboutir. Il avait cette souffrance à la Tantale où tout est là à portée de main mais qui résiste comme un malin plaisir à ce qu’il devienne par abêtissement un simple pion, un exécutant, d’un désir d’une pinailleuse

La garce, elle le tenait dans un emballage de promesses comme d’une possible concorde à jeu égal. Pourtant il soupçonnait une dissonance, une entourloupe de première grandeur comme s’il était la victime consentante par défaut.

Elle ne désirait pas partager, il l’avait lu dans ses yeux de biche, dont l’eau de ses iris à des profondeurs de poison, cette première fois dans les Jardins de Bagatelle.

Il rageait intérieurement avec ce sourire de façade quand il fut introduit par un huissier de belle prestance … Elle se tenait là, à dix pas devant lui, le dos tourné, une main sur le marbre d’une cheminée Empire, et le reflet du miroir offrait son buste comme une porte a son judas …

— Alors, là ! quelle mise en scène !
— Tais-toi ! Que viens-tu faire ici, sur mon lieu de travail ? Tu n’es qu’un rustre !
— Moi ? Moi qui suis convivial, d’agréable compagnie et …
— Et ?
— Je suis amoureux, c’est simple. J’ai une complète envie de toi, là, maintenant !
— Tu es animal !
— Mais tu aimes ça ? non ?
— Tu es indécent. On nous écoute, possiblement … un sniper sur le toit d’en face …
— Qu’importe !
— N’approche pas d’un pas de plus …
— Brigitte …
— Emmanuel …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Rho-Man Tout en Gala-Tik – Chapitre 2

Sur une idée commune avec Carnetsparesseux. chaque semaine, tous les mercredis, un nouveau chapitre sera présenté, chacun sur son blog.
(Les autres chapitres : ICI et définitions ICI)


Quand le temps parle

— « Entendez-vous rugir… » ? crie Mante-Lao.
— Qu’est-ce ? annonce O-Tel qui sort, tel un Apollon, de son nettoyage quotidien, à l’instant de son plasma d’eau parfumé à la fleur de lys.
— Mais que fait l’I.A. de service ? grogne Ula-Pil qui déplie sa mise en plis sur son lit en forme de quadrant tout fleuri de l’arôme d’un riz pilé et exquis.
— N’aurions-nous pas fait un transfert d’angoisse sub-spatial temporel ? interroge Jol-Hil debout devant la table haute en plexiglas-aymairal à dessiner des pièces nano-mécanique a bicouche lipidique.
— Nous repartirons un jour ou l’autre sur notre territoire d’origine, alors… dit l’optimiste Paulo-Tel pliant et dépliant son corps tel un gymnaste de compétition qu’il n’était pas sur la barre latérale de racks lumineux comme des lucioles du compartiment des commandes de la génératrice à propulsion atomique.
— Nous repartirons, sûr ! Pour l’instant on est à prendre possession de notre logement et cet éclat entendu ne l’a été que de Mante-Lao, alors… affirme O-Tel qui s’habille prestement d’une combinaison en fullerène à pouvoir diélectrique d’un tenant.
— Tu as raison, dit une voix d’un transpondeur amplifié qui se répand comme une douce vague dans le duplex ; mais pour l’instant pas d’alerte sur le périmètre de sécurité.
— Ah ! Tu entends Mante-Lao, Qi Pheu et l’I.A. n’ont rien entendu, sourit Jol-Hil en relevant la tête de son plan nano-mécanique.
— N’empêche que… s’inquiète Mante-Lao
— Cool. Allez, viens m’aider pour m’a mise en plis… suggère Ula-Pil.

Et tout l’équipage de continuer à s’affairer, chacune et chacun, à développer le sens de l’adaptation entre individualisme et collectivisme dans leur zone de confort comme des homo erectus mais de consistance éducative et de bienséance.

