Madame

Oeuvre de Esther Noriega 2016

Oeuvre de Esther Noriega 2016

Madame,

à cœur fondant de patate,

Vos lèvres, attrayantes et délicates,

Suceraient son moelleux troublant,

Votre langue épouserait le pétillant,

A son bouquet osé vous auriez hâte,

D’accepter de délectation son présent

Dans votre gorge chatte,

                                        Madame !

©Max-Louis MARCETTEAU 2015

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Chambre portraitisée

Photo de Alain François

Photo de Alain François

Le trait décousu, le matin, son visage dort !

Volet battant au sol mouillé d’une brume

Assoiffée de coquinerie, la vitre du Nord

S’embrume de la chaleur intime, écume

Qui s’écoule lentement du drap, parfume

La tapisserie d’un banc muet de la chambre

Bleu amoureux des lignes fines, volumes

Qui se modifient, s’étirent et se cambrent

Au souffle saccadé d’une lampe lubrifiée

De la lumière de jouir par des séquences

Nouvelles, par interruptions choisies, nées

Des désirs de connaître l’absolu semence

Du délire de s’inonder de plaisir du livre

Posé, écartelé à l’extrême où ses mots

Dénudés de leur concavité, délivrent

Les hoquement des préfixes impériaux

D’un septième ciel pourvu d’un tapis

Déroulé au pied d’une armoire de glace

Déshabillée d’émotions au bord du lit

Défait, dédrapatisé des angoisses

D’un jour qui s’annonce heureux, vrai,

Immortel comme l’étoile blanche du poète

Qui écrit les lignes d’un demain au jet

D’une encre vorace qui s’épanche satisfaite !

©Max-Louis MARCETTEAU

Pour elle, pour toi !

Photo de Gordon Parks

Photo de Gordon Parks

En ce 13 novembre 2015, son cœur a pris
Sa valise pour ce long voyage incertain !
Ce labyrinthe ouvert à ses mots de sa vie
Harmonie pour l’autre, son esprit, orphelin
A présent de son corps, vogue, brumeux !
Son regard te manque déjà ! Tu entends,
Sa voix dans ce couloir blanc, soigneux ?
Relève la tête, son aura est sur son séant !
Elle est passée du présent au passé vivant !
Des images se cataloguent dans l’armoire
Souvenirs que tu décides d’ouvrir à l’élan
De l’émotion en ce moment entonnoir !
Tu marches sur les larmes de ton arène !
Elle est tout près de toi ! Tient lui la main !

©Max-Louis MARCETTEAU

Corps accords

Oeuvre de Jam Sutton _digital

Oeuvre de Jam Sutton _digital

Les corps se dilatent bruissement de l’air

Qui s’échappe des valves du désir pressé

De gonfler l’espace qui les sépare et les chairs

Porcelaine de Limoges s’épousent à respirer

La cuisson du plaisir à jouir des instants éphémères.

©Max-Louis MARCETTEAU

Credo

Oniksiya Sofinikum en cosplays

Oniksiya Sofinikum en cosplays

La foi est intraduisible et impalpable. Pourtant, elle est cette confiance qui donne la vue aux aveugles et brûle les pupilles aux égarés. « Le juste vivra par la foi » nous dit St PAUL dans sa première épître aux romains car la foi est la loi. Ce n’est pas la loi qui construit la foi mais bien celle-ci qui l’établie.

En vérité, la foi ne se définit pas, « car tout ce qui est écrit a été écrit pour notre instruction » rajoute St PAUL, elle se vit, telle est l’évidence.

La foi sert d’Unité. Élément indissociable de la cohésion d’un groupe sain, elle ne peut se fractionner, s’éroder. Elle est ou elle n’est pas. Elle n’a pas de condition intermédiaire si ce n’est sa propre déchéance, alors la foi n’est plus la foi, elle devient un démoniaque profit, au pouvoir des ténèbres. En revanche, elle doit évoluer et rester identique aux yeux des fidèles. Évoluer dans sa maturité et rester identique pour que le groupe puisse la reconnaître dans son habit.

