La cinquième corde de l’émotion

Photographie Iotop 2022

Agenda Ironique Juillet 2022 (avec un retard certain)


A l’UT nul n’est tenu à sa clé au par dessus le dos d’une ouverture maintenue à la baguette qui se durcit à l’envolée d’une partition possédée d’un corps d’archet au premier rang d’un violon prédicateur…

dempteur à tous les rangs assis à l’écoute des oreilles fœtales l’entremetteur a de la vibration quand les octaves non de prénoms s’élèvent à l’orée des pavillons suspendues aux lobes frontaux…

MInimalisent les intonations du silence enroulé sur la cinquième corde de l’émotion à l’éther pris à témoin des auditeurs enrôlés à l’unique portée de se grandir au diapason d’un trémolo piquant…

FAscinant tel un point d’orgue dessiné à l’accroche d’un destin à la fièvre de vivre une seule demi-seconde au multiple d’un tracé à l’intérieur d’une aire à la nue-propriété d’un air habillé et enjoué…

SOLstice d’été de l’humain à son assemblée respire le soupir à l’apnée se déguise à la pause missionnaire à la croche d’une paire de cymbales à la prise de mains que le gong s’idiophone d’amour…

LA reprise d’un temps lisse l’éclair à l’arc-en-ciel d’une réalité au corps du violon ondulé aux caresses dépliées le chœur s’amplifie crescendo aux percussions au langage d’un motif en une rhapsodie …

SImultanément la mesure s’élève au majeur qui s’impatiente et s’éprend en tsunami à se gorger d’un tout que les instruments eux-mêmes s’essoufflent dans un craquement … le requiem se réveille …

© Max-Louis MARCETTEAU 2022

Novice à l’écoute d’une béatitude

Photographie Iotop 2022

Agenda Ironique Juin 2022 – (Avec un certain retard)


Sœur Dominique s’était installée tôt le matin au bord de la source des Trois Niquedouilles pour jouer de sa harpe aux cordes sensibles d’un doigté qui avait à une certaine époque bénie réjouit plus d’une novice à l’écoute d’une béatitude…

Nous l’écoutions de loin par échos de reliefs feuillus…

Nous étions toutes quatre en seiza sur un tissu codé en damier autour de notre saint assis en tailleur qui crayonnait nos silhouettes transfigurées beautés à la flottaison de nos nudités qui s’impatientaient de ressentir son regard de croqueur tout en piège en attente de nous déflorer d’un trait de mine à nous sourire comme une souricière…

Nous étions son pique-nique …

© Max-Louis MARCETTEAU 2022

… et converge vers un seul fruit…

Photographie Iotop 2022

Agenda Ironique Avril 2022


«Les Fées sont d’exquises danseuses» quand l’heure du solstice se lève après le minuit derrière la dernière tonalité d’un son de cloche sur le parvis de l’église qui traîne toute la misère du monde devant l’origine du cierge saisi en main comme une aubaine s’il est bien allumé de bonnes intentions pour éclairer le Paradis de l’Enfer et ne croyez pas un traître mot de l’esprit du conteur païen à la gouaille qui sève à tour de branches le tronc de ses histoires portées à la hauteur du premier podium de la calembredaine les légendes du monde au toupet de transmettre que l’Enfer vient du feu de Dieu quand celui-ci déplace ses meubles un soir de la Pâques pour son nettoyage de printemps…

… et quand bien même on peut y faire contenir des vérités à ces légendes à toutes les panoplies des contes à l’heure du bois flambant dans l’âtre de la cheminée bien montée de ses jambages et de la crémaillère qui a du cran à tenir le chaudron émulsionné de tous les fruits de la Terre mère porteuse des aspirations d’une seule idée qui converge vers un seul fruit pas nommé mais décidé pour sa pomme à être coupable et pas un seul palimpseste ou un archéoptéryx pour y mettre son grain de sel pour infirmer ce concept à la ligne qui se propage d’un point à un autre des âges pour tenir comme fait accompli que la souffrance nous gouverne et semble rajeunir de jour en jour tel un fruit mûr au risque d’éclabousser nos vies prises aux corsets des habitudes qui tirent de drôles de mine sur le terreau de l’impermanence…

… ainsi l’effet danse à la vibration de la narration quand le compteur du temps se laisse porter aux déluges d’un conteur… délirant.

© Max-Louis MARCETTEAU 2022

Du premier mot velours du matin

Photographie Iotop 2022

Agenda Ironique Mars 2022


L’attente sciée à un endroit renaît autre part comme une hydre sur le regard du temps qui se couvre d’un chaud sablier qui se retourne toutes les heures dans son lit de frémissements sableux d’un vague passé qu’une audace capée à l’héroïsme giflée par un zéphyr du verbe celui que le cœur a taillé à la serpe s’ancrée sur le mur indécent du souvenir.

