J’ai le bibelot du carafon qui tinte

Photographie de Karen M

Agenda Ironique Septembre 2021


J’ai le bibelot du carafon qui tinte au premier degré de ma conscience qui s’entête à me tenir pour responsable. Je dis : non !

Comment ? L’amphibole est dans ma poche droite ?

Docteur, venez à mon secours …

Il est deux heures du matin moins le tiers des minutes en retard qui s’attendaient à ce que je me réveille plus tôt dans un canapé qui, lui, ne s’attendait pas à supporter ma présence tout en long … et mon cauchemar qui se marre sans phare en dehors du plumard … j’ai soif …

L’aquarium est encore allumé ? Et le poisson-lune qui m’interroge.

Je me lève.

Que diable fais-je ici ? Dans cette tenue d’Adam… ai-je croqué une pomme hallucinogène ? Une femme aurait-elle eu l’audace de … car ici il y a parfum de femme !!!

Je suis sans voix. D’ailleurs, mes mots restent sourds dans ma gorge. Sensation de comprendre que … je ne comprends rien à ma situation. Je regarde une nouvelle fois ma montre : deux heures trois minutes. Je ne suis pas tout à fait nu. J’ai ma montre et … mes chaussettes. Il est important de garder ses chaussettes en toute occasion. Elles sont les garantes d’une bonne santé. Bien choisir ses chaussettes c’est prendre la première précaution de ne pas plonger dans le premier rhume venu.

Qu’importe, ma condition m’alerte de partir de ce lieu étrangement inconnu et retrouver un esprit cohérent et frais.

Est-ce qu’une dévergondée aurait mutiné ma raison et butiné le … consentement ? Je n’y crois pas et en attendant, je me couvre d’une nappe en dentelle d’une table basse en bois bien verni à ne pas succomber aux alcools et abus des gens d’ici.

Les ombres de la pièce se soulèvent à ma vue. Je me mets en mon séant de peur de tenir tête, à ces ombres anciennes et menaçantes. Mon cœur se soulève comme une herse et pointe à ma gauche comme pointe d’épée, transperce la chair vive…

— Alors ?… Il va s’en sortir ? Dit une femme.

— Son délire s’estompe, susurre une pompière.

— Quelle idée aussi d’aller sauver de la noyade une femme … lui qui nage comme une enclume … !

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Agenda Ironique Août 2021 – Résultats

Dessin Angelika Marcetteau

Nous voici au troisième volet de cet Agenda Ironique Août 2021 avec pour thème : la Fable.

Le lien ICI

1) Meilleurs textes :

 – Il apparaît à la majorité des voix et dans l’ordre les gagnant.es sont : 

  1. John
  2. Hélène
  3. Jean-Louis

2) Organisateur (rice)

 – Le nouvel organisateur de l’Agenda Ironique de Septembre 2021 est une … Organisatrice … (si elle accepte cette mission) :  Perles Vallens que nous ovationnons avec enthousiasme, mais je viens d’apprendre ce 06 septembre qu’elle se désiste et que c’est Jean-Louis qui organise l’A.I. – Merci à toi !

Merci à tous : lectrices, lecteurs, auteures, auteurs, et pendant que j’y suis le … monde entier et l’Univers (soyons fous).

Pour info : le nouveau système de vote n’est pas très intuitif à mettre en place (suite à la nouvelle mouture de WordPress). Aussi, je ne sais pas comment le mettre en pause comme avant où l’on pouvait déterminer une date départ et une date de fin.

Max-Louis alias Iotop 2021

Agenda Ironique Août 2021 – Votation

Dessin Angelika Marcetteau

Bon jour à tous,

Merci à vous tous … pour cet Agenda Ironique d’Août 2021…au thème qui n’a pas soulevé les foules 🙂 Mais qu’importe, la qualité est là comme toujours…


Votation du samedi 28 août au mardi 31 août 2021 :

– Pour le meilleur texte (ou les meilleurs) …

– Qui organisera l’Agenda Ironique de Septembre…


Voici les textes :

1) Texte de Hélène : Le Vieux Port, la Bonne Mère, et les Pointus

2) Texte de Solène : Il était une fois une fabuleuse rencontre

3) Texte de Jean-Louis : le chêne et le corps beau d’après La Fontaine

4) Texte de Perle Vallens : La plume et la peau (fable)

5) Texte de John : La sole et la rosse

6) Texte de Chchshr : Zuang Zi et le boucher, une fable sur les gestes de l’artisan (texte introuvable sur le site de l’auteur)


Agenda Ironique Août 2021 – Rappel

Dessin de Angelika MARCETTEAU 2021

Bon alors, je m’y colle pour la cinquième fois. Quoi qu’il en soit je suis heureux d’apporter ma pierre à l’édifice de cet Agenda Ironique qui dure depuis plusieurs années.

Je ne suis pas très prolixe sur ce genre de domaine et pour informations voici des liens (la genèse) : ICI ou ICI
Et celui du mois de Juillet 2021 chez : Victor Hugotte

Le thème : Fable

J’explique : la fable est de tout temps parmi nous entre le mensonge et l’imaginaire en passant par l’érotisme et le pamphlet, elle couvre tous les pans de la société. Le récit nous transporte où nous enfonce qu’importe la fable est la chair de notre chair sans nous en rendre compte, qu’elle soit anodine ou prégnante.

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) dans le genre qu’il vous plaît (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique…) le tout… Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, une citation à placer où bon vous semble dans le texte proposé :

« Une lettre se détache de notre nom et nous ne sommes déjà plus » Edmond Jabès : Le Livre des Questions Tome 2

Les temps alloués :
– Du mercredi 4 août au vendredi 27 août 2021.
– Vote du 28 au 31 août de la même année.

