Une voix posée sur un écho de montagne

Bâtiment photographie Iotop 2020

Blog oulimots contrainte écriture


Je viens de franchir un cap (il n’est pas vert, ni d’espérance). Nuit noire d’été et peur bleue. Un feu rouge à ma gauche. Je marche au-delà de ma nuit blanche. Je viens de traverser la ligne jaune de mon destin. Ici, rue Magenta. Le trottoir fait une vague. Je tousse. Paris comme un fond d’estomac. Je vomis. Rien de bien méchant. Les bières me font pisser au pied de mon néant et le lampadaire approuve en des clignotements intempestifs. Tout est là. Ma vie ne se retourne pas. Je suis né à Lorient, je vagabonde dans la capitale … les odeurs de la misère sont les mêmes.

Il me semble que je lévite au-dessus d’une voiture.

Une église. Saint-Laurent. Cause à effet ? Je suis devenu un saint ? Je suis navigateur, boussole déboussolée, toute vie est insalubre et l’on passe son temps à se nettoyer ou pas. Se laver l’intérieur, je n’ai que mon whisky. Mes pas sont onduleux, mes jambes dépossédées de la gravité, mes yeux déambulent dans mes orbites molles, mes cheveux se hérissent, se mettent en boules difforment, l’intérieur de mon ventre est un sauna effervescent … et puis tout vibre en moi tel un orgasme incontrôlé, le merveilleux me possède totalement, entièrement … je hurle à la damnation …

— Avez-vous un briquet pour m’allumer ?

Une voix posée sur un écho de montagne me fait sursauter.

— Qu’est-ce que c’est ?
— Je suis la Bougie des Marais …
— Une Bougie ? … des Marais ? …
— Oui, tout à fait.
— Je … je crois …
— Ne bougez pas.
— Oui … c’est ça…

A présent, je vois une bougie scintiller qui se dandine devant moi. Je me dis que nous sommes bien allumés tous les deux.

— Ohé Ohé ? Eh Eh ? Monsieur ?
— C’est … c’est vous la bougie ?
— Non, non, je suis un sauveteur, il y a eu un séisme…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

T’as le vilebrequin du cerveau qui déraille

Photographie Iotop 2020

Blog oulimots contrainte écriture


Je navigue à vue. Le penon en berne, les rames sur la grève, le moral dans les chaussettes … trouées … ma vie est un brouillard enflammé qui ne s’est jamais dissipé.

Le verbe éclore est absent de ma vie … je suis momifié avant d’être mort … aucun souvenir même nacré d’un amour perdu…

Ce soir, je suis devant mon velouté de potiron bergamote. Il est vingt heures. Je regarde une chaîne d’info historiquement grabataire, perclus de ses mauvaises nouvelles, figurée d’un buste, d’une voix … mille ans … et pourtant je m’accroche à ce rituel …

Le téléphone sonne (rien à voir avec l’émission de radio quadragénaire). Je décroche.

— Allô ?
— C’est Paul ?
— Lui-même.
— Je me présente, Paula …
— Stop ! Je ne suis pas intéressé par votre pub téléphonique interdite selon l’article L. 223-1 du code de la consommation…
— Mais je suis Paula, Paul ! tu ne me remets pas ?
— …
— Paula ! nous étions tous les deux en intérim dans une boîte de fournitures de bureau au sud de la ville.
— Oui, possible … et que puis-je pour vous ?
— Tu me vouvoies ?
— Je ne suis pas très frénétique, ce soir…
— T’as le vilebrequin du cerveau qui déraille, Paul ?
— Pourquoi riez-vous ?
— Fais pas l’innocent de celui qui ne me connaît pas, hein ! T’as peur ?
— Ce mot m’est inconnu…
— Vantard !
— Demain tu seras morte, tu le sais ?
— …
— Tu ne dis rien ?
— …
— Tu vas mourir d’une occlusion … et tu auras le choix … de l’occlusion …
— T’es vraiment un grand malade toi…

Elle raccroche. Mal polie.

Et je souris. Pour une fois que je peux annoncer une mauvaise nouvelle directement car la vie n’est pas toujours rose, pour nous les suppôts du maître Satan …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Vous avez perdu la tête si j’avais l’humour espiègle

Photographie de Falyn Huang
Alex et Effee

Blog oulimots contrainte écriture


Elle vient de Miyazaki ville du Japon où est née la chanteuse et actrice Yui Asaka. Il n’y a pas de quoi faire un fromage (et le fromage n’est pas une spécialité de cette île) se disent les pensées bien pensantes. C’est vrai. Cependant, j’aime les lignes japonaises (et pas de trains hyperloop) qui me semblent mystérieuses comme une Sei Shōnagon.

Je l’ai rencontrée sur le web (une fois n’est pas coutume) ce qui m’a enchanté jusqu’au moment du rendez-vous pour de vrai. Réalité qui fait peur, un bouillonnement au ventre d’un volcan d’émotion s’ouvre et me fais passer de la tachycardie digne d’un funambule qui traverse un canyon d’Arizona.