Le problème de la foi est de s’en nourrir, de s’en abreuver par excès, telle l’inquisition, par exemple ou tout simplement, la vider de sa substance, telle que nous la vivons actuellement.

Mais la foi n’a-t-elle pas pris une autre dimension, nous laissant sur la route ? Sommes-nous digne de la recevoir ? Ou tout bêtement, nous avons quitté son giron pour nous leurrer sous des pseudos foi qui n’ont d’aspect que le mercantile. Évidence, évidence ! L’humain est comme un mulet, il lui faut le bâton et la carotte pour avancer sur le droit chemin et un seul conducteur. Le hic, il n’a aucun des trois. L’humain vagabonde, se cherche et ne se trouve pas, normal. Il suppute, questionne, tâtonne, bouscule, raisonne, tourne en rond et le Temps, lui avance, en pas de sénateur, direction l’Apocalypse.

Des trois vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité, il nous reste cette dernière qui se traduit par : amour. Amour du prochain, un des dix commandements, « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Il est déjà peut-être trop tard . . . !

©Max-Louis MARCETTEAU

Envies …

Oeuvre de Michael Creese _Black Swan _ 2013

Oeuvre de Michael Creese _Black Swan _ 2013

Envie de fuir ;
… envie de magicienne ;
… envie de lèvres à lèvres ;
… envie de détruire les miroirs de ses hésitations ;
… envie de pousser les murs de sa prison ;
… envie de saliver sur un sein ;
… envie de souffrir pour sa cause ;
… envie de silence, la tête posée sur un ventre soyeux ;
… envie de trahir sa propre image réelle ;
… envie de construire son monde aux yeux des autres taillés dans la norme, déformée par la famine des désirs inassouvies ;
… envie de plaire à une femme ;
… envie de connaître les lignes d’une Eve ;
… envie de caresser l’univers insondable d’autres lèvres verticales ;
… envie d’élever une stèle à ses doutes ;
… envie de comprendre le sourire d’une femme magnétique ;
… envie de promettre la Lune et d’offrir sa terre ;
… envie de jouissance à toute heure ;
… envie d’assouvir les désirs de son corps enfermé dans un cachot ;
… envie du fruit goûteux ;
… envie d’ardeurs à la démesure d’un ciel ;
… envie d’aguicher les naïades de ses rêves provocateurs ;
… envie d’une autre identité à la signature de sa soumission ;
… envie de plaire à la dictée d’un ordre ;
… envie de se donner pour le plaisir d’être croquée à vif ;
… envie de fertiliser son ventre d’une jouissance vraie ;
… envie de cristalliser son réel dans un placard ;
… envie de rituels, d’initiations ;
… envie de symboles comme des bouées de sauvetage ;
… envie de livrer ses envies en vrac à la première femme au regard dominant ;
… envie de naître sur la bonne planète ;
… envie de saler sa vie, de pimenter ses relations ;
… envie de flageller son corps enfoui dans la vase de ses envies ;
… envie de cribler de mots la femme de son idéal ;
… envie de troubler le désir d’une autre elle-même ;
… envie de rassembler les meubles de ses désirs dans un grand feu et ouvrir la vanne de ses cris ;
… envie de hurler son encombrement dans cet espace réel ;
… envie de casser ses chaînes pour d’autres chaînes ;
… envie d’étaler ;
… envie d’une église-femme à profaner ;
… envie de butiner un sein sur la tombe d’une dévote ;
… envie de courir et s’empaler ;
… envie de sentir des mains s’attarder sur ses envies ;
… envie d’instantané ;
… envie d’effeuiller la plante veinée de son sang ;
… envie d’agrafer sur son coeur son amante ;
… envie de spontanéité ;
… envie de cueillir la fleur d’une autre femme ;
… envie de tisser ses mots sur la chair promise ;
… envie de religion sans guerre, sans politique, sans prière;
… envie d’endosser son excitation permanente ;
… envie de se précipiter du haut de son unité de femme entière ;

envie de rassembler le puzzle de sa consistance cravachée. Elle jeûne sur son bûcher, offerte, prisonnière sur le parvis, liée à ses envies comme une botte de paille, elle se consume à la flamme du manque.

©Max-Louis MARCETTEAU