Il eut ce visage possédé entre le patibulaire et le l’abomifreux

Série télévisée Versailles

Série télévisée Versailles

Agenda Ironique Automne 2018


Il eut ce visage possédé entre le patibulaire et le l’abomifreux ; j’osai tout juste lui serrer la main de peur qu’il brisa ma confiance en moi.
Mon balument le fit sourire juste de ce coin gauche des lèvres qui se retroussèrent et fit apparaître son cynisme.
Je lui offris ensuite de la Jumelaine assez rare dans nos contrées pour qu’il apprécia à juste valeur ce cadeau comme une première porte à nos négociations.
Nous nous assîmes devant une petite table, ronde, dessus vert pomme et pieds anthracite. Je m’aperçus qu’il était atteint de la polimalie chose commune sur ce territoire pour les … petites gens, seulement … cela était bien étrange.
Nous commençâmes notre joute verbal et lui affirma qu’il n’y avait pas de fatalimace dans le contrat proposé ….
Et que son obsession de l’éléphantastique n’était qu’une fantasmagorie d’enfant.
Je m’emportai sur le ton mergnifique et cela le referma comme un fermoir du fin dix-neuvième.
A ce moment-là une enchanquise nous déposa une tarte à la crème de bambou, celui comestible au nord ouest du pays des Polpilles.
Je souris, il sourit, j’avais cru un instant que notre entretien allé finir ampliqué.
Je sais combien une charonne peut ternir une rencontre, ce genre de propos est capable dissoudre des liens pourtant aux premiers abords solides.
Nous avançâmes pas à pas, presque main dans la main mais paradoxalement avec une certaine insolitude ancrée dans nos cultures.
Il proposa enfin une artificelle, que j’attendais depuis le début … peut-être qu’il tâtonna ma confiance car à chaque fois il fallut qu’elle soit renouvelée.
J’eus un trait de brumageux sur le front, oui, c’est vrai car cette artificelle était différente des autres que je connaissais.
Il reconnut à propos par un geste agengouin que je n’avais pas d’inquiétude à cultiver.
Et avec cette délicaristique de son peuple il planta son index bien droit dans la tarte et rit bien fort.
Je ris à mon tour et dégusta cette mirififique pâtisserie en sa compagnie qui se détendit et me rassura.
Et c’est à une bouchée qui s’émietta, il se défit la délibule gauche brusquement par un léger craquement comme l’on croque des os de caille.
De suite, je vis arriver en grandes pompes et petits pieds une créaginaire qui lui remit aussitôt dans un tour de main extraordinaire la chose.
Je fus littéralement existancié par la dextérité, l’assurance de cette praticienne.
Et nos négociations se canalisèrent sur les droits et obligations de nos intérêts en évitant la tartuffolique de nos conseillers.
La nuit leva son voile sur notre deux silhouettes en ce lieu nommé Gymnasticot.
Nous fûmes seuls et nous fûmes composés en arrière plan d’une cour disparate entre domestiques et courtisans quand des ecriames se firent entendre non loin et près de nous.
L’appolement nous prîmes … l’affolement … au revers de l’inquiétude, la pinguouination était de retour et la mort à son bracelet.
Et après un rapide chocile nous décidâmes de remettre à plus tard la suite de nos tractations.
Nous eûmes passé un premier drolatour de bonne augure et que nous actâmes sur l’heure par une signature numérique sur chacune de la paume de chacun.
Un nouvelle horizon apparaîtra … mais serions nous toujours vivants ?  Et comme le dit l’ancien de chez nous : “Tempus Narrabo”. (A ne pas confondre avec : n’attend pas le bus à la station Narrabo).

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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Je rêve les yeux ouverts de surf

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Les étrilles sont cuites. Oignon, échalotes, poireau, laurier, tomates, citron …recette à main levée. Le tourteau ne se vaut pas et l’araignée à une autre envergure. C’est un beau bouquet de fruits de mer pour un réveillon.

Je suis au restaurant le Kenavo au bord de la mer. Je rêve les yeux ouverts de surf, la vague ultime et le sel de ma vie a ce regard sur ma partenaire du moment. Elle est belle avec cette peau tendre et douce comme du lait. Elle pleure. Elle voudrait partir de ce restaurant dont les gens ont des têtes de phoques tellement ils sont sensibles à ses pleurs que j’en suis à deux doigts de jeter mes carcasses à leur figure …

Minou, les gens nous regardent !
— J’m’en fous … t’es ignoble !

