Arrête de jouer l’apprentie désœuvrée

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Yiiiii haaa !
— Pas la peine de crier si fort ! Nos vies ne tiennent qu’à un fil …
— Ça pince foutrement dur !
— Si t’avais mis ta main ailleurs, patate.
— Patate, patate … purée quelle affaire !
— Faut assumer …
— Assumer, assumer …
— T’arrêtes de répéter, hein ? … parce que je commence à voir rouge.
— Rouge ? T’as attrapé la myxomatose ?
— Tu vas pas tarder à goûter aux saveurs de ma main sur ta gueu…
— Pas de grossièreté, mon lapin.
— Je ne suis pas d’humeur
— Alors, fais le vide ..
— Le vide ? T’es pas un peu bizarre ? Comment utiliser cette expression dans notre situation toute périlleuse …
— Tu ne me comprends pas …
— Enfin, ce n’est pas le lieu d’une discussion de couple …
— Pas le lieu, pas le moment …
— T’es pénible, là …
— Et voilà …
— T’es pathétique …arrête de jouer l’apprentie désœuvrée, larguée …
— Ok, ok … tu vois la corde ?
— Et ?
— Tu vois le vide sous nos yeux ?
— Et ?
— Et là, je te largue …

Dernière info TV 24/24 : un alpiniste a fait une chute de quatre cents mètres après avoir dévissé dimanche après-midi … sa veuve a révélé aux gendarmes que son compagnon était depuis plusieurs semaines, suicidaire … une enquête a été ouverte …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Publicités

Ses yeux noirs et profonds comme deux puits en prolongement

Participation à Agenda Ironique d’Avril 2019


Rien n’est moins sûr que la certitude.

Un jour des épis de pereskia se présentent à une heure tardive à l’entrée de ma hutte d’hôtes au bord du fleuve. J’ai cru à quelques graines sans importance qui demandent asile pour la nuit toute fraîche de nos contrées. Je ne vais pas germer longtemps dans cette fameuse certitude qui taraude même les meilleurs. Elles s’installent comme des habituées et réclament audacieuses et en chœur un spectacle à casser la graine. Jean Fu serveur de bons vins, de mes employés fidèles et intéressé par la prime du quintal de blé de l’année, outré du ton et de la couleur des propos, s’oppose tout de go avec le jeu de ses yeux noirs et profonds comme deux puits en prolongement verticaux d’une telle demande qui n’est pas de belle facture.

Elles s’opposent, crient, s’excitent, glapissent, s’égosillent, tempêtent, meuglent, tonnent et enfin protestent fermement au rempart en seuil déposé comme un bouclier tenu courageusement par Fu qui tient haut sa position comme une graine de champion. Il n’est pas dit que son dernier mot prennent le chemin le plus court pour porter l’estocade à ces mégères qui s’étalent, de-ci de-là aux tables conquises telles des Amazones contre Priam. Et pourtant, à l’évidence, elles s’égrainent tant et si bien qu’il perd patience, affronte son désarroi et passe au travers d’un doute, d’un flottement, d’un embarras, d’une incertitude et flanche comme une flèche qui n’atteint pas sa cible.

Et, là, défiant l’impensable situation, l’abdication de Fu, je m’interpose et menace, j’exhorte à la raison et la dignité du lieu. Ici, on respecte la coutume et l’ordre. Ne vient pas en repos repas par des impositions, des exigences, des revendications. Les mauvaises graines, par ce coup, deviennent migraineuses, se figent comme dans une gélatine refroidie à fort tempérament. Et puis par un élément déclencheur dont je n’ai toujours pas compris l’once d’une logique graineuse, un grain de folie s’empare des épis comme un enchantement maléfique, dans un tohu-bohu, saccage ma hutte.

Alors, une graine de moutarde me monte au nez, je fais intervenir sur-le-champ les gardes : des fourmis tambocha, qui sont du genre à vous piquer de hannetons si vous prenez latitude d’un maître de céans alors que vous êtes désigné gueux par effet de caste, d’obligation, de résignation ou par convenance personnelle, voire par déplaisance d’attitude. L’épicentre fait onde de choc sur la totalité des épis qui s’éparpillent comme un coup de vent, balaie mon plancher, vers une direction dont la rosace conductrice sait m’éloigner de ces hôtes indésirables.

