Qui est muet en juin…

Oeuvre de Albert Henry Collings

Oeuvre de Albert Henry Collings

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #8 :


« Le temps qu’il fait en juin le trois, sera le temps de tout le mois. » Un dicton à la noix, je vous jure, que j’ai entendu y a peu à la radio de mon quartier.

Je suis à mon balcon, et il fait un temps normal de mois de… mai. Les nuages sont ceux habituels avec leurs « accents » du lieu. C’est dire qu’il y a fidélité de clonage dans cette petite partie du ciel dont j’ai accès de visu.

Juin ou pas juin, les dictons sont aussi malicieux que la voûte céleste dans un épais nuage qui se croit être en hiver alors qu’elle n’a pas bougé d’un iota comme soudée par un étain de bonne tenue. En fait, les dictons sont un peu comme l’astrologie. On y croit ou pas et Saint Thomas peut faire une croix sur son autobiographie, en tout cas cela ne vaut pas un clou de jésus (entreprise de métallurgie à une certaine époque aussi reculée que les traces d’un écrit laissé sur la morsure d’un bois dit « bon sang de bois » gravé par un scribe nommé parait-il Sinsuère).

Quoi qu’il en bois… qu’il en soit, il y a dans les dictons de l’intox. De fait, le temps d’hier au temps d’aujourd’hui on a tous pris pour argent comptant ce genre de propos. Il faut aujourd’hui s’insurger et porter l’affaire en haut lieu. Mais, je sais pertinemment que la cause est déjà entendue par des… sourds et le muet de l’histoire n’en dira pas plus car comme le fameux dicton qui le prouve :« Qui est muet en juin, ne peut rien dire le mois suivant ».

En fait, le dicton d’un lieu n’est pas généralité. C’est une grande leçon d’humilité. Et si parfois le dicton est une vérité déguisée en mensonge, il se plaît à rester de génération en génération comme le baobab de service. Et je ne veux pas finir ce modeste « pamphlet » sans citer ce fameux dicton qui ne veut rien dire dans nos contrés mais qui existe comme le bois à la cendre, le nuage à la goutte : « Lorsqu’en juin on voit sa fin, Saint-Martial souvent lave le chemin. »

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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L’été ironise des corps organisés en mi-nudité

Photographie de Louise Dahl-Wolfe – Vogue - January 1959

Photographie de Louise Dahl-Wolfe – Vogue – January 1959

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°25  le mot : été


L’été ironise des corps organisés en mi-nudité
Épilés défrisés empilés estampillés puis édités
Sur plages empaillées de grains dépilés agités
Chairs tissus chairs polies ou dépolies d’identités

Inconnues se déploient aux pointes des rayons
Aux bleus cieux des eaux des yeux en jeu teinté
A la pause posée du repos ajouré comme clayon*
Les uns les unes aux privés en commun enceintés

De naître bronzés arraisonnés à l’empreinte demain
Après congés l’effet steak grillé ou langouste excitée
A la nudité intégrale de soi faire croire aux copains
Collègues la crème pâle de l’utilité d’une …. fatuité !

Et le maillot de bain sablé salé … rigolard au … placard !

* Sorte de petite claie en jonc ou en paille, servant à différents usages…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Lettre de démission

Photographie de Arthur Elgort en October 1992 - Kate Moss

Photographie de Arthur Elgort en October 1992 – Kate Moss

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Je suis l’éclat, tu es la nuisance.
Je suis
prétentieux, tu es l’espoir.
Je suis un
chien, tu es l’outrage.
Je suis les
cris de tes colères, tu es le chuchotement de mon cœur aimé.

Bon week-end et adieu…

Puis, il s’enveloppa dans une grande enveloppe et se posta lui-même au premier bureau de Poste.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Noir et blanc je suis de visu

Photographie de George Krause

Photographie de George Krause

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°24  le mot : noir et blanc


Noir et blanc je suis de visu
L’image de ma personnalité
Toute délavée et décousue
De bord à bord médiocrité

Prescrite depuis ce temps
D’enfance assombrie à vif
Par à-coups d’effet parents
Barbelés à l’acide affectif

J’ai péri plusieurs fois d’ici
A l’ailleurs de moi aux cris
De vivre mes larmes nuits
Blanches blotties à fond de lit

Refuge d’un instant réduit
Au quart d’une vie tuée
Par le puits sans fond bâti
Pour se noyer … amputé !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’homme objet…

Photographie de Tony Duran - Ricky Martin May 2018

Photographie de Tony Duran – Ricky Martin May 2018

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Je prends le train pour la première fois. Tu es sur l’autre quai. Tu me regardes… fixement, presque avec indécence. Je suis ta honte et ton premier amour… vrai. Tu ne pleures pas l’écume de nos jours… et la musique de mes mots résonne là, en cet intérieur secret de femme… encore et encore…

Rome était notre première rencontre. L’illusion du lieu, le prestige d’aimer. Et voilà le violon des mots qui te flattent les fibrent amoureuses et je te ressens au frôlement de ma voix, chavirer sous la houle, mes filets à te prendre, te posséder comme un doux poison, une alchimie qui te transforme en une adolescente toi la femme d’une belle nature d’avoir enfanté, d’avoir tant aimé… comme le granuleux du macaron… il te manquait le… moelleux.