Faites savoir par un commentaire et un lien quand votre œuvre est en ligne sur votre blog.

Et je fais un récap juste en dessous…

À vos belles fables… d’une chouette écriture…

Max-Louis alias Iotop


Voici les textes :

1) Texte de Hélène : Le Vieux Port, la Bonne Mère, et les Pointus

2) Texte de Solène : Il était une fois une fabuleuse rencontre

3) Texte de Jean-Louis : le chêne et le corps beau d’après La Fontaine

4) Texte de Perle Vallens : La plume et la peau (fable)

5) Texte de John : La sole et la rosse

6) Texte de Chchshr : Zuang Zi et le boucher, une fable sur les gestes de l’artisan

Le temps de sourire et l’ombre fait langage

Photographie Marina Kuznetcova

Agenda Ironique Juillet 2021 – Liste onomatopées


Dix-neuf heures dix minutes ! Plouf ! Je plonge mon unique main dans la bassine ronde rose d’eau salée aromatisée au lilas blanc. Brrrrr ! c’est aussi froid qu’un glaçon sorti d’un congélo à moins trente mais tout le bien est là comme une offrande sur la pierre tombale d’un SDF … sniff…

Dehors, il pleut une eau boueuse de tristesse… atchoum…

Drelin-drelin…vingt heures. Le temps des regrets est enterré loin de moi, loin d’un tremblement de vie qui suce la moelle de l’infortuné destin qui n’avait déjà que la peau sur les os à mon arrivée… boinnnnnng…

Le temps de sourire et l’ombre fait langage… meuuuuuuh…

Je souffre comme le silence à qui on a enlevé la parole par son offense d’avoir psalmodié son amour à genoux devant un écho fort de sa domination qu’il avait fait intervenir par dieu sait comment une inquisition pour le punir de son exposition amoureuse … braouuuuuum…

Je n’essaye pas de noyer le poisson dans un bocal … vide… tumb…

Tel un moulin à vent sans aile je suis une érection sur une terre aride qui se ride sur les souvenirs de Toi qui semblait au tableau de ma réalité d’hier… une épopée … tchhop…

J’ai seulement servi d’ouvre-boîtes à tes boîtes de Pandore… pchiiii…

Assis sur l’unique chaise de la cuisine paisiblement enfermée sur elle-même, l’œil creux et morne du l’évier gelé par le sang, et les tiroirs qui ne moufettent pas d’un grincement, la table à la statique position de la levrette, mon unique main brûle de t’avoir et sans buzz … assassinée… splach…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Agenda Ironique Juin 2021 – Voter

Photo et montage – Iotop 2021

Bon jour à tous,

Merci à vous tous … chouette participation … à cet Agenda Ironique de Juin qui n’a pas eu froid à la langue …


Votation du dimanche 27 juin au mercredi 30 juin 2021 :

– Pour le meilleur texte (ou les meilleurs) …

– Qui organisera l’Agenda Ironique de Juillet…


Voici les textes :

  1. Le 04 juin 2021 => texte de Gérard : Francette
  2. Le 05 juin 2021 => texte de Florence : Sous les toits de Paris
  3. Le 05 juin 2021 => texte de Jobougon : Surveille ton langage !
  4. Le 05 juin 2021 => texte de Gibulène : La langue dans tous ses états
  5. Le 06 juin 2021 => texte de Solène : Langue
  6. Le 07 juin 2021 => texte de Chchshr : Ironie du Saur
  7. Le 09 juin 2021 => texte de Mistic : Amour improbable
  8. Le 09 juin 2021 => texte de John : La victoire de Julia
  9. Le 13 juin 2021 => texte de Jean-Louis : Une question de langue
  10. Le 20 juin 2021 => texte de Jean-Pierre : Carnet de bord ironique d’un mois de juin iotopique
  11. Le 22 juin 2021 => texte de Max-Louis : Option râtelier première classe
  12. Le 22 juin 2021 => texte de La Licorne : Chaud, chaud, chaud
  13. Le 22 juin 2021 => texte de Flying Bum : La langue de Léonida
  14. Le 23 juin 2021 => texte de VictorHugotte : Questions et réponses
  15. Le 25 juin 2021 => texte de Photonanie : Petite rencontre entre amis


Sourire attaché aux fossettes saillantes comme des faux

Oeuvre de MR ホワイト – janv 2013

Agenda Ironique Juin 2021 (suite à la demande du plus grand nombre) 1ère partie ICI


— N’ayez pas la peur autour du cou pour vous étouffer … avancez vous dis-je … insiste la bonne vieille dame le regard brillant au sourire attaché aux fossettes saillantes comme des faux.

Le frigoriste hésite telle une appréhension qui sonne creux par sa valve aortique … pourtant il s’engage aux premiers degrés sa caisse à outils à la main et son futur qui n’en mène pas large à la figure blême de son devis d’être encore vivant à la feuille imprimée en double exemplaire.

L’escalier droit pentu à la meunier main courante usée nez de marches râpés la pâleur fait odeur entre buisson trempé d’une fin d’automne et la bactérie bien portante d’une terre humide valorisée par les infiltrations mousseuses d’une ancienne papeterie …

— Je vous suis jeune homme, annonce l’aïeule qui l’a à l’œil … en franchissant le seuil couleur noire deuil.
— Je crois …. je crois que … je vais vomir…
— Un peu de lavande sous le nez devrait vous aider à avancer.
— Non … non … je suis allergique à cette plante.
— Eh bien, vous n’êtes pas très sain, marmonne la vieille.