Quoi qu’il en soit si elle n’aime pas le lapin, elle me fait comprendre que sa spécialité est d’en poser. L’envers du décor me prends à la gorge quand j’entends au loin le pimpon d’un véhicule de secours. Je suis à l’intérieur quand j’ouvre les yeux et qu’un personnel soignant le visage rouge brique sourit, les dents blanc d’Espagne et il me semble l’entendre d’une voix couleur bleu pastel :

— Voulez-vous votre doudou ?

Se moque-t-il ou suis-je au bord du délire d’un traumatisme temporel ?

— Quelle heure est-il ?
20h35, me répond-il en aiguillant une aiguille dans un truc à plusieurs embouts que j’aperçois planté dans l’avant-bras.
— Je suis où ?
— Ici et maintenant, dit-il en souriant béatement.

Il ne me console pas.

— Vous avez pris des conservateurs ? Avouez, hein ?
— Des quoi ?
— Ne faites pas la sourde oreille, hein, mon canaillou.
— Je ne vous permets pas, non mais !
— Ou alors, des proguateurs, des mulateurs, des bimalateurs, des gibalateurs ?
— Je ne comprends rien !
— Calmez-vous. On va se rendormir tranquillement.

Deuxième réveil. Étrange impression de ne plus avoir de corps mais seulement ma tête. Effectivement, ma tête est posée sur une vitre ronde transparente dans un lieu qui ressemble à un laboratoire.

— Alors, toujours pas de doudou ? me dit le même personnel soignant avec son sourire de gouvernante.
— Puis-je savoir ce que je fais ici ?
— Vous avez perdu la tête si j’avais l’humour espiègle .
— Euh … je vous en prie, un peu de décence.
— En fait, on a jeté ce qui n’est plus bon…
— Eh bien bravo !
— On a un tantinet hésité sur votre tête, mais comme vous en avez une bonne, de tête, on s’est dit, il peut encore la garder.
— Et le reste de mon corps, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?
— Demain et en attendant, un petit somme pour retourner au merveilleux pays des rêves…

Troisième réveil. Je suis dans mon lit en compagnie de ma japonaise qui me dit :

— Je ne savais pas que tu étais une femme …
— Aaaaaaaaaaaaaah !

Cinquantenaire d’une belle tournure de corps

femme cinquante elegante chapeau -Photographe inconnu
femme cinquante élégante chapeau
Photographe inconnu

Blog oulimots contrainte écriture


Il lui semblait avoir une tête de potimarron après l’ivresse de la soirée qu’il venait de passer dans le château de la belle au bois dormant surnom de la comtesse cinquantenaire d’une belle tournure de corps qui l’avait invitée alors qu’il faisait le poireau devant un cinéma suite à un rendez-vous pris sur un site web de rencontres qui s’était avéré être un lapin …

Il avait des souvenirs par flashs depuis qu’il était sous la douche un peu fraîche comme la nudité de ce matin dont la rosée s’éveillait à l’orangé d’un horizon bancal et défiguré par les nuageux cumulus baluchonnés en voyageurs éphémères qui n’attendaient pas à se faire enguirlander par les nimbostratus maous…

Il faisait glisser son savon bio à la courgette sur sa peau délicatement robuste comme une belle carrosserie de mustang qui devenait verte par effet d’une composition instable et ne s’étonna pas de ce changement au climat de son état entre deux eaux, qu’il se rappelait que la comtesse l’avait bousculée à la sortie du ciné après la séance de quatorze heures dix, lui qui faisait le pied de grue et que matait une aubergine

La pomme de douche en main, l’eau se déversait d’un corps à corps avec lui-même se découvrant un moment de bonheur qu’il se demandait comment il avait cédé aux avances de la comtesse si ce n’était son allure bon chic bon genre avec son trench-coat beige et sa robe fourreau poivron jaune clair unie avec poches ou son sourire en coin, ses yeux de biche ou tout simplement son parfum N°5 ou peut-être bien sa voix qui l’avait envoûté…

Il faisait ses premiers pas à l’extérieur de la douche italienne que la comtesse se présenta toute … inattendue qu’elle lui claquât sa fesse droite qu’il rougit comme une tomate au milieu d’un été possédé d’une sécheresse à dénuder les écorces des arbres, qu’il n’avait pas, ni feuille de vigne ou de salade seulement sa main gauche pour cacher sa modeste verge :

— Alors, mon chou, on fait sa midinette ? Hier au soir, tu avais un meilleur répondant !
— Hier au soir, était un autre jour. Aujourd’hui, je ne veux pas me faire déguster par une mante religieuse.
— Et si j’étais une veuve noire ?
— Raison de plus pour ne pas contraindre ma vie à subir tes démons de midi.
— Goujat !
— Non, c’est un constat !
— Profite au lieu de constater, juger, condamner … à la barre des témoins … faire la fine bouche, dénaturer de ce que tu as joui, déposséder ce que tu as possédé toute une nuit …
— Holà ! Je suis d’une nature délicate moi ! Je souhaite encore profiter de contrées inconnues et ne pas me consacrer à un seul territoire !
— Tu as la langue bien pendue, autant que pour pratiquer un cunnilingus.
— Un compliment ?
— Un compliment car je ne suis pas avare moi !
— Holà ! Doucement, ! … une nuit avec toi c’est Austerlitz devant les Russes, c’est Mohamed Ali devant George Foreman … bref, je suis essoré ! Ok ?
— Et moi, si j’en redemande, beau goujat ?
— Je déclare forfait !
— Immature !
— Femme fatale !
— Soldat sans munitions.
— Hystérique !
— …

Deux mois plus tard, ils se marièrent et n’eurent qu’à jouir … de la vie.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Une étrange virgule déambule dans les étagères

Photographie Martin Cauchon

Les Plumes chez Émilie 22.20


La bibliothèque est aujourd’hui fermée.