J’étais à la fois ce moelleux et cet indifférent à ton amour dévorant qui me croquait comme une pomme juteuse qui se renouvelait chaque jour à ton algorithme de désirs du délicat au brûlant tu m’avais enchaîné et ma pleine conscience jouissait de toi et je m’ouvrais à moi petit être de rien tu as fait de moi un homme d’une autre taille aux ramures plus solides…

Aujourd’hui, nous sommes sur le parallèle d’une fracture, d’un quai qui nous vomit et nous restitue dénaturé renforcé et dénudé de Nous… et puis qu’importe notre amour qui n’a été qu’une vague plus haute que les autres dans nos vies respectives… et je remarque que tu portes la même jupe que cette première fois… et je souris, te souris et je te vois sourire de ton sourire liqueur haut degré de féline prête à me dévorer… et soupçonne ton désir intense de me rejoindre et de jouer une nouvelle fois de mes atouts de mâle séducteur, charmeur, enchanteur… tu me veux voilier sur tes courbes orgasmiques… tu me veux apprivoisé à tes lignes de conduites diabolique femelle…

et je m’enfuis à toutes jambes… moi l’homme objet…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Parlons procrastination

Image Bibliothèque du Château de Groussa

Image Bibliothèque du Château de Groussa

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Si « Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver » nous chante Henri, je dis qu’il n’est pas moins édifiant que ne rien faire n’est pas la liberté, même si l’on est libre de ne… rien faire et rien faire est un oxymore qui me fait penser à « Vient ici, fous-le-camp » de la même teneur mais dans un autre registre… En effet entre le rien et le faire, y a un gouffre que dis-je un océan si ce n’est un écart d’un univers à un autre… pour faire… simple on ne peut pas être dans le rien et le faire.

Alors certains puristes soulèvent le faire et lance d’un rien que le rien et faire sont tout à fait compatibles. Vrai, c’est même tout une affaire et ce n’est pas… rien. Donc, en effet nous sommes bien devant le fait accompli que le rien faire est une occupation, voire un travail comme un autre… Ainsi, l’on prend à contre pied si ce n’est à cloche pied, le fait que faire n’est pas défaire mais bien la négation du rien faire dans toute sa dimension…

Mais, je vois dans l’assistance médusée par de telles assertions, lancées par un bon à rien, moi en l’occurrence, et qui a sans doute, rien d’autre à faire… de n’avoir rien dans la tête… pourtant, il y a incontestablement un savoir faire du… rien faire si on prend l’expression commune de tous les jours. En effet, le rien faire n’est pas du genre à se laissez… faire et n’est pas, à qui pourrait penser par un hasard bien sapé en lunette noire, un faire-valoir, non, non, et non plus un laissez-faire du genre frère aîné nommé laxiste qui à tendance à faire la tête et tenir tête… il faut le faire…

Bref, à notre rien faire, il faut repasser d’un savoir faire au savoir être… tout un art que nous allons aborder dans cette conférence d’une petite heure après un petit jour de retard… dont le thème est la « Procrastination en milieu urbain non Euclidien »…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

fragment tué

Image Rhodes - Dodécanèse - Grèce

Image Rhodes – Dodécanèse – Grèce

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Je ne suis jamais parti en Grèce. D’ailleurs c’est pour moi un pays lointain, un pays dont les images sont des ruines, un monde obsolète, une étrange terre dont l’histoire a façonné la nôtre et dont nous sommes redevables de tout et de rien, comme un gigolo qui a sucé jusqu’à la moelle sa couguar.

Je graisse mon dérailleur une nouvelle fois. Rien ne va plus. j’essaye de penser à autre chose pour me dégourdir l’esprit engourdit par l’angoisse lierre, l’anxiété cannibale. Il faut que je franchisse absolument ce col. Je dois réussir. Je ne deviendrais pas le colosse aux pieds d’argile… surtout sur un vélo. Ah, la bonne blague… Ce n’est pas mes cent-dix kilos qui m’inquiète, c’est la colonne de blindées qui est en contre-bas et qui avance lentement mais sûrement. C’est vraiment pas de bol que je sois sur la même route qu’Eux.

Rhodes n’est pas Rodez et ce n’est pas la porte à côté. Moi le franco-italien, je me demande encore quelle mouche m’a piquée pour me retrouver dans une telle situation. La guerre oui, hors de ma frontière d’origine, non. Et pourtant, je me suis fait embobiné comme résistant et par des concours de circonstances que certains appels le hasard, me voici sur les hauteurs de la route du littoral nord-ouest de la ville de Rhodes. Et je me remets à pédaler, pédaler… il fait un tantinet frais en ce mois d’octobre 1943.

Il commence à faire nuit… l’étoile polaire me fixe comme l’inuit… je divague de fatigue… il ne reste que moi… j’ai la mort aux trousses… je veux sauver ma peau… la mitraille…

Trop tard…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018