La nuit n’ayant pas cours sur cette étrange planète aux contours déformés par des reliefs dispendieux en géométries variables et déconsistantes, un système nuit-jour et mis à jour chaque jour par l’ordi-quantique à bord du MobilLus-Domus permet de créer un cycle réveil-sommeil alternatif régulier pour la bonne santé de tous. Ainsi les « bonne nuit » s’enchaînent à la roue des rêves qui s’intègre automatiquement par l’implant d’un minuscule cylindre dans le lobe de l’oreille droite et ressortira systématiquement au retour de l’éveil programmé et redeviendra une boucle d’oreille.

Le calme se prend lui aussi à rêver d’une bonne nuit aux étoiles scintillantes éparpillées comme des confettis lors d’une fête de carnaval. C’est magique à regarder. Qi Peuh s’émerveille, lui le Chef et Gardien de la mission, il veille. Ses heures de sommeil sont alternées par tranches régulières. A la différence est qu’il est né avec ce genre de qualité. Ce qui est un avantage mais aussi un inconvénient, car il peut s’endormir à tout moment mais à des temps déterminés ce qui est déstabilisant à comprendre pour les autres et n’est pas simple en cas d’urgence ou même dans la vie quotidienne. Quoi qu’il en soit, ce soir, il admire ce ciel étoilé tout à fait nouveau et ne distingue aucune des étoiles connues dans le répertoire Gala-Tik, la référence universelle, le guide pour tous les voyageurs et aventuriers et aussi pour quelques missionnaires en quête de foi spatiale intemporelle.

Il est hors du MobiLus, debout, la tête en l’air, la combinaison spatiale confortable moulée à corps de haut en bas comme une seconde peau. C’est qu’il ressemble à un genre de lézard qui se tient sur ses pattes arrière. Qui peut se moquer d’une telle attitude, si ce n’est une chose étrange qui le regarde de loin.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Allez prendre l’air …

Robe_de_Elie_Saab_2016

Robe_de_Elie_Saab_2016

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 10.20     (Hors délai)


—… et changement à Bruxelles-midi, puis à Meximieux puis à Latouille-Lentillac et après dix autres gares suivantes… l’arrivée.
— Vous voulez dire : enfin.
Voyager, c’est aussi cela, faire des sauts de puce.
— Sûrement mais d’un départ (et pas sur la Place de l’Étoile) à 11 h 02 pour une arrivée à 21 h 21, c’est carrément des sauts de fourmi.
— Possible mais sur le fameux train de Maps, il faut mesurer l’écart : au moins 23 h de train sans passer par la Belgique, alors…
— Oui, bien sûr.
— Et en voiture 18 h pour 2 000 km.
— Effectivement, et sans passer par l’équateur, je suppose ?
— Pour sûr ! Eh en vélo, tenez-vous bien… 108 heures.
— C’est sûr que 108 heures sur une selle c’est moins confortable qu’un siège… ça fait mal au…
—… un bon fauteuil d’un train comme le nôtre, c’est aussi ça, la note positive.
— C’est vrai que le tarif 450 € aller/retour, 1ère classe, pour 1 personne pour 2 000 bornes, on y va tous les jours.
— Moqueuse ?
— Pas aussi vaste que le prix du billet.
— Le parallèle n’est pas de mise
— Et pourtant… les rails…
— Quoi, les rails ?
— Elles sont parallèles, non ?
— Certes, certes ! C’est aussi votre liberté de comparer…
— De constater…
— Bon, je n’ai pas un trésor de patience illimitée, Madame.
— Pourtant n’est-ce pas le cardinal de vos attributions ?
— Je vois ! Madame est une enquiquineuse.
— Madame hésite ! Je crois que finalement, je vais prendre l’avion…
— Un long courrier ?
— Le rapport ?
— Que notre conversation bat de l’aile.
— Oui, eh bien prenez un ton moins aérien.
— C’est ça, bonjour chez vous.
— Goujat…
— J’entends Madame, j’entends… allez dont conquérir de vos hésitations l’hôtesse d’accueil de l’aérodrome d’à côté… allez prendre l’air…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Rho-Man Tout en Gala-Tik – Chapitre I

Sur une idée commune avec Carnetsparesseux. chaque semaine, tous les mercredis, un nouveau chapitre sera présenté, chacun sur son blog.

