Le Paresseux – Chapitre III

Photographie de Pierre-Francois Valck

Il se rattrape comme le basketteur se retient à l’anse du panier (et pas de la corbeille de fruits) et contient son souffle pour remonter sur son arbre telle la montgolfière fouettée par un air chaud. Puis il s’attarde à récupérer, avec cette tendance de maniaque engourdi et dégourdi, un feuillage spécial camouflage pour entreprendre sa future exploration en terrain ennemi. En effet, il ne peut raisonnablement sortir à découvert comme une pomme de pin prête à être dévorée par le premier venu tel l’écureuil qui ne fait pas que dans la noisette. Abandonner son arbre favori, en somme sa maison, est un arrachement telle une dent saine, et Apathu a ce courage des grands de son espèce les Megatherium et Mylodon, c’est dire si l’énergie de ses ancêtres est en lui, pour réussir sa mission.

Le soleil a baissé le rideau après avoir caressé des degrés Celsius jouissifs, une terre aux belles mamelles gorgées de bienfaits, au moment où Apathu s’agrippe à la première branche étrangère qui l’accueille feuillue comme un lit… il s’endort.

© Max-Louis MARCETTEAU

Le Paresseux – Chapitre II

Photographie Emmanuel Alpe

À cette préoccupation, il en a une autre plus importante. Il a noté l’absence de sa femelle toujours à l’affût (à défaut d’être dans le fût à feuilles, provision qu’aucun banquier ne vient ponctionner) des distorsions de son environnement. Une absence peu commune. Sa femelle mollassonne a toujours une attention particulière, un genre de guili-guili sur son kiwi, avant qu’elle n’échappe à sa vigilance bienveillante de mâle amoureux, comblé. Il n’est pas inquiet, non, seulement, il a cette pointe de trouble, là, à cet endroit. Il s’épouille comme un ralenti de moissonneuse batteuse qui ne trouve pas son blé à son goût, accompagnée d’une Lune momifiée qui lui offre des pensées inédites venues comme une colonie de champignons d’automne nourrie d’un lit feuillu aussi fermenté qu’une pinte de bière qui végète dans un estomac délicat.

Et si, à la descente de leur arbre, elle s’était fracturé le coccyx ? Peu probable, quoique sa femelle soit plus active que son auguste personne, elle a se ralentit audacieux, de quelques millimètres heures, en vérité, tout son charme, mais nullement téméraire. D’ailleurs, n’avait-il pas craqué telle une noix devant un charmant casse-noix moucheté lors de leur première rencontre entre deux branches paresseuses ?

Il s’oriente vers une autre question, plus pimentée et moins futile. Avait-elle été bousculée par le bipède à lunettes ? D’ailleurs, où est-il l’animal à présent ? Il se redresse comme un courant alternatif prit d’une soudaine surtension micro-voltaïque. Détourne sa tête de quinze degrés sud-sud-ouest. Il n’y a plus l’ombre de ce trancheur de bambou ! Son trouble prend de la température comme une eau émulsionnée à souhait dont l’œuf frais n’oserait imaginer plonger de son vivant.

De fil en aiguille (ne cherchez pas, il n’est pas couturier) des inédites pensées se chevauchent à grand galop (à ne pas confondre avec la série, pour les puristes), jusqu’à un point d’interrogation comme un point d’eau qui n’a pas de fond : et si sa femelle avait été enlevée ? Il se doit de la secourir sur-le-champ et dans un ralenti audacieux et inattendu, il tombe d’une branche aussi feuillue qu’un pubis de brésilienne.

© Max-Louis MARCETTEAU

Le Paresseux – Chapitre I

Photographie de Sylvain Collet

Un paresseux qui n’a l’air de rien, passe son temps à réfléchir sur le bipède à lunettes qui coupe du bambou aussi gros que la tuyauterie d’un réacteur en fin de vie, non loin de son arbre favori. Il n’a de sa vie autant cogité qu’à roupiller en haut de sa branche, son lit de camp suspendu, sur ce phénomène bipèdique qui jure à chaque coup de coupe-coupe depuis une lunaison. Il se demande comment il tient debout sans tomber et pourquoi il tranche à la base des bambous inoffensifs. Le paresseux n’a pas l’âme guerrière pour défendre son modeste territoire.

© Max-Louis MARCETTEAU

Son instrument était docile

Actrice Carole Lombard

Blog Émilie : récolte 21.10


« Elle a du chien, mais rien d’autre» disait-il, dans sa barbe buissonneuse genre pierre ponce, la pipe galbée ancrée sur le côté gauche, la lèvre inférieure en porte-à-faux.