L’escalier pris en étau entre murs de pierre et fond de cave interminable l’enrôlement de Paul à sa prise de décision l’emporte sur les échafaudages qui s’emballent sur la faille de l’inconnu dépositaire de l’écrasement de la raison … quand la lumière fait défaut Paul est aspiré par ce trou noir comme un puits sans fond … et la vieille s’éblouit de sa personne tel un brillant dans cette nuit artificielle …

— Maman ! Mamannnnnn … crie le frigoriste a l’épiderme noyé d’une sueur piquante d’un gros sel de cauchemar roulé dans les draps de son lit témoin pris en otage.
— Maman est là … mon grand garçon … dit la vieille mère.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Option râtelier première classe

Oeuvre Andy Foo

Agenda Ironique Juin 2021

(La date limite est le samedi 26 juin 2021 pour participer, diantre)


Insomniaque jusqu’au fond des yeux la vieille chouette ouvre sa porte. Le frigoriste n’est pas d’humeur. L’astreinte dépannage ce n’est pas une sinécure, même payée en heures de nuit.

— Alors, ma p’tite dame, c’est quoi le souci sur votre congélo ?
— J’ai la narine gauche, seule valide, me fait sentir qu’il y a une odeur de fréon.

Le frigoriste, Paul, relève le sourcil droit bien haut pour un droitier de main et gaucher de pied mais pas tout à fait tarte pour comprendre que la personne âgée ne fonctionne pas qu’au lait d’ânesse …

— Fréon ? Il date de quelle année votre engin ?
— Mille neuf cent quatre-vingt-quatre, monsieur le réparateur en froid.
— Ah !
— Je vous invite à ausculter la bête qui se planque dans la cave.

Paul, n’ose pas une fois de plus relever le sourcil droit mais s’interroge par une étonnante et discrète signalétique par ses deux yeux bleu azur vert doré qui fait la joie de son épouse chimiste dans un GGA (grand groupe alimentaire).

Il suit l’ancêtre dans un dédale de pièces aux odeurs inqualifiables qu’un parfumeur déposerait plainte pour indécence olfactive.

— Il est de quelle marque ? dit le frigoriste pour détendre l’atmosphère qui n’est pas dans son unité normale et augmente autant que sa pression artérielle.
— Je ne sais plus. Il est discret depuis toujours, mais depuis cet après-midi, il fait un drôle de bruit.
— Un drôle de bruit ?
— J’ai l’impression qu’il ricane.

Vingt-deux ans trois mois et quatre jours de métier, Paul semble déstabilisé par les propos de cette usagée à la voix en arrière gorge qui déverrouille une porte massive et grinçante comme deux fémurs qui se frottent l’un l’autre pour fêter de joie leurs trois cents ans de vie commune dans un ossuaire.

— Ne vous inquiétez pas jeune homme, franchissez le seuil, la cave est bien éclairée, voyez … dit la fanée d’un beau sourire, option râtelier première classe …

A ce moment-là, le frigoriste est parcouru d’un frisson le long de son échine en esse de bonne tenue.

(… à suivre… peut-être)

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Etretat au romantisme calcaire les pieds dans l’eau

Photographie de Marc Petzold

Agenda Ironique de Mai 2021


« Un bruit étrange et beau » est le titre du livre d’un auteur inconnu de la commune qui a perdu son nom lors du dernier recensement et dont personne ne se souvient.

Le vraisemblable fait grise mine et l’invraisemblable le chahute sur le haut de la falaise d’une Etretat au romantisme calcaire les pieds dans l’eau et le parfum de la tragédie autour du cou.

Une enquête est menée par l’inspecteur Lô-Tho dont les particularités sont de se déplacer en cyclo-pousse et de dévorer tous les midis des crevettes vivantes dans un vivier livré chaque jour à son bureau du troisième étage d’un immeuble de la rue des Han… et à part ça il ressemble au commun des mortels qui prend son p’tit déjeuner sur la tranche de pain grillé qui n’attend pas fébrilement les crocs des dentiers procureurs alimentaires de première nécessité.

L’inspecteur Lô-Tho est un homme pragmatique. Là, est l’un de ses moindres défauts. En effet, il sait prendre de la hauteur et va consulter la prêtresse de l’île de Sein inconnue dans les bottins même le mondain. C’est dire sa renommée dans un milieu restreint qui permet de tenir les promesses des secrets.

Aussi, cette druidesse reçoit avec le sourire son fidèle client dans son antre qui n’a pas vu le jour depuis le dernier déluge de la révolution au sang chaud de trancher à froid dans le vif des sujets. Après les sourires faussés et la politesse dont l’usage s’est égaré dans les méandres de l’infini des Livres Hermétiques dont les clés ont été perdues par distraction, l’inspecteur s’assied en tailleur avec un crayon de bois d’une belle épaisseur d’un pouce d’ogre tandis qu’elle prend position du poirier.

— Quelle est ta question ? Ô Lô-Tho Rhi (Rhi prénom du susdit)
— Le livre sans auteur, quel est l’auteur ?
— Pertinence n’est pas potence et livre n’est pas poids. Telle est ma réponse, Ô Lô-Tho Rhi.
— C’est un peu mince.
— Dites que je suis grosse !!! Ô Lô-Tho Rhi
— Je dis que votre réponse est énigmatique.
— C’est qui l’inspecteur de nous deux ?

La druidesse se repositionne en tailleur (et pas le vêtement) et prend place face à Rhi un tantinet triste et songeur, les deux à la fois sur le même visage ce qui est un exploit que l’inspecteur modeste sait taire.

— En fait, je soupçonne la commune d’avoir fait disparaître l’auteur inconnu pour ne pas être condamnée et ensuite effacer son nom.
— Astucieux, dit la prêtresse en se versant une tisane à Ciboulette des Îles.
— Oui, mais pourquoi la commune ?
— Rends-moi mon crayon au partir quand seuil franchi tu auras.

