L’argent me brûle les doigts et compte ses abattis

Film_les_visiteurs

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Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°48 le mot : argent


L’argent me brûle les doigts et compte ses abattis
A chaque début de mois il est déjà entre le coma
Et l’apnée au partage d’agios ce genre de commis
Boucher à la prochaine échéance saigne au mois

Alors les comptables seront les premiers à sortir
Le Grand Livre de leur raison de gérer l’ingérable
Le regrettable du jetable de leurs avis de sbires
Zéro pourcent de tolérance je suis le vulnérable

D’une société qui s’impose par le pseudo partage
Mais d’impositions sur tous les horizons en étals
Ouvrent les veines du bonheur et le Moyen-Âge
Était plus heureux dans un contexte plus moral …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La vieillesse se déboulonne et s’enterre

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


J’ai lâchement abandonné ma raison pour celle de la folie douce. Cette folie, en de multiple micro-folies, mine les biens portants quand elle les regarde dans le fond des pupilles.

Pendant des années j’ai vécu, oui vécu comme un homme normalement construit pour verser dans la consommation et l’animation quotidienne voulues par des gens reconnus comme plus sensés que moi et directifs sur le comportement que je devais transmettre…

Et puis les codes institués deviennent des orties au fur et mesure du temps. Les ondes grises des cheveux devenus blancs et du temps restant posent la question du comment veux-tu continuer à vivre si ce n’est pour mieux mourir avec cet esprit des choses accomplies par effet d’avoir été utile à toi-même. Et si les casses automobiles existent, la vieillesse se déboulonne et s’enterre en retraite de maison à prix d’or … à d’ornements funéraires sur contrat de deuil, la solitude est mortelle …

Et puis grimacer devant les habitudes de chaque jour comme une aumône, je préfère sourire, rire jusqu’à mon dernier sommeil de rêve les yeux ouverts sur une eau calme, le silence détendu vers l’infini d’un ciel drapé … de Toi mon Amour …

Et puis, je suis parti vraiment sur la route du délire, les mains dans les poches, le silence entre quatre murs, le monde m’a enfermé et refermé sur ma route à sens multiple et l’injection retard au creux de ma vie, le symptôme réduit à son expression du cri lié à son propre mur, je ris comme un perdu, le pavé de mon destin écrase la peau de banane qu’il m’avait dessiné …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

De la nature humaine cette plante enracinée

Dessin animé - La belle au bois dormant - Maléfique - 1959

Dessin animé – La belle au bois dormant – Maléfique – 1959 – (traduction : oh, ils sont sans espoir.
Une véritable honte pour les forces du mal
)

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°47 le mot : nature


De la nature humaine cette plante enracinée
Déraisonnable décalée délinquante disséminée
Décidée à s’implanter en son autodestruction
La Nature prend les mesures par injonctions

De la nature humaine ni bien ni mal considéré
Ni question existentielle ni d’éternité à se figurer
Ni désir d’aimer ni de reproduction à se saturer
Elle n’est qu’une meute en rage de s’être égarée

De la nature humaine le progrès est un virus
Le pouvoir une balle traçante l’avenir un rébus
La guerre un besoin et la paix une aubaine
Tout est dit pour l’Homme laves-toi de tes peines …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

J’ai les entrailles de l’écrit

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


J’ai les entrailles de l’écrit celles qui soudent les lignes aux mots dans la torpeur de la fièvre intestine muse de douleurs qui se mord les seins de l’imaginaire en cette … d’une seule promenade dans une seule direction j’irai tirer mon rideau d’une seule main ferme et d’un trait d’humour si j’ai encore la parole facile et le verbe du futur toujours présent pour passer l’arme à gauche avant les vêpres le regard nitide et le lacrymal retenu je voudrais vous voir bambocher une semaine entière autour de ma dépouille reluisante d’huile et de cire comme si je devais être vivant encore et encore au-delà de cette éternité humaine que je vomis dans le vivant d’aujourd’hui mais qui me taraudera dans le demain qui viendra bien trop vite par sa grande ligne directrice j’aurai le doigt pointé comme une statue qui pointe l’horizon comme si elle était créatrice de sa propre existence qui n’est en fait de création d’un marionnettiste qui fabrique … des marionnettes comme des vies qu’il n’aura jamais comme le rêveur qui se croit de toutes les aventures et pourrit naturellement dans sa fange entre deux draps trop usés pour encore reconnaître une eau claire de fontaine pour se laver et reprendre vraiment goût à la vraie vie celle qui tend les bras tous les jours et dont on rejette sa chaleur par peur de bien trop vivre pleinement comme une audace devant la mort …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Assise sur la nue table … nue de toi à l’ombre tes reflets

