Chaque mois dans mon abyssal découvert

Laurel et Hardy

Laurel et Hardy

 

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 25 au 29 mars 2019


Cidsus (*) et Sidsous se croisent sur la route déserte de la « Frisée du dessus » du village de l’Épingle, en ce matin de campagne qui se lève, le premier bâillement du jour en pyjama d’automne, colorié d’un orangé soleil aux rayons hérissés de par un oreiller nuageux.

— Alors ?
— Alors quoi ?
— Ta banque ?
— Elle fait plaisir … elle engraisse au taux d’usure qu’elle me ponctionne par double dîme chaque mois dans mon abyssal découvert …
— Étrange procédé.
— Tout a fait …. et c’est d’autant plus étrange que d’un négatif, ma tendre banque en ressorte un positif.
— C’est louche.
— Et pourtant, il n’y a pas de hasard.
— Elle connaît le verbe profiter à tous les temps.
— Et le verbe tondre, aussi.
— Et cueillir
— Cueillir ?
— Oui.
— Ah bon ?
— Et oui … les intérêts … elle les cueille comme des fruit mûrs …
Aujourdhui, te voilà bien poète.
— Mon banquier aussi …
— Non ?
— Comme quoi … tu sais quand le ver est dans le fruit …
— Ne me dis pas qu’il est mécène dans le « Printemps des Poètes du 9 au 25 mars sur le thème de la beauté. »
— Je ne le dis pas …
— Il me fait peur ton banquier …
— C’est une femme …
— Non ?
— Si …
— Avec elle, pas de lendemain qui chante …
— C’est ça.
— C’est une femme.
— Oui, une femme.
— C’est mercantile, une femme quand même …
— Elle aime le rose.
— Et les épines qui vont avec ?
— Oui, et puis elle a se sourire serein … presque acéré …
— Une vampire ?
— Faut bien vivre et ce n’est pas incompatible pour une banquière … la preuve.
— Moi, j’aimerais être un poisson.
— Étrange, toi qui n’aime pas l’eau.
— Peut-être qu’elle ne voulait pas être banquière ?
— Oui … elle a été peut-être phagocytée par une fausse certitude, qui sait ?
— La prolifération d’un virus banquier ?
— Possible … pour moi, tout cela c’est du latin … les chiffres, les comptes, débit, crédit.
— Il parait que chez le banquier le crédit est le débit et inversement …
— Ce sont de drôles de gens, ces gens là.
— De toute façon il y a de l’immédiateté dans le fait de consommer et de produire de l’addiction à dépenser.
— C’est un tort.
— Un tort, un tort … je ne sais pas faire qu’autrement à dépenser mon argent …
— … et celui que tu n’as pas.
— C’est de la pure provocation.
— C’est une certitude.
— J’ai cette envie de me pencher à la première margelle venue …
— Ce n’est pas un bon désir.
— Je suis un décadent.
— Non, tu es une incertitude
— Et je me dévore …. et carpe diem…

 

(*) Je remercie pour ce mot de CarnetParesseux

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

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Agenda Ironique Mars 2019 – Voter

Lampadaire_sh_herblain_Iotop__2019

Lampadaire_sh_herblain_Iotop__2019


Bon jour à tous,

Merci à vous tous …Une superbe participation … cet Agenda Ironique de Mars est d’une grande diversité où l’imaginaire a pris une place toute particulière 🙂 La genèse ICI

Votation du 28 au 31 mars :

– Pour le meilleur texte (ou les meilleurs) …

– Qui organisera l’Agenda Ironique d’Avril …


(Pour celles et ceux qui ont des soucis pour voter car problème d’affichage, ils peuvent le faire en écrivant un commentaire).


Voici les textes :

1) – Le 03 mars 2019 => Texte de Jobougon : Le dessus des mots

2) – Le 08 mars 2019 => Texte d’Adrienne : F comme Flaubert

3) – Le 08 mars 2019 => Texte d’Anne Coquelicot : En attendant le bus

4) – Le 08 mars 2019 => Texte 1 de CarnetsParesseux : Sa soeur, l’étoile en plein ciel

5) – Le 09 mars 2019 => Texte de Patchcath : Les maux sans dessus-dessous

6) – Le 11 mars 2019 => Texte de Palimpzeste : Réverbères blancs de nuit

7) – Le 12 mars 2019 => Texte/Commentaire de La Plume Fragile : Sous les feux d’un lampadaire   Chez CarnetsParesseux