Je prends mon calibre nommé Léon et je cartonne toutes ces têtes, une par une, rapidement, comme à la fête foraine. Le sang gicle, les corps d’articulés s’affalent sur les tables … la cervelle chaude est servie … Minou, vomit et je reste froid, conscient d’un certain désordre …

— Tu vois, maintenant je suis vraiment ignoble…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

J’ai une armoire et un livre

Dessin de Jochen Gerner

Dessin de Jochen Gerner

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J’ai une armoire et un livre, un livre dans une armoire et pas une armoire dans un livre …

J’ai balancé au service de collecte des déchets les autres livres, pour ne pas dire aux ordures. Il y a des expressions qui sont interdites de paraître sur le territoire lexical. Pour le bien des oreilles ? Pour faire plus propre ? Le nauséabond au mot d’ordre de passer à la lessiveuse pour des oreilles chastement préservées de l’odeur qui restera tout de même dans le … nez.

Quoi qu’il en soit, ce livre trône parmi mon linge et je ne vais pas changer d’idée. Un livre propre, du linge propre, une vie propre… En fait, garder l’essentiel. J’avais des milliers de livres, chacun avec sa particularité, son aura, sa saveur, son trait … et puis, le temps est comme un taille-crayon, il mine la vie et je suis un tantinet au bout, alors comme le soleil, un seul suffit et de livre aussi et avant que la faux me coupe l’herbe sous le pied (j’en ai toujours deux, de pied) par nature ou par un plafond avec une corde et de rejoindre le nuage à mon transport vers les cieux (je suis à demi croyant, en espérant que je n’aurai pas un demi ciel) j’ai décidé de ne garder que ce livre, un bijou de la littérature, immortel …

Bref, je vais brûler aujourd’hui, mon livre, mon Veau d’Or … à moins que … mon armoire …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’arnaque est peut-être au bout de la route ?

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Je tourne à gauche puis à droite, le rond point, ligne droite vers ma destination … l’arnaque est peut-être au bout de la route ? J’écoute une symphonie du Modeste Moussorgsky d’une nuit sur le mont chauve. Quel souffle ! Quelle envergure ! Cœur d’un déluge d’émotions, je suis emporté, dévalisé, déraciné …

Je transporte dans ma remorque un canapé rouge installé et fixé par des lanières … une part de ma vie est aux regards de l’indécence, des curieux potentiels montés sur les ressorts de la singularité, des fétichistes des canapés rouges, des rigoristes de la coupe, des puritains déviants, des vertueux globuleux d’envies …

Je suis sans fard, je fonce, droit devant, la ligne droite ne viendra pas se courber de honte devant mon audace de la chevaucher au volant d’une automobile, moteur ronflant de cette belle fatigue d’obligations dépouillées de récompense si ce n’est de la castrer définitivement par ce mépris inconscient et par un jour d’une morale économique de l’envoyer sans un mot, même de remerciement, à la casse, cette fidèle

Et la route s’allonge, s’allonge … elle se bande, se bande … que j’en ai le ventre qui se tord comme une serpillière au rejet de bile absent … je suis de cette sueur qui se prend à dévaler les cicatrices de mon angoisse et je roule, roule …

— Tu vas continuer longtemps ce délire dans cette grange … dans cette voiture qui n’a que le nom…?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La tartine de margarine se moque

Oeuvre de David Schnell

Oeuvre de David Schnell

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Ma vie se passe dans un continuel échouage pour survivre, ce qui est un tantinet idiot, surtout que je n’ai pas de bateau. Pensée en vol plané du matin dont la tartine de margarine se moque ; elle connaîtra d’ici quelques instants la dure réalité de son état dans le café au goût de banni et même le sucre ne fait rien pour l’attendrir…

Et puis je passe à l’orgeat (qui n’a rien à voir avec le jus d’orange pour les ignares) avant de « prendre mes cliques et mes claques » de ce lieu insupportable : mon appartement que je hais comme le nougat d’ailleurs. Aucun rapport, quoi que … cet appartement me fait vomir depuis que mon amie est partie avec … un routier à l’international …

Elle était en stage en Belgique, dans un temple … et elle est revenue avec un camionneur qui lui aussi participait à ce stage de quinze jours. Mes larmes dépassaient ma colère qui me prenait à la gorge quand elle me l’a présenté. On a pratiqué une oraison à trois au lieu d’une soirée bien sympathique avec bières …

Je sors de cet appartement maudit, démarre ma voiture, quitte la ville et la campagne m’ouvre sa nébuleuse de verdure automnale, sa frondaison pour un repos éternel. Je respire la haine, ma haine, mon manque de réaction face à l’adversité, mon égoïsme …

Le Lac de la Faucille n’est pas très loin à présent. Je vais me noyer dans l’ombre de l’injustice. La Lune ne viendra pas m’accompagner, ce n’est pas son jour, comme ce n’est pas le mien. La vie ne tient qu’au fil que l’on tisse, le mien va bientôt se rompre et je ne vais pas jouer « le chêne » dans le « le chêne et le roseau » de la Fontaine.