(Les autres chapitres : ICI)


De la mesure immensurable

Un ensemble automatisé nommé : Le MobilLus-Domus extra-galactique, s’est mis en place en deux temps que le mouvement temporel n’a rien vu venir mais qui somme toute permet à une seule voix de le déployer en habitat principal. Ainsi l’équipe de Qi Peuh, se tient prête à prendre possession dans un seul élan, pour une première nuit, ce nouvel espace dédié. En effet, selon la convention B-45#78, il est fortement conseillé d’installer l’équipage et la mission à l’extérieur du vaisseau principal par précaution.

Aussi les premières bonnes remarques fusent comme un feu d’artifice au mois de décembre comme en la lointaine capitale mondiale Kourou-Kourou (avec l’accent chantant) de l’exoplanète Terra-Bleue aujourd’hui jungle de première catégorie. Et Paulo-Tel n’est pas en reste, de remarques :

— Bel ensemble, hein ?
— Au moins un quatre étoiles ! lui répond Mante-Lao, cheveux de jais en court de coupe, poitrine en courbe de Gauss, regard d’antilope.
— A la Bételgeuse ! tonne O-Tel frère de Paulo-Tel, un grand gaillard aux épaules d’Atlas, aux mains à la Loki.
— Non ! A la Pollux ! siffle la belle Ula-Pil que personne ne présente. Le mot : belle, suffit à lui-même, ou lui suffit à elle-même.
— C’est vrai, je suis d’accord ! A la Pollux ! ajoute Jol-Hil, le mécanicien de bord, à l’allure d’un Baldr. (et pas un bol d’air).

L’équipage de Qi Peuh est une belle brochette de personnalité, qui embarque les yeux émerveillés, se dit Qi Peuh avant de prendre le premier quart de garde même si l’I.A. de service surveille de ses senseurs la totalité d’un périmètre de bonne mesure.

Tous dans un commun et ultime accord ne choisissent pas leur appartement, ou local de détente. Dans ce modèle de MobilLus-Domus, le collectivisme d’abord, conforme à une chambrée d’un confortable espace avec l’intimité requise en deux exemplaires. Bref, c’est la colonie sans les vacances.

Et cela plaît à Mante-Lao et Ula-Pil. Mission agrémentée du luxe, c’est aussi cela la vie d’aventurière. Ce temps est bien fini de partir avec son braquemart et son couteau telle une Alexandra David-Néel pour parcourir le monde, ou sauver des compatriotes, tel le légendaire Rambo ou attaquer une ville de Troie à plusieurs même en compagnie d’un Achille (et pas Talon).

Dans cette vaste chambrée à rotonde en duplex, ou ce duplex en rotonde, elles choisissent l’étage. Normal, les femmes aiment voir les choses en vue si ce n’est avoir de la hauteur même sans talons et sans parachute et avec de l’esprit (pour certaines).

Pour tout équipage, l’équipage a un sac à dos, en polymères à dimensions fractales hybrides inversées (résiste à tous les rayonnements, même celle de la bêtise), qui contient l’essentiel, voire comme à l’exemple le nécessaire de toilette avec quelques rechanges pour ces dames (les hommes, On le sait, sont des rustres).

Bref, quoi qu’il en soit ces primates s’installent et marquent ainsi leur territoire avec les convenances d’usage et au besoin d’une marque à la voix qui permet d’apporter un semblant de pouvoir si ce n’est de puissance. Quand, un effet de détonation inattendue semble se faire entendre ; et que seule discerne Mante-Lao, à la capacité de détection acoustique exceptionnel.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Godiche, reste dans ton terrier

Gina Lollobrigida as Venus in The Most Beautiful Woman in the World - 1955

Gina Lollobrigida as Venus in The Most Beautiful Woman in the World – 1955

Des mots, une histoire : récolte 45   (Hors délai)