8) – Le 13 mars 2019 => Texte de Victorhugotte : Melo sous les lampadaires

9) – Le 18 mars 2019 =>  Texte de Iotop : Ce n’est pas du pavé de bœuf

10) – Le 18 mars 2019 => Texte de Les Petits Cahiers d’Émilie : L’effet réverbère

11) – Le 18 mars 2019 => Texte de Chachashire : Le lien de Chesterfield

12) – Le 20 mars 2019 => Texte 2 de CarnetsParesseux : De graves et gros personnages

13) – Le 26 mars 2019 => Texte 1 de Écri’turbulente : Indomptable nature

14) – Le 26 mars 2019 => Texte de Palette d’expressions : Je rêvais les étoiles

15) – Le 27 mars 2019 => Texte 2 de Écri’turbulente : Le Lampadaire et la loupiote

16) – Le 29 mars 2019 => Texte/commentaire de Tout l’opéra ou presque 655890715 : Ses purs ongles


 



La découverte ultime n’est pas actée

Les Gardiens des Univers Ludiques – personnages de Numenéra

Les Gardiens des Univers Ludiques – personnages de Numenéra

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Voyage, voyage” et Desireless, “Et moi, et moi, émoi ” et Dutronc, tout est aventure entre le sac de voyage et moi le convoyeur de sac qui sur mon dos fait la feignasse. Et pourtant, si le Vietnam m’est connu, l’avion d’autant, et la rizière pareillement … tout cela dans les livres, je préfère la plage de Bretagne sous mes pieds nus et mon corps sait de quel soleil il a à faire.

En fait, seul le voyage intérieur fait rencontrer toute une population d’ici et d’ailleurs, de l’univers, la richesse de chaque contrée créée est d’autant fabuleuse que l’imaginaire de la langue n’a pas de frontière et la découverte ultime n’est pas actée, elle reste chaque jour à se dévoiler … par les mots …

Mots qui s’improvisent histoires, contes, mémoires, récits, anecdotes, chroniques, poésie, … la beauté attend sa plume comme l’encre guette la page comme les mots le talentueux …

Je m’attends moi-même …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

L’assaut d’une vague rétive se prenait à téter

Oeuvre de Kristeen Van Ryswyck

Oeuvre de Kristeen Van Ryswyck

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La prose qui ne s’arrête pas » telle une roue à aube sur le crépuscule d’un soir noyé de chagrin d’avoir perdu son aube de bonheur lors d’une tempête mémorable et dont aucune vraie mémoire n’avait retenue le moindre petit embrun sur le tracé d’une … dune éclairée par la Lune et détesté par l’herbe folle et le chardon de service qui s’ensablait tous les jours à la même heure quand l’assaut d’une vague rétive se prenait à téter le mamelon de sable offert comme une provocation avec cette vague impression de ne résister que pour la forme de son tracé et puis tout s’arrête au bord d’une larme d’aube qui revient comme un mouvement perpétuel qui ne sait pas qu’il est perpétuel et qui pense que la mort est une aubaine pour renaître de nouveau dans les bras de l’horizon qui baille trop souvent les nuages en l’air de rien pousse la chansonnette avec le vent d’ouest qui se prend un vent avec le vent du sud qui ne comprend pas qu’il soit au travers d’un autre vent qui soupçonne un changement climatique et la voix de raison se cambre comme une soubrette perchée sur l’escabeau de l’incompréhension quand la prose qui ne s’arrête pas lui pince la fesse gauche qui à moitié nue n’ose faire état de son état à la fesse droite qui frissonne à se parcourir d’un mouvement d’ondulation jusqu’à l’aube que le crépuscule porte dans son cœur comme une flèche qui se demande comment elle a pu arriver à un tel état de médiocrité à cause d’un amour contrarié par effet d’un souffle nommé je t’aime et qui n’avait rien d’autre que cet amusement de la prose qui ne s’arrête pas …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Ce n’est pas du pavé de bœuf

Participation à Agenda Ironique de Mars de l’An 2019 (Vous avez jusqu’au 27 mars 2019)


Ici, la nuit n’a pas son mot à dire. Non, non. Ils sont tous aux garde-à-vous, lumineux cyclopes. Leur immobilité sonne un air d’éternité. Un tunnel, sur ce pont, dans la nuit fendue de part en part, forme rempart, dans un silence …