Elle, Symphronie, jouait de la musique ou bien est-ce la musique qui se jouait d’elle ? Son instrument était docile, pliant sa volonté de prendre la première découverte en ré-mineur, ce qui semblait à l’écoute à Louis une dissonance généreuse et insupportable à la fois qui l’incommodait le jour de son repos et l’obligeait à camper volontairement chez Gladys, sa logeuse, une blonde qui ne savait repousser l’homme et repasser ses envies …

Aussi, Louis, après la vigoureuse activité charnelle pour sa gourmande, pouvait à loisir dormir dans la nature d’un lit qui était matelas d’apaisement tant le soleil de Gladys avait rayonné en lui comme une route joliment décorée de fleurs sauvages aux parfums enjôleurs.

Cependant, à ce moment plaisant et ardent, il devait rejoindre sa Symphronie en nomade averti qu’il devait répondre par sa présence de sédentaire mari pour sa liberté d’amant et ainsi tenir le feu amoureux que couvait un esprit forain dont le froid n’avait prise avec les années … d’habitudes.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Agenda Ironique Août 2021 – Résultats

Dessin Angelika Marcetteau

Nous voici au troisième volet de cet Agenda Ironique Août 2021 avec pour thème : la Fable.

Le lien ICI

1) Meilleurs textes :

 – Il apparaît à la majorité des voix et dans l’ordre les gagnant.es sont : 

  1. John
  2. Hélène
  3. Jean-Louis

2) Organisateur (rice)

 – Le nouvel organisateur de l’Agenda Ironique de Septembre 2021 est une … Organisatrice … (si elle accepte cette mission) :  Perles Vallens que nous ovationnons avec enthousiasme, mais je viens d’apprendre ce 06 septembre qu’elle se désiste et que c’est Jean-Louis qui organise l’A.I. – Merci à toi !

Merci à tous : lectrices, lecteurs, auteures, auteurs, et pendant que j’y suis le … monde entier et l’Univers (soyons fous).

Pour info : le nouveau système de vote n’est pas très intuitif à mettre en place (suite à la nouvelle mouture de WordPress). Aussi, je ne sais pas comment le mettre en pause comme avant où l’on pouvait déterminer une date départ et une date de fin.

Max-Louis alias Iotop 2021

Foi de celle qui sauve

Film de William Wyler – 1953 –
Audrey Hepburn – Gregory Peck

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 31/31 – L’ensemble des 31 mini-textes de ce challenge ICI


…foi de celle qui sauve quoi qu’on en dise des tourments des pardons des rancœurs de la pauvreté de l’effacement à celle qui ouvre la voie du possible don de soi à l’autre comme d’une eau qui va à son fleuve naturellement ainsi sauvés Lotus et l’Hamour prennent le chemin d’une destinée heureuse ….

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Sa maîtresse vengeance se roule à ses pieds

Oeuvre de Inna Vjuzhanina

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 30/31


…se retranche l’idée funeste de l’homme possédé de sa maîtresse vengeance se roule à ses pieds de tenir sa promesse quand une cartomancienne de Marseille présente la carte du pèlerin comme un changement de cap sur le devant de sa scène un nouvel acte de foi…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Un tranchant métal à l’allure de fierté

Œuvre de Pajunen

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 29/31

…défiées les heures à venir au-devant d’un tranchant métal à l’allure de fierté pourtant transparent jusqu’au dernier moment le sang devient fleuve sur la terre fait lignée de millénaire en millénaire ce jour se tient tels ces Poissons voraces piranhas la Vie se retranche…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le souffle édifiant de confiance


Œuvre de David Villegas

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 28/31


…passés au fil d’une seule épée tenue par tous les hommes par un seul élan même sous les Couettes amies et soutenir l’acte au-delà de l’acte le souffle édifiant de confiance et de terreur qui s’ensuit à l’effet d’une foudre qui atteint le cœur la morale défiée…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Agenda Ironique Août 2021 – Votation

Dessin Angelika Marcetteau

Bon jour à tous,

Merci à vous tous … pour cet Agenda Ironique d’Août 2021…au thème qui n’a pas soulevé les foules 🙂 Mais qu’importe, la qualité est là comme toujours…


Votation du samedi 28 août au mardi 31 août 2021 :

– Pour le meilleur texte (ou les meilleurs) …

– Qui organisera l’Agenda Ironique de Septembre…


Voici les textes :

1) Texte de Hélène : Le Vieux Port, la Bonne Mère, et les Pointus

2) Texte de Solène : Il était une fois une fabuleuse rencontre

3) Texte de Jean-Louis : le chêne et le corps beau d’après La Fontaine

4) Texte de Perle Vallens : La plume et la peau (fable)

5) Texte de John : La sole et la rosse

6) Texte de Chchshr : Zuang Zi et le boucher, une fable sur les gestes de l’artisan (texte introuvable sur le site de l’auteur)


À l’addition de tous les amants passés

Photographie de Stanley Kubrick – Rosemary Williams -1949

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 27/31


…jutés par tous les fruits des mots d’Amour aux timbres de leurs chants nuit et jour l’Astre noir du Destin se détache pour une ultime tâche sur les lignes des amants bienheureux de consumer un bonheur de vivre entier comme à l’addition de tous les amants passés…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Déguiser la vengeance en met de choix