Une page anonyme a été envoyée par un dictionnaire masqué (selon les experts en tout genre amenés à émettre des avis à la fois discordants et concordants selon la position et l’humeur du moment du public toujours avide et curieux par sa nature des mystères et à la fois perdu par le tohu-bohu de ces mêmes experts) au service de la milice police municipale des objets à venir chercher.

A la lecture de cette fameuse page imprimée à l’encre de Chine (cela ne s’invente pas) sur papier recyclé sur des machines industrielles et lavé à l’eau pure et dénaturée par effet, indique qu’une étrange virgule déambule dans les étagères, les allées et même le sous-sol des archives, émanant un parfum de rose qu’enivre jusqu’à ce que mort s’en suive des livres de poche après une agonie digne des films à la Dario Argento.

La bibliothèque est aujourd’hui fermée.

Le maire de la commune a pris des dispositions. Un peu tard profèrent les langues de vipère et a juste mesure disent les plus honnêtes, quand d’autres ne font état que d’un conte pour attirer l’attention pour s’offrir du tourisme à gogo sans sous déliés de pub.

Dans cette page anonyme, il est question d’un autodafé si les livres des éditions Rhododendron ne sont pas libérés d’ici la fin du mois. Nous sommes le vingt. Les jours se comptent ou se décomptent, selon la position des experts qui divergent…

La bibliothèque est aujourd’hui fermée.

Les plus audacieux des experts travaillent d’arrache-pied tout en conservant leur tête froide pour comprendre la fermeture inexpliquée de toutes les issues de la bibliothèque. La conclusion, non unanime, qui en ressort après moult tentatives à comprendre ce phénomène inexplicable : un livre de magie dépressif et persécuté serait le coupable.

Après cette nouvelle retentissante le monde s’use à lire pour découvrir la clé d’un désenchantement dans le marc de café, les cartes de toute nature, dans les feuillages d’arbres millénaires et même à se livrer à des incantations avec des cerfs-volants au clair de Lune. Certaines langues trop pendues disent que ce n’est pas un loisir ni même une occasion de s’élever voire s’occuper avec intelligence… pour ceux qui en ont une, bien sûr.

La bibliothèque est aujourd’hui fermée.

L’occulte fait peur. Il va sans dire tout en disant qu’une évasion de la totalité des ouvrages est exclue. Alors, si les idées s’enflamment, le nombre de livres de poche meure d’une manière exponentiellement alarmante.

Il n’y a pas de revendication et c’est la question qui jamais soulevé (même avec un palan) vient percuter sans ménagement les experts ahuris, qu’un enfant de huit ans pose.

La bibliothèque est aujourd’hui fermée.

De suite un plénipotentiaire est désigné par les forces de l’ordre public dans la ménagerie des experts. Celui-ci n’en mène pas plus large qu’une marge quand il se présente avec un livre ouvert sur le code pénal de l’occultisme et des dragons… en livre de poche.

Il va sans dire que l’encre du livre de magie ne fait qu’un tour. Il se tourne les pages, se fait un sang d’encre en taches d’encre, se froissent toutes les lignes de la page vingt-deux… et quand l’inattendu se réveille, voilà qu’avec un jet d’encre de capitulation il signe sa reddition. Il souhaitait seulement une réédition mais avait omis de l’écrire comme… revendication.

La bibliothèque est aujourd’hui ouverte.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La loi de Murphy a bon dos

Photographie de Julien Eveno
Voile de brume

Blog de Sabrina


Assise sur le bord du fleuve
Baignant son chagrin épreuve
Colette belle comme le jour
Devait décider quel parcours
Elle devait prendre pour sa vie
Finalement pas rose qu’elle se dit
Grognant au vent toujours rude
Hélant ses pensées d’inquiétude
Implorant le hasard du destin
Jurant qu’il ferait tout pour rien
Kopeck il lança pile ou bien face
La loi de Murphy a bon dos passe
Misère connaît pas le pile sourit
Nonobstant les quolibets endurcis
Ouvre une nouvelle et belle voie
Possible à la noble Colette de soie
Quitte sa mouise et dévale le cœur
Râpé mais encore solide à c’tte heure
Sur la bonne route pour de vrai
Toute guillerette enfin si fait
Use ses sentiments à son prince
Voleur de cœurs qu’elle en pince
Willy son ange gardien le vaurien
Xérès au goulot l’animal coquin
Y-a-qu’à dit-il à Colette défaite
Zigzaguant de chagrin plongeant la tête … la première dans le fleuve ….