Le frimas du réveil que l’incertitude épaule à la convenance à ne rien dire à l’oreille du premier mot velours du matin apporte pourtant l’annonce d’un renouveau le a s’éprend d’un h à sa garde s’interroge et fait l’étonné à se fendre de ce ah exclamatif en demi-ton comme une découverte pêchée au torrent d’un dictionnaire émoustillé onctueux d’onomatopées aux pages d’une peau abricot que se retient une première langue à goûter.

Au lever le seuil s’impatiente l’attente lui prend le bras les premiers pas s’allongent et le jour se farde aux yeux d’une fenêtre qui semble médusée de sarriettes qui dansent de bras en bras au vent siffleur soulèvent quelques corolles à l’envi.

Il est matin différent des autres matins… l’attente est distance…

© Max-Louis MARCETTEAU 2022

Au rayon vert deuil

Photographie Iotop 2022

Agenda Ironique Février 2022


— Y a quelqu’un ?
— …
— Vous êtes là ?
— …
— Je sais que vous êtes là ! Ne faites pas la bête, hein ?
— Si je veux…
— Ah ! Vous boudez ?
— On n’a plus rien à se dire, vous savez…
— Pas moi ! J’ai plein de choses à vous dire !
— Parlez-en à votre cœur, lui, sera vous conseiller…
— Mon cœur est bien là où il se trouve.
— C’est pas lui qui vous empêche de dormir ? Avouez !
— …
— Ce n’est pas la peine de me réveiller pour ne plus vous entendre !
— Oui… c’est vrai… c’est lui qui m’empêche de dormir… ça vous va, cette confidence ?
— C’est bien ce que vous êtes venu chercher, non ?
— Je ne comprends pas ?
— Vous êtes à ma recherche par cet intérêt de vous confier à moi pour que l’autre, ce cœur, que vous soupçonnez d’ingratitude, entende. Ne niez pas !
— Vous êtes pénible.
— Alors, laissez-moi où je suis au lieu de m’asticoter et vous servir de moi pour votre intérêt tout personnel.
— Oooooh ! Il y va de votre intérêt aussi, hein ! Bon ! Alors, ne soyez pas si revêche et prenez votre part qui est aussi la mienne. Arrêtons de nous combattre et prenons acte que nous sommes dans le même bateau !
— Le même corps…
— Oui, oui… on va pas chipoter…
— Eh bien, je chipote, un corps ce n’est pas un bateau !
— Enfin, il est constitué de quatre-vingt-dix pour cent d’eau et le reste de la carcasse c’est en dur… donc, si nous extrapolons c’est bien une carcasse qui navigue sur l’eau, là !
— Extrapolez, extrapolez, mon bon, je ne vous écoute plus, je ferme les écoutilles !
— De toute façon…
— De toute façon ?
— Il est trop tard !
— …
— Il vient de mourir…

Ainsi, le soi et l’âme du soi s’envolent dans l’éther du soir au rayon vert deuil qui ferme à cet instant son rideau… et le linceul de service couvre un corps … sans cœur…

© Max-Louis MARCETTEAU 2022

Un pommier toutes pommes dehors

Photographie Iotop2022

Agenda Ironique Janvier 2022


… « Tandis que les autres demeuraient silencieux, il se mit à aller et venir, fouillant dans tous les tiroirs » et se jeta à terre tout à coup sur le sol… une petite souris mécanique trottinait tranquillement sur le parquet, en direction d’un meuble au bon bois travaillé aux ciseaux avec finesse…

— Je ne suis pas une souris de laboratoire.
— Tu es trop intelligente, c’est ça ? dit-il en l’enfermant presque brutalement dans sa main trop sèche et dessinée d’un destin improbable.
— « Je m’attache très facilement » dit la petite souris mécanique.
— Moi aussi, affirme l’homme, viens par ici que j’observe ton mécanisme étrange.

A cet instant, l’homme qui venait de s’étendre sur le sol parqueté en damier usé jusqu’au cœur de la fibre poussiéreuse de souvenirs… disparu…

Il est lié à un arbre que la raison d’une circonstance a oublié et qu’annonce un dialogue où la forêt est le décor inattendu.

— Qu’est-ce que c’est que cette manigance ? s’étonne l’homme, qui se tortille tant bien que mal pour se dégager de sa contrainte.

La souris était à ses pieds, relevée sur ses pattes arrière et le regardait étrangement.

— Libère moi ! crie le bipède secoué par la peur comme un pommier toutes pommes dehors.

