Impression de sable mouillé dans le cerveau

Couple_photographe_inconnu

Couple – photographe_inconnu

Agenda Ironique Août 2020


Un couple naturiste sur la plage au mois d’août … parmi d’autres…

14h03

— Tu es bien, là ?
— Je suis bien, sur cette plage de sable fin et chaud.
— Ton corps est de plus en plus beau.
— Il en fait qu’à sa tête… pourtant …
— Tu es programmée pour bien vieillir, à pas mesurés.
— Vieillir ou pas, quelle importance.
— La vie ne demande pas ton avis.
— Et si mon suicide était un acte libérateur, un pied de nez à la vie, hein ?
— Alors, ce suicide serait injuste.
— Pourquoi ?
— Y a tant de vies qui veulent se vivre.
— Que m’importent les autres.
— Et moi, je suis les autres ?
— Tu es ce blablabla qui me tient à flot… possiblement.

15h23

— J’ai une impression de sable mouillé dans le cerveau…
— Cerveau ensablé ?
— Hein ?
— Et les oreilles aussi ?
— Non … dimension de tes mots en argile qui se déforment et s’envolent tels des parasols décolorés …
— L’ouïe en noir et blanc ?
— Avalanche de mots sur une onde outragée… je nadir …

16h31

— Je veux entendre ce monde respirer…
— Respirer autrement ?
— Non, respirer avant qu’il meure !
— Ou avant que tu meures ?
— Non, le monde ! même le vulgaire des poissons comme la perche
— Et tu n’es pas de ce monde ?
— Si …
— Alors ?
— Je veux entendre ce monde respirer.
— Et moi ?
— Et toi ?
— Oui, moi !
— Rien …
— Comment rien ?
— Tu ne respires pas.

17h53

— Si j’étais ton horloge ?
— Tu es toujours en retard, alors …
— Si j’étais ton Monoï ?
— Je ne suis pas une pièce mécanique qu’on trempe dans l’huile … tu le sais, ça ?
— Si j’étais ton eau ?
— Tu es déjà tari, mon pauvre …
— Si j’étais une page de ton livre ?
— Tout juste un sixième de ligne…

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Agenda Ironique d’Août de l’An 2020

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop


Bon alors, je m’y colle pour la troisième fois mais par défaut cette fois-ci et donc moins fébrile en me basant sur le même format. Quoi qu’il en soit je suis heureux d’apporter ma pierre à l’édifice de cet Agenda Ironique qui dure depuis plusieurs années.

Je ne suis pas très prolixe sur ce genre de domaine et pour informations voici des liens (la genèse) : ICI ou ICI
Et celui du mois de Juillet chez : Emmanuel Glais

Le thème : plage

J’explique : je n’aime pas le contenant plage (bord de mer) en général mais j’apprécie son contenu. Cependant, il est intéressant d’élargir le champ : plage, comme par exemple : plage horaire, plage de mots, plage d’un navire, plage de bouteilles, plage de livres, plage de naturistes, plage arrière d’un véhicule … etc etc

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) avec la plage de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaira (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique …) le tout … Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
– Flot
– Argile
– Perche
– Monoï
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Vous avez jusqu’au :
– Du 1er au 26 août 2020
– Vote du 27 au 31 août de la même année.

Faites savoir par un commentaire et un lien quand votre œuvre est en ligne sur votre blog.

Et je fais un récap juste en dessous …

À vos ancres … euh vos encres bien trempées … 🙂

Iotop 2020


1 ) Le 02 août 2020 => texte de Chachashire : Age des gens d’Août onirique.

2 ) Le 06 août 2020 => texte de Iotop : impression de sable mouillé dans le cerveau

3 ) Le 06 août 2020 => texte de Gibulène : Les vacances d’Onésime

4 ) Le 10 août 2020 => texte de Jean-Louis : L’agenda Ironique d’Août 2020  (Haïkus)

5 ) Le 11 août 2020 => texte de Régis : Le sable noir des Marquises (Acrostiches)

6 ) Le 11 août 2020 => texte de Solène : Souvenirs proustiens

7 ) Le 11 août 2020 => texte de Carnetsparesseux : Où est passé la plage ? (1ère partie)

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 12/12

Nicolas-François Gromort 12 1837

Nicolas-François Gromort 12 1837

 