L’inspecteur prend congé (et pas des vacances) et s’en retourne à son bureau rue des Han.

— Quel est le mobile ? dit-il en lui-même à voix basse, car il sait ne pas être tout seul… avec lui-même.

Après avoir ingurgité le bon millier de crevettes du midi présent, il se lève de son siège, les mains à la mayonnaise encore fraîche, il arpente son humble logis de quelques mètres carrés, quand une lumière naît au fond du couloir de son esprit tortueux.

— « Mais c’est bien sûr » (à la Raymond Souplex pour les puristes) dit-il tout haut devant sa fenêtre fermée par ce beau soleil style beau maître nageur (pléonasme) rieur de bonne santé.

Le dernier recensement des habitants de la commune était tout simplement fictif et l’auteur habitant de cette commune était par effet inconnu et de fait pas de mobile !

L’inspecteur jubile et ouvre séance tenante une bouteille de champagne 33 cl. Mais au premier glouglou dans le gosier, il s’interroge : mais alors, pourquoi le livre est-il paru ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

(il n’y aura pas de suite … c’est une histoire à s’embourber jusqu’au cou du stylo)

Je suis en pyjama …

Henri Matisse – La conversation – 1908

Agenda Ironique d’Avril 2021 – (hors délai)


— Alors ?
— Quoi, alors ?
— Les mains dans les poches !
— Je suis en pyjama…
— Qu’importe, tu es chez moi …
— Mon défunt père me disait, très justement, à propos d’une voisine acariâtre : « cause toujours, tu m’intéresses ».
— Je ne suis pas une voisine mais ta femme !
— On ne gagne pas à tous les coups…
— Tu me provoques ?
— C’est le destin qui un jour m’a convoqué pour te rencontrer…
— Tu es ignoble !
— Non, fatigué tout simplement …
— Ton lit t’attend.
— Oui, mon lit, mes rêves, ma nuit, et puis mon journal du matin … et toi, ma femme, qui n’attend plus rien…
— J’attends que tu quittes mon champ de vision.
— Pour une fois que je voulais te dire : bonsoir …
— Je ne te demande rien …
— C’est vrai … et pourtant …
— Et pourtant ?
— Pourquoi me gardes-tu ?
— Peut-être parce que tu fais partie… des meubles…
— Te voilà sentimentale ? Belle confidence …
— Et toi … pourquoi restes-tu avec moi ?
— J’ai le gîte, le couvert, l’argent de poche, quelques menus plaisirs …
— Nous sommes lâches …
— Non, nous sommes … indécents …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Nous avons des divisions qui s’additionnent

Chateau_Montsoreau_anneau_Iotop_2020

Agenda Ironique de Mars 2021


— Tu sais que « nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie. »
— Ah ? Les femmes ?
— Oui !
— Et ?
— Je me demande si tu vas faire long feu dans mon appartement.
— Il est écrit quelque part : « la femme est l’avenir de l’homme »… en fait c’est une inversion de proposition voire une erreur de proposition.
— C’est sûrement toi, l’erreur…
— N’empêche qu’il m’est regrettable de quitter ce cocon si agréablement agencé par mes soins…
— Si c’est ton vœu…
— N’est-ce pas avant tout le tien ?
— Possiblement… mais… il faut nuancer…
— Nuancer ?
— De toute façon tu n’as aucune chance de survie sans moi…
— Tiens donc !
— C’est évident !
— Alors que tu menaces de m’éjecter ?
— Ce n’est pas une menace, c’est un avertissement.
— Un avertissement… c’est un cran en dessous, c’est ça ?
— Oui et puis c’est dit gentiment.
— Y a pas d’animosité ?
— Aucune.
— En fait, tu me dis ça comme si tu prenais une friandise dans le bocal à cet effet ?
— Oui, presque…
— Tu n’es pas un peu immature ?
— Je ne vois pas le rapport ?
— Tu Nous menaces grandement, et, pire, gratuitement, alors ?
— Je ne Nous menace pas… je constate seulement que nous avons des divisions qui s’additionnent et…
— Et ?
— Je ne veux pas couler lamentablement à tes côtés !
— « couler lamentablement », je n’en crois pas mes oreilles !
— En tout cas, tu entends bien…
— Bon alors, si je résume tu me menaces de me mettre à la porte pour ne pas « couler lamentablement » et tout cela gentiment tout précisant que je n’aie « aucune chance de survie sans toi ».
— Il faut bien prendre des décisions… tu n’en prends aucune…
— Dis-moi, c’est ma fête ? C’est le 8 mars qui te fait cet effet ? C’est la pleine Lune ? Tu vas te transformer en louve-garou ou Femen ?
— Arrête ! Tu es toujours dans l’excès !
— Je suis un excessif ? Tu veux rire, là ?
— J’essaye de te faire comprendre qu’il faut te ressaisir !
— Me ressaisir ? Et sur quel domaine, s’il te plaît ?
— Tous !
— Tous ?
— Tous !
— C’est moi qui tousse, là ! Bon, je me casse, je m’arrache, je prends l’air sans l’hôtesse…
— Tu n’oublies pas de me rendre la clé… de l’appart…
— …
— Oh ! Tu m’écoutes ?
— …
— Tu es là ?
— …
— Il est parti… le salop !

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Une belle lumière codée soleil du matin

Agenda Ironique Janvier 2021


Il est 17/h/07. Je consulte ma liste de mes courses :

1) Un Pain à l’Épicae à point
2) Un trois-tiers de Débleurre à la Plolette
3) Une carlte billate
4) Un gloutbile bien vert
5) Trois juhloites pour le potage
6) Une voufloute
7) Un quart dupdelpite

Je vais essayer de retenir cette liste dans mes quelques neurones encore valides. Pas simple. Je suis surveillé. On est surveillé … tous épiés, espionnés, pistés, inspectés, guettés… les qualificatifs ne manquent pas. La liberté est surveillée dans toutes les villes et on nous fait croire que c’est pour notre sécurité. La sécurité de qui ? De Perlimpinpin ou des Sept Nains ?

