Allez prendre l’air …

Robe_de_Elie_Saab_2016

Robe_de_Elie_Saab_2016

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 10.20     (Hors délai)


—… et changement à Bruxelles-midi, puis à Meximieux puis à Latouille-Lentillac et après dix autres gares suivantes… l’arrivée.
— Vous voulez dire : enfin.
Voyager, c’est aussi cela, faire des sauts de puce.
— Sûrement mais d’un départ (et pas sur la Place de l’Étoile) à 11 h 02 pour une arrivée à 21 h 21, c’est carrément des sauts de fourmi.
— Possible mais sur le fameux train de Maps, il faut mesurer l’écart : au moins 23 h de train sans passer par la Belgique, alors…
— Oui, bien sûr.
— Et en voiture 18 h pour 2 000 km.
— Effectivement, et sans passer par l’équateur, je suppose ?
— Pour sûr ! Eh en vélo, tenez-vous bien… 108 heures.
— C’est sûr que 108 heures sur une selle c’est moins confortable qu’un siège… ça fait mal au…
—… un bon fauteuil d’un train comme le nôtre, c’est aussi ça, la note positive.
— C’est vrai que le tarif 450 € aller/retour, 1ère classe, pour 1 personne pour 2 000 bornes, on y va tous les jours.
— Moqueuse ?
— Pas aussi vaste que le prix du billet.
— Le parallèle n’est pas de mise
— Et pourtant… les rails…
— Quoi, les rails ?
— Elles sont parallèles, non ?
— Certes, certes ! C’est aussi votre liberté de comparer…
— De constater…
— Bon, je n’ai pas un trésor de patience illimitée, Madame.
— Pourtant n’est-ce pas le cardinal de vos attributions ?
— Je vois ! Madame est une enquiquineuse.
— Madame hésite ! Je crois que finalement, je vais prendre l’avion…
— Un long courrier ?
— Le rapport ?
— Que notre conversation bat de l’aile.
— Oui, eh bien prenez un ton moins aérien.
— C’est ça, bonjour chez vous.
— Goujat…
— J’entends Madame, j’entends… allez dont conquérir de vos hésitations l’hôtesse d’accueil de l’aérodrome d’à côté… allez prendre l’air…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Godiche, reste dans ton terrier

Gina Lollobrigida as Venus in The Most Beautiful Woman in the World - 1955

Gina Lollobrigida as Venus in The Most Beautiful Woman in the World – 1955

Des mots, une histoire : récolte 45   (Hors délai)


Moteur !
— Non, non !!!
— Comment non ?
— Je n’ai pas les bons mots en bouche.
— En tout cas, tu n’as pas avalé ta langue !
— La tienne est bien salée.
— Je ne fais pas la morue, moi !
— Grue, être immonde et falot !
— Godiche, reste dans ton terrier.
Ornithorynque !!!
— Je ne vois pas le rapport ?
— Ah ! Non ?
— Non ?
— Tu ressembles à rien, la pouffe !!!
— Eh bien, tu vas voir la tordue, je vais te crêper le chapeau
— C’est ça, remballe ton rôle… et va punaiser sur le trottoir…
—…

— Excellent les filles… voilà une scène qui s’approprie à fond le texte… de l’auteure…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La grotte de l’ours indien

Grotte de Han du livre Les Artères du globe de Paul Bory 1888 – Page 213

Grotte de Han du livre Les Artères du globe de Paul Bory 1888 – Page 213 – Gallica

Des mots, une histoire : récolte 44 (Hors délai)


Délétère, sourcière, salière, poudrière, entière, derrière…
— Stop ! Quelle est cette terre de mots ?
— C’est un extrait.
— Extrait de quoi ?
— D’un prologue.
— Un prologue ? De quel livre ?
— « La grotte de l’ours indien »
— Connais pas.
— 1963.
— Encore moins.
— C’est l’histoire d’un adolescent adopté par une famille d’ours et d’une guérisseuse qui s’éprend de ce jeune homme.
— Inattendu.
— C’est une atmosphère à la fois animale et tendre.
— Un poil intéressant ?
— Je ne vais pas faire la vaticination* ou simplement te dévoiler… il faut lire…
— Tu peux me résumer sans tout me dire !
— Non !
— Je suis marri de cette attitude !
— Cool, ce bouquin…
— Eh bien ?
— Eh bien ! … il n’existe pas !

  • : prédiction

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Hé, soigne tes pleurs ils sont de ce bleu froid

Jean_paul_gaultier_haute_couture_printemps_ete_2014

Jean_paul_gaultier_haute couture_printemps_ete_2014

Une longue série de dialogues avec pour socle le dialogue en bleu. Ce dialogue en bleu n’est pas de moi mais d’un défi d’écriture (2019) dont je ne me souviens plus à quel endroit du Web il se situe. Si vous avez l’adresse, n’hésitez pas à me l’écrire en commentaire, pour rendre à qui de droit ce qui appartient.

— Oui ?
— La factrice m’a dit que tu avais perdu une lettre.
— Non.
— Ah ? Elle m’a dit que tu y tenais, à cette lettre. Je vais à la poste.
— Mais, comme tu veux !
— J’espère bien. Et je vais retrouver cette lettre qui me paraît louche.
— Ah bon !
— Oui. Une lettre adressée à ton amant ?
— Mais non !
— Avoue !
— Non
— Tu mens !
— Pas cette fois.
— Tu me dis la vérité ? Étrange !
— Pourquoi pas.
— Je vais t’interdire l’encre et le papier.
— Ah, non !
— Alors, tu es sincère ?
— En effet.
— Bien. Alors, qui est l’heureux élu de cette lettre. Moi ?
— Peut-être.
— Je fais serment devant toi de la retrouver.
— Fais pour le mieux.
— Tu me donnes toute de même ton accord ?
— Oui.
— Tu m’embrasses
— D’accord.
— Tu peux compter sur moi !
— C’est ça.
— Hé, soigne tes pleurs ils sont de ce bleu froid qui abîme ma joie de vivre.
— A tout à l’heure.
— A midi … ma belle conscience.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

cabossée sur l’aile droite

Defile-zuhair-murad-automne-hiver-2016-2017

Defile-zuhair-murad-automne-hiver-2016-2017

Une longue série de dialogues avec pour socle le dialogue en bleu. Ce dialogue en bleu n’est pas de moi mais d’un défi d’écriture (2019) dont je ne me souviens plus à quel endroit du Web il se situe. Si vous avez l’adresse, n’hésitez pas à me l’écrire en commentaire, pour rendre à qui de droit ce qui appartient.