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


12/12

Lucie, bien avant Jacquard

— Ma solitude, pourquoi souris-tu… édentée ? As-tu un autre nom ? Toi mon isolement mon désert d’amour dis-moi je t’aime dis-moi ma survivance ma douce faux à l’Ankou filigranée je te défie au bord de ma lignée détissée sur une trahison où j’ai posé mon désir fané sur une dalle de marbre veiné de ma tristesse et je brode mes malheurs à la vielle de mes larmes à mon océan d’amertume je rame sans fin comme pour résister encore et encore jusqu’au dernier moment sans rédemption abandonnée à mon sort sur le parvis des langues quolibets…

« Les hommes sont bizarres ; ils ne savent rien refuser à une femme
qui leur est étrangère, et celle qui mérite le plus leurs égards semble
toujours celle qui en obtient le moins. Mon saisissement, mes regards
suppliants, rien n’a put’arrêter, rien. Tu es parti ; je suis restée là,
debout, immobile ; je t’ai suivi des yeux donnant la main à cette femme.

Je l’ai vue monter en voiture. Puis toi, toi près d’elle ! Le bruit de la portière,
lorsqu’on l’a fermée, m’a presque renversée ; celui des roues, lorsque
l’on est parti, m’a fait pousser un long gémissement ; il me semblait
qu’elles emportaient ma vie, qu’elles broyaient mon cœur. Mes forces
diminuaient à mesure que le bruit s’affaiblissait ; et quand le dernier
murmure s’est perdu dans l’air, j’ai cru ne plus exister,
et je suis tombée mourante sur un siège. » (Constance de Salmlettre II)

— Ma solitude, pourquoi souris-tu… édentée ? As-tu un autre nom ? Et toi mon fils qui répudié mendiant sur le trottoir et vous mon époux défilé du logis désengagé à mon encontre je paie le prix de votre mésalliance et pourtant j’avais ce pouvoir de pardonner Dieu m’en est témoin et j’acte de mon nouveau chemin à la croix des calvaires vous me tiraillez le cœur et l’âme s’émeut de tenir prières sur les genoux des froids pavés de l’incertitude d’avoir une place au ciel moi honnête dévouée pieuse je m’endormirais l’enfer dans mes bras… moi l’innocente…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 11/12

Nicolas-François Gromort 11 1837

Nicolas-François Gromort 11 1837

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Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


11/12

François et son fils

— … fils ingrat … relève-toi morpion…
—… Père ancêtre de la bonne parole et morale…
—… vas-tu te taire…
—… tu as trompé…
—… enchaîne tes mots à l’instant…
—… ta turpitude sera ta croix, indigne géniteur…
—… mauvaise herbe je vais te brosser l’échine…
—… tu n’es qu’une vermine qui ronge les sangs de ma mère…
—… insolent persifleur…
—… je t’ai vu à trousser la servante de l’auberge à la cave je t’ai vu sortir et elle derrière toi…
—… vil cafardeur, je vais te rosser jusqu’à l’os …
— … je préfère te renier père au sceau de ton nom je quitte ta souveraine possession … adieu !
—…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 10/12

 

Nicolas-François Gromort 10 1837

Nicolas-François Gromort 10 1837

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10/12

François et Nicolas aux unités du temps

— Quelle direction matelot ? Quelle étoile suivre ? Quel destin dans les flots incongrus ? Que ce bois trempé et courbé comme l’échine d’un esclave nous mène hors de nos chaînes de nos habitudes graisseuses de temps imparfait qui nous tiennent en chair le regard sur l’ailleurs et le ciel qui se grise sur fond de cale j’ai l’impression de m’ouvrir les veines sur le rebord d’un puits de colère enlisé dans ma gorge comme un premier vol de l’oiseau printanier empaillé pour faire décoration d’un souvenir qui n’a pas eu lieu tel un livre non imprimé… la mémoire se dessale…

« Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière
L’un court-il en avant, laissant l’autre en arrière ?
Lequel des deux soldats a déserté les rangs ?
Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble,
Désespérant déjà d’un port qui les rassemble,
Vont-ils chercher si loin des bords si différents ? » (Félix Arvers)

— Quelle direction matelot ? Quelle étoile suivre ? Quel destin dans les flots incongrus ? Nous sommes des évadés frère de nos terres nourricières et l’orage nous accompagne en tête les voiles sifflent et le vent danse la quadrille dans un solo infernal à la flamme de son désir des embruns comme de vagues larmes qui s’écrivent sur l’océan défait comme un lit de souffrance l’écume fait suaire et les grincements de notre goélette nous rappellent notre condition de terrien à la mesure de volonté de rester dans le chemin tracé… faut-il se l’avouer ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 9/12