Rien n’est moins sûr que la certitude.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un épiderme sensible a l’ambition d’être aimé

Oeuvre de René Magritte – Le miroir vivant

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 15 et origine


personnage éclatant de rire… édenté de l’espoir qui se moque de sa ligne de vie brisée à l’adolescence par effet d’un excès de pouvoir… dont l’horizon c’est ouvert un matin au chant d’un rêve qui avait perdu son chemin entre les arbres d’une réalité reconstituée et d’une langue rose bonbon d’un tableau de maître excentrique et perfectionniste possédé de l’art comme un épiderme sensible a l’ambition d’être aimé… pour s’ouvrir à l’armoire des secrets, à l’alcôve d’une femme qui a posé un regard bienveillant sur les stigmates qui suintent l’angoisse, la peur… brille le chemin de la rédemption comme un trophée… quand les cris d’oiseaux poussiéreux réveillés par les démons des mots heureux, à l’échine courbée, au visage des lettres enfoncées… un melon de belle cuisine surgit, roulé par le mot inadvertance aux pieds du personnage… personnage éclatant de rire…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Il s’assoit une fois de plus sur son insomnie

Personnage Corrin ou Kamui de Fire Emblem Fates – héros ou héroine – jeu vidéo de rôle tactique

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 08 au 13 avril 2019


L’oiseau emplumé de sa robe ténébreuse n’est pas d’humeur à écouter la fanfare des cui-cui au soleil levant défrisé par une nuit dépossédée par un vol de jour qui se rit chaque jour du rideau noir de sa sœur. En effet la combinaison est inattendue : le jour, la nuit, nés d’une même entité et pas sur la verdure d’un champ campagnard de luzerne qui s’ébroue à la moindre gifle de vent qui n’entend rien à son souffle … l’oiseau le sait et s’en bat l’aile …

Et puis l’oiseau va prendre son café sur son balcon. Il défait son déguisement. Le spectacle du jour de la nocturne tournée est fini. Il s’assoit une fois de plus sur son insomnie. Pas de renouveau possible. La vie comme une échelle à gravir sans fin, la faim d’une mort attendue qui n’a d’yeux que pour les autres … et lui, le velours de l’attente du sommeil sur le parvis d’un paradis éternel de non vie comme une source d’envie de ne pas renaître …

Et puis, à cet instant, il va sursauter sur sa chaise Ikéa en promo en bois collé de copeaux souffreteux devant une corneille qui l’appelle par son prénom. Elle lui demande de sortir de son rêve et de prendre sa clé de bagnole pour celle de la clé des champs et enfin savourer son avenir qui lui tend la joue pour l’embrasser goulûment … et il se réveille …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Robe en mode feuille de laitue

Photographie prise en janvier 2005 par Semnoz - Wikipédia

Photographie prise en janvier 2005 par Semnoz – Wikipédia

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 14 et origine


Maître des Fromages avait sur son plateau, à son service, toutes ses fromagères favorites. Un harem qui était à son goût, prêtent à fondre pour son seul plaisir de Maître, le bougre. Il voulait toutes les choisir, mais ne se décidait pas. Non, il y avait un je-ne-sais-quoi qui le dérangeait. Elles étaient trop lascives, peut-être ? Ou peut-être avaient-elles de cette péremption, proche devenir, qui le rebutait ? Était-ce seulement leur forme, leurs rondeurs, leur couleur, leur origine … ? Il tournait en rond et elles devenaient impatientes comme toutes les fromagères décidées à ne pas se laisser déposséder d’un plaisir encore inassouvi et brûlant comme les braises d’un Vésuve au crédit de longs mois à s’émanciper enfin…

Non, il y avait autre chose, presque indéfinissable, mais qui était à … son goût tout à fait indispensable pour apprécier, en sa totalité, une fromagère digne de ce nom. Quand, par un hasard que le dé service n’avait pas prévu dans les actions à présenter ce jour-là, une fromagère des champs de belle forme se posa en compagnie d’une robe en mode feuille de laitue de belle provenance, sur mini plateau de terre cuite en arrière scène.