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Les années passent s’entassent et nous encrassent

Pied à pied Photo Iotop 2020

Aujourd’hui, il fait beau. Enfin une bonne nouvelle.

— Et toi, tu as une bonne nouvelle ?
— Oui !
— Et ?
— Je garde le secret.
— Pourquoi ?
— C’est beau un secret … le préserver du monde extérieur, ne le garder que pour soi c’est jouissif …
— Hum … on a besoin des bonnes nouvelles des autres, aussi.
— Pour se gorger d’indécence ? Le monde est une gigantesque sangsue de biens et de maux !!!
— N’accuse pas le monde de ses imperfections … tu es de ce monde …
— Tu disjonctes ou quoi ? C’est ta nuit astrale qui t’envahit ?
— Non ! Les ennemis de la bonne entente, de la joie de vivre, de l’espérance …
— Soit dit en passant, l’espoir est fait pour les pauvres…
— … de l’alliance, de la concorde, de la compréhension …
— Stop ! Gare à la connivence des adjectifs qualificatifs obséquieux à venir …
— En prononçant : gare, j’ai l’impression que l’on s’égare …
— Tout juste, et ne gardons pas en mémoire cette divergence.
— Allumons une bougie de paix ?
— Nous avons des discordances pas des dissonances.
— Nuance.
— Tout juste.
— Les années passent, s’entassent et nous encrassent, parfois.
— Oui, mais qu’importe, notre amitié n’est pas vacillante pour autant.
— Et … ce secret ?
— Je t’avoue, et tu le sais, l’amitié a son jardin secret …
— C’est une bonne nouvelle …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’éternité comme signataire …

Blog oulimots contrainte écriture


Une touffeur peu commune se dégage dans le castel enterré de moitié dans une terre rocailleuse importée d’un territoire aussi millénaire que la propriétaire du lieu que l’endroit aussi reculé qu’aucune âme n’est venue hanter, d’homme ou autre animal …

Des traits de lumière traversent des pièces dont les noms se sont perdus au fil des siècles, meublées d’un style mystérieux presque occulte et tapissées de récits d’un autre monde comme s’ils avaient été envisagés qu’ils possédassent l’éternité comme signataire …

Quand le frisson d’un mur de pierres en schiste comme une onde palpitante d’un ruisseau de plaine tinte le tissu de la peau doucereuse de la dormeuse millénaire …

Un spectre murmure : « … mémoire traîtresse et souvenirs bourreaux, le tranchant de l’un nous écorche vif l’autre nous transperce à cœur jusqu’au malaise … et pourtant nous tenons les chaînes dirigeons par les mors labourant les flancs par les éperons et nous résistons jusqu’à l’aube … la souffrance comme une aubaine et la douleur comme une malédiction …»

Et comme un enchantement inattendu, lunule de l’index droit de l’endormie se met à briller tandis que s’élève lentement le son d’un piano en allegro

Le temps du réveil et de la désillusion …

Le prince charmant est en retard …

— C’est navrant … qu’il soit maudit … en attendant, je vais faire le ménage…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La plaine défiant les ombres par sa nudité

Lune_photographie_Iotop_2018

Blog oulimots contrainte écriture


 

Au clair de Lune, le cyclope dévisage Sélène à l’heure du thé de minuit à pleine vue sur son belvédère qui penche sur l’angle aigu de la plaine défiant les ombres par sa nudité …

— Tu es trop belle, Lune.
— Ton regard est douloureux, ta voix trop grave.
— Je souhaite te rejoindre pour l’heure.
— Un coup de blues ?
— Un retour vers l’essentiel.
— Il te faut une couleur bleue sur l’azur d’un regard … moi, je suis d’un clair cendre …
— Je souhaite l’oubli, le souci..
— Le réconfort …
— Oui, le réconfort.
— Ne soupir pas.
— Tu es l’œil du mystère et moi l’œil de la monstruosité.
— Arrête !
— Je suis né d’un accouplement d’une désillusion et d’un espoir …
— Pourquoi cherches-tu à te bouleverser l’âme ?
— A la racine de mon origine, des hommes ont torturé mes lointains ancêtres pour essayer sortir une imposture de la Vie …
— Vas-tu cesser ton récit insoutenable !
— … car il est aussi le tien !
— Arrête !
— … et d’un homme plus pervers que les autres, tourmenteur, magicien des ténèbres a énucléé l’un des miens pour se rendre à l’évidence que son œil ne percevait pas l’avenir …
— Je ne veux plus t’entendre …
— … de rage il plongea l’œil dans un chaudron à la mixture à l’odeur écœurante et à son étonnement, l’œil se mit à gonfler, gonfler…
— Pourquoi me faire souffrir !
— … tel que, qu’il s’extirpa du chaudron, qu’il roula vers l’extérieur sans que rien ne l’arrêta sur tous les paysages inconnus et connus du monde, en quelques jours, et se griffa jusqu’à une souffrance insupportable …
— Tu es ignoble …
— … qu’un Vent charitable pour le soulager l’emporta dans ses bras, mais il s’échappa très très loin dans les airs pour se perdre dans l’Univers …
— …
— … et pourtant, ne voulant pas quitter tout à fait sa Terre natale, il se fixa à jamais dans le ciel …
— J’ai trop mal, encore …
— Tu es cette part de moi-même et cette souffrance à cœur d’exister …
— Ne pleure pas… tu es mon éternité …
— Je suis le dernier de mon espèce …
— Je suis là …
— Tu me manques …
— Toi aussi …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Compréhension toute éberluée, le menton relevé