Si j’arrive à apprendre cette liste, j’ai de quoi participer à la compétition clandestine des Alaxes qui a lieu dans un tiers de la semaine trois quarts et possiblement remporter une délivrance vers le monde des Limeurs. Bien sûr, tout cela est contraire à la Loi du Grand Tout qui nous guide dans nos décisions même les plus minimes et intimes …

Pour retenir cette liste, je vais me déconnecter du Système Primaire par le procédé Miroir, mis au point par la célèbre hackeuse Duananïs surnommée la Baigneuse. Ce procédé permet de délocaliser les nanocorrecteurs intégrés sur des points centraux du tronc cérébral et de les dupliquer pour les enfermer dans la partie profonde du cervelet. Il y a un risque : se griller totalement le cerveau par échauffement ionique dû à ces fameux nanos. Donc, il y a un temps limite avant de finir en légume (et pas dans l’assiette).

Le jour du dilun, je me suis déconnecté trois fois deux tiers de moitié pleine pour m’instruire de ma liste. Le dimar, un peu plus sans plus. Le dicreme j’ai fait une pause. Le dijeu j’ai augmenté ma déconnexion d’un plein demi-tiers cinq quarts de moitié et le divendre j’ai osé une part entière en deux fois trois quarts. De fait le disame repos et le dimanche je pouvais réciter sans une seule erreur la liste. Je suis heureux comme un poisson dans l’eau.

Cette première étape acquise, même difficile, il faut un passeur pour entrer en ville, incognito. Il est bien entendu qu’aucun déplacement physique n’est possible à ce stade. Tout cela se passe bien sûr dans le virtuel lié à d’autres connexions diplupolaires. Je le souligne au cas où il y aurait des candidats potentiels qui me lisent.

Aussi, je vais me faire aider par Onésime, le Passeur, l’idéal et l’incontournable, pour arriver à destination. Son prix : un déjacutoire fabriqué avec une amphibole commune. Celui-ci récupéré sur une vente en digit sur une ancienne station orbitale désaffectée et cédée à un consortium.

A la première du quart du dixième, Onésime m’embarque virtuellement dans son véhicule deux places demi-lunes au pied d’un réverbère irradiant une belle lumière codée soleil du matin ce qui me fait sourire, car je sais qu’à cet instant précis, je suis un clandestin … gagnant …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le Bonheur, le cœur bien propre sur lui


Teille Mouzeil sculpteur Jean-Claude Lambert
Photo ©Iotop2019

Agenda Ironique Décembre 2020 : Flyingbum (Merci à Laurence de l’idée d’écrire un dialogue)


Il sonne : je n’ouvre pas. Il sonne : je reste muet. Il sonne : il m’énerve. Il sonne : je fais la sourde oreille. Il sonne : je prends l’apéro…

Le Malheur est à ma porte (à ne pas confondre avec Mahler). Il souhaite être invité. Je dis : non. Qu’il aille voir si j’y suis… ailleurs. Il me harcèle tous les jours du calendrier Grégorien.

Le Bonheur est chez moi et nous prenons le bon temps, foutre-Dieu ! Et cette calamité qui vient vers moi.

— Ouvre-moi !!! crie-t-il
— Rien à faire ! Va te faire embaucher ailleurs !
— Tu es sur ma liste !
— Sûr que ce n’est pas une liste de courses ! répond le Bonheur qui sirote quelques plaisirs de ma table.
— Tu ne peux pas passer ton tour !
— Et pourquoi pas ? réponds-je
— Le Bonheur, il le sait, lui !
— C’est vrai que tu le sais, toi ? Rétorque-je au Bonheur les yeux malicieux.
— Sûr que je sais !
— Alors ?
— Pour faire court, depuis la mise en ménage de la Béatitude et du Désastre on a décidé de couper la poire en deux comme on dit par chez nous. Chacune de nos obédiences se devait de réagir. Ainsi, il n’y a pas embarras de choix, sauf exceptions, les hommes se soumettraient au même poids de malheurs et de bonheurs, tout cela ratifié avec le Destin et son épouse la Fatalité.
— Dites-moi que je rêve ?
— Non ! s’exclame le Malheur qui tambourine à ma porte. (la sonnette ayant rendu l’âme… c’est un signe).
— Il va me bouillonner ma journée, dis-je en marmonnant, me tartinant une crêpe de confiture à l’abricot.
— Il va sans dire que je dois courber l’échine, m’avoue le Bonheur avec une moue qui n’est pas s’en rappeler les heures graves de l’épi de pain durcissant dans la huche du même nom.
— Tu veux faire mon malheur, c’est ça ?
— Non, non, répond le Bonheur, le cœur bien propre sur lui.
— Tu me condamnes !
— Ne soit pas si futile dans ton discours. Ce moment passé avec moi est à garder précieusement dans ton âme. Et puis, un petit malheur, ce n’est qu’une petite dose d’arsenic à digérer.
— T’es un comique, Monsieur Bonheur, ça fait plaisir à entendre, dit le Malheur qui vient d’entrer portant la Détresse en bandoulière.
— Mais …mais comment … ? dis-je au Malheur, avec toute la surprise, la déconvenue cousue sur mon visage.
— Tu sais, je reste poli en sonnant ou frappant à la porte, mais les gens ne veulent pas me voir, m’ignorent comme la Misère qu’il croise et tourne le regard vers l’autre trottoir ou font semblant de zyeuter leur téléphone portable.
— Alors, tu entres par effraction !
— Holà ! Doucement ! Je préviens, j’annonce, j’avise, j’informe, j’alerte, il m’arrive même de mettre la puce à l’oreille …
— Eh oui, il est honnête, le Malheur, concède le Bonheur qui vient de se lever et de boucler son baluchon.
— Je t’en conjure, Bonheur, reste !!! crie-je
— Allons, un peu de courage … que diable, souris béatement Bonheur.
— Et si vous restiez tous les deux ? Hein ? Avec moi, là … c’est une solution convenable.
— Tu tentes de négocier l’innégociable ? me répond Malheur qui dépose son sac de poisons à ma table que le pain se rassit à vue d’œil …
— Bon jour chez toi, me lance euphorique, Bonheur en franchissant ma porte.
— «Retenez-moi… ou je fais un malheur !»