Le Maître des Fromages sentit, cette nouvelle compagnie comme une étoile descendue de l’étable de la providence. Il va sans dire que les favorites Fromagères s’agacèrent par cette jalousie cousue au lait cru et à la bactérie vindicative. D’un seul élan, elles s’enhardirent à s’enlaidir en se trémoussant devant le Maître qui d’un effet « cloche » à fromages ferma la parenthèse à ses mégères qui avaient l’envie de plaire qu’à elles-mêmes, les bougresses.

Alors, le Maître s’intéressa vivement à la nouvelle venue qui avait toutes les données pour séduire au contraire de ses semblables à l’odeur industrielle, de la bactérie domptée … elle était, elle … d’une fragrance naturelle …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Une conversation en outre égarée par le délire de plaire

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Par conséquent, il ne faut accepter quelqu’un comme ami et ne se lier avec lui qu’après avoir constaté des deux côtés qu’on est digne d’amitié et de confiance » nous dit Aristote (1). De fait, je constate que sur Facebook par exemple les amis sont légion et ne correspondent pas, à l’évidence, aux propos du philosophe antique. Et quoi que antique, ses dires sont toujours d’actualité et je ne veux pas mettre mon grain de sable ou de riz dans le rouage d’un avis personnel pour le diffuser par conscience d’une possible erreur de ma part et d’une sagesse incertaine qui m’honore car je suis actuellement dans un endroit un peu particulier voire un peu fou, là où on enferme des gens pas très bien dans leur tête quoi que ce n’est pas toujours vrai car qui n’a pas eu un jour des propos confus même devant un ami je vous le demande et qu’une conversation en outre égarée par le délire de plaire à une amie un peu déphasée par de l’alcool de cette amitié rassure tout le monde et le calme peut revenir sur le devant de la scène de sa propre vie ce qui ne porte pas trop à conséquence au regard d’une amitié solide de part et d’autre et que le désir de se lier ainsi non par défaut mais par sincérité …

— Alors, docteur, que pensez-vous de ce cas ?
— Rien … une logorrhée suite à une rupture amicale… il reviendra à lui … ou pas.

(1) Éthique de Nicomaque – Livre VIII – Chapitre IV

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Quand l’ombre de l’égoïsme…

Source Wijipédia

Photographie de Nicolás Pérez – 2002 – Valladolid – España – wikipédia

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 13 et origine


Figure de paon en rosace d’amour, le cerisier des Collines fait le beau. Cependant il se pose la question existentielle que la nature lui permet, en voilà un extrait :

—  … à quoi cela sert-il, moi qui suis seul à des kilomètres à la ronde, d’être aussi beau ? Mon entourage est de pierres à défaut de marbre et les prairies environnantes s’étalent de respect mais ne daignent pas m’adresser la parole. Qu’il est difficile d’être soi-même quand l’ombre de l’égoïsme des autres vous… snob. Il faudrait prendre le mal par la racine. Cependant, je suis par essence de cette immobilité qui voyage en sous-sol à l’onde propice d’un terrain silencieux comme un territoire… en cimetière. Étrange position qui est la mienne. Mon état symbolique est un appel à la vie et ma cime est un couvre-chef qui rayonne dans le ciel bleu de l’indifférence d’un ciel d’autorité qui ne souffre aucun nuage même égaré et ce ciel dont je parle ne goutte rien et la plaisanterie encore moins. Je pensais, en ma jeunesse, qu’il était puits de science et qu’il conversait avec les étoiles, les comètes et ces drôles d’oiseaux d’ailes fixes comme des flèches sans direction. Toute vérité se découvre comme une erreur si ce n’est une disjonction avec ce que l’on souhaite accepter. Je me déçois d’être naïf et ma séduction printanière est de cette naïveté qui me ferait rougir si j’avais des joues comme paraît-il les humains. D’ailleurs, il y a combien de temps que je n’ai aperçu de cette espèce ? De toute façon, je ne suis d’aucune utilité. Et pourtant, j’existe. Et si j’existe c’est que j’ai une utilité. Laquelle ? Et si j’étais une invention ? Ou pire, un mutant ? Est-ce que je vis ma vie comme une erreur… ornementale ?…

Ainsi, de ce monologue ininterrompu le cerisier des Collines traverse les années en lumière de temps que semble éprouver aussi l’éternité dans son exil.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019