Nicolas-François Gromort 09 1837

Nicolas-François Gromort 09 1837

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9/12

Nicolas bien avant lui-même

—… car toute la saveur de ma terre est au crottin et…
— Arrête de penser et concentre-toi !
— Je cause en tête-à-tête.
— Eh bien, fait le en silence ou dégoise avec tes bourrins.
— Pas des bourrins tête de mule, des bretons…
— Pareil.
— Non, non, de belles bêtes, puissantes, massives, robustes…
— On ne va pas s’éterniser…
— Si toi tu reprenais ton harnais et te taire .
— Alors, arrête de m’asticoter.
— Petite voix intérieure de moi à toi tais-toi.
— Fais de même et suis ton sillon.
—…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 8/12

Nicolas-François Gromort 08 1837

Nicolas-François Gromort 08 1837

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8/12

François et Lucie bien avant la Genèse

— Quel avenir ? Quels horizons mon François pour notre progéniture ? L’arbre du péché fruit du pêché à la langue prêchi-prêcha à prêcher les mots sont à la portée comme l’accouchement à la multiplication de l’espèce humain, je suis ta servante et ton épouse, je suis ta patience et ton foyer, je suis tout à toi sous ton toit jusqu’au confessionnal d’âme à corps tu es mon maître à la douce attitude au juste propos à l’amour fidèle à l’assistance indéfectible et tout en toi me fait reflets d’un honnête homme… pour une femme sincère…

« Plus je ne crains de nulle estre deffaite,
Car du tout est Justice satisfaite.
Mon doux Espoux en a fait le paîment
Sy suffisant et tant abondamment,
Que rien ne peult ma justice vouloir
Que de luy seul elle ne puisse avoir:
Car il a prins tous mes pechés sur
Et m’a donné ses biens, comme je croy. » (Marguerite De Navarre)

— Quel avenir ? Quels horizons ma Lucie pour notre progéniture ? Je suis l’arbre tu es le fruit, tout est dit, tout est là, rien de plus rien de moins entre nous pas de soustractions seuls les additions de nos efforts font l’avenir possible mais tout dépend du monde aux volontés insoupçonnées à la milice des destins croisés aux fleuves des désirs et des pouvoirs je ne suis que le simple servant et domestique de notre tracé à tenir à la boussole bien ancrée d’un cap commun et judicieux pour notre famille… je te le dis, femme.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 7/12

Nicolas-François Gromort 07 1837

Nicolas-François Gromort 07 1837

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7/12

Nicolas et François embarquent

—… Ils t’ont dépouillé les fripouilles…
— Et te remercie de me prêter ton concours pour cet exercice.
— Notre amitié est solidifiée par les coups de boutoirs.
— Allons prenons notre meilleure distance.
— Gagnons quelques écus… je te donnerai ma part.
— Aussi j’en serai redevable.
— Que nenni.
— Je suis ton obligé.
— Tu es mon frère avant tout.
— Ton cœur parle à la sincérité d’une belle source.
— Allons cessons les compliments, nageons.
— Déployons nos plongeons.
— Soyons conquérants…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 6/12

Nicolas-François Gromort 06 1837

Nicolas-François Gromort 06 1837

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6/12

François, bien avant Robin des Bois

— Que me voulez-vous chauffeurs ? Bandits de grands chemins ? Ma bourse ? Ma vie est déjà promise à ma tendre et chère Lucie. Comment ? Vous êtes de braves paysans ? Aux armes tendues, au pouvoir de vous servir hors la loi ? Vous êtes dans l’erreur et la guillotine vous tranchera, il est sûr que vous avez encore la tête sur les épaules quoi que votre raison ne soit pas à la bonne place je vous assure que vous devriez renoncer à votre forfait même si l’impôt vous sert le collet ne vous méprenez pas sur ma propre condition…

« Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ? » (Joachim du Bellay)

— Que me voulez-vous chauffeurs ? Bandits de grands chemins ? Ma bourse ? Vous tenez une bien mauvaise réputation à débourser un homme à la modeste condition qui doit céder à la menace de vos armes qui sentent la mort depuis trop longtemps et si je pouvais vous donner la clé des champs plus propice à vous faire retourner à votre œuvre d’humanité à nourrir vos tiers… comment vais-je nourrir et protéger mon prochain avenir qui est dans le ventre de ma bien aimée ?… mais séance tenante voici en fin ma bourse…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 5/12