Marisa Mell smoking a cigarette disguised as a nun, circa 1963, nonne

Agenda Ironique Novembre 2020 : Laurence et Jean-Louis


Si on considère « une place pour chaque chose et chaque chose à sa place » cela sous-entend sans sonotone que « chacun chez soi et les moutons seront bien gardés » nous place devant des assertions qui portent sur le haut de l’Everest la raison en ces fameux mots : « dans la nature, tout à toujours une raison » selon Léonard (et pas Bernstein), ce qui permet d’approcher une certaine vérité qui a toujours dans son casier une très belle toile à la Jules Joseph Lefebvre de 1870.

Cependant, : « on passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu’on aimera et l’autre moitié à quitter ceux qu’on aime » écrit le Père Hugo avec raison, et je vous vois hausser le sourcil gauche bien fourni à la Georges car vous cherchez avec désespoir le pourquoi du comment, tel le puits devant une eau qui s’évapore à son pied …

Eh oui, quel rapport ? Eh bien, s’il y a « un temps pour chaque chose » et « une place pour chaque chose et chaque chose à sa place » la citation du Père Hugo devient par effet caduque. Ce qui nous amène directement l’énoncé suivant : « En Normandie, poire de mouton, poire précoce bonne à manger ». Est-ce à dire que Hugo nous a pris pour des moutons depuis tant d’années ? Et, à la vérité toute décente et nue (voir Jules Joseph Lefebvre) le flambeau ne fait pas mine de prendre de la hauteur devant nos yeux et notre compréhension toute éberluée, le menton relevé, la raison vacillante mais non abattue, car n’oublions pas que le verbe aimer se conjugue au moins à deux et un divorce de l’être aimé.e devient par effet non avenu car l’attente a pris racine et feuillage jusqu’au ciel de l’espoir devenu lui-même un squelette méconnaissable…

La trahison est fière, devant nous, comme une statue à l’envergure antonyme de la Liberté, la larme bien salée de l’œil droit qui roule (ce n’est pas l’œil qui roule, suivez) comme un torrent de satisfaction car, il est écrit : « Il y a un moment pour tout, et un temps pour tout faire sous le ciel », en un mot : « tout vient à point à qui sait attendre »…

En cela, ne jurons pas outre mesure tel un fabuliste plagiaire trop connu qui : « jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus » au fond du tombeau sans ver luisant mais avec humour : « Bretzel liquide ! ».

Comme quoi, il y a bien : «  Un temps pour chaque chose ».

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Chaque regard est une semence

Blog oulimots contrainte écriture

Photographie Iotop 2020 – Encadrement virtuel ICI

Chaque regard est une semence et fait fruit d’une couleur d’un trait d’un signe d’un éclair et s’insère sincère dans la toile… tel est le tableau expressif ambitieux abstrait et conquérant accroché sur le mur de ce musée et qui s’arrange devant les visiteurs amplifiant des nuances ou un tracé qui s’exhibe par son caractère.

Aux regards nourris il fait acte d’une plaie vivante de son existence et s’expose à la nudité des effets incrustés à l’éclairage de sanctions ou d’approbations il est celui qui s’écrit sans complexe à la morale d’un temps qui s’encre sur les murs des écrans possédés de la communication hallucinée mythomane …

Ce tableau vivant est une première mondiale et signe lui-même les autographes avec son pinceau-scalpel sur des reproductions lithographiques sur pierre…

Quand une femme éprise de ce tableau jouisseur jusqu’aux racines de son ombilic le décroche d’un seul élan à la vue de tous éberlués fascinés applaudissant par l’acte d’une amoureuse insupportablement belle …

L’emporte à bras-le-corps et le fait circuler de quelques rues en quelques ruelles anciennes aux pavés dégoulinants de souvenirs piétinés aux cris décousus et le jette sans ménagement aux pieds d’un banc délavé ressemblant à un linceul …

… il devient tableau ambulant, une œuvre déchue … sur les trottoirs humains éviscérés de toute compassion …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un soleil printanier en décolleté affriolant

John Cleese and Michael Palin in bikinis while filming Episode 22 of Monty Python’s Flying Circus (1970)
John Cleese and Michael Palin in bikinis while filming
Episode 22 of Monty Python’s Flying Circus (1970)

Blog oulimots contrainte écriture


Un missionnaire en petite tenue au bord d’une rivière, pied à pied, s’engage lentement dans le fluide frais qui déboussole son auguste personne jusqu’à mi-corps d’une eau bienfaitrice et avenante aux parfums mi-dorés par un soleil printanier en décolleté affriolant de vie quand surgit l’inattendu en la présence d’une Amazone.

Le missionnaire prude plonge le reste de son modeste corps jusqu’à tête toute haute sur son humble cou qui n’attendrait pas moins de se faire trancher à la vue de cette apparition genre Méduse femme fatale.