Oeuvre de Wolinski - Paulette

Oeuvre de Wolinski – Paulette

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°46 le mot : table


Assise sur la nue table … nue de toi à l’ombre tes reflets
S’échappent des pensées aux positions de tes couplets
Orgasmiques dessinés sur les revers de tes fous désirs
Ton Lotus s’exprime au partage vrai enfin de nous unir

A la présence de nos corps à l’accouplement du jouissif
Où la respiration s’ébroue la peau s’affirme être douce
Et rissolée de nos effleurements nourris et récréatifs
Tout en Nous se cabre, s’électrise puis se trémousse

La beauté de ce moment est une signature de l’Amour
Au défi sucré salé de s’imprimer sur la toile bleue d’âme
Qui Nous porte en débordement et raison de ce parcours
Sincère Nous sommes maintenant une seule flamme …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Elle me scrute la belle inconnue

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


… elle a ce magnétisme des yeux bleus confits de son peuple connu pour son remède nommé Plécarthite, un cathartique qui purge les oreilles … peu connu dans nos contrées pharmaceutiques mais qui évite dit-on de source herboristerique la labyrinthite …

Elle m’impressionne, moi l’anthropologue de service, égaré dans ce territoire hostile et tout à la fois fascinant dans cette Amérique du Sud qui s’impose comme le berceau de l’humanité quoi quand disent mes détracteurs.

Je suis prisonnier, oui, ligoté à un poteau sculpté. Elle me scrute la belle inconnue. Mon compte n’est pas encore arrêté car je sais que ce peuple à deux pivots dans sa constitution tribale : l’éructation et l’acajou. L’un concupiscent (aussi étrange que cela puisse paraître) et l’autre meuble leurs journées à tailler des poteaux en ce bois dont chacune et chacune recherche les biens faits du chef.

A ce moment-là, cette superbe femme s’agenouille et me dessine sur le ventre ce que je crois reconnaître … une corneille avec une tige de bois bleu foncé. Je deviens acrimonieux qu’elle reste de bois et sourit comme si elle avait fait une offrande à la cheffe comme je m’en aperçois rapidement. Si je pouvais par une magie quelconque frapper cette femelle d’un anathème … car je sais à cet instant précis quand elle jette en l’air cette tige qu’elle vient de signer mon arrêt de mort.

Quelle fin de vie horrible, déchiqueté à vif par ces maudits volatiles… je crie de rage, je hurle et voilà une flatulence et une autre … que je me mets à rire, à rire quand le premier bec me transperce l’ombilic …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Chère toi

Été 1916 - Panneau de signalisation près de Verdun

Été 1916 – Panneau de signalisation près de Verdun

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


A toi ma lettre nommée Armistice,

Je reviens d’entre les morts. Mes pleurs enterrés, mon arme invalide entre mes mains, mon cauchemar s’écrit sur un autre chapitre.

Aujourd’hui, il pleut. Je ramasse ma carcasse dans la tranchée nommée “ La Belle” ; en une niche je suis chien mouillé qui obéit encore à la voix d’un maître …

Je respire comme une cheminée au mauvais tirage et tousse mon restant de vie par les alvéoles de mon avenir rétrécit.

Demain est un poing fermé et des pointillés comme des balles qui sifflent les mots de la mort à vous atteindre de chair par trépas ou à rigoler d’un appel erroné et vous voilà gueules cassées ou estropiées et la gangrène fait des repas gargantuesques …

Je souris comme un môme qui a peur de pleurer sur un refrain d’un frère estampillé d’un obus ou d’un autre frère vidé de son sang que la terre n’a pas le temps de boire ou qu’elle n’en peut plus de ce breuvage indécent.

Je suis sur ce brancard, et mon papier est froissé de ne pouvoir t’en écrire davantage que mon encre souffre de la noirceur de ce temps qui va voir naître il parait la fin d’une guerre, la paix des peuples et des âmes et pourtant combien de nos mères, de nos femmes, de nos filles ne pourront que s’agenouiller sur des dépouilles, il y a si peu de temps, chéries d’être de sourires et d’avenirs … et devenues abandonnées et solidaires après avoir soutenu les efforts de guerres et engendrer aussi le pire …

Je suis anéanti, vivant et ma main tremble de nouveau et cette balle logée dans mon crâne et mes yeux dont le trouble fait chavirer mon écriture zébrée …

Ma mémoire va se refermer à jamais après ces derniers mots, à toi ma lettre.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018