— Tu es le prisonnier de Maître Galet, le pourvoyeur des sortilèges, dit la souris blanche mécanisée qui se transforme en enchanteur.
— Je suis innocent, hurla le prisonnier contre son gré.
— Tu n’es rien qu’une parcelle de temps négligeable à ton cœur métronome, tu m’es précieux, comme un mets, petit homme, dit la voix rude du sorcier, crochetée par intermittence d’un souffle en demi mesure.
— Je cauchemarde…
— Tu n’es qu’un sicaire, une vie qui ne vaut pas, dit le geôlier qui ricane à l’oreille droite bourdonnante de l’homme.
— Tu fais justice toi-même, ensorceleur… cela ne te vaudras pas…
— Qu’importe, je suis de ta trempe et j’ai des commanditaires. Et puis, une mort comme la tienne ne fera jamais une céphéide aux yeux de l’éternité.
— Et si je devenais un ange ?
— Un ange ? Quel genre ? Démon sans aucun doute !
— Et se revancher, je peux ? Non ?
— Regarde-toi ? Hein ? Tu cherchais quoi chez ta victime, avec tes hôtes malfaisants ?
— T’occupe ! Et d’abord libère moi !
— Rien à faire ! Le Silence dans sa splendeur ouvre la voie du secret de l’homme qui ne s’attendait pas au revif de son état à le purger de son entendement en celui d’une rédemption inattendue par celui de victime.
— Qu’est-ce que tu racontes sorcier ? Tu délires !
— Tu cherchais quoi, chez ta victime ? Réponds, scélérat !

— Docteur, le voilà qui bouge… votre piqûre fait effet…
— C’est bon signe, enfin j’espère…
— C’est grave ?
— Une crise de piaraison déglotine parapliée sans aucun doute… et retirez lui son déguisement de souris…

© Max-Louis MARCETTEAU 2022

Les fleurs s’évadent


Photographie © Iotop2021

Agenda Ironique Novembre 2021


« Y a de la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles et novembre… » qui reste planté, là, comme un autocar qui attend les derniers ramassages de feuilles moribondes qui se traînent encore sur les trottoirs trop étroits, les rues goudronneuses d’ignorance à s’user d’immobilité, aux gouttières suffoquées des présences dévergondées de couleurs…

Novembre au 1er les fleurs s’évadent sérieusement en tête de cortège le Chrysanthème qui paye un lourd tribut ne sombre pas à la clé de voûte d’un Notre Père dont les cieux sont propices ce jour-là à jouer les descendants pluvieux sur une terre absorbée par le passage des souvenirs qui ne rongent plus les os…

Novembre au 11 les fleurs font gerbes à la commémoration et se taire est tranché par avance s’il ne manque pas le drap sur la peau des anciens qui rassemblés en une seule urne pour le souvenir que seules les femmes ont payé un lourd tribut de leurs enfants mari amant père engagés à mourir…

Novembre au 25 à Sainte Catherine rien ne prouve son existence que le folklore et l’exégète un puits sans fond à tenir son profit d’étudier les légendes déguisées en vérités sur des écritures apocryphes qui fleurissent comme les reliques pour le martyr qui paye un lourd tribut à se vendre à border une croyance de plus…

Novembre jamais en fête, jamais ne se mettra sur son… 31…  

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le blanc de l’œil de l’horizon

Balade_imaginaire_du_jour_Iotop_2021

Agenda Ironique d’Octobre 2021 (et une presque suite ICI)


Si « la porte était lourde »*, la clé pour l’ouvrir l’était d’autant et il fallait autre chose qu’une paire de pinces d’écrevisse, même bien costaude, pour la porter à la serrure, mais on entendait… :

— … alors, tu réponds ?
— …
— Qu’est-il arrivé à ce premier jour ?
— Il n’y a jamais eu de premier jour !
— A d’autres !
— Le premier jour est un leurre, une escroquerie, une couillonnade…
— Une manipulation ?
— Une équation verbale… tout simplement…
— Je ne comprends pas !
— Le premier jour rassure. Il est la première marche de toutes choses, comme le premier mot, la première lettre…
— Comme la première fois ?
— Non, c’est différent. La nuance est là !
— Je ne comprends pas !
— La première fois est une action qui a déjà une histoire, alors que le premier mot, la première lettre… c’est comme un instinct de survie, un surgissement …
— Une fulgurance, quoi ?
— Oui, c’est ça.
— Vous êtes en train de m’embobiner, c’est ça ?
— Vous êtes possiblement sourd à mes arguments.
— Ma patience s’épuise comme un geyser après un forage raté.
— Le premier jour tient son secret à sa non-existence… c’est cela vérité !
— C’est impossible !
— Et pourtant, le premier jour peut-être n’importe lequel des jours passés, présents ou à venir.
— Très fort !
— Mais non !
— Toutes les pistes mènent à vous. Arrêtez de tourner autour de la réponse qui vous demande de la divulguer séance tenante !
— Je vous l’ai déjà dite, la réponse…
— Elle est fausse…
— Pourquoi nier l’évidence ? Vous attendez tout simplement votre réponse à vous… et non la mienne…
— Vous divaguez…
— Et si je vous dis : le premier jour est un fin trait noir sur le blanc de l’œil de l’horizon, rien de plus.
— Toute vie est sans titre. Pourquoi avez vous celui de philosophe ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

*Norge, poète.

J’ai le bibelot du carafon qui tinte

Photographie de Karen M

Agenda Ironique Septembre 2021


J’ai le bibelot du carafon qui tinte au premier degré de ma conscience qui s’entête à me tenir pour responsable. Je dis : non !

Comment ? L’amphibole est dans ma poche droite ?