Moteur !
— Non, non !!!
— Comment non ?
— Je n’ai pas les bons mots en bouche.
— En tout cas, tu n’as pas avalé ta langue !
— La tienne est bien salée.
— Je ne fais pas la morue, moi !
— Grue, être immonde et falot !
— Godiche, reste dans ton terrier.
Ornithorynque !!!
— Je ne vois pas le rapport ?
— Ah ! Non ?
— Non ?
— Tu ressembles à rien, la pouffe !!!
— Eh bien, tu vas voir la tordue, je vais te crêper le chapeau
— C’est ça, remballe ton rôle… et va punaiser sur le trottoir…
—…

— Excellent les filles… voilà une scène qui s’approprie à fond le texte… de l’auteure…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Rho-Man Tout en Gala-Tik – Prologue

Sur une idée commune de « fabriquer » un roman chacun, avec Carnetsparesseux, on tient le pari de tenir la distance. Chaque semaine, tous les mercredis, un nouveau chapitre sera présenté, chacun sur son blog.


Tout est là, en attente.

Le chef, Qi Peuh Leu P+ se gratte le haut du crâne dégarni par les longues nuits de questionnements et de doutes qui se faufilent (et pas faux-filet) suite à la mission confiée par l’Entité, sous le couvert (et la vue basse) du Haut Découvreur en chef pour la mission nommée : De tout et rien, (et pas tout terrien) dans un périmètre assez vaste pour contenir plusieurs millénaires…

Aujourd’hui, avec ses valeureux guerriers ils ont atterri sur une plage de sable vert comme si des algues microscopiques avaient élu domicile, sur ce territoire exoplanète dont un océan d’eau au nuancier de gris fait grise mine sous une étoile naine jaune citron qui balafre le ciel blanc linceul.

Qi Peuh réfléchit en compagnie de l’onde lumineuse de sa cabine de pilotage biplace et se demande comment ils en sont arrivés à cet endroit, assis sur l’avant droit de son immense vaisseau inter-malactique suite à une traversée de plusieurs méga-parsecs qui a eu lieu en une fraction de seconde. Il se demande d’ailleurs s’il n’est pas en train de rêver les yeux ouverts. Il a l’impression d’être dedans et à l’extérieur du vaisseau !

Alors erreur de pilotage ? Défaut de programmation Apligalic ? Champ magnétoBicolic défaillant ? Éruption cutanée des neuro-transmetteurs du pilote automatique ? Poussière Loubicamie sur un réseau Transpotalavie ? Il a ainsi une multitude de questions qui s’empilent comme les gâteaux Moulito embarqués par précaution en cas de famine imprévue. Et l’imprévue n’a pas tellement bien fait les choses. Il n’a pas les moyens de revenir sur le territoire d’origine. En effet, l’énergie dépensée n’est pas, apparemment, renouvelable.

Poser le campement, seule chose à faire avant de voir fleurir la bonne idée qui fera avancer la mission avec cette lueur charbonneuse qu’aucun chardon ou épineux ne viennent piquer la mauvaise augure dans son sommeil.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La courroie de transmission de ses envies

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 9.20 (Hors délai)


Il était une fois un tracteur qui s’ennuyait ferme, même si une vieille poule lui concoctait tous les jours un résumé de la veille des caquetages de la basse-cour. Il avait été marqué d’obsolescence avec d’autres matériels dont les états étaient divers et variés entre les pannes et la vieillerie. Ils étaient devenus le produit de l’inutilité même si parfois des inconnus osaient ponctionner quelques pièces de leurs mécanismes, et cela au déchirement silencieux d’une déchéance mal vécue…

Tandis que dans la buanderie une lessiveuse chantait à tue-tête un bel canto en compagnie d’un feu ardent amoureux à la première forme de ses lignes de fond, le tracteur ruminait à travailler de nouveau dans les chants… euh les champs… avec tout son saint-frusquin : charrue, broyeuse d’accotement, chargeur frontal, faucheuse, déchaumeurs, remorque… et ouvrir enfin une nouvelle vie à une utilité digne d’être reconnu…