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Compréhension toute éberluée, le menton relevé

Marisa Mell smoking a cigarette disguised as a nun, circa 1963, nonne

Agenda Ironique Novembre 2020 : Laurence et Jean-Louis


Si on considère « une place pour chaque chose et chaque chose à sa place » cela sous-entend sans sonotone que « chacun chez soi et les moutons seront bien gardés » nous place devant des assertions qui portent sur le haut de l’Everest la raison en ces fameux mots : « dans la nature, tout à toujours une raison » selon Léonard (et pas Bernstein), ce qui permet d’approcher une certaine vérité qui a toujours dans son casier une très belle toile à la Jules Joseph Lefebvre de 1870.

Cependant, : « on passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu’on aimera et l’autre moitié à quitter ceux qu’on aime » écrit le Père Hugo avec raison, et je vous vois hausser le sourcil gauche bien fourni à la Georges car vous cherchez avec désespoir le pourquoi du comment, tel le puits devant une eau qui s’évapore à son pied …

Eh oui, quel rapport ? Eh bien, s’il y a « un temps pour chaque chose » et « une place pour chaque chose et chaque chose à sa place » la citation du Père Hugo devient par effet caduque. Ce qui nous amène directement l’énoncé suivant : « En Normandie, poire de mouton, poire précoce bonne à manger ». Est-ce à dire que Hugo nous a pris pour des moutons depuis tant d’années ? Et, à la vérité toute décente et nue (voir Jules Joseph Lefebvre) le flambeau ne fait pas mine de prendre de la hauteur devant nos yeux et notre compréhension toute éberluée, le menton relevé, la raison vacillante mais non abattue, car n’oublions pas que le verbe aimer se conjugue au moins à deux et un divorce de l’être aimé.e devient par effet non avenu car l’attente a pris racine et feuillage jusqu’au ciel de l’espoir devenu lui-même un squelette méconnaissable…

La trahison est fière, devant nous, comme une statue à l’envergure antonyme de la Liberté, la larme bien salée de l’œil droit qui roule (ce n’est pas l’œil qui roule, suivez) comme un torrent de satisfaction car, il est écrit : « Il y a un moment pour tout, et un temps pour tout faire sous le ciel », en un mot : « tout vient à point à qui sait attendre »…

En cela, ne jurons pas outre mesure tel un fabuliste plagiaire trop connu qui : « jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus » au fond du tombeau sans ver luisant mais avec humour : « Bretzel liquide ! ».

Comme quoi, il y a bien : «  Un temps pour chaque chose ».

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Jusqu’aux sucs gastriques qui illuminent ses crocs


Œuvre de Chrissy Angliker – titre She Swims- 2017 – peinture acryliques sur toile.

Agenda Ironique de Septembre 2020


« J’ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c’est de rester où on est et d’attendre qu’on vienne vous chercher, mais personne ne pensera à venir me chercher ici. »

Cette petite voix qui me parle entre un chêne vert de belle taille athlétique et un tilleul allergique à son pollen, ne me rassure pas. Le mieux est d’avancer, tranquillement et la direction importe peu même sans longue-vue. Enfin, je ne sais pas. D’ailleurs, si je me suis perdu dans cette forêt, c’est que je suis devant l’incertitude de mon existence… sans doute …

Et j’entends une voix d’outre-végétal d’un personnage qui me semble un gnome de la famille des Strompifs

 » … Tout flivoreux vaguaient les borogoves … »

Cela ne me rassure pas … mais pas du tout et j’en suis très chafouin jusqu’au fond de mon abdomen rondouillard. J’ai entendu de vilaines choses sur cette famille : elle aime la chair de notre espèce … ce qui me fait frémir d’ici à là à me gésir …. et pas de chance, je marche à l’instant sur le fameux Bâton du Diable…

— Vous ne pouvez pas faire attention, nom d’une brindille !
— Mille excuses …
— Trop tard pour les excuses … le Strompifs va me dévorer tout cru …
— Je peux, peut-être, vous aider …
— Aider ? Mais notre nature ne nous permet pas cette extravagance … il n’y a que le chacun pour soi … non, mais regardez-moi ça ! … je ne ressemble plus à rien …
— Ne soyez pas pessimiste … moi, par exemple, je me suis perdu … eh bien, j’avance quand même …
— Mais bon sang de bois … vous voyez bien qu’il me manque la moitié du corps …
— Effectivement, c’est embêtant …
— Embêtant ? Vous êtes un inconscient …
— Attention !!! Il arrive … je me sauve …
— C’est ça … bonjour chez …

Ma catalepsie n’est pas loin si je ne reprends pas le fil d’un chemin, n’importe lequel, mais qu’il me transporte hors de la vue de ce gnome outrancier et animal jusqu’aux sucs gastriques qui illuminent sa dentition…

Le pauvre fut croqué sous mes yeux …

Et j’entends la voix d’outre-végétal du personnage, en s’avançant vers moi :