Docteur, venez à mon secours …

Il est deux heures du matin moins le tiers des minutes en retard qui s’attendaient à ce que je me réveille plus tôt dans un canapé qui, lui, ne s’attendait pas à supporter ma présence tout en long … et mon cauchemar qui se marre sans phare en dehors du plumard … j’ai soif …

L’aquarium est encore allumé ? Et le poisson-lune qui m’interroge.

Je me lève.

Que diable fais-je ici ? Dans cette tenue d’Adam… ai-je croqué une pomme hallucinogène ? Une femme aurait-elle eu l’audace de … car ici il y a parfum de femme !!!

Je suis sans voix. D’ailleurs, mes mots restent sourds dans ma gorge. Sensation de comprendre que … je ne comprends rien à ma situation. Je regarde une nouvelle fois ma montre : deux heures trois minutes. Je ne suis pas tout à fait nu. J’ai ma montre et … mes chaussettes. Il est important de garder ses chaussettes en toute occasion. Elles sont les garantes d’une bonne santé. Bien choisir ses chaussettes c’est prendre la première précaution de ne pas plonger dans le premier rhume venu.

Qu’importe, ma condition m’alerte de partir de ce lieu étrangement inconnu et retrouver un esprit cohérent et frais.

Est-ce qu’une dévergondée aurait mutiné ma raison et butiné le … consentement ? Je n’y crois pas et en attendant, je me couvre d’une nappe en dentelle d’une table basse en bois bien verni à ne pas succomber aux alcools et abus des gens d’ici.

Les ombres de la pièce se soulèvent à ma vue. Je me mets en mon séant de peur de tenir tête, à ces ombres anciennes et menaçantes. Mon cœur se soulève comme une herse et pointe à ma gauche comme pointe d’épée, transperce la chair vive…

— Alors ?… Il va s’en sortir ? Dit une femme.

— Son délire s’estompe, susurre une pompière.

— Quelle idée aussi d’aller sauver de la noyade une femme … lui qui nage comme une enclume … !

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Agenda Ironique Août 2021 – Résultats

Dessin Angelika Marcetteau

Nous voici au troisième volet de cet Agenda Ironique Août 2021 avec pour thème : la Fable.

Le lien ICI

1) Meilleurs textes :

 – Il apparaît à la majorité des voix et dans l’ordre les gagnant.es sont : 

  1. John
  2. Hélène
  3. Jean-Louis

2) Organisateur (rice)

 – Le nouvel organisateur de l’Agenda Ironique de Septembre 2021 est une … Organisatrice … (si elle accepte cette mission) :  Perles Vallens que nous ovationnons avec enthousiasme, mais je viens d’apprendre ce 06 septembre qu’elle se désiste et que c’est Jean-Louis qui organise l’A.I. – Merci à toi !

Merci à tous : lectrices, lecteurs, auteures, auteurs, et pendant que j’y suis le … monde entier et l’Univers (soyons fous).

Pour info : le nouveau système de vote n’est pas très intuitif à mettre en place (suite à la nouvelle mouture de WordPress). Aussi, je ne sais pas comment le mettre en pause comme avant où l’on pouvait déterminer une date départ et une date de fin.

Max-Louis alias Iotop 2021

Agenda Ironique Août 2021 – Votation

Dessin Angelika Marcetteau

Bon jour à tous,

Merci à vous tous … pour cet Agenda Ironique d’Août 2021…au thème qui n’a pas soulevé les foules 🙂 Mais qu’importe, la qualité est là comme toujours…


Votation du samedi 28 août au mardi 31 août 2021 :

– Pour le meilleur texte (ou les meilleurs) …

– Qui organisera l’Agenda Ironique de Septembre…


Voici les textes :

1) Texte de Hélène : Le Vieux Port, la Bonne Mère, et les Pointus

2) Texte de Solène : Il était une fois une fabuleuse rencontre

3) Texte de Jean-Louis : le chêne et le corps beau d’après La Fontaine

4) Texte de Perle Vallens : La plume et la peau (fable)

5) Texte de John : La sole et la rosse

6) Texte de Chchshr : Zuang Zi et le boucher, une fable sur les gestes de l’artisan (texte introuvable sur le site de l’auteur)


Agenda Ironique Août 2021 – Rappel

Dessin de Angelika MARCETTEAU 2021

Bon alors, je m’y colle pour la cinquième fois. Quoi qu’il en soit je suis heureux d’apporter ma pierre à l’édifice de cet Agenda Ironique qui dure depuis plusieurs années.

Je ne suis pas très prolixe sur ce genre de domaine et pour informations voici des liens (la genèse) : ICI ou ICI
Et celui du mois de Juillet 2021 chez : Victor Hugotte

Le thème : Fable

J’explique : la fable est de tout temps parmi nous entre le mensonge et l’imaginaire en passant par l’érotisme et le pamphlet, elle couvre tous les pans de la société. Le récit nous transporte où nous enfonce qu’importe la fable est la chair de notre chair sans nous en rendre compte, qu’elle soit anodine ou prégnante.