Nicolas-François Gromort 05 1837

Nicolas-François Gromort 05 1837

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5/12

Nicolas et François l’explication

—… alors pas de faux pas, à présent reprenons à la base.
— Ce n’est pas faux.
— Ta blessure est guérie tout à fait.
— Grace à toi tu m’as sauvé de mon entêtement.
— Loin s’en faut… ta bien aimée Lucie t’as raisonnée.
— Ainsi et ici pas de faux départ.
— Reprenons notre amitié comme un fer brut.
— Belle expression.
— Forgeons des vrais liens sans épines.
— Entre nous la concorde et la cervoise.
— Bien dit et sans faux col.
— A nos chemins à nos croisements…
— A nos aboiements sans morsure…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 4/12

Nicolas-François Gromort 04 1837

Nicolas-François Gromort 04 1837

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4/12

Nicolas, bien avant Dante

— Qu’est-ce ? Où suis-je ? Ô l’En Faire à cette Lucie d’un François frère de lait aux fers de me provoquer aux songes d’une porte aux Satans venins a fait chavirer le genre humain et… j’ai froid… et j’entends le Géryon qui s’approche à triple galop et se poser sur mon épaule par le miroir de Simon j’entends des voix qui s’enlèvent de mon corps grillagé à mon purgatoire je rôtis à l’envie de tenir mon tison au bord des lèvres de la Mort qui sourit comme une nourrice à la faux affûtée du désir d’une sève printanière …

« Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J’ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie. » (Louise Labé)

— Qu’est-ce ? Où suis-je ? Ô je suis sourd aux cris qui s’étirent aux rires de luxure dont je suis l’innocent de l’Harpie qui me serre me soulève m’enlève m’envole et me secoue par les épaules qui se détachent de son lourd fardeau de tête et me voilà à rouler des yeux sur la route des airs d’un songe aux feux de sang dans les corbeilles à fruits de l’Échidna et Dieu joue aux osselets sur la peau d’Adam qui attend le pardon prit au piège de l’Eve qui s’en donne à cœur joie de tenir une taverne de maudits…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 3/12

Nicolas-François Gromort 03 1837

Nicolas-François Gromort 03 1837

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3/12

Nicolas et François duellistes

—… tu as osé profaner le nom de mon aimée.
— Rien n’est plus faux !
— Faux frère !
— Faux éclat a embobiné le cœur de mon cœur à ton poison !
— A cœur, je n’ai rien à me reprocher !
— Au reproche, l’une de nos épées va faire le distinguo !
— Je ne veux point de cela !
— Tu n’es pas digne !
— A ma botte je peux te mettre à défaut !
— Que tu affirmes insolent … !
— Tu as été dupé par un envieux !
— Que nenni vaurien !!!
—…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 2/12

Nicolas-François Gromort 02 1837

Nicolas-François Gromort 02 1837

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2/12

François, bien avant Le Penseur

— Je suis et je reste. Je suis et je peste. Je suis et j’attends. Je suis… qui suis-je qu’une pensée évanescente qui s’accroche comme toi végétal imparfait et sympathique à la nature de mon état ? Tu ne pleures pas ta sève, toi. Tandis que moi… tandis que moi, je suis assis sur l’indifférence du monde, dépossédé de mes actions et planté par mes générations précédentes à pousser les autres vers une même terre qui nous enterrent comme une offrande presque un terreau de souvenirs… je suis un chant une ballade …

« … La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil desséchés et noircis ;
Pies, corbeaux nous ont les yeux crevés,
Et arraché la barbe et les sourcils
Jamais nul temps nous ne sommes assis ;
De-ci de-là, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesser nous charrie… » (François Villon)

— Je suis et je reste. Je suis et je peste. Je suis et j’attends. J’offense mes ancêtres et pose mes conditions sur mon devenir à l’alchimie de renaître autrement dans le pourtour d’un éther à la rondeur de mon aimée possédée de la prière de s’évader de ses maîtres qui tiennent lois et bourses et morales douteuses à l’usure et l’avarice et Dieu m’entende si je mens à la hauteur de ses yeux qu’il m’aveugle de son intransigeance et miséricorde… le temps me pince la gorge et m’étouffe de son requiem…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 1/12

Nicolas-François Gromort 01 1837

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Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


1/12

Nicolas et François fauchent.