— Oui ?
— Tu me cherches ?
— Non.
— Ah ? … Je peux prendre ta voiture ?
— Mais, comme tu veux !
— Elle est un peu cabossée sur l’aile droite, comme toi d’ailleurs.
— Ah bon !
— Je t’assure … et puis sa couleur est passée … toi aussi, tu changes.
— Mais non !
— Et pourtant, il y a quelque temps tu n’aurais pas discuter pour que j’emprunte ta voiture … comme pour te dire je t’aime.
— Non
— La preuve …
— Pas cette fois.
— Tu es de mauvaise foi quand je te regarde dans les yeux. Tu viens avec moi ? Je t’emmène ?
— Pourquoi pas.
— Tu prends un maillot bain, on va à la plage de Saint Marc.
— Ah, non !
— Il fait trop froid ? … comme pour me prendre la main ?
— En effet.
— Tu n’as plus confiance en moi ?
— Peut-être.
— Bon, j’y vais seul alors… je te ramène un souvenir ?
— Fais pour le mieux.
— Un coquillage qui à l’oreille raconte une histoire d’amour ?
— Oui.
— Et puis, je refais le plein de Ta voiture.
— D’accord.
— Je t’embrasse d’ici à cet endroit.
— C’est ça.
— Et toi, tu m’embrasses pas ?
— A tout à l’heure.
— Ou peut-être à jamais … Mon Amour.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Quand la nuit s’ébroue sous la Lune

Defile-zuhair-murad-automne-hiver-2015-2016

Defile-zuhair-murad-automne-hiver-2015-2016

Une longue série de dialogues avec pour socle le dialogue en bleu. Ce dialogue en bleu n’est pas de moi mais d’un défi d’écriture (2019) dont je ne me souviens plus à quel endroit du Web il se situe. Si vous avez l’adresse, n’hésitez pas à me l’écrire en commentaire, pour rendre à qui de droit ce qui appartient.

— Oui ?
— J’ai cette peur ancestrale quand la nuit s’ébroue sous la Lune.
— Non.
— Rien pour me rassurer, me consoler … j’ai envie de tes bras autour de moi, bien forts serrés.
— Mais, comme tu veux !
— Tu ne m’aides pas. Tu pourrais au moins t’approcher de moi.
— Ah bon !
— Ne fais pas l’étonnée.
— Mais non !
— Je t’aime comme l’eau le lac au lit.
— Non
— Ta négation de moi est une piqûre de rappel de ton non-amour.
— Pas cette fois.
— Tu te dénies comme une vipère se mue.
— Pourquoi pas.
— Ton venin s’imprègne dans nos draps.
— Ah, non !
— Et pourtant, regarde-nous par l’effet de nos miroirs…
— En effet.
— Tu avoues notre défaite…
— Peut-être.
— Alors, que t’importes mon état de peur. Je vais aller me pendre … ailleurs …
— Fais pour le mieux.
— Et toi reste au pieu.
— Oui.
— Fais de beaux rêves, fragile existence et amour de paille
— D’accord.
— Et pose ton premier mot sur le lever de soleil quand mon dernier sera déjà du passé.
— C’est ça.
— Oui, c’est ça, ignoble indifférence.
— A tout à l’heure.
— A ta pendaison …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Ce non n’a pas d’écho

Robe de Elie Saab - automne-hiver-2017-2018 -14

Robe de Elie Saab – automne-hiver-2017-2018 -14

Une longue série de dialogues avec pour socle le dialogue en bleu. Ce dialogue en bleu n’est pas de moi mais d’un défi d’écriture (2019) dont je ne me souviens plus à quel endroit du Web il se situe. Si vous avez l’adresse, n’hésitez pas à me l’écrire en commentaire, pour rendre à qui de droit ce qui appartient.

— Oui ?
— Je suis à la recherche de mon passé.
— Non.
— Ce non n’a pas d’écho … je ressens l’espoir de … te retrouver … mon passé …
— Mais, comme tu veux !
— Mais, le veux-tu vraiment ? Toi, qui est en moi … et qui me refuse depuis trop longtemps …
— Ah bon !
— Oui.
— Mais non !
— Et pourtant … tu me rejettes comme si tu ne voulais pas me ..
— Non
— … faire resurgir … ce passé … traumatisant …
— Pas cette fois.
— J’ai besoin de cette souffrance pour … exister …
— Pourquoi pas.
— Alors ?
— Ah, non !
— Tu joues avec moi …
— En effet.
— Tu es ignoble
— Peut-être.
— Je vais te supprimer comme une mauvaise conscience.
— Fais pour le mieux.
— Tu n’as de cœur ?
— Oui.
— Je ne te demande pas ta préférence pour disparaître. Une bonne dose médicamenteuse, cela te va ?
— D’accord.
— Et bien disons … vingt grammes de celui-là …
— C’est ça.
— Tu ne me retiens pas ?
— A tout à l’heure.
— Alors, à tout de suite…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019