— Aguicheuse … lance-t-il tremblant (le bréviaire en moins et les yeux égarés).
— De quoi souffres-tu, épicurien de la bonne parole ?
— Tentatrice !
— Je vois ton âme sur la balançoire de l’envie quand tu croupis dans les méandres du savoir …
— Possédée !
— Nous le sommes tous les deux.
— Anomalie !
— Tu vas en perdre ton grec… toi le missionnaire herboriste
— Le vertige me prend par la langue … horreur …
— Tu n’es qu’un homme … mais tu peux m’aider … car c’est toi que je viens consulter et de très loin …
— …
— Respire, je viens de la part d’Andromaque
— …
— Elle voudrait ressusciter Hector…
— Je ne suis pas celui que vous cherchez …
— Ne te défausse pas, petit homme, tu fais parti de mon puzzle
— Ô ciel ! Ô ciel !
— Et si j’étais … un arc-en-ciel ?
— Un arc-en-ciel ?
— Un arc-en-ciel pour te convaincre !
— Laissez-moi sortir de votre sortilège !
— Alors prends-moi en levrette !
— La chair ! toujours la chair !
— L’arc-en-ciel te laisse froid, faut-il te réchauffer …
— Je suis maudit, maudit, maudit … maudit …

— Alors, docteur ?
— Pupilles dilatées, enflure de la face … état de choc, conséquemment à une absorption d’un agaric bulbeux, dit couramment amanite phalloïde…
— Drôle de châtiment corporel …
— Chacun sa voie, son calvaire.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un Défi de Lecture pour 2021

Une fois n’est pas coutume, partage d’un défi lecture :


Un Défi de Lecture pour 2021 « Le Printemps des Artistes » — La Bouche à Oreilles

Vous savez sans doute que je participe à très peu de défis de lectures, mais j’ai décidé d’organiser pour la première fois un défi sur le thème de l’art et des artistes.Le but ? Lire un livre ou un poème (ou voir un film) dont un des personnages principaux est un artiste et/ou qui se […]

Un Défi de Lecture pour 2021 « Le Printemps des Artistes » — La Bouche à Oreilles

Une pie pied-bot sur une branche d’automne

Banc Montsoreau – Iotop 2020

Blog oulimots contrainte écriture


Il était une fois un banc public en marbre esseulé sur une hauteur. Hauteur indéfinie et palpable par le regard trop étroit pour ne pas ressentir l’effet entonnoir d’un horizon possédé de sa toute puissance d’animer un lointain qui n’a pas de nom et dont la destination se cherche comme égarée par la perte irréversible de la boussole son amie …

Quoi qu’il en soit, ce banc que déstructure l’œil d’une pie pied-bot sur une branche d’automne est d’une allure lugubre. Le malaise a sa signature aux quatre pieds herbeux de tous les âges et devine que la pie pied-bot semble sensible à la déchéance de son ami le banc hanté par une angoisse ancienne …

— J’ai froid ! dit le banc.
— Je n’ai pas le beau plumage d’un canard mandarin pour te couvrir, répond la pie pied-bot.
— Amie, tu es belle par tes paroles…
— Je te revois recevoir tous les jours de l’été les égarés de la vie sentimentale par ton envoûtement… prêts à se jeter …
— Je me sens … envahir d’un effondrement inexorable…
— … et si d’un trait de plume j’effaçais le gris de ton domaine intérieur ?
— Laisse … laisse-moi souffrir de ses brisures du temps qui me piquent à mille endroits à la fois … et cependant me font vivre …
— Ne soit pas orgueilleux !
— Si tu pouvais me faire évader de ce lieu…
— Je serais triste de ne plus te voir, moi.
— Ne soit pas égoïste…
— Notre complicité indissoluble ne devrait pas s’envenimer d’adjectifs irritants.
— Mon automne me saisit les veines perméables à la pluie de millions de voix aiguës transperçant les méandres de mon incertitude.
— Tiens, voilà une femme … une autre égarée … il est bien tard …
— Mes quelques mots ont atteint l’essentiel de son âme maussade…
— Je veux bien te croire.
— Voilà mon réchauffement …
— Va-t-elle aussi plonger ?
— Faut-il l’espérer.
— Elle est brillante …
— Babioles ou pas, tu vas pouvoir te faire plaisir.
— Elle s’assoit … elle pleure…
— Enfin une bonne nouvelle.
— Le précipice est à deux pas …

Les deux compères, dont l’un se nourrit du désespoir et l’autre de bijoux, comptent leur énième victime sur leur boulier commun de leur souffrance …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Parcourir des arpents de prairie sur le dos d’une chèvre