Le pavé de premier rang à droite est, aussi, silencieux. Et puis, un cliquetis étrange peu coutumier des environs… un cliquetis qui s’amplifie comme une souffrance qui s’offre les grands boulevards du chagrin, du sinistre, du lugubre … du malheur. Cependant ce cliquetis nuance sa partition, il devient comme ce goutte à goutte de robinet au joint usé, il perle…

— Mais il perle où, ce cliquetis ? dit le pavé du premier rang à droite, en se soulevant de quelques centimètres et se repositionnant aussitôt.
— Je ne sais pas, répond le pavé du premier rang à sa droite, qui pareillement à son congénère se soulève de quelques centimètres …
— Moi, je sais ! annonce le lampadaire à gauche, à droite en troisième position.
— Tu sais quelque chose, toi ? rigolent les deux pavés, en se soulevant …
— Vous êtes impertinents. Je ne dirais plus rien ! s’ébroue le lampadaire vexé.
— Allons, ne fait pas ta mijaurée, ma grande, lui dit le lampadaire à sa gauche.
— « On », me considère comme un lumineux bon à rien, alors que je sais moi d’où vient ce cliquetis.
— Bon, alors, dit voir, impose une voix, celle de maître pavé qui a connu 1789.
— Non !
— Tu vois, il recommence à bouder comme la dernière fois, dit le pavé du deuxième rang à droite du pavé de gauche.
— Non, c’est non !
— Bon … on peut négocier ? dit le pavé du premier rang à droite.
— Négocier quoi ?
— Je ne sais pas moi, un séjour d’une semaine à Chesterfield, en plein centre-ville, ça risque d’être chouette, non ? dit le pavé à gauche de la droite du sixième rang en partant du troisième pavé tagué.
— Et pourquoi pas sur l’Île de Pâques, hein ? Non, non … s’il faut négocier … eh bien je veux un nouveau visage … en leds … bleus …
— C’est les plus chers ! s’affole maître pavé qui a connu des mains sanguinaires de 1789.
— Bon … je ne veux pas vous contrarier, mais il m’énerve ce cliquetis … j’ai l’émétique aux bords des arêtes… ! énonce fort, le pavé du quatrième rang à partir du centre.
— Et un tour du monde sur le bateau Atlantique … ? dit un ancien pavé de la Commune.
— J’ai le vertige … dit le lampadaire à la voix divagante.
— Le vertige ? et le mal de mer, il compte pour du beurre ? dit le pavé de la huitième rangé à gauche en partant du milieu.
— Non. Mais tu t’imagines déjà à six mètres de haut ? Bon, eh bien suppose que je sois fixé sur un socle de ce bateau … qui navigue … et bien, j’ai le vertige moi, monsieur Du Pavé … et ne vous en déplaise.
— Bon, alors … va pour les leds bleus … dit résigné le pavé du troisième rang de la gauche de la gauche.
— De toute façon, je ne vais pas de suite vous dire d’où provient le cliquetis … non, non … il faudra me poser des questions …
— Jouer aux devinettes … c’est ça ? questionne, le pavé du dixième rang au centre droite … un peu décaler de l’angle gauche.
— Exactement !
— Eh bé, on n’est pas couché ! rétorque le pavé intérimaire, bien propre.
— Qu’importe, j’ai tout mon temps moi ! dit le lampadaire qui campe sur sa position par défaut, qu’il ne peut s’extraire de sa condition.
— Il m’énerve ce lampadaire, il m’énerve … dit le pavé du premier rang à droite.
— On se calme, dit le pavé de 1968.
— Alors, ce cliquetis est-ce qu’il perle sur la première rambarde à ta gauche ? dit le pavé ébréché à gauche du deuxième clou du passage piéton.
— Non.
— Est-ce qu’il est d’ici ? dit le pavé intérimaire, bien propre.
— Euh … je ne sais pas.
— Il ne sait pas ! Elle est bien bonne ! dit le pavé revenu de convalescence après un heurt avec … (lui-même ne sait plus).
— Et oui, je ne sais pas ! De toute façon cela n’a aucune importance.
— Comment ? Aucune importance ? Dis-moi, tu veux me tâter tête d’ampoule ? Et ce n’est pas du pavé de bœuf, dit le pavé en droite ligne et perpendiculaire au lampadaire, juste au-dessous de lui.
— Me menacer… il ferait beau voir (et pas Simone) … c’est bien … la première fois… dit le lampadaire en émotion neuf Beaufort, qui d’un élan de confusion interne se grille d’un coup.
— Messieurs ! messieurs les pavés ! Il va s’en dire que cet incident est regrettable, très regrettable, s’électrise en clignotements irréguliers le lampadaire en tête de colonne en partant du coin gauche à … droite.
— Nous, on veut savoir d’où il vient ce cliquetis et puis c’est tout ! dit un pavé romain en vacances.
— Vrai, nous on n’est pas là pour « Jeter un pavé dans la mare » dit un pavé excédé, exilé de la rue Colbert de Tours, et tous les pavés de rires par des battements à faire trembler le pont et les socles des lampadaires qui commencent à blanchir dangereusement signe d’une éventuelle syncope collective.
— Messieurs ! messieurs ! je vous en prie … messieurs les pavés! reprenez-vous ! reprenez-vous, dit le lampadaire deuxième du nom après le lampadaire en tête de colonne…
— …
— Merci messieurs d’avoir repris vos esprits et je vais vous dire de suite d’où vient ce cliquetis qui perle fortement et vous irrite … c’est une bouteille d’eau de belle nature … une eau des montagnes de beau caractère … qui vient de suicider par starification… sous l’arche droite du pont … ne me demandez pas comment elle est arrivée là … et le pourquoi de son geste … même s’il est pour nous évocateur d’un abandon de pureté, d’honnêteté, d’authenticité … mais je souhaite dire, en chœur, avec mes congénères ces quelques mots, de recueillement, en litanie : « Les réverbères dorment allongés dans l’espace » (*)… avec vous, car nous sommes différents mais nous sommes depuis la nuit des temps sur la même voie …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