Cependant le paysan bourru et dodu à souhait n’avait aucune intention de reprendre comme compagnon son tracteur. En effet, bêche, fourche, râteau étaient ses alliés de chaque jour, humblement et efficacement. D’ailleurs, il était devenu dans sa ferme une réduction de lui-même aucun repreneur n’ayant voulu… reprendre ses quelques centaines d’hectares vendus la mort dans l’âme et le pire à une société écran chinoise dont il n’avait pas eu connaissance si ce n’est trop tard…

Ainsi, il lui restait quelques arpents avec un poulailler, une belle terre en jachère, un unique prunier qui donnait une année sur deux. Bref, sa vie n’avait plus rien à construire et la courroie de transmission de ses envies avait cassé irrémédiablement.

Et ce jour-là il fit un rêve étrange, celui de son tracteur qui le tourmentait pour reprendre du service à cultiver quelque que beaux légumineux sur son lopin riche et sain. Et chaque nuit, à heure fixe, ce rêve le poursuivait. Quand, un jour de pleine Lune ne pouvant dormir, il se leva. Chaussons aux pieds, il s’avança vers la porte pour sortir. Il eut une peur bleue au fond des yeux. Le tracteur était là… à son seuil, silencieux et imposant.

— Alors camarade, on reprend du service ensemble ? lui dit le tracteur de sa voix douce de ténor.

Le paysan n’ayant pas le cœur assez solide capota en avant la tête sur la calandre du tracteur.

Depuis ce jour la légende dit qu’un tracteur a enterré son propriétaire à la nouvelle Lune et que l’on entend ronronner ses chevaux a vingt lieues à la ronde.

Morale : ne vous levez pas si vous entendez un tracteur devant votre porte.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La grotte de l’ours indien

Grotte de Han du livre Les Artères du globe de Paul Bory 1888 – Page 213

Grotte de Han du livre Les Artères du globe de Paul Bory 1888 – Page 213 – Gallica

Des mots, une histoire : récolte 44 (Hors délai)


Délétère, sourcière, salière, poudrière, entière, derrière…
— Stop ! Quelle est cette terre de mots ?
— C’est un extrait.
— Extrait de quoi ?
— D’un prologue.
— Un prologue ? De quel livre ?
— « La grotte de l’ours indien »
— Connais pas.
— 1963.
— Encore moins.
— C’est l’histoire d’un adolescent adopté par une famille d’ours et d’une guérisseuse qui s’éprend de ce jeune homme.
— Inattendu.
— C’est une atmosphère à la fois animale et tendre.
— Un poil intéressant ?
— Je ne vais pas faire la vaticination* ou simplement te dévoiler… il faut lire…
— Tu peux me résumer sans tout me dire !
— Non !
— Je suis marri de cette attitude !
— Cool, ce bouquin…
— Eh bien ?
— Eh bien ! … il n’existe pas !

  • : prédiction

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le drame aux mains propres

Chaise sur champ (Si vous connaissez le la photographe )

Chaise sur champ (Si vous connaissez le la photographe )

Les petits cahiers d’Émilie. Emilie 8.20 (Hors délai)


La montagne se tient à l’horizon. L’aigle se pose sur la cime du premier arbre. Le mouton est en mode attente et le ruisseau… ruisselle et les ragots ragotent au café du village.

Ainsi, le décor décoré est installé, le drame aux mains propres s’habille de ses chaussettes réversibles, de son pantalon tissé à l’ortie du Nord, d’un long manteau feuillu de la plaine et d’un large chapeau plat fait de lames genre rasoir au possible et d’un radar dernier cri à appréhension amplifiée.

Quand le corbeau de service, s’approche en vol plané en delta et se pose aux cotés de l’aigle genre royal troisième branche à partir du bas, et dit :

— Alors, vieux frère, tu cogites ?
—…
— Si tu l’enserres trop lentement, il va iodler dans toute la vallée.
—…
— Au contraire, si je le rabats vers le ruisseau chantant, tu pourras à loisir le cueillir.
—…
— T’es pas causant mon frère, aujourd’hui ? Un problème ?