—… et le mauvais temps approche.
— Il risque de nous faucher notre récolte.
— Il faut en prendre la mesure.
— Oui et pas de la coudée.
— Farceur.
— Oui, c’est pas le pied…
— Pouce !
— Nom d’une pipe…
— A toute raison décubons nos pieds-du-roi cube…
—… bûchons…
— On va stère pour mieux avancer…
— C’est pas faux.
—…

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La mort en équilibre

Passerelle_Iotop_2020

Passerelle_Iotop_2020

 

Agenda Ironique de Mars et en lien (Hors délai)


— « Monsieur Popples » tu es là ?… conscience trouble-fête ?
— Je suis là… crise flaques d’obsessions « a des yeux de framboises ».
— Tu es sortie de ton lit… injection retard de toi absente… « et se demande connaissance ».
— Te voilà chambré « et comtoise ».
— Mon humeur s’infecte… dehors, dehors !!!
— « Je vous prie de rester courtois, voyons ! » Je suis ta contention support sans consentement… à l’isolement.
— Je suis moi et pas un autre !!!… tu entends ? Je suis moi, moi, moi !!!
— Grimaces, grimaces… je suis ta fixation ton addiction ta sociétale hallucination au programme de soins en rupture…
— Je fais ce que je veux !!!… et ton blablablabla est le récif de tous les dangers !
— Non, tu es à moi… traumatisme corps d’âme psychose effet boomerang.
— Je suis quelqu’un !!!… une personne… un entier naturel… à l’intégrité libre du vécu.
— Non, non, non… décompensation en approche, l’affect défait l’ordre intime et public.
— Arrête !
— On nous regarde…
— Traitement du trouble que nenni et je mesure le lien de notre relation en souffrance !
— Te débattre ne sert à rien… au cadre plein, tu es démédicamenté, ton anosognosie double intensité…
— Je ne connais pas cette anosognosie, je ne connais pas cette dame…
— Tu es l’impact et le pacte de ta situation… la mort en équilibre…
— Tu es ma restriction… l’angoisse est mon établissement, ma crise a ses images dans mon couloir… tu es ce plan tangentiel à mon agression…
— Alors… contact…

— Alors, docteur ?
— Déséquilibre au rétablissement…
— Pas simple pour un funambule…
— Patience… tout est dans le mental…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La mort n’est pas frileuse – Chapitre 4/4

Lune_fevrier_Iotop_2019

Lune_fevrier_Iotop_2019

(Sur une idée de Carnetsparesseux … une suite de l’Agenda Ironique Décembre 2019 Chapitre 3/4)


La dame de compagnie et la Dame, se regardèrent comme si pour une première fois, il y avait une consistance de l’autre qui apparaissait comme une évidence, une interconnexion humaine de confiance :

— Un rat, c’est commun, mais à cet endroit précis, à ce moment de notre existence …
— Je ne comprends pas vos propos. Je suis parcourue de cette incrédulité qui me fait frissonner.
— Ma Dame, ce rat n’est pas n’importe qui, c’est possiblement un espion.
— Vous délirez, il se fait tard, prenez du millepertuis en infusion et reprenez votre esprit en main.
— …
— Allons, allons ! Priez et faites pénitence, ce rat a faim et en cette époque c’est tout naturel.
— Ce rat n’est pas là par hasard…
— Enfin, ne soyez pas tête de mule, je vous dis que ce rat n’a pas d’importance.
— Bien, ma Dame … je pensais …
— Ne pensez plus. Il est tard. Laissez moi.

La dame se retira, désolée, inquiète comme si elle avait perdu de son assurance. Elle fit mander la femme de chambre. Puis elle sortie, en tenant ferme son chandelier à deux bougies, pour rejoindre l’aile nord de la forteresse, sa suite, mais en cours, elle bifurqua à sa gauche, pris le grand escalier pour se diriger vers la chapelle, pour prier.

La fraîcheur constante de ce lieu lui rappela que la mort n’est pas frileuse. Il y avait une résonance particulière qui martelait le sol, ses pas, le frottement de son manteau sur le dallage qui se paraît du vivant, les ombres diffuses maniaqueries d’exister par contradiction à la lumière, l’odeur insondable des âmes qui couraient sur les vitraux presque invisibles, les prières qui s’échappaient par effet d’être nées une seule fois soulevaient une poussière de mots, les cierges éteints droit dans leur foi à la mèche noire comme l’encre de l’enfer par dérision…

La dame sensible ressentait tout cela comme une vague déferlante dans son âme épouvantée qui par la main droite enserrait le chandelier comme un étau de forgeron. La dame, eut un serrement au milieu du ventre, à l’ombilic, et une brûlure au bas-ventre qui l’a fit s’arrêter net. Une angoisse se serra à l’intérieur de son corset, l’enserra brutalement. Elle avala sa salive. Respira fortement. Toussa. S’écroula dans un étranglement mêlé à un râle bruyant indécent dans ce lieu sacré.