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, une citation à placer où bon vous semble dans le texte proposé :

« Une lettre se détache de notre nom et nous ne sommes déjà plus » Edmond Jabès : Le Livre des Questions Tome 2

Les temps alloués :
– Du mercredi 4 août au vendredi 27 août 2021.
– Vote du 28 au 31 août de la même année.

Faites savoir par un commentaire et un lien quand votre œuvre est en ligne sur votre blog.

Et je fais un récap juste en dessous…

À vos belles fables… d’une chouette écriture…

Max-Louis alias Iotop


Voici les textes :

1) Texte de Hélène : Le Vieux Port, la Bonne Mère, et les Pointus

2) Texte de Solène : Il était une fois une fabuleuse rencontre

3) Texte de Jean-Louis : le chêne et le corps beau d’après La Fontaine

4) Texte de Perle Vallens : La plume et la peau (fable)

5) Texte de John : La sole et la rosse

6) Texte de Chchshr : Zuang Zi et le boucher, une fable sur les gestes de l’artisan

Le temps de sourire et l’ombre fait langage

Photographie Marina Kuznetcova

Agenda Ironique Juillet 2021 – Liste onomatopées


Dix-neuf heures dix minutes ! Plouf ! Je plonge mon unique main dans la bassine ronde rose d’eau salée aromatisée au lilas blanc. Brrrrr ! c’est aussi froid qu’un glaçon sorti d’un congélo à moins trente mais tout le bien est là comme une offrande sur la pierre tombale d’un SDF … sniff…

Dehors, il pleut une eau boueuse de tristesse… atchoum…

Drelin-drelin…vingt heures. Le temps des regrets est enterré loin de moi, loin d’un tremblement de vie qui suce la moelle de l’infortuné destin qui n’avait déjà que la peau sur les os à mon arrivée… boinnnnnng…

Le temps de sourire et l’ombre fait langage… meuuuuuuh…

Je souffre comme le silence à qui on a enlevé la parole par son offense d’avoir psalmodié son amour à genoux devant un écho fort de sa domination qu’il avait fait intervenir par dieu sait comment une inquisition pour le punir de son exposition amoureuse … braouuuuuum…

Je n’essaye pas de noyer le poisson dans un bocal … vide… tumb…

Tel un moulin à vent sans aile je suis une érection sur une terre aride qui se ride sur les souvenirs de Toi qui semblait au tableau de ma réalité d’hier… une épopée … tchhop…

J’ai seulement servi d’ouvre-boîtes à tes boîtes de Pandore… pchiiii…

Assis sur l’unique chaise de la cuisine paisiblement enfermée sur elle-même, l’œil creux et morne du l’évier gelé par le sang, et les tiroirs qui ne moufettent pas d’un grincement, la table à la statique position de la levrette, mon unique main brûle de t’avoir et sans buzz … assassinée… splach…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Agenda Ironique Juin 2021 – Voter

Photo et montage – Iotop 2021

Bon jour à tous,

Merci à vous tous … chouette participation … à cet Agenda Ironique de Juin qui n’a pas eu froid à la langue …


Votation du dimanche 27 juin au mercredi 30 juin 2021 :

– Pour le meilleur texte (ou les meilleurs) …

– Qui organisera l’Agenda Ironique de Juillet…


Voici les textes :

  1. Le 04 juin 2021 => texte de Gérard : Francette
  2. Le 05 juin 2021 => texte de Florence : Sous les toits de Paris
  3. Le 05 juin 2021 => texte de Jobougon : Surveille ton langage !
  4. Le 05 juin 2021 => texte de Gibulène : La langue dans tous ses états
  5. Le 06 juin 2021 => texte de Solène : Langue
  6. Le 07 juin 2021 => texte de Chchshr : Ironie du Saur
  7. Le 09 juin 2021 => texte de Mistic : Amour improbable
  8. Le 09 juin 2021 => texte de John : La victoire de Julia
  9. Le 13 juin 2021 => texte de Jean-Louis : Une question de langue
  10. Le 20 juin 2021 => texte de Jean-Pierre : Carnet de bord ironique d’un mois de juin iotopique
  11. Le 22 juin 2021 => texte de Max-Louis : Option râtelier première classe
  12. Le 22 juin 2021 => texte de La Licorne : Chaud, chaud, chaud
  13. Le 22 juin 2021 => texte de Flying Bum : La langue de Léonida
  14. Le 23 juin 2021 => texte de VictorHugotte : Questions et réponses
  15. Le 25 juin 2021 => texte de Photonanie : Petite rencontre entre amis


Sourire attaché aux fossettes saillantes comme des faux

Oeuvre de MR ホワイト – janv 2013

Agenda Ironique Juin 2021 (suite à la demande du plus grand nombre) 1ère partie ICI


— N’ayez pas la peur autour du cou pour vous étouffer … avancez vous dis-je … insiste la bonne vieille dame le regard brillant au sourire attaché aux fossettes saillantes comme des faux.

Le frigoriste hésite telle une appréhension qui sonne creux par sa valve aortique … pourtant il s’engage aux premiers degrés sa caisse à outils à la main et son futur qui n’en mène pas large à la figure blême de son devis d’être encore vivant à la feuille imprimée en double exemplaire.