 » Les verchonsfourgusbourniflaient « 

… dans une déglutition bruyante …

Alors, mes petites pattes velues tous terrains me font avancer comme par un automatisme enclenché par l’instinct de survie qui n’attend pas d’avoir de la raison pour sonner la fuite à toutes pattes à son cou …

Et lui, le gnome, de ronfler comme une chaudière à courir à mon train comme s’il avait des bottes sept lieues et j’ai cette envie de crier mon désarroi mais rien ne vient que les pincements de mon angoisse dans mon corps mit au défi de tenir le rythme …

Quand, j’aperçois un trou, sur mon chemin, mon calvaire, le trou idéal qui vient à point nommé dans ma course folle à la survie. Je me surprends moi-même à pénétrer un logement tout à fait incongru …

— Tiens, vous ici Pokie ? Quelle heureuse surprise… entends-je au fond de ce trou.
— Qui êtes-vous ?

Que je n’ai pas le temps d’entendre la réponse, qu’il me gobe tout à vif !

Morale : rien ne sert de courir… même pour servir de repas.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Agenda Ironique Août 2020 – Résultats

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop


Nous voici au troisième volet de cet Agenda Ironique Août 2020 avec pour thème : la plage.

Les différents liens : ICI et ICI

1) Gagnant :

 – Il apparaît à la majorité des voix que le gagnant est :  Carnetsparesseux

Cette mouture a apporté des univers  aux horizons divers et variés et tous avec une luminosité différente et attractive.

2) Organisateur(rice)

 – A une forte majorité, le nouvel organisateur de l’Agenda Ironique de Septembre 2020 est une … Organisatrice … (si elle accepte cette mission) :  Véronique que nous ovationnons avec enthousiasme.

Merci à tous : lectrices, lecteurs, auteures, auteurs, et pendant que j’y suis le … monde entier et l’Univers (soyons fous).

iotop 2020

Agenda Ironique Août 2020 – Voter

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop


Bon jour à tous,

Merci à vous tous … belle participation … cet Agenda Ironique d’Août en plage aux différents degrés est d’une belle eau …  🙂 La genèse ICI

Votation du 26 au 31 août :

– Pour le meilleur texte (ou les meilleurs) …

– Qui organisera l’Agenda Ironique de Septembre …


(Pour celles et ceux qui ont des soucis pour voter car problème d’affichage, ils peuvent le faire en écrivant un commentaire).


Voici les textes :

1 ) Le 02 août 2020 => texte de Chachashire : Age des gens d’Août onirique.

2 ) Le 06 août 2020 => texte de Iotop : impression de sable mouillé dans le cerveau

3 ) Le 06 août 2020 => texte de Gibulène : Les vacances d’Onésime

4 ) Le 10 août 2020 => texte de Jean-Louis : L’agenda Ironique d’Août 2020  (Haïkus)

5 ) Le 11 août 2020 => texte de Régis : Le sable noir des Marquises (Acrostiches)

6 ) Le 11 août 2020 => texte de Solène : Souvenirs proustiens

7 ) Le 11 août 2020 => texte de Carnetsparesseux : Où est passé la plage ? (1ère partie) (2ème partie)

8 ) Le 14 août 2020 => texte de Rowane : Brise-larmes

9 ) Le 19 août 2020 => texte de Victor Hugotte : Danser sur la plage en temps de pandémie

10 ) Le 23 août 2020 => texte de Sabrina : Plage de rêve

11 ) Le 23 août 2020 => texte de Laurence : Sur la route des vacances

12 ) Le 25 août 2020 => texte de Véronique : Coquillages et coquecigrues

13 )  Le 26 août 2020 => texte de Lyssa : Laisser trace

14 )  Le  26 août 2020 => texte de Gérard : Avoir une vraie vie de chien

15 ) Le 26 août 2020 => texte d’Emmanuel : La page blanche

Résultats des votes : ICI

 

Impression de sable mouillé dans le cerveau

Couple_photographe_inconnu

Couple – photographe_inconnu

Agenda Ironique Août 2020


Un couple naturiste sur la plage au mois d’août … parmi d’autres…

14h03

— Tu es bien, là ?
— Je suis bien, sur cette plage de sable fin et chaud.
— Ton corps est de plus en plus beau.
— Il en fait qu’à sa tête… pourtant …
— Tu es programmée pour bien vieillir, à pas mesurés.
— Vieillir ou pas, quelle importance.
— La vie ne demande pas ton avis.
— Et si mon suicide était un acte libérateur, un pied de nez à la vie, hein ?
— Alors, ce suicide serait injuste.
— Pourquoi ?
— Y a tant de vies qui veulent se vivre.
— Que m’importent les autres.
— Et moi, je suis les autres ?
— Tu es ce blablabla qui me tient à flot… possiblement.

15h23

— J’ai une impression de sable mouillé dans le cerveau…
— Cerveau ensablé ?
— Hein ?
— Et les oreilles aussi ?
— Non … dimension de tes mots en argile qui se déforment et s’envolent tels des parasols décolorés …
— L’ouïe en noir et blanc ?
— Avalanche de mots sur une onde outragée… je nadir …

16h31

— Je veux entendre ce monde respirer…
— Respirer autrement ?
— Non, respirer avant qu’il meure !
— Ou avant que tu meures ?
— Non, le monde ! même le vulgaire des poissons comme la perche
— Et tu n’es pas de ce monde ?
— Si …
— Alors ?
— Je veux entendre ce monde respirer.
— Et moi ?
— Et toi ?
— Oui, moi !
— Rien …
— Comment rien ?
— Tu ne respires pas.