— Alors ?
— Elle est bien morte, dit le Rongeur, à l’amant de la maîtresse du Seigneur.
— Vous êtes sacrément malin.
— Elle était fragile du cœur..
— Vous l’avez un peu aidée, quand même.
— Oui, c’est vrai. Son corset est imprégné d’un subtil mélange de poudre de plantes diverses et variées, triturées finement à la belladone, qui ne laisse aucune trace sur le corps …
— … pas à l’intérieur.
— Ne riez pas, bêtement.
— Vous êtes redoutable.
— Non pas, j’ai comme maîtresse la Dame.
— La Dame ?
— Elle-même.
— Mais … elle est l’instigatrice de l’affaire des Sacs…
— Et ?
— Sa dame avait des soupçons …
— Vous y êtes.
— Ainsi, il faut craindre pour ma vie … et le gardien ?
— Votre compère est en train de pourrir dans un cul-de-basse-fosse.
— Et moi ?
— Vous y êtes presque …

Et le Rongeur lui sauta à la gorge violemment…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Bien vouloir venir me mettre en nuit – Chapitre 3/4

Clôture_drain_Iotop_2019

Clôture_drain_Iotop_2019

(Sur une idée de Carnetsparesseux … une suite de l’Agenda Ironique Décembre 2019 – « Origine – ICI » – Chapitre 2/4)


La Dame du Seigneur et sa dame de compagnie s’étaient rapprochées pour mieux s’entendre dans ce genre de confession qui parfois mine de rien a des oreilles … présentement sous le lit comme notre Rongeur Urkrokuf qui entendait tout, prenait note dans sa cervelle de rat, et rongeait en attendant un morceau d’étoffe qui traînait sur le sol dallé de pierres polies et peintes.

— La Princesse n’a-t-elle pas une vengeance à concevoir ? Il faudrait s’en informer sur le champ.
— J’ose demander à la Princesse … voyez ma position …
— Oui, ce n’est pas faux. Demander à l’une de ses femmes de compagnie…
— C’est une idée. Mais, la Princesse ne se déplace pas si facilement.
— Il faudrait la tenter à se déplacer … comme la peste…
— Ma Dame, vous êtes dans l’excès. Pourquoi, ne pas l’inviter au prochain tournoi par l’entremise de son mari le Prince Vikloux ?
— Oui, excellente idée … mais regardez là deux brillants rouges sur mon étoffe près de l’alcôve…

Et le Rongeur était tout à son affaire quand l’étoffe s’étira vers le haut l’emportant dans les airs qu’il ne lâcha pas sa prise qu’au dernier instant par le cri strident telle une herse devant l’ennemi farouche ici la Dame qui s’épouvanta d’un tremblement et se reprit aussitôt à la vue du rongeur qui tomba lestement et se faufila sous le baldaquin.

— Quand on parle du rat … il n’est jamais loin celui-là.
— Ma Dame, votre houppelande a été grignotée sur le côté, voyez.
— Demandez à la femme de chambre de bien vouloir venir me mettre en nuit et pour demain matin faire reprise.
— Bien, ma Dame.
— En attendant, prenez patience et apportez moi le témoignage de la trahison de votre époux.
— Cela se fera sans tarder, je vous promets.
— A ce moment-là, nous aviserons.
— Une dernière question, ma Dame.
— Laquelle ?
— Avez-vous souvent des rats, ici ?
— Non, rarement à l’étage et puis à cette saison.
— Étrange, vous ne trouvez pas ?
— Étrange ? Comment ça, étrange ? Expliquez-vous ?

( … à suivre)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Cette vérité est toute nue au moins trois fois par semaine – Chapitre 2/4

Nantes_Iotop_2016

Nantes_Iotop_2016

(Sur une idée de Carnetsparesseux … une suite de l’Agenda Ironique Décembre 2019Chapitre 1/4)


Mercredi 20 octobre 1582 et les jours suivants la dame de compagnie déploie entre son deuil de prières et de piété des élans de commentaires insidieux aux oreilles de la Dame du Seigneur qui n’est pas sans savoir qu’il faut « séparer le bon grain de l’ivraie » et délayer le ragot pour en retenir l’once essentiel.