(*) : Edmond Jabès – « le milieu d’ombre » – 1955.

Un piège a une seule entrée

Photographie - Sépulture Fernand Arbelot - cimetière Père La Chaise

Photographie – Sépulture Fernand Arbelot – cimetière Père La Chaise

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 11 au 15 mars 2019


N’est-il pas merveilleux de prendre la main de son aimée et consommer la vie par petites tranches comme un doux fromage qui fond sous langue, la bouche demi-ouverte comme un hublot dont l’air mariné d’une onctueuse ondée océaniale vient frissonner les narines ? Ô Ce (et pas os) fameux mariage de la consommation qui semble éternel et dont le mot souci est banni dans le cul-de-basse-fosse du géant nommé Problème qui pleure sur lui-même si sa Solution le laisse dans sa propre fiente (et l’oxymore se marre). Ô Fleur d’âge qui s’époumone dans le fané d’un lit de mégère qui fait semblant de prendre son pied à se perdre elle-même dans les onomatopées de voyelles, cette fratrie qui semble s’entrecroiser en des consonnes qui seraient que des échelles sans barreaux. Ô Utopie tu enfantes des rêves de bonheur et tu fais créations de désillusions si ce n’est à regarder l’œil harassé d’être provoqué par la voisine d’en face qui a un beau profil et un fessier et une poitrine et tout le reste n’est pas options, tu te dévergondes toi-même et tu ris de ta situation pour une histoire nommée Amour qui n’était qu’un mot, un filet pour mieux te retenir, un piège a une seule entrée. Ô Fertile vie qui est faite d’herbicides sélectionnés (à défaut de glyphosate) pour nuire jusqu’à l’échéance ultime (voire plus, le cercueil n’est pas à la bonne dimension), l’illusion première de ta beauté est devenue la richesse d’un désenchantement qui nous a pris au fil des années et cousu l’un à l’autre comme deux tissus de belles factures mais à la longue se sont dépréciés aux fils usés par les lavages de nos tourments, colères, turpitudes … Aujourd’hui, à célébrer ton enterrement, je conte par ce discours devant cette assemblée de nos nombreux enfants et petits enfants la vérité dépouillée de la censure, cette sangsue comme tu le fus … repose ainsi dans ce bon bois de chêne et moi suis toujours … à ta chaîne … amen.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Message pour toi

Pirates des Caraïbes : Jusqu'au Bout du Monde - 2007 - Johnny Depp

Pirates des Caraïbes : Jusqu’au Bout du Monde – 2007 – Johnny Depp

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Message pour toi,

Tu m’entends ? Non ? Pas grave …

Écume de mes jours … poison de mes nuits … une lettre de rupture ne suffit pas pour t’avouer tout l’amour qui me tient à cœur par une tension défiant tous les appareils de mesure…

Adieu ou … pas.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019