17h53

— Si j’étais ton horloge ?
— Tu es toujours en retard, alors …
— Si j’étais ton Monoï ?
— Je ne suis pas une pièce mécanique qu’on trempe dans l’huile … tu le sais, ça ?
— Si j’étais ton eau ?
— Tu es déjà tari, mon pauvre …
— Si j’étais une page de ton livre ?
— Tout juste un sixième de ligne…

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Agenda Ironique d’Août de l’An 2020

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop

Plage_ile_Reunion_2008_famille_Iotop


Bon alors, je m’y colle pour la troisième fois mais par défaut cette fois-ci et donc moins fébrile en me basant sur le même format. Quoi qu’il en soit je suis heureux d’apporter ma pierre à l’édifice de cet Agenda Ironique qui dure depuis plusieurs années.

Je ne suis pas très prolixe sur ce genre de domaine et pour informations voici des liens (la genèse) : ICI ou ICI
Et celui du mois de Juillet chez : Emmanuel Glais

Le thème : plage

J’explique : je n’aime pas le contenant plage (bord de mer) en général mais j’apprécie son contenu. Cependant, il est intéressant d’élargir le champ : plage, comme par exemple : plage horaire, plage de mots, plage d’un navire, plage de bouteilles, plage de livres, plage de naturistes, plage arrière d’un véhicule … etc etc

Je vous propose de composer un texte (prose ou poésie – long ou court) avec la plage de votre choix (réelle ou imaginaire) et dans le genre qu’il vous plaira (fantastique, utopique, commun, amoureux, journalier, carnet de bord, romantique, animalier, érotique …) le tout … Ironique.

Et pour « faire » bonne mesure, quatre mots imposés :
– Flot
– Argile
– Perche
– Monoï
(vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir).

Vous avez jusqu’au :
– Du 1er au 26 août 2020
– Vote du 27 au 31 août de la même année.

Faites savoir par un commentaire et un lien quand votre œuvre est en ligne sur votre blog.

Et je fais un récap juste en dessous …

À vos ancres … euh vos encres bien trempées … 🙂

Iotop 2020


1 ) Le 02 août 2020 => texte de Chachashire : Age des gens d’Août onirique.

2 ) Le 06 août 2020 => texte de Iotop : impression de sable mouillé dans le cerveau

3 ) Le 06 août 2020 => texte de Gibulène : Les vacances d’Onésime

4 ) Le 10 août 2020 => texte de Jean-Louis : L’agenda Ironique d’Août 2020  (Haïkus)

5 ) Le 11 août 2020 => texte de Régis : Le sable noir des Marquises (Acrostiches)

6 ) Le 11 août 2020 => texte de Solène : Souvenirs proustiens

7 ) Le 11 août 2020 => texte de Carnetsparesseux : Où est passé la plage ? (1ère partie)

8 ) Le 14 août 2020 => texte de Rowane : Brise-larmes

9 ) Le 19 août 2020 => texte de Victor Hugotte : Danser sur la plage en temps de pandémie

10 ) Le 23 août 2020 => texte de Sabrina : Plage de rêve

11 ) Le 23 août 2020 => texte de Laurence : Sur la route des vacances

12 ) Le 25 août 2020 => texte de Véronique : Coquillages et coquecigrues

13 )  Le 26 août 2020 => texte de Lyssa : Laisser trace

14 )  Le  26 août 2020 => texte de Gérard : Avoir une vraie vie de chien

15 ) Le 26 août 2020 => texte d’Emmanuel : La page blanche

 

Pour voir les votes => ICI

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 12/12

Nicolas-François Gromort 12 1837

Nicolas-François Gromort 12 1837

 

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


12/12

Lucie, bien avant Jacquard

— Ma solitude, pourquoi souris-tu… édentée ? As-tu un autre nom ? Toi mon isolement mon désert d’amour dis-moi je t’aime dis-moi ma survivance ma douce faux à l’Ankou filigranée je te défie au bord de ma lignée détissée sur une trahison où j’ai posé mon désir fané sur une dalle de marbre veiné de ma tristesse et je brode mes malheurs à la vielle de mes larmes à mon océan d’amertume je rame sans fin comme pour résister encore et encore jusqu’au dernier moment sans rédemption abandonnée à mon sort sur le parvis des langues quolibets…

« Les hommes sont bizarres ; ils ne savent rien refuser à une femme
qui leur est étrangère, et celle qui mérite le plus leurs égards semble
toujours celle qui en obtient le moins. Mon saisissement, mes regards
suppliants, rien n’a put’arrêter, rien. Tu es parti ; je suis restée là,
debout, immobile ; je t’ai suivi des yeux donnant la main à cette femme.

Je l’ai vue monter en voiture. Puis toi, toi près d’elle ! Le bruit de la portière,
lorsqu’on l’a fermée, m’a presque renversée ; celui des roues, lorsque
l’on est parti, m’a fait pousser un long gémissement ; il me semblait
qu’elles emportaient ma vie, qu’elles broyaient mon cœur. Mes forces
diminuaient à mesure que le bruit s’affaiblissait ; et quand le dernier
murmure s’est perdu dans l’air, j’ai cru ne plus exister,
et je suis tombée mourante sur un siège. » (Constance de Salmlettre II)

— Ma solitude, pourquoi souris-tu… édentée ? As-tu un autre nom ? Et toi mon fils qui répudié mendiant sur le trottoir et vous mon époux défilé du logis désengagé à mon encontre je paie le prix de votre mésalliance et pourtant j’avais ce pouvoir de pardonner Dieu m’en est témoin et j’acte de mon nouveau chemin à la croix des calvaires vous me tiraillez le cœur et l’âme s’émeut de tenir prières sur les genoux des froids pavés de l’incertitude d’avoir une place au ciel moi honnête dévouée pieuse je m’endormirais l’enfer dans mes bras… moi l’innocente…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020