Et elle comprend que sa dame de compagnie essaye de l’influence peut-être de la compromettre par effet de ricochet auprès de son Seigneur de mari pour mettre aux fers et condamner le gardien de prison et son époux. Mais les dires sont trop grossiers comme « cousu de fil blanc » ; la Dame du Seigneur, l’interroge après complies :

— Vous êtes perdue.
— Non point, ma Dame, je suis en souffrance.
— Vous me prenez pour une grue.
— Que nenni, mes propos sont honnêtes et …
— Honnêtes ? Vous divaguez. Accuser sans l’avouer un gardien certes, mais votre conjoint, vous risquez tout autant, si ce n’est le déshonneur ainsi que celui de vos enfants.
— J’ai conscience de mes mots et des dangers, mais que m’importe, je suis décidée à rendre gorge à ces deux prédateurs.
— Vous prononcez avec désinvolture votre conscience que vous m’exposez indécente à mon regard. Vous êtes infidèle au contrat de votre mariage.
— Je ne suis pas dupe, ma Dame, il me cocufie avec là … je n’ose le dire, ma Dame, par respect pour vous.
— Dites toujours, si cela me concerne.
— Au premier chef, ma Dame.
— Alors ?
— Alors, mon mari est l’amant … de la maîtresse … de votre mari.
— Que dites vous là , gourgandine… comment oses-tu ainsi me narguez dans ma demeure au coeur de mon intimité.
— Hélas, ma Dame, cette vérité est toute nue au moins trois fois par semaine …
— Arrête ! Je te l’ordonne.
— …
— Veux-tu brûler vive sur la place ? N’oublie jamais que ton amant était un alchimiste et peut-être de cette … magie noire.
— …
— Pardonnez mon outrecuidance, ma Dame.
— Votre arrogance est punitive et mon coeur est résignation. Tout cela je le sais. Triste sort, à nous autres femmes quand l’une à la chair plus tendre nous passons sur l’autre rive de la désolation …
— Et l’homme s’éprend à nous répudier … du lit …
— Si ce n’est pour nous placer au couvent, à la possession parfois d’autres … possessions …
— …
— Reprenons. Votre mari est compromis dans l’affaire des Sacs. C’est ennuyeux, très fâcheux. Et les preuves ?
— Je sais comment les obtenir.
— Nous jouons possiblement nos têtes.
— Qu’importe notre tête, ma Dame, quand le cœur a ses raisons …
— Mais j’y pense … votre amant était le mari de la Princesse de Ploucat ?
— Si fait, si fait.
— Mais alors …
— Mais alors ?

(… à suivre)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

La recette du châtiment – Chapitre 1/4

Mont saint michel suite 01 Iotop 2012

Mont saint michel suite 01 Iotop 2012

(Sur une idée de Carnetsparesseux … une suite de l’Agenda Ironique Décembre 2019 – « Origine – ICI« )


Samedi 16 octobre 1582, les deux compères sont tenus par un pacte suite à l’abominable et machiavélique assassinat du prisonnier, ancien bras droit obscur du Seigneur Lantsomelf le Grand et un temps son alchimiste dans les années sombres de la guerre des Billbards ancêtres lointains des goulbails crieurs d’effrois et pourvoyeurs des peurs immémoriales.

Aucune enquête n’a été ouverte car le Seigneur goûtait, secrètement, ce mauvais tour… il était un heureux discret et prenait acte de cet effacement comme une aubaine quand l’on sait que l’évêque du territoire soupçonneux pouvait avertir à tout instant la fameuse inquisition au bûcher facile et à la question forgée aux étirements, craquements, écrasements…

Si certaines âmes ont quelques chaudrons de malfaisances en stock, ce mort faisait des heureux, mais le sourire de circonstance de la première dame de la cour du Seigneur aurait dû les inquiéter lors d’une festive rencontre culturelle annuelle des différents vassaux du Seigneur qui présentaient leurs meilleurs troubadours et musiciennes de chambre.

Car une femme blessée, telle l’humiliation, n’a rien de bon pour les fauteurs. Elle est une femme dangereuse à concevoir par le mot vengeance la recette du châtiment ultime et la dame étayait les préparatifs en compagnie d’un compagnon inattendu de la famille des rongeurs, l’ex compagnon du prisonnier, surnommé Urkrokuf.

Tous deux étaient en rendez-vous au creux d’un âtre presque invisible dans le sous-bassement de la forteresse à l’humidité répugnante à l’odeur outrageante et seuls à la lumière de suif souffreteuse, l’une assise sur un banc de pierre et l’autre perché sur une saillie ferrailleuse à hauteur d’yeux de la Dame :