Homme de pierre – peinture de Xue Jiye

Blog oulimots contrainte écriture


— Alors ? Aujourd’hui ?
— Pareil !
— Qu’hier ?
— Que tous les aujourd’hui !
— D’un aujourd’hui à un autre c’est le même, c’est çà ?
— Le même !
— Y a pas d’hier ?
— D’hier ? faut croire que non.
— Non, c’est vite dit ! Non ?
— Non, ce n’est pas vite dit !
— Tout de même, c’est fort !
— Laisse-moi Anna !
— Ce n’est pas grave.
— Oui !
— …
— …
— Dit
— Oui ?
— Je pensais : anaphores, là !
— Anna … fort ?
— Non ! Notre discussion ressemble à des a-na-pho-res.
— Ah ? En tout cas, rien à voir avec des alexandrins.
— C’est ça !
— Et si tu changeais de jour ?
— De jour ?
— Par exemple, si tu disais qu’un jour est un autre ?
— Comme par exemple ?
— Eh bien, si tu te dis : lundi est différent de mardi, mardi de mercredi … tu vois ?
— Je ne vois pas l’intérêt.
— Tu refuses d’avancer ? Tu rejettes ma requête ?
— C’est ça !
— Tu veux rester dans un aujourd’hui identique ?
— Dans mes pénates bien au chaud !
— Pourquoi ? franchement ?
— J’ai une prothèse de cerveau.
— Je sais ! Et ?
— Et ? J’essaye d’éviter les incohérences … je dois maîtriser…
— Comme par exemple … ?
— Devenir aphone.
— Ne faut-il pas « lâcher la bride« ?
— Je ne comprends pas la question.
— Dépossède-toi de tes connexions néfastes.
— Tu penses que je dois faire intervenir un vaudou ?
— Ne soit pas incohérent, là !
— Tu crois ?
— Comment te sens-tu à cet instant ?
— En apnée
— Normal.
— … et de parcourir des arpents de prairie sur le dos d’une chèvre dans un seul souffle ?
— Étrange !
— Tu sais …
— Oui ?
— C’est à en perdre la tête …
— Prise de tête, non ?
— Aussi … je me demande …
— Oui ?
— Aussi … je me demande …
— Euh … oui ?
— Aussi … je me demande …


— Professeur, professeur, votre énième condamné n’a plus sa tête … professeur Guillotin ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Temps sablé sur le territoire verdoyant et maternel

Veronica

Les petits cahiers d’Émilie. Emilie 21.20



J’écris pour faire sortir des mots qui ne sortent pas … à calmer l’indécence d’autres mots qui gigotent ligotés par la censure au soutien d’une morale qui s’empiffre du pire et conçoit sa douceur par son diktat car tout idéal est dictature.

Être héroïque quand moi-même je me suis bâillonné comme un patient entre quatre murs et une fenêtre qui me fait la gueule toutes les journées passées au gris délavé telle une radiographie géante déliant ses nuances et ses noirceurs comme un état délétère à venir …

Rien n’est moins nue que ma propre vérité qui me regarde l’air cool après avoir déchanté sur ma façon de la déposséder comme une châtaigne de sa bogue, accentuée d’une onomatopée du genre grrr

Toute méditation sur ce sujet est du temps sablé sur le territoire verdoyant et maternel de l’impossible concorde entre moi et mon écriture qui s’élance telle une furie et que je retiens tel le conducteur de char de ses chevaux nourris d’un bon foin d’imaginaire.

Moderari, moderatrix, moderatus… « restons calme et buvons frais » nous dit l’adage et un bon verre de whisky sans modérer la hauteur du verre et la descente du gosier en toute bonne foi à trinquer évite l’embrouille et mon écriture se moque bien de ce que je pense de son penchant pour l’encre ironique tant qu’elle a l’évasion et que je suis en éveil pour l’accompagner …

Nous sommes toujours bras dessus dessous pour le meilleur… et le pire …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La table en chêne bien sapée

Blog oulimots contrainte écriture


L’Ange me regarde et le Cerbère me dépèce.

Tranquillement sur la table en chêne bien sapée, le spécialiste s’affaire conquérant.

Je ne suis qu’un Farfadet qui a été pris au piège d’un Gobelin qui a fait un marché avec un Korrigan.

Si j’avais été Dragon j’aurais eu leur peau de marchands.

Mon corps recèle une substance rare … à qui sait l’extraire au bon moment.

Et ce bon moment est … maintenant.

Ma chair est insensible, prise aux drogues diverses et accommodantes à tenir le fruit encore vivant un certain temps.

Et la Manticore est encagée rugissante à l’extrême de sa rage aux tremblements de son impuissance … elle sait sa peur du néant.

Je suis son poison extrait et qui badigeonné sur la pointe d’une flèche en os de saïga plantée dans sa poitrine l’étend entre les barreaux froids fléchis de son agonie épileptique jusqu’à sa dernière respiration dépolie couleur safran…

Une lueur bleu ciel s’envole parmi les feuillages qui s’écartent en cette nuitée déliée de cet assassinat pour une valeur de peau et possiblement d’un aphrodisiaque pour les légendaires lutins géants …

Pourtant, qui sait que je suis nécromancien à mes heures d’hiver ? Et avant de rejoindre les sous-bois d’ossuaires j’invoque par mon esprit dédié à Etemmu la formule à rétablir la Manticore dans sa force première, à sa densité amplifiée … maintenant.

Et la voilà qu’elle renaît, tel un Phénix, bouillonnante de vengeance devant les yeux effarés de l’impertinent.