L’escalier droit pentu à la meunier main courante usée nez de marches râpés la pâleur fait odeur entre buisson trempé d’une fin d’automne et la bactérie bien portante d’une terre humide valorisée par les infiltrations mousseuses d’une ancienne papeterie …

— Je vous suis jeune homme, annonce l’aïeule qui l’a à l’œil … en franchissant le seuil couleur noire deuil.
— Je crois …. je crois que … je vais vomir…
— Un peu de lavande sous le nez devrait vous aider à avancer.
— Non … non … je suis allergique à cette plante.
— Eh bien, vous n’êtes pas très sain, marmonne la vieille.

L’escalier pris en étau entre murs de pierre et fond de cave interminable l’enrôlement de Paul à sa prise de décision l’emporte sur les échafaudages qui s’emballent sur la faille de l’inconnu dépositaire de l’écrasement de la raison … quand la lumière fait défaut Paul est aspiré par ce trou noir comme un puits sans fond … et la vieille s’éblouit de sa personne tel un brillant dans cette nuit artificielle …

— Maman ! Mamannnnnn … crie le frigoriste a l’épiderme noyé d’une sueur piquante d’un gros sel de cauchemar roulé dans les draps de son lit témoin pris en otage.
— Maman est là … mon grand garçon … dit la vieille mère.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Option râtelier première classe

Oeuvre Andy Foo

Agenda Ironique Juin 2021

(La date limite est le samedi 26 juin 2021 pour participer, diantre)


Insomniaque jusqu’au fond des yeux la vieille chouette ouvre sa porte. Le frigoriste n’est pas d’humeur. L’astreinte dépannage ce n’est pas une sinécure, même payée en heures de nuit.

— Alors, ma p’tite dame, c’est quoi le souci sur votre congélo ?
— J’ai la narine gauche, seule valide, me fait sentir qu’il y a une odeur de fréon.

Le frigoriste, Paul, relève le sourcil droit bien haut pour un droitier de main et gaucher de pied mais pas tout à fait tarte pour comprendre que la personne âgée ne fonctionne pas qu’au lait d’ânesse …

— Fréon ? Il date de quelle année votre engin ?
— Mille neuf cent quatre-vingt-quatre, monsieur le réparateur en froid.
— Ah !
— Je vous invite à ausculter la bête qui se planque dans la cave.

Paul, n’ose pas une fois de plus relever le sourcil droit mais s’interroge par une étonnante et discrète signalétique par ses deux yeux bleu azur vert doré qui fait la joie de son épouse chimiste dans un GGA (grand groupe alimentaire).

Il suit l’ancêtre dans un dédale de pièces aux odeurs inqualifiables qu’un parfumeur déposerait plainte pour indécence olfactive.

— Il est de quelle marque ? dit le frigoriste pour détendre l’atmosphère qui n’est pas dans son unité normale et augmente autant que sa pression artérielle.
— Je ne sais plus. Il est discret depuis toujours, mais depuis cet après-midi, il fait un drôle de bruit.
— Un drôle de bruit ?
— J’ai l’impression qu’il ricane.

Vingt-deux ans trois mois et quatre jours de métier, Paul semble déstabilisé par les propos de cette usagée à la voix en arrière gorge qui déverrouille une porte massive et grinçante comme deux fémurs qui se frottent l’un l’autre pour fêter de joie leurs trois cents ans de vie commune dans un ossuaire.

— Ne vous inquiétez pas jeune homme, franchissez le seuil, la cave est bien éclairée, voyez … dit la fanée d’un beau sourire, option râtelier première classe …

A ce moment-là, le frigoriste est parcouru d’un frisson le long de son échine en esse de bonne tenue.

(… à suivre… peut-être)

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Etretat au romantisme calcaire les pieds dans l’eau

Photographie de Marc Petzold

Agenda Ironique de Mai 2021


« Un bruit étrange et beau » est le titre du livre d’un auteur inconnu de la commune qui a perdu son nom lors du dernier recensement et dont personne ne se souvient.

Le vraisemblable fait grise mine et l’invraisemblable le chahute sur le haut de la falaise d’une Etretat au romantisme calcaire les pieds dans l’eau et le parfum de la tragédie autour du cou.

Une enquête est menée par l’inspecteur Lô-Tho dont les particularités sont de se déplacer en cyclo-pousse et de dévorer tous les midis des crevettes vivantes dans un vivier livré chaque jour à son bureau du troisième étage d’un immeuble de la rue des Han… et à part ça il ressemble au commun des mortels qui prend son p’tit déjeuner sur la tranche de pain grillé qui n’attend pas fébrilement les crocs des dentiers procureurs alimentaires de première nécessité.

L’inspecteur Lô-Tho est un homme pragmatique. Là, est l’un de ses moindres défauts. En effet, il sait prendre de la hauteur et va consulter la prêtresse de l’île de Sein inconnue dans les bottins même le mondain. C’est dire sa renommée dans un milieu restreint qui permet de tenir les promesses des secrets.