— Alors, dame, vous n’avez point peur ?
— Qu’importe la peur, le Rongeur, je tisse, je tisse ma punition.
— Et vous échafaudez à vous chauffer le sang.
— Vous avez les mots bien pendus et la moquerie distillée.
— Votre amant alchimiste était aussi un magicien de tout de premier ordre.
— Qu’importe, il était mon âme, il est devenu ma raison.
— Posez votre plan.
— Il est simple : mordez à la gorge les deux assassins de mon amant, violemment.
— Je ne suis pas votre arme, je viens en conseil.
— Je n’ai que faire d’un conseiller.
— Faites apport de poison.
— Fi de ce genre, et retournez à votre logis.
— Vous préconisez de l’extravagant, vous n’avez pas les moyens.
— Prendre un autre chemin, être invisible et pointer la mort à l’endroit désiré.
— Dame, ne pleurez pas.
— Je pleure de cette rage de ne point assouvir la mort de mon amant adoré.
— Ces deux malandrins n’ont-ils point une faiblesse ?
— Une faiblesse ? De tels hommes, manipulateurs, malséants, et surtout imprévisibles avec des espions partout.
— Hum…
— Précisez ?
— Je pensais à l’incident irréversible celui dont le trépas prend sa place.
— Dites toujours.
— Je ne puis point vous conseillez, vous m’en feriez reproche.
— Il est possible, le Rongeur, mais posez la chose.
— Alors, voici…
— Je suis tout ouïe …

( … à suivre)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un tissu qui se fait passer pour anonyme

Chariote_teille_Iotop_2019

Chariote_Teille_Iotop_2019

Agenda Ironique Novembre 2019

(Agenda Ironique un peu particulier car aux mots anciens ci-dessous (nb 21), les placer (entre dix et quinze) dans des définitions inventées ironiques (au mieux) aux mots choisis par l’auteur.e)


Affolir : Devenir fou.
Amusoire : Moyen d’amuser, de distraire. Cela n’est pas sérieux ; ce n’est qu’une amusoire.
Baliverne : Propos frivole, chose puérile.
Causailler : Converser familièrement de manière peu suivie sur des choses sans intérêt.
Chafourer : Défigurer, barbouiller, griffonner, déformer une chose en la manipulant avec violence
Chamboler : Flâner.
Coqueter : Faire des coquetteries.
Détraper : Tirer du piège, de la trappe.
Embabouiner : Amener quelqu’un par des cajoleries à faire ce qu’on souhaite de lui.
Éplapourdi : Surpris, étonné, ébahi.
Évagation : Terme ascétique. Disposition qui fait que l’esprit se détache de l’objet auquel il devrait se fixer.
Friolerie : Gourmandise, friandise.
Impugner : Attaquer, combattre une proposition, un droit.
Lantiponner : Tenir des discours frivoles, inutiles et importuns.
Paterne : Qui appartient à un père (ne se dit que dans le langage familier ou en badinant).
Quinaud : Confus, honteux d’avoir eu le dessous.
Rimbobo : Retentissement.
Sapience : Terme vieilli qui est synonyme de sagesse.
Se routiner : Se rompre à une certaine chose.
Tabuter : quereller
Turlupinade : Plaisanterie basse, de mauvais goût, fondée sur quelque froid jeu de mots.


Voici les mots et définitions :

BOÎTIER : personne qui boîte de la jambe droite après avoir votée à gauche, mais certains discourtois disent que ce n’est que baliverne.

VOILIER : ancienne expression de la prison de la Bastille qui concerne particulièrement les hommes qui cherchent à se tabuter.

OREILLE : mesure de longueur d’architecte troglodyte qui a eu un rimbobo particulier suite son invention venue jusqu’à nous :  » Les murs ont des oreilles ».

CRAYON : n’est pas de taille à écrire un livre seul, mine de rien et quoi qu’on en dise, sans s’affolir.

HABIT : à part coqueter, c’est un tissu qui se fait passer pour anonyme et qui n’a pas d’adresse au contraire de son cousin : « habite ».

DIMANCHE : n’est pas le jour que l’on croit même si un nommé Jésus a joué, tel un amusoire, à « croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer ».

FEMME : nom commun qui se ne prononce pas comme il se vit et ce n’est pas une friolerie, quoi qu’on pense.

DENTIER : prénom du frère jumeaux de Dante (attesté sur un vélin retrouvé par hasard au château du roi Thibault) inventeur de l’expression : « Qui dante rien, n’a rien », disait-il en toute sapience.

NOUS : erreur souvent commise de l’Amour qui se voit : deux, mais contenant tous les pronoms personnels et ne soyez pas éplapourdi.e, vous êtes prévenu.e.es.

QUILLE : se voit toujours dans l’eau mais certaines finissent dans un lieu étrange nommé bowling, salon de tortures, pour délasser les humains qui aiment chamboler après avoir eu les boules sur une piste d’atterrissage.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019