Oeuvre de Stanislav Plutenko

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 26/31


… déguisée la vengeance en met de choix mine de rien aux mines des intéressés enveloppés de Lunettes déformantes en paravents et manipulés par leurs sentiments sincères qui se reproduisent au gré des ébats et joutes de corps à corps dévergondés et jutés…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Une fatalité déguisée

Oeuvre du blog Artistic Machinery

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 25/31


…poison d’office à l’entrée de l’antre à l’âtre de l’être le Triangle fait triptyque sur le tableau des amants possédés d’eux-mêmes à l’habillement d’une bulle d’Amour que rien ne vient troubler en apparence quand les dehors s’arment d’une fatalité déguisée…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Les houles des nuits

Oeuvre de Angevere

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 24/31


…devenir pour exister peut-être encore quelque part dans le cœur de l’aimée et tenir sous les houles des nuits jusqu’à la Lune prochaine qui attend ses premiers tourments sous les roues épaisses des angoisses qui broient les pétales de Roses parfum poison…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Aux interstices de l’indifférence

Oeuvre de Ahmet Günestekin

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 23/31


…plainte qui rampe aux interstices de l’indifférence Lotus et l’Hamour font nombre commun et s’arment pourtant de rudes paroles à l’encontre de l’hère l’homme lié à sa douleur comme une vrille et est devenu l’être indocile à la Froideur d’une vengeance amoureuse en devenir …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Les Émotions se chahutent

Brigitte Helm répétant dans les coulisses de Metropolis 1927 – Fritz Lang

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 22/31


… lettre qui s’oppose à la parole quand l’air est tenu par son regard de trahison les Émotions se chahutent les larmes se sèchent sur la plage du regret dont le sable est grain irritant au sensible de l’égoïsme de l’homme au parloir de sa biographie fait plainte…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le seuil de la première lettre

Œuvre de Kryseis Art

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 21/31


…extatique à la Lumière du soupçonneux qui frotte les deux pierres l’une de la jalousie l’autre de l’envie pour rassembler leurs éclats et les flécher vers les belles âmes de l’Amour le Cupidon qui de mailles n’a aucune est blessé sur le seuil de la première lettre…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Rien n’arrête même une croix extatique

Photographie de Dirk Wüstenhagen

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 20/31


…cachot les mots noyés dans l’insalubre l’homme les écrits sur le parchemin de la jalousie qui s’enflamme comme un bûcher par une prière hérétique d’un Hiérophante aux yeux de corbeau aux lèvres d’un bleu méthylène que rien n’arrête même une croix extatique…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Les griffes de l’Amour s’enracinent

Photographie de Al Vart

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 19/31


… souffle de vie qui sème le printemps des amants retrouvés tel le rugissement du Lion fait constellation par écho aux brillants d’étoiles à la nuit quand les griffes de l’Amour s’enracinent dans les chairs l’abandon jouit et les blessures de l’attente se referment en leur cachot…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Agenda Ironique Août 2021 – Rappel

Dessin de Angelika MARCETTEAU 2021

Bon alors, je m’y colle pour la cinquième fois. Quoi qu’il en soit je suis heureux d’apporter ma pierre à l’édifice de cet Agenda Ironique qui dure depuis plusieurs années.

Je ne suis pas très prolixe sur ce genre de domaine et pour informations voici des liens (la genèse) : ICI ou ICI
Et celui du mois de Juillet 2021 chez : Victor Hugotte

Le thème : Fable

J’explique : la fable est de tout temps parmi nous entre le mensonge et l’imaginaire en passant par l’érotisme et le pamphlet, elle couvre tous les pans de la société. Le récit nous transporte où nous enfonce qu’importe la fable est la chair de notre chair sans nous en rendre compte, qu’elle soit anodine ou prégnante.

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, une citation à placer où bon vous semble dans le texte proposé :

« Une lettre se détache de notre nom et nous ne sommes déjà plus » Edmond Jabès : Le Livre des Questions Tome 2

Les temps alloués :
– Du mercredi 4 août au vendredi 27 août 2021.
– Vote du 28 au 31 août de la même année.

Faites savoir par un commentaire et un lien quand votre œuvre est en ligne sur votre blog.

Et je fais un récap juste en dessous…

À vos belles fables… d’une chouette écriture…

Max-Louis alias Iotop


Voici les textes :

1) Texte de Hélène : Le Vieux Port, la Bonne Mère, et les Pointus

2) Texte de Solène : Il était une fois une fabuleuse rencontre

3) Texte de Jean-Louis : le chêne et le corps beau d’après La Fontaine

4) Texte de Perle Vallens : La plume et la peau (fable)

5) Texte de John : La sole et la rosse

6) Texte de Chchshr : Zuang Zi et le boucher, une fable sur les gestes de l’artisan