Aussi, cette druidesse reçoit avec le sourire son fidèle client dans son antre qui n’a pas vu le jour depuis le dernier déluge de la révolution au sang chaud de trancher à froid dans le vif des sujets. Après les sourires faussés et la politesse dont l’usage s’est égaré dans les méandres de l’infini des Livres Hermétiques dont les clés ont été perdues par distraction, l’inspecteur s’assied en tailleur avec un crayon de bois d’une belle épaisseur d’un pouce d’ogre tandis qu’elle prend position du poirier.

— Quelle est ta question ? Ô Lô-Tho Rhi (Rhi prénom du susdit)
— Le livre sans auteur, quel est l’auteur ?
— Pertinence n’est pas potence et livre n’est pas poids. Telle est ma réponse, Ô Lô-Tho Rhi.
— C’est un peu mince.
— Dites que je suis grosse !!! Ô Lô-Tho Rhi
— Je dis que votre réponse est énigmatique.
— C’est qui l’inspecteur de nous deux ?

La druidesse se repositionne en tailleur (et pas le vêtement) et prend place face à Rhi un tantinet triste et songeur, les deux à la fois sur le même visage ce qui est un exploit que l’inspecteur modeste sait taire.

— En fait, je soupçonne la commune d’avoir fait disparaître l’auteur inconnu pour ne pas être condamnée et ensuite effacer son nom.
— Astucieux, dit la prêtresse en se versant une tisane à Ciboulette des Îles.
— Oui, mais pourquoi la commune ?
— Rends-moi mon crayon au partir quand seuil franchi tu auras.

L’inspecteur prend congé (et pas des vacances) et s’en retourne à son bureau rue des Han.

— Quel est le mobile ? dit-il en lui-même à voix basse, car il sait ne pas être tout seul… avec lui-même.

Après avoir ingurgité le bon millier de crevettes du midi présent, il se lève de son siège, les mains à la mayonnaise encore fraîche, il arpente son humble logis de quelques mètres carrés, quand une lumière naît au fond du couloir de son esprit tortueux.

— « Mais c’est bien sûr » (à la Raymond Souplex pour les puristes) dit-il tout haut devant sa fenêtre fermée par ce beau soleil style beau maître nageur (pléonasme) rieur de bonne santé.

Le dernier recensement des habitants de la commune était tout simplement fictif et l’auteur habitant de cette commune était par effet inconnu et de fait pas de mobile !

L’inspecteur jubile et ouvre séance tenante une bouteille de champagne 33 cl. Mais au premier glouglou dans le gosier, il s’interroge : mais alors, pourquoi le livre est-il paru ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

(il n’y aura pas de suite … c’est une histoire à s’embourber jusqu’au cou du stylo)

Je suis en pyjama …

Henri Matisse – La conversation – 1908

Agenda Ironique d’Avril 2021 – (hors délai)


— Alors ?
— Quoi, alors ?
— Les mains dans les poches !
— Je suis en pyjama…
— Qu’importe, tu es chez moi …
— Mon défunt père me disait, très justement, à propos d’une voisine acariâtre : « cause toujours, tu m’intéresses ».
— Je ne suis pas une voisine mais ta femme !
— On ne gagne pas à tous les coups…
— Tu me provoques ?
— C’est le destin qui un jour m’a convoqué pour te rencontrer…
— Tu es ignoble !
— Non, fatigué tout simplement …
— Ton lit t’attend.
— Oui, mon lit, mes rêves, ma nuit, et puis mon journal du matin … et toi, ma femme, qui n’attend plus rien…
— J’attends que tu quittes mon champ de vision.
— Pour une fois que je voulais te dire : bonsoir …
— Je ne te demande rien …
— C’est vrai … et pourtant …
— Et pourtant ?
— Pourquoi me gardes-tu ?
— Peut-être parce que tu fais partie… des meubles…
— Te voilà sentimentale ? Belle confidence …
— Et toi … pourquoi restes-tu avec moi ?
— J’ai le gîte, le couvert, l’argent de poche, quelques menus plaisirs …
— Nous sommes lâches …
— Non, nous sommes … indécents …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Nous avons des divisions qui s’additionnent