Je coupe le contact du moteur sur le terre-plein qui mène directement sur la berge. J’ouvre ma portière. A ce moment, dont l’imprévu à la recette, un chien qui frétille de la queue, jappe une bienvenue dont je repousse les effets. Que fait-il à cet endroit du soir, à ce croisement de ma vie qui n’est qu’une ombre qui ne demande maintenant qu’à disparaître … totalement, complètement … Ce chien est indécent à vouloir me tenir en vie encore quelques instants …

Le furtif d’une étoile filante qui me fait un clin d’œil et pas de vœu à proposer ou une nouvelle carte de destin qui va boire la tasse définitivement avec moi, quand j’entends le son d’un luth au moment où mes jambes prennent l’eau et mon corps change de température avec un genre hypo (et pas hippopotame) … et ce chien qui recommencer à aboyer …

— Je veux mourir en paix !

Et mon cri donne naissance à un écho monstrueux, une onde qui me revient comme un boomerang dans les oreilles … et de l’eau, brusquement me réveille …

Info BFM : on apprend qu’un avion de ligne s’est écrasé en mer. Pour l’instant un seul survivant a été récupéré …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Dans son sommeil comateux

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— Alors ?
— Il parle à haute voix dans son sommeil comateux … écoute …

… nous sommes tous algériens, marocains, dominicains, portoricains … souverains, humains mais pas lapins … humain parmi ce monde de galériens. Bravo, diront les puristes. Honte, diront les autres. Halte, me dis-je, là, à cœur de la ligne, la pensée en alerte et le culbuteur de la question tout en haut du prochain passage de la réponse. Je grenelais le cuir de mon esprit dont la fusion était proche de l’effusion de neurones en manque d’oxygène, à la hauteur de la jouissance qui s’agite pour l’envol prochain … goutte-à-goutte …

Qu’importe les différentes lanigères (à ne pas confondre avec lingère) nous sommes au chaud pour les décennies à venir. Cela « tombe » bien, changement climatique « oblige », les tendances ne réalignes pas les humains entre eux, bien au contraire … et ne parlons pas des droits régaliens

Qu’importe l’impotent … l’important veux-je dire … il faut à chaque jour défendre l’humain et son principal handicap : son manque d’union. Car « l’union fait la force », et la désunion provoque la soumission. Ainsi, en connaissance de cause, je glénerais encore un peu, avant de me provoquer à rassembler mes semblables autant de fois que nécessaire pour que les lignes ralignées fassent un seul bloc pour percuter le pouvoir en place …

Et c’est moi qui a été percuté, un peu trop vite… au moment où J’engrelais mon ouvrage, assis sur le banc du village, parmi les boulistes, par un bus de touristes … je me souviens, seulement, que le conducteur était un … lapin…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je regarde

Oeuvre de James Watson - Sirène

Oeuvre de James Watson – Sirène

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Je regarde cette immense image affichée sur l’un des nombreux faux murs de l’exposition. Je suis vraiment impressionné par ce faux océan qui s’imprime sur ma rétine non marine mais terrestre jusqu’à la moelle. Je prendrais bien un bain avec cette fausse sirène que je viens d’apercevoir, là, à deux pas de moi. Une brune aux cheveux à la coupe Cléopâtre, lunette à reflet vibrant méthylène, habillée en salopette couleur chair que l’on devine toutes les saillies et les courbes et beaux et faux plis …

Je ressens des rouleaux en vague d’érotisme me submerger et mon rouleau de printemps surgir de sa torpeur. Mais est-elle le simple vernis de mon imaginaire ? un soleil fantasmé par le reflet d’un banc de sable égaré sur une étendue ambrée d’un désir violent ? … jouer les amants de remplacement, oui, mais gare aux tritons jaloux, une mauvaise pluie de chants n’est pas recommandé pour le commun des mortels.

Mais, j’ai comme une envie d’épopée en moi qui s’étend entre deux rives de posséder l’éternité dans mes bras en deux ailes de soie marbré, je vole, je m’irradie, je la séquestre à sa cambrure et l’enlace dans un mouvement radical à la hauteur d’une cime offerte et puis d’un élan incontrôlé la mutine me pique d’un regard … et je tombe, tombe, tombe …

— Monsieur ? Monsieur ? … N’appelez pas le SAMU, il vient de faire un faux malaise … dit la fausse sirène aux faux plis de grimaces des personnes présentes …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018