L’aigle d’un coup de bec comme un retour de boomerang sectionne la tête de linotte… du corbeau. Le bel aigle a un frisson de sa belle chair emplumée, éprouve un seul hoquet, déplie ses ailes, brasse l’air par une belle résonance qui traverse les belles lignes de la vallée jusqu’au journal déplié à la lecture d’un villageois d’une belle vieillesse assis sur un banc de granit, bien au frais, sous le platane de la place.

— Le rapace n’est pas de bonne humeur… y en a un qu’a dû morfler…
— Pour sûr, répond son vieux camarade de classe qui fume la pipe, le chapeau de paille entre les oreilles.
— Alors, tu vas le gronder ?
— Non, non.

Les deux hommes se regardent d’un œil profond et… rapace, glacial.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 12/12

Nicolas-François Gromort 12 1837

Nicolas-François Gromort 12 1837

 

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


12/12

Lucie, bien avant Jacquard

— Ma solitude, pourquoi souris-tu… édentée ? As-tu un autre nom ? Toi mon isolement mon désert d’amour dis-moi je t’aime dis-moi ma survivance ma douce faux à l’Ankou filigranée je te défie au bord de ma lignée détissée sur une trahison où j’ai posé mon désir fané sur une dalle de marbre veiné de ma tristesse et je brode mes malheurs à la vielle de mes larmes à mon océan d’amertume je rame sans fin comme pour résister encore et encore jusqu’au dernier moment sans rédemption abandonnée à mon sort sur le parvis des langues quolibets…

« Les hommes sont bizarres ; ils ne savent rien refuser à une femme
qui leur est étrangère, et celle qui mérite le plus leurs égards semble
toujours celle qui en obtient le moins. Mon saisissement, mes regards
suppliants, rien n’a put’arrêter, rien. Tu es parti ; je suis restée là,
debout, immobile ; je t’ai suivi des yeux donnant la main à cette femme.

Je l’ai vue monter en voiture. Puis toi, toi près d’elle ! Le bruit de la portière,
lorsqu’on l’a fermée, m’a presque renversée ; celui des roues, lorsque
l’on est parti, m’a fait pousser un long gémissement ; il me semblait
qu’elles emportaient ma vie, qu’elles broyaient mon cœur. Mes forces
diminuaient à mesure que le bruit s’affaiblissait ; et quand le dernier
murmure s’est perdu dans l’air, j’ai cru ne plus exister,
et je suis tombée mourante sur un siège. » (Constance de Salmlettre II)

— Ma solitude, pourquoi souris-tu… édentée ? As-tu un autre nom ? Et toi mon fils qui répudié mendiant sur le trottoir et vous mon époux défilé du logis désengagé à mon encontre je paie le prix de votre mésalliance et pourtant j’avais ce pouvoir de pardonner Dieu m’en est témoin et j’acte de mon nouveau chemin à la croix des calvaires vous me tiraillez le cœur et l’âme s’émeut de tenir prières sur les genoux des froids pavés de l’incertitude d’avoir une place au ciel moi honnête dévouée pieuse je m’endormirais l’enfer dans mes bras… moi l’innocente…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 11/12

Nicolas-François Gromort 11 1837

Nicolas-François Gromort 11 1837

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


11/12

François et son fils

— … fils ingrat … relève-toi morpion…
—… Père ancêtre de la bonne parole et morale…
—… vas-tu te taire…
—… tu as trompé…
—… enchaîne tes mots à l’instant…
—… ta turpitude sera ta croix, indigne géniteur…
—… mauvaise herbe je vais te brosser l’échine…
—… tu n’es qu’une vermine qui ronge les sangs de ma mère…
—… insolent persifleur…
—… je t’ai vu à trousser la servante de l’auberge à la cave je t’ai vu sortir et elle derrière toi…
—… vil cafardeur, je vais te rosser jusqu’à l’os …
— … je préfère te renier père au sceau de ton nom je quitte ta souveraine possession … adieu !
—…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020