Chateau_Montsoreau_anneau_Iotop_2020

Agenda Ironique de Mars 2021


— Tu sais que « nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie. »
— Ah ? Les femmes ?
— Oui !
— Et ?
— Je me demande si tu vas faire long feu dans mon appartement.
— Il est écrit quelque part : « la femme est l’avenir de l’homme »… en fait c’est une inversion de proposition voire une erreur de proposition.
— C’est sûrement toi, l’erreur…
— N’empêche qu’il m’est regrettable de quitter ce cocon si agréablement agencé par mes soins…
— Si c’est ton vœu…
— N’est-ce pas avant tout le tien ?
— Possiblement… mais… il faut nuancer…
— Nuancer ?
— De toute façon tu n’as aucune chance de survie sans moi…
— Tiens donc !
— C’est évident !
— Alors que tu menaces de m’éjecter ?
— Ce n’est pas une menace, c’est un avertissement.
— Un avertissement… c’est un cran en dessous, c’est ça ?
— Oui et puis c’est dit gentiment.
— Y a pas d’animosité ?
— Aucune.
— En fait, tu me dis ça comme si tu prenais une friandise dans le bocal à cet effet ?
— Oui, presque…
— Tu n’es pas un peu immature ?
— Je ne vois pas le rapport ?
— Tu Nous menaces grandement, et, pire, gratuitement, alors ?
— Je ne Nous menace pas… je constate seulement que nous avons des divisions qui s’additionnent et…
— Et ?
— Je ne veux pas couler lamentablement à tes côtés !
— « couler lamentablement », je n’en crois pas mes oreilles !
— En tout cas, tu entends bien…
— Bon alors, si je résume tu me menaces de me mettre à la porte pour ne pas « couler lamentablement » et tout cela gentiment tout précisant que je n’aie « aucune chance de survie sans toi ».
— Il faut bien prendre des décisions… tu n’en prends aucune…
— Dis-moi, c’est ma fête ? C’est le 8 mars qui te fait cet effet ? C’est la pleine Lune ? Tu vas te transformer en louve-garou ou Femen ?
— Arrête ! Tu es toujours dans l’excès !
— Je suis un excessif ? Tu veux rire, là ?
— J’essaye de te faire comprendre qu’il faut te ressaisir !
— Me ressaisir ? Et sur quel domaine, s’il te plaît ?
— Tous !
— Tous ?
— Tous !
— C’est moi qui tousse, là ! Bon, je me casse, je m’arrache, je prends l’air sans l’hôtesse…
— Tu n’oublies pas de me rendre la clé… de l’appart…
— …
— Oh ! Tu m’écoutes ?
— …
— Tu es là ?
— …
— Il est parti… le salop !

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Une belle lumière codée soleil du matin

Agenda Ironique Janvier 2021


Il est 17/h/07. Je consulte ma liste de mes courses :

1) Un Pain à l’Épicae à point
2) Un trois-tiers de Débleurre à la Plolette
3) Une carlte billate
4) Un gloutbile bien vert
5) Trois juhloites pour le potage
6) Une voufloute
7) Un quart dupdelpite

Je vais essayer de retenir cette liste dans mes quelques neurones encore valides. Pas simple. Je suis surveillé. On est surveillé … tous épiés, espionnés, pistés, inspectés, guettés… les qualificatifs ne manquent pas. La liberté est surveillée dans toutes les villes et on nous fait croire que c’est pour notre sécurité. La sécurité de qui ? De Perlimpinpin ou des Sept Nains ?

Si j’arrive à apprendre cette liste, j’ai de quoi participer à la compétition clandestine des Alaxes qui a lieu dans un tiers de la semaine trois quarts et possiblement remporter une délivrance vers le monde des Limeurs. Bien sûr, tout cela est contraire à la Loi du Grand Tout qui nous guide dans nos décisions même les plus minimes et intimes …

Pour retenir cette liste, je vais me déconnecter du Système Primaire par le procédé Miroir, mis au point par la célèbre hackeuse Duananïs surnommée la Baigneuse. Ce procédé permet de délocaliser les nanocorrecteurs intégrés sur des points centraux du tronc cérébral et de les dupliquer pour les enfermer dans la partie profonde du cervelet. Il y a un risque : se griller totalement le cerveau par échauffement ionique dû à ces fameux nanos. Donc, il y a un temps limite avant de finir en légume (et pas dans l’assiette).

Le jour du dilun, je me suis déconnecté trois fois deux tiers de moitié pleine pour m’instruire de ma liste. Le dimar, un peu plus sans plus. Le dicreme j’ai fait une pause. Le dijeu j’ai augmenté ma déconnexion d’un plein demi-tiers cinq quarts de moitié et le divendre j’ai osé une part entière en deux fois trois quarts. De fait le disame repos et le dimanche je pouvais réciter sans une seule erreur la liste. Je suis heureux comme un poisson dans l’eau.

Cette première étape acquise, même difficile, il faut un passeur pour entrer en ville, incognito. Il est bien entendu qu’aucun déplacement physique n’est possible à ce stade. Tout cela se passe bien sûr dans le virtuel lié à d’autres connexions diplupolaires. Je le souligne au cas où il y aurait des candidats potentiels qui me lisent.

Aussi, je vais me faire aider par Onésime, le Passeur, l’idéal et l’incontournable, pour arriver à destination. Son prix : un déjacutoire fabriqué avec une amphibole commune. Celui-ci récupéré sur une vente en digit sur une ancienne station orbitale désaffectée et cédée à un consortium.

A la première du quart du dixième, Onésime m’embarque virtuellement dans son véhicule deux places demi-lunes au pied d’un réverbère irradiant une belle lumière codée soleil du matin ce qui me fait sourire, car je sais qu’à cet instant précis, je suis un clandestin … gagnant …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021