L’Ange me regarde et le Cerbère meurt.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le dos tourné se courbe à la porte stoïque

Photographie de Valentina De Felice

Blog oulimots contrainte écriture


Rien ne sert de pourfendre d’un mot hachoir la part de soi inavouable dressée là comme une forteresse qu’aucune neige d’indifférence ne glace. C’est un combat de soi-même avec soi-même qui brûle les années devant le miroir vrai faux ami qui se rit quand le dos tourné se courbe à la porte stoïque à la poignée indulgente qui grince du mécanisme par fatigue…

Les nuits sont longues à estourbir ses yeux ouverts de l’insomnie sur les frontons de sa devise :  » Soumis à l’insoumis sans être bête de somme » et tenir la lecture de son temps sur les rideaux des fleuves de l’imaginaire à fourbir en même temps son écriture sur les pages de l’incertitude sans froisser les lignes de conduite des mots pris aux pièges …

Faut-il besogner sa propre existe avec sa conscience pour n’en sortir qu’un filet de mots dépossédés de l’essentiel, en vérité ? Il y a toujours une dernière lance qui pénètre le flanc de son amour-propre piqué comme un destrier après s’être saoulé d’une bataille qui d’avance est perdue. Mais qui le sait ?

Investir son soi comme un ennemi n’est qu’un mauvais assaut, et en tant qu’ami est une gageure.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Tes mots glissent sur mes épines


Vogue 1938- Joan Crawford – Edward Steichen

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 20.20


Bois !
— Non !
— Bon sang de bois, je te dis de boire !!!
— Non, rien, nada, niet, no, naï, nein …
— Stop !
— Tu as beau m’incendier, tu n’as pas les moyens d’éteindre ma conscience au non vivre !
— Tu dis n’importe quoi !
Vive le pouvoir, hein ? Mais tes mots glissent sur mes épines … étrangement …
— Si j’avais le moindre pouvoir, tu ne serais pas dans cet état ! Non ?
— Qui sait ?
— Arrête ! toutes les stratégies que tu mets en place pour me contrer …
— C’est désespérant comme une danse à contre temps …
— Et si je baissais les bras ? Là, maintenant ?
— Des mots, des mots …
— Mais tu les prends comme des attaques ! Tu me l’a dit combien de fois, hein ?
— Possible …
— Comment possible ?
— Je n’ai rien à déclarer sur le sujet … tu me fatigues …
— Et ma passion pour toi ? Tu n’as rien déclarer non plus, hein ?
Passion, tu exagères le mot…
— J’exagère ?
— Oui …
— Tu vois … je me fais honte de t’aimer …
— Rien ne t’oblige … tu sais …
— J’ai mal … comme si j’avais reçu une lance dans la poitrine …
— Normal, tu t’es égaré avec moi … prends une lampe pour reprendre un autre chemin … et va flamber ton amour ailleurs…
— Tu es ignoble de long en large …
— Tu as joué avec moi …
— Non, non, non …
— Tu t’es jeté toi-même de la poudre aux yeux …
— Arrête ! Arrête ! C’est toi qui joues à la pyromane dans notre couple !
— Arrête de faire semblant de me protéger et laisse-moi mourir dans mon lit avec ma conscience tranquille …
— Tu n’as honte de rien !
— Trop tard …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’accusateur destin t’a condamnée

Film LILITH -1964 – Jean Seberg

Blog Antiblue06 : défi septembre


Bord de l’imbuvable
Lèvres s’ouvrent aux caresses
La soumission

Épitaphe de mon H ma drogue gravée sur le sable de la plage … il y a quelques jours l’accusateur destin t’a condamnée… j’ai tracé sur le sable défiant le temps entre l’impermanence et la permanence un no man’s land qui ne dit pas son nom …

Je veux mettre les points sur les I au fameux destin qui s’étend s’éprend s’en prend et prend … et traîne avec le vent girouette et le mauvais garçon nommé hasard qui ne s’émeut pas d’un parcours trop tôt cisaillé …

Je vais ainsi rouler les R par vibration de message à l’appel d’une partie de l’indécence de la Vie qui se moque de la voie prise et de celle de la voix éprise qui d’un sanglot se bloque sur l’aiguillage d’un cœur brisé …

Je sais que je suis en train de tourner en rond dans l’O d’un lasso tel l’indécis devant une belle pomme à croquer là sur la table de l’envie bellement juteuse à la vue de sa forme tellement à en mordre la chair à la fois tendre et ferme au désir … poison …

Et puis je me retiens aux mors de l’amour à la N de mes remords qui me brassent vers les vagues de mes larmes diluées au cœur de l’acide de mon mouchoir à carreaux brisés me griffent l’âme en zigzagues …

Alors je retourne sur mes pas et je lance mon unique D sur la plage de mon amour à déchiffrer le pourquoi de ta mort sur le rebord de la fenêtre défigurée d’un paysage déchiré par mon incompréhension de toi …

Et j’entends le grondement d’une ELLE un spectre qui dessine sur les flots un tsunami de mots qui s’abat sur mon égoïsme et me rappelle ma promesse de tenir une bougie allumée d’Amour jusqu’à mon dernier souffle …

Toi mon Amour entre bleu ciel et azur océan …